GUÉBRIANT — GUELFES
• se* gardes. En
ims, il accompagna en Allemagne le cardinal de Lavalette , qui allait rejoindre le duc Bernard de Saxe-Weimar, à la tète d'une armée de 15,000 hommes. En récompense des services qu'il avait rendus pendant la désastreuse retraite qui termina cette campagne, le cardinal le chargea à son retour d'aller défendre Guise contre les Espagnols. En 1637 il fut envoyé dans la Valteline, à l'armée du duc de Rohan, arec le grade de maréchal de camp; et après la campagne, il ramena cette année en Franche-Comté, où il s'empara de diverses places. Envoyé ensuite de nouveau en Allemagne au secours du duc Bernard de Saxe-Wetmar, il aida à remporter quelques avantages sur les Impériaux ; et après la mort du prince 11 retint au service de la France son armée, avec laquelle il s'empara de plusieurs places fortes dans le Palatinat, puis opéra à Bacharach, le 18 décembre 1639, ce fameux passage du Rhin qu'on citera toujours comme un modèle de hardiesse, de précision, etqui lui permît d'effectuer à Erfurt sa jonction avec Baner , sous les ordres duquel il dut se ranger. Après la mort de Baner, il livra successivement aux Impériaux les deux batailles de Weissenfels (18 mai 1641) et de Wolfenbilttel (15 juillet). La dernière coûta à l'en nemi 3,000 hommes et quarante-cinq drapeaux.
Le grade de lieutenant général et Tordre du Saint-Esprit furent la récompense de ces deux victoires , a la suite desquelles Guébriant se sépara de l'armée suédoise , et ramena ses troupes dans le duché de Juliers. Apprenant que l'armée ennemie recevait chaque jour des renforts et en attendait encore , il résolut de prévenir le coup, et le 17 janvier iPiî il attaqua bravement les Impériaux à Kempten, dans lYlectorat de Cologne. L'ennemi perdit 2,000 morts et 5,000 prisonniers, et ce beau fait d'armes valut à Goébriant le titre de maréchal de France. Fendant la campagne de 16i3, après avoir secouru Tortenson , qui assiégeait Leipzig, et avoir ensuite opéré une glorieuse retraite, il vint appuyer le siège de Thionville, entrepris par le duc d'Eoghien, et fit ensuite celui de RottweU, place Cotte de la Souabe, qui ue tarda pas à lui ouvrir ses portes. Mais quelques Jours après, le 24 novembre 1C43, il succombait au x suites d'une blessure reçue sous les murs de cette place et qui avait,nécessité une amputation.
Il avait épousé, en 1632, Renée du Bec , femme d'une intelligence supérieure. Après la mort du maréchal , en 1645, M"" de Guébriant fut nommée ambassadrice de France en Pologne. C'était là une innovation en diplomatie, et cette
mission confiée à ce négociateur en jupons rentrait d'ailleurs tout à fait dans sa spécialité; car elle consistait à conduire an roi Ladislas TV la princesse Marie-Ixmise de Gonzague, qu'il avait déjà é,>ousée par procuration. Il était à craindre que le roi de Pologne ne se dédit, et M"" de Guébriant avait pour instructions de tout faire pour que ce prince tint ses engagements. L'habile négociatrice sut triompher de tous les obstacles , notamment des préventions défavorables qu'on était parvenu à inspirer contre elle-même au roi de Pologne, à qui on l'avait représentée comme ayant éperdûment aimé Cinq-Mars. L'orage avait été si liaMlement préparé , qu'en arrivant à Varsovie, peu s'en fallut qu'elle ne reçût ordre d'avoir à s'en retourner immédiatement avec la princesse. Mais elle tint bon, et réussit Son succès avait été trop complet dans cette première mission pour qu'on ne songeât pas à utiliser encore ses talents : elle prenait donc une part active aux négociations qui amenèrent la conclusion de la paix des Pyrénées, lorsqu'elle mourut à Périgueux, le ? septembre 1659. Gui Patin rapporte que la maréchale à ses derniers moments refusa les secours spirituels de l'Église , circonstance bien étrange pour l'époque.
GUELDRE, pays étendu, érigé en comté en 1079 et en duché en 1329. Son premier comte fut Otton de Nassau. En 1371 le duché de Gneldre passa à la maison de de Juliers ; bientôt après il fut gouverné par la maison d'Egmond, à laquelle il fut enlevé par l'empereur Charlcs- Qniut. La Cueldre étant entrée dans l'union d'Utrecht, fit
partie des sept Provinces-Unies, dont elle était la première en titre. Elle comprenait la Province et le Haut-Quartier. La Province était divisée en trois quartiers : le Betuvve, oh est rsimègue;le Weluwe, où est Arnbeim, et le comté de Zutphen. Le Haut-Quartier, proprement le duché de Gueldre, comprenait les villes de Gueldre, Rur «monde et Venlo. 11 fut cédé à l'Espagne par le traité de Munster, en 1648. La villede Gueldre, qui a donné son nom au duché, fut cédée au roi de Prusse par le traité d'Utrecht de 1713, avec le pays de Kessel et le bailliage de Kriekendeek. Rure monde, après avoir été prise et reprise plusieurs fois par les Hollandais et les Espagnols, fut dérmihvejiirut abandonnée à la maison d'Autriche par le même traité. Venlo fut adjugé aux états généraux par le traité de Barrière, de l'an 1715, avec les forts de Saint Michel et de Stevenswert. Ces deux dernières villes, Ruremonde et Venlo, sont aujourd'hui comprises dans la province actuelle du Limbourg. La Gueldre hollandaise est dune bornée au nord parle Zuyderxée et l'Over-Yssel , à l'est par FOver-Ysscl et la Prusse, au midi par la Prusse et le Brabant septentrional, et à l'ouest par la province d'Utrecht , le Zuyderxée et la Hollande méridionale. Elle compte une population de 351,©oo âmes, répartie sur un territoire de 06 myriamètres carrés divisé en quatre districts : Arnbeim, chef-lieu , Mmègue, Zutphen et Thiel. 11 faut encore citer comme localités importantes Nykerk, port sur le Zuyderrée, Wageningen, sur le Rhin, Bommel, sur le Wahal, Kuilenbourg, sur le Leck ; les forteresses de Drrsburg, sur l'Ysse), et à'Uardewyck, sur le Zuyderxée; enfin, le beau château de Loo, résidence d'été do roi des Pays-Bas.
Le sol de la Gueldre est en partie couvert de sables et de bruyères, excepté le terrain entre le Wahal et le Rhin , qui est très-fertile. Cette province est remplie de gentilshommes peu aisés ; et quand les romanciers et les auteurs comiques hollandais veulent peindre un hobereau, ils ne manquent pas d'en faire un Guetdrois. La culture du tabac, l'exportation des fruits et l'entretien du bétail, la fabrication des toiles, de la bière, de l'amidon, du papier, des ouvrages de fer et de cuivre, les draps et autres tissus de laine, la tannerie, les briqueteries et tuileries , tels sont les principaux objets de l'industrie et du commerce de la Gueldre. De REirraniEac.
GUELFES (Maison des). Celte illustre maison prindère, dont le nom allemand est Welf en, est originaire d'Italie, et vint au onzième siècle s'établir en Allemagne. Pendant longtemps elle régna sur plusieurs des plus belles parties de ce pays, et elle fleurit encore de nos jours dans les deux lignes dont se compose la maison de Brunswick : la ligne royale , et la ligne ducale. Dès le règne de Charlemagne, l'histoire fait mention d'un certain Warin, comte d'Altorf, dont le fils Isenbrand, surnommé Welf, c'est-à-dire jeune chien, transmit, suivant les chroniques,» sa race ce sobriquet, dont il est devenu le nom générique. Son fils, Welf Ier, souche de l'ancienne ligne des Guelfes, fut le premier qui porta ce nom. Sa fille Jutta épousa l'empereur Louis le Débonnaire. Cest rarrière-petit-fils de Welf 1", Welf III, qui en faisant cause commune avec le duc Ernest de Souabe contre l'empereur Conrad I", pendant une absence de ce prince en Italie, provoqua les luttes si longues et si acharnées qui plus tard eurent lieu entre le parti des Guelfes et le parti des Gibelins. Il fut vaincu et chassé de ses Etats. Son fils, Welf II f, obtint l'investiture du duché de Carinthie et de la marche de Vérone; ce qui le rendit assex puissant pour lutter avec succès contre l'empereur Henri III. Il mourut sans avoir été marié, léguant au\ moines tous ses domaines héréditaires. Sa saur Cunégonde avait épousé Axzo, de la maison d'Esté en Italie , seigneur de Milan, de Gènes et d'autres villes. Le fils issu de ce mariage, Welf IV (comme margrave) ou Welf (comme duc), s'empara de ces domaines, et devint le fondateur de la ligne cadette des Guelfes. Après la déposition d'Olhon de Nordbeim, il obtint, en 1070, de l'empereur Henri IV l'investiture du duché de Bavière, el bérila des biens et des domaines de la