‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 473 sur 614 · GUÉRISSEURS - GUERNON-R AN VILLE · texte numérisé non relu

GUÉRISSEURS - GUERNON-R AN VILLE

ladie et malade. Ce successeur de Mélampe

tisane propre à tous les maux : il y réunissait le verveine, la mauve, la violette, la scabieuae, le scorsonère , le chardon Roland et la cliardon bénit , la petite centaurée , la pulmonaire et une foule d'autres simples. C'est bien le cas de dire que, pour user d'une telle panacée, il fallait avoir la foi du charbonnier. Au reste, il parait que

vogue.

Il serait peut-être difficile de dire si les guérisseurs provoquent plus l'indignation qu'il» ne prêtent au mépris et à la risée d» s gens de bien. La plupart d'entre eux. sont à peu prés imbéciles tous sont ignorants, excessivement ignorants. Leur vocation est presque toujours déterminée, comme l'était autrefois la profession de bourreau, par l'état que remplissait le père; et ce n'est pas la seule ressemblance qu'offrent les deux professions. Le métier de guérisseur convient à la fainéantise ; il rapporte de l'argent sans frais d'études, sans fatigues , sans achat ni lecture de livres. Un sale bouquin de médecine, quelque vieille traduction d'Alexis Piémontais, quelque grimoire d'alchimie, composent leur bibliothèque et dictent leurs oracles. Les moins dangereux de ces Esculapes rustiques sont ceux qui distribuent des remèdes inutiles, tels que des applications d'animaux écart elés vifs, ou des compositions sans qualités ni vertus. Il faut rendre justice a tout le monde : ceux-ci ne doivent être placés que dans la catégorie des fripons. Les charlatans ne sont consultés si fréquemment que parce qu'ils prennent peu d'argent à la fois et délivrent beaucoup de remèdes; par leur défaut d'éducation , ils conviennent d'ailleurs aux paysans. Pendant les moments où les guérisseurs n'ont rien à tuer, ils préparent leurs armes; ils prennent gravement les petits carrés de papier pot , puis, avec une encre bourbeuse , plus jaunâtre que noire, Us griffonnent, sans trop pouvoir se lire eux-mêmes, en mettant un chiffre pour un autre , en rendant méconnaissables les choses les plus communes; Us barbouillent une série de huit à dix lignes dans lesquelles l'humanité est encore plus menacée que la grammaire ne reçoiLd'offenses. Ce chef-d'œuvre s'écrit posément, sans savoir en faveur de quelle maladie ni contre quel malade il est rédigé. La collection est mise en dépôt jusqu'à ce qu'un pauvre diable se présente avec une noie d'urine et surtout avec dix ou quinze sous. Alors le guérisseur, quelle que soit la maladie, quels que soient l'Age, le sexe, le tempérament du patient, ouvre l'arsenal destructeur, et de cette bolle de Pandore il desserre la première ordonnance qui se présente Jugez de son efficacité. Mais comme on dit : « Cest la foi qui sauve. » Louis Do Bois.

GUÉRITE, petite loge ordinairement en bois, quelquefois en maçonnerie, qui sert à abriter une sentinelle contre les injures du temps. Dans les places fortes, dans les ports de mer, sur les chemins de fer, dans les chantiers de construction ou de travaux publics , en un mot partout où une surveillance, plus ou moins active, a besoin d'être exercée, elle est ordinairement confiée à des personnes pour qui une guérite n'est qu'une espèce de petit réduit, destiné à leur faire passer plus commodément le temps de leur faction, et où elles se tiennent habituebement renfermées, quel que soit autour d'eux l'état de Patmosplière; genre d'incurie qu'on ne saurait permettre à udb sentinelle militaire proprement dite, par suite de l'extrême et continuelle vigilance qu'elle doit apporter, pendant la durée de sa faction, dans la pratique de sa consigne. On a tout a fait abandonné aujourd'hui l'ancien système de guérites construites en maçonnerie sur les remparts des villes fortes, aux points où la vue pouvait embrasser le plus d'objets. Outre l'inconvénient qu'elles avaient d'indiquer A l'ennemi la présence d'un factionnaire, elles lui servaient aussi de points de mire, et ne pouvaient jamais être assez solides pour résister au choc de quelques boulets. Les puériles ont porté aussi autrefois le nom A'échauguetteê.

GUEBLC(Da)

GUERL1NGUET, nom par lequel RufTon déslpne deux espèces du genre écureuil, le grand et le petit guerlinguet, Fr. Cuvier Fa étendu à tout un sous-genre, qu'il caractérise ainsi : Crâne assez court, peu courbé ; front trèstteanx peu allongés; dents molaires supérieures de quatre patres seulement ; point d'abajoues. Toutes les espèces de ce sous- genre appartiennent à l'Amérique méridionale, GUERIMESEY. Foyés lus Normandes.

GUERIVOft-RA.M VILLE ( Martial Coue-Axsibal- Perpétu f.-M acloirf., comte de ), ministre de l'instruction publique dans le cabinet dont le prince de Polignac était le chef, n'avait point figuré dans la politique active, lorsque le Moniteur du I» novembre 1839 annonça sa nomination au poste que laissait vacant M. de Monlbel, appelé lui-même à remplacer M. de Labourdonnaye au ministère de l'intérieur. A cette nouvelle, les journaux, grands et petits, commencèrent par hien divertir le pubHc en lui faisant remarquer l'affreux calembour (Afar«<il,comi»i# Annibal, perpétue ma gloire), sous l'invocation duquel M. de Giienmn-Ranville av.vf, eu naissant, ét>' placé par un père, brave officier, du reste, mort peu auparavant, dans cette même année 1829, à l'Age de quatre-vingts ans, mais singulièrement adonné, on le voit , aux pointes, rébus et coqs à l'Ane. Ce bizarre accouplement de prénoms était d'ailleurs, hAtons-nous de le dire , le côté le plus faible du nouveau ministre de l'instruction publique, homme de mérite au surplus , naguère chef du parquet a Lyon, n'ayant pas pins attiré jusque alors sur lui l'attention publique par l'exagération de ses doctrines monarchique* que vingt antres magistrats investis de fonctions analogues. Né à Caen, le ï mai 17*7, il s'était engagé en 1K06 dans les vélites de la garde Impériale, puis avait été réformé, au bout de quelque temps, pour myopie. Il s'était mis alors à faire son droit , et avait été admis au barreau de Caen, dans les rangs duqnel vint le surprendre la restauration de 1 s 1 4. Fils d'un ancien mousquetaire noir, il était naturel qu'il épousât avec ardeur la cause des Bourbons. Kn IRIS donc il recruta parmi les jeunes fidèles de sa province une compagnie de volontaires pour courir sus à t'usurpateur évadé de 111e d'Elbe, et le ramener mort ou vif aux pieds de Louis XVIII. L'événement n'ayant point répondu à ce beiu zèle, M. de Gucrnon-Ranville avait suivi le roi légitime a Gand, et n'en était revenu que pour protester à Caen contre l'acte additionnel. Ce ne fut cependant qu'en 1870 qu'il reçut la récompense due à son royalisme , et il sacrifia la position qu'il occupait au barreau de Caen aux très-modestes fonctions de président du tribunal civil de Bayeux. Une fuis en rapport direct avec le pouvoir administratif, celui-ci comprit bien vite la valeur de M. de Gucmon-Ranville, et deux ans après il l'appelait à remplir les fonctions de procureur général A Limoges, que plus tard il échangeait successivement contre des fonctions analogues A Grenoble et à Lyon.

On s'accordait d'ailleurs à reconnaître que dans toutes les occasions il avait fait preuve A la fois d'équité et de capacité, et on expliquait le choix de M. de Polignac par la portée beaucoup trop grande qu'avait donnée ce ministre A un discours de rentrée dans lequel M. de Guemon-Ranville déclarait franchement qu'il appartenait au parti contre révolutionnaire , mais sans y attacher les arrière-pensées contre la charte et les libertés publiques que nourrissaient la camarilla et le ministère qui lui servait d'instrument. Il resta même fidèle A ces convictions au sein du cabinet dont il fut si inopinément appelé A faire partie , et combattit de tout son pouvoir les fatales résolutions qui devaient coûter le trône A la branche aînée des Bourbons. On s'accorde A dire qu'il ne signa les fatales ordonnances de juillet que par ce faux point d'honneur en vertu duquel tous les membres du cabinet se crurent ohliués de suivre jusqu'au bout l'homme A la politique duquel ils s'étaient associes. Ou sait le reste : Arrêté, avec M. de Chantelauze, sur la route de Tours, oii H croyait rejoindre Charles X, U fut transféré,

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ainsi que M. de Peyronnet et M. de Polignac, dans la nnit du 25 au M août, au donjon de Vincennes, d'où 11 ne sortit que pour comparaître, an mois de décembre, devant la cour des pairs. Il avait choisi pour défenseur M. Crémienx, alors avocat au barreau do Nîmes, dont la réputation était de bien fraîche date à Paris, et qui avait le désavantage de parler après MM. de Martignac , Sainet et Berryer. Il loi S était dès lors difficile de rfire quelque chose de nouveau ; il imagina d'en faire, et s'évanouit d'rmotton au milieu de son interminable exorde. Jugez do l'effet ! Malgré la solennité de l'audience, oo rit, et l'on fut désarmé. Condamné, comme ses collègues, à la mort civile et à la détention perpétuelle, M. de Guernon-Ranville subit cinq années de captivité au fort de Ham , et n'en sortit qu'en vertu de l'amnistie de 1836. Il est depuis lors rentré pour toujours dans la vie privée, et habite sa terre de Ranville aux environs deCaen.

GUERRE, querelle qui se poursuit par la voie des armes entre des Etats, entre des concitoyens ou des croyants, I pour opinions politiques ou religieuses. La guerre est défensive ou offensive. Défensive lorsqu'elle est résistance a l'attaque : opérations ayant pour but de couvrir une frontière, une province, une ville, etc. ; offensive lorsqu'elle est 1 invasion sur le territoire du peuple que l'on attaque ou de l'ennemi que Ton combat. La guerre défensive a été de tout temps le texte d'une controverse entre les écrivains militaires. Quelques-uns ont traité cette importante question en «'appropriant l'opinion des ancien?», et sans réfléchir aux 1 changements successifs des moyens d'attaque et de défense. D'autres te sont crus inventeurs d'une nouvelle école, parce qu'ils amendaient le système de défense de Vauban et de Cormontaigne. Napoléon pensait que comme guerre défensive le système de Yauban est et sera pour des siècles encore la perfection désirable; que es système transforme des contrées entières en camps retranchés, couverts par des rivières, des lacs , des forêts ; qu'il donne protection suffisante à une armée inférieure contre une armée supérieure; qu'il crée un champ d'opérations favorable pour se maintenir, empêcher l'ennemi de s'avancer, saisir les occasious de l'attaquer avec avantage; enfin, donner le temps aux réserves d'arriver en ligne et de recevoir des secours de toutes natures. Toute guerre offensive est une guerre d'invasion, mais, de même que la guerre défensive n'exclut pas l'attaque, laguerrre offensive n'exclut pas la défense.

Alexandre a fait huit campagnes, pendant lesquelles il a conquis l'Asie et une partie de l'Inde; A uni bal en a fait dix-sept, une en Espagne, quinze en Italie, une en Afrique; César en a fait treize, huit contre les Gaulois, cinq contre les légions de Pompée; Gustave-Adolphe en a fait trois, une en Livonie contre les Russes, deux en Allemagne contre la maison d'Autriche; Tu renne en a fait dit-huit, neuf en France, neuf en Allemagné; le prince Eugène de Savoie en a fait treize, deux contre les Turcs, cinq en Italie , contre la France , six sur le Rhin , ou en Flandre ; F rédér i c en a fait onze, en Sileaie, en Bohême j et sur les rives de l'Elbe; Napoléon en a fait quatorze , deux en Italie, une en Egypte, une en Syrie, cinq en Allemagne, une en Pologne, une en Russie, une en Espagne et deux en France. L'histoire de ces quatre-vingt-dix huit campagnes serait un traité complet de l'art de la guerre ; elle prouverait que ces grands capitaines ont tous manœuvré d'après les mêmes principes : tenir ses forces réunies, n'être vulnérable sur aucun point, se porter avec rapidité sur les points importants, se maintenir constamment en communication avec ses places de dépôt, changer a propos sa. ligne d'opération.

Gustave-Adolphe traverse la Baltique, s'empare de l'Ile de Rugen, de la Poméranie, et porte ses aimes sur la Vistule, le Rhin et le Danube; vainqueur à Leipzig, il l'est aussi à Lutzen , mais il y trouve la mort. Une si courte carrière a laissé de grands souvenirs par la hardiesse et la ! rapidité des mouvements. Turenoc part de Mayeoce en 1046, , descend la rive gauche du Rhin jusqu'à Wesel, où il passe

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