GUERRE SACRÉE — GUERRE SOCIALE
situé à Del plie», fut le prétexte ou l'objet. La première, qui fut la moins longue et la moins importante, eut lien Pan iîh avant l'ère chrétienne. Elle eut pour cause le pillage du temple d'Apollon par les Phocéens. Ces peuples n'y figurèrent pourtant que comme auxiliaires, et la hitte s'établit principalement entre les république* d'Athènes et de Sparte , qui observaient avec une envie réciproque leurs ace n»is*eincnts respectifs. Tolméde, général athénien, guerrier habile, mais présomptueux, leva une armée considérable pour passer en Béotie , et détermina mille jeunes Atliéniens a partager avec lui les hasards de cette expédition. Pcriclés essaxa vainement de le détourner de son projet : ■ Si tu ne veux, lui dit-il, ajouter foi à mes avis, sache au moins attendre : le temps est le meilleur conseiller qu'on puisse avoir. * Ces exhortations furent mal appréciées. Tolméde partit, et livra, Tan 447, une bataitie aux Thébains, auxiliaires des Spartiates, près de la ville de Chéronée. Il la perdit , et fut tue dans faction. Ce revers mit fin A ra première guerre sacrée. 11 entraîna pour les Athéniens la perte de la Itéotie, une renonciation formelle à leurs prétentions sur les républiques de Corinthe et de Mégare, prétentions qui n'avaient guère d'autre effet, dit Gilties, que d'aigrir ces petites républiques contre un voisin usurpateur, et fut suivi d'une trêve de trente ans , qui ne précéda que de quatorte ans la fameuse guerre du Péloponnèse.
|.a seconde guerre sacrée s'alluma l'an 356, ou, selon Diodore de Sicile, l'an 3fc5 avant Jesus-Christ. Les Phocéens s'étaient emparés de quelques terres qui dépendaient du temple d'Apollon. Les amphictyons prirent, a l'instigation des Thessaliens et des Thébains , connaissance de ee tlelit , et infligèrent aux coupables une forte amende. Une partie de la population était d'avis de se. soumettre à cette sentence; mais Philoméle, citoyen riche et puissant, fit prévaloir l'avis contraire. 11 prétendit, sur la foi d'un vers d'Homère , que la surveillance du temple de Delphes n'appartenait qu'au gouvernement delà Phocide, appela ses concitoyens aux armes, se mit a leur tête, et obtint un secours de quinze talents des Spartiates, qui , condamnés pour un (ait analogue (l'occupation de la Cadméc), n'avaient point ose jusque alors entrer en hitte ouverte avec l'Ainphictyonie. Aidé de ce» ressources, Phllomèle leva des troupes, s'empara presque sans obstacle du temple de Delphes, et en fit disparaître le décret des amphictyons , qui était gravé sur une des colonnes. Ces actes d'audace et d'impiété émurent la Grèce entière. Les Thébains , les Locriens et les Thessaliens prirent parti pour les amphictyons; Athènes soutint secrètement les Phocéens. C'était l'époque où Philippe île Macédoine commençait h mériter sérieusement la conquête de cette importante cité. Kn attendant qu'H put trouver un prétexte plausible pour intervenir dans la guerre sacrée, il profita de ralfaiblissement qu'elle causait aux républiques qui >'y trouvaient engagées , pour étendre ses invasions dans la Thraee et l'Htyrie. La fortune s'était dé. rlarée d'abord en laveur de Phiioincle ; mais ce général éprouva bientôt un revers décisil, a ta suite duquel il se préripita du haut d'un rocher, pour éviter de tomber vivant au pouvoir de l'ennemi. Un autre chef phocéen, Onomarque, recueillit les débris de l'armée vaincue, fl convertit en monnaie Por et l'argent qui composaient le trésor sacré, et transforma en casques et enépées une partie des statues en bronze qu'on admirait dans l'intérieur du temple. Cette action sacrilège, qui lui fournit d'ailleurs les moyens de lever une nombreuse armée, ralluma la guerre avec un nouvel acharnement : Poccasion d'y prendre part, si impatiemment attendue par Philippe , hii fut enfin offerte. Les Thcssafiens s'étant révoltés contre leur tyran Lycophron, réclamèrent l'assistance de ce monarque. M marcha sans perdre de temps au secours des rebelles, et tailla en pièces, à Magnésie, les Phocéens venus, sous U conduite «lOnomarque. pour défendre Lycophron. Cette victoire soumit à Finilueime du roi de Macédoine tous les peotiles armés |>onr s<iutcnir les pri-
vilèges du temple d'Apollon. OnouurquÉ, dont le ion mandement éUtt devenu insupportable, fut précipite dm la mer par ses propres soldats. Ainsi , selon U renurqw d'un historien ancien, ces deux chefs d'une guern impw périrent chacun par un des genres de mort dont on puaUvvt le sacrilège. Philippe fit également jeter a 1a mer trois miJl* prisonniers demeurés en sa puissance.
Cependant la mort d'Onomarquc n'avait point rais fia* cette longue et sanglante lutte. Pbyalliis, son frère , lui ;or céda dans le commandement des troupes. Favorisé do recours des Athéniens et des Spartiates , il s'avança ontr* les Thébains, et remporta sur eux quelques avanta^f O peuple, énervé par de longs efforts, et livré presque uw défense, par son épuisement, aux entreprises de lx*kmone, son implacable ennemie , se vit réduit a impW à son tour la protection du monarque macédonien. rHkflt n'eut garde de négliger une alliance si conforme à w portique. Mettant à profit l'inaction des Athéniens , que n'»ti*«l pu faire cesser les exhortations pressantes de D^ib'»thène, il écarta sans bruit tous les obstacles, s'eaipm des Thermopyles, pénétra dans la Phocide, et se derJn boitement le vengeur d'Apollon. Les Phocéens , épouvantés , éperdus , n'espéraient plus qu'en sa clémence, Iom« affectant habilement des demies sur le droit de dispoxr * leur sort, Philippe assembla a la tiAtc les amplmt>«» obtint la présidence de ce sénat suprême, qui, docile * •« volontés , déchut les Phocéens du double suffrage dont il» ; jouissaient, transporta au Macédonien tous leurs priukt». et lui déféra la surintendance des jeux P>thien&, à IVv* sion des Corinthiens , qui avaient embrassé la csok * peuples de la Phocide. Les amphictyons ordoiuérfDl <i outre la destruction de toutes les villes de cette contrée, rtn assujétirent les habitants à un tribut annuel, exigible j* qu'à l'entière restitution des sommes enlevées au terni** Delphes. Cette décision termina, au bout d'environ «iiv la seconde guerre sacrée, collision meurtrière, dont lr> t*sultats les plus apparents sont demeurés aux yeux de l"^toire, l'affaiblissement des républiques qui s'y <vps** et l'accroissement de la puissance de Philippe, auquri o' procura le dangereux avantage de picodre pour la prewto fois un rôle actif et direct dans les affaires de la
A. Botujx
GUERRE SAINTE. On nomme ainsi de* esp**»* levées en masse, prêchées an nom d'une religion c««t'f * peuple étranger. Telle est l'al-Dj ih ed des ninsulnH»*-
GUERRES DE RELIGION. Ces mots rapp^ l'esprit les pages les plus sanglantes des annales de t>'» ^ peuples. On ne saurait sans frisson retracer les horrn^ les atrocités auxquelles l'intérêt et ta plus grande &w rf la religion peuvent servir de prétexte , tous les crin*5*' sont capables le fanatisme et la superstition. Q»-1 que la religion ail servi île prétexte a beaucoup de gu'^j on ne nomme guerres de religion que celles qui tw*' l'intérieur d'un pays. F.t pourtant dans cette dénuww^ sont accouplés deux mots qui se repoussent ; car la «hr^ c'est l'amour, tandis que la guerre, c'est la haine, Wr»' la destruction. Nous ne raconterons pas id Uxis ce* tn^ épisodes des grandes annales de l'humanité. 1/* des Albigeois, des Yaudois, des Cami*"4* ^ Cé.vennes, les Dragonnades, étaient des l"*"** . religion. Dans l'usage ordinaire, on désigne plus *r*j*"J, chez nous par le nom de guerres de religion civiles que provoquèrent en France, dans la sotorf ^ lié du seizième siècle , l'antagonisme et la rivalité *JT^. ikismect du protestantisme; discordes qui « F*£ gèrent encore durant une partie du dix-srpti»* *^ On ne compte pas moins de onze guerres de ce g*" tenues chez nous par les huguenots.
GUERRE SOCIALE. On désigne sou* Pliistolre romaine la levée de boucliers faite, 1,0 ' , J.-C. , par les alliés de Rome dans la pénia-u*' rcfTet d'être admis à jouir à Homo de tous W