‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 486 sur 614 · GUIBRAY · texte numérisé non relu

GUIBRAY

l f£\ue de Guibray, cl qni parcourt 1m principales nies occupées par le* marchands. Le maire et le conseil municipal la suivent. Sa rentrée à l'église est le signal de l'ouverture de la foire véritable, et le jour inéme, à cinq heures après mkli, on peut déjà commencer à enlever le* marchandises achetées. Cette vente de détail n'a guère lieu que pour le commerce des nouveautés. Il est rare que les affaires en gros, commencées dès le 13, ne soient pas toutes terminées au plus tard le 18. Les livraisons de marchandises et les règlements de compte ont lieu dans les jours qui suivent. Le 34, toutes les opérations doivent être terminées. Le 25 les payements s'effectuent, et le 26 tes protêts. Le tribunal de commerce, la justice de paix et la mairie, qui depuis le te étaient venus s'établir par extraordinaire dans le faubourg de Guibray, rentrent le to en ville ; et les rues de la loire, ainsi que les champs voisins , redeviennent aussi déserts, aussi triâtes qu'ils étaient animés et bruyants les jours précédents.

La foire de Guibray est pour les manufactures du nord et du nord-ouest de la France ce que celle de B ea u c a i re est pour celles du midi. Année commune, il se tait a la foins de Guibray de fi» à 16 millions d'affaires ; tes roue u norias et les cuirs y ont la plus belle part, environ 1,500,000 francs, les clntps, le* Ilaiicli'-S, les b.iti^lc*, I c|ii» erie , la quincaillerie, l'indigo, tes bois de teinture, la bonneterie, les velours, U mercerie, les soieries, les nouveauté», les toiles, etc., etc., viennent après. Les opérations de la foire de Guibray coïncident avec une foire aux chevaux et aux bestiaux qui commence une semaine auparavant et dont on évalue l'importance à 1,500,000 francs.

GUICCIARDINI ( Fhaxcmco), dont nous avons fait Gulcfiarrfin, naquit à Florence, te S mars 14»? , de l'une •les plus anciennes et des plus nobles familles de cette république. La nature le doua d'un esprit vif et pénétrant, d'une mémoire heureuse, d'une grand courage uni à l»eauconp de sang-froid, et d'une constitution robuste. Lue excellente éducation littéraire développa en lui le don de l'éloquence, qu'il avait reçu de la nature; enfin, la gravité, la sévérité iiiéiue de son caractère le disposèrent de bonne heure au maniement des affaires d'État. Dès l'âge de sente ans il commença à Florence l'étude «lu droit civil, qu'il alla suivre à Ferrare , et ensuite à Padotie. Il y fit de si grands progrès, qu'étant retourné à Florence en 1505, la Seigneurie le chargea d'expliquer les Institut es de Justinien , quoiqu'il n'eot que vingt-trois ans et qu'il ne fnt pas encore reçu docteur. Il obtint ce grade la même année ; mais bientôt, enntijé de renseignement public, il se livra tout entier aux exercices du barreau. Sa réputation engagea le gouvernement île Florence à lui confier plusieurs missions importantes, puis une ambassade a laconr de Ferdinand le Catholique, dont il sut gagner les bonnes grâces. A la fin de 1515, il fut choisi pour aller a Cortone recevoir, au nom de la république, le pape Léon X, qui venait faire, avec tout le fasfe d'un souverain et d'un Médieis, son entrée A Florence.

Juste appréciateur du mérite, le pontife distingua Guicciardini, le nomma avocat eonsistaiïal, l'appela a Rome, k fit gonvemenr de Modène et de Rcggio, et bientôt après commissaire général de l'armée pontificale. Léon X venait «rajouter à ces faveurs le gouvernement de Parme , lorsqu'il mourut. Guicciardini acquit beaucoup de gloire à la défense de cette ville, assiégée par les Français. Adrien Yl le conlirma dans tous ses emplois ; Clément VII fit plus : il le nomma d'abord gouverneur de toute la Romagne, où il fonda des établissements utiles, et devint en peu de temps l'idole de tous les partis. Quand la guerre eut définitivement éclaté entre le saint-siège et l'empereur, Clément le créa lieutenant général de l'armée romaine. Le mauvais succès de cette guerre ne peut être imputé à Guicciardini, qui y déploya ses talents et son activité ordinaires.

A la mort de ce pontife, Guicciardini, qui servait non l'Eglise, mais le» Médieis, se refusa aux offres de Paul III, et se retira à Florence, airprès du duc Alexandre. Ses con-

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seils modérèrent souvent la prodigalité et l'ambition de ce prince, qui le regardait comme son père. Alexandre ayant été assassiné en 1530, les Florentins penchaient pour le gouvernement républicain. Guicciardini fut presque le seul qui se déclara en faveur du gouvernement monarchique. Son éloquence l'emporta, et Cosme de Médieis fut proclamé. N'ayant pas obtenu dans les affaires la part qu'il s'attendait à y prendre, il se retira, en 1539, dans sa délicieuse campagne d'Ara tri. Mais à peine y avait-il passé un an qu'il mourut, le 17 mai tMO, Agé de cinquante-huit ans. Il s'était marié, en 1505, avec une dame de l'illustre famille des Salvtatè, dont il eut sept filles. Charles-Quint l'honora d'une bienveillance particulière : les courtisans de ce prince se plaignant de ce qu'il leur refusait audience, tandis qu'il s'entretenait avec lui pendant des heures entières : « Dans un instant, leur répondit-il, je pois créer cent grands d'Espagne, mais dans cent ans je ne saurais faire un fîuirciardini. »

Le rOle qu'il joua dans tes affaires de son siècle suffirait pour transmettre sa mémoire a la postérité, mais c'est surtout comme historien qull a rendu son nom immortel. 11 n'avait songé, dans le principe, qu'à écrire sa propre histoire, ou les mémoires de sa vie. Mardi lui suggéra l'idée plus grande de transmettre à la postérité tout ce qui de son temps s'était passé en Italie. Il travaillait h ce grand ouvrage depuis plusieurs années , lorsqu'il se retira des affaires. On lui a souvent reproché la prolixité de ses récits. Quelques événements occupent, U est vrai, dans la narration générale une étendue excessive et disproportionnée : la guerre de Pise, par exemple. On a criuViné aussi l'emploi trop fréquent et l'élendne invraisemblable des harangues qu'il met dans la bouche |dc ses personnages : peutêtre ce défaut doit-il être attribue au siècle ou il écrivait. La meilleure édition de son Ittoria (Tltalia est celle qu'en a donnée Ro»ini ( ifl vol., Pise, 1819). C" ne ïhuni.

GU1CCIOLI (Comtesse). Voyez Bvsoa.

GUlUtlAtlDIN. Voyez GmcciARDim.

GlICIIC (Ducs de). Voyez Grauowt.

GUICHET, petite porte pratiquée dans une autre, plus grande, et quelquefois a roté. On n'en voit guère qu'aux portes des places fortes, des forts, des châteaux et surfont des prisons.

A Paris, on nomme guichets du Louvre les arcades de ce palais qui servent de passage aux Toitures et aux piétons.

On appelle aussi guichet une petite ouverture, ou fenêtre, pratiquée dans une porte, et par laquelle on peut parler à quelqu'un , ou lui faire passer quelque chose , sans être obligé d'ouvrir la porte. Il y en a beaucoup dans les prisons, où ils sont ordinairement grillés quand ils n'ont pour usage que de servir à la transmission de la parole. Etre pris au guichet se dit figurément d'nn homme arrêté an moment où il va s'évader.

En termes d'hydraulique, on appelle guichets des ouvertures pratiquées dans les grandes portes et vannes des écluses, pour introduire l'eau dans les petits bassins cl y mettre à flot les navires qu'on y a radoubés. Ces guichets se ferment arec de petites vannes, qu'on lève et baisse a l'aide de crics, attachés sur l'entretoise supérieure.

Le guichetier est nn valet de prison, qni ouvre et forme les guichets, et à qui l'on confie la garde des prisonniers.

GUIDAI. ( M»xi»ii.ir.N-Josa»ii), général de brigade, fusillé le OT octobre I8H, dans la plaine de Grenelle, |>our la part qu'il avait prise, avec Lahorie, à la fameuse conspiration du général Mal et, était né à Grasse, en 1755. Entré de bonne heure au service comme simple soldat, il parvint, grâce au mouvement de 17B9, aux épaulettes étoilées. D'un caractère allier et violent, il eut avec plusieurs ministres de la guerre de nombreux démêlés, par suite desquels on le mit à demi-solde. Enfin, son peu de ménagement dans l'ex« pression de b haine profonde qu'il avait vouée à l'empereur, le Ht arrêter par mesnre île haute police et jeter ft la Force. Ces! dans celte prison qu'il fit la connaissance du général Malet, détenu à pen près pour les mêmes motifs. C'est an*si

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