‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 487 sur 614 · GU1DAL — GUIDE · texte numérisé non relu

GU1DAL — GUIDE

à la Force que celui-ci vint le prendre, le 04 octobre 1SH, à cinq l»eures du matin, en vertu d'un faux ordre, pour eu Taire son second dans l'édiauffourée à jauni* célèbre à laquelle sou nom est resté attaché. Enfin , c'est à la Force que, trois heures après, il conduisait et enfermait lui-même le préfet tic polie* en personne, surpris dans son sommeil, M. Pas q ui er, lequel crut naïvement à la mort del'empcrenr, dont le bruit, hardiment répandu parles conspirateurs, avait eu pour résultat de leur donner le pouvoir pendant quelques heures. On sait que la présence d'esprit et la fermeté du général Hullin, commandant de Paris, firent échouer le complot au moment où tout semblait déjà consommé. Traduits devant une commission militaire, les conjurés furent condamnés à mort cinq jours après, et immédiatement exécutés. Le général Guidai marcha au supplice en vouant à l'exécration publique Napoléon et son sjslème.

GUIDE. Il est des circonstances, physiques et morales, où l'homme, entrant pour la première fois dans des voies inconnues, court le danger de s'égarer et de périr. Un secours étranger lui est alors nécessaire : celui qui le lui donne s'appelle guide. Soit qu'il éclaire de son expérience les liassions humaines, soit que, remplissant une mission moins élevée peut-être, il se borne à le conduire par la main dans des lieux nouveaux pour lui, dans des sentiers escarpés et coupés de précisées, le guide n'en a pas moins droit à sa reconnaissance. Nous ne parlerons ici ni du guide moral, dont tout le inonde comprend la nécessité, ni des écrits divers, publiés sous ce titre, nous inspirant dans nos travaux , nos actions , nous donnant des conseils sur la manière d'accomplir certains devoirs, des instructions sur un art, des renseignements sur un pays, jusqu'au guide-âne |N>pulaire et naïf, ni de ces guides des Pyrénées, des Alpes, qui, un long bâton ferré à la main, font métier de partager les courses périlleuses et les longues explorations des voyageurs. Chacun a pu apprécier les dangers qu'ils courent. En temps de guerre, les troupes emploient à les conduire des hommes élevés dans les localités qu'elles parcourent; ces hommes portent aussi le nom de guides. Tant que l'armée opère sur la frontière, elle en trouve d'excellents dans les douaniers, les contrebandiers et la gendarmerie locale, lin avançant dans un pays ennemi, il est plus difficile d'en trouver ; généralement il ne faut se (1er que très-médiocrement à eux ; on doit prendre des précautions pour qu'ils ne puissent s'enfuir.

Dans la théorie militaire , on appelle guides les hommes sur lesquels les autres doivent régler leurs mouvements cl leurs alignements dans les évolutions : guides généraux, guide à droite, guide à gauche.

lie général Bonaparte, ayant failli être enlevé, le 30 mai 1796, par des coureurs ennemis, qui pénétrèrent dans le bourg de Valeggio , sentit la nécessité d'avoir une garde d'hommes a cheval , chargée spécialement de veiller à la sûreté de sa personne. Ce corj*, auquel, par déférence pour le Directoire, il donna le nom de guides, fut immédiatement organisé par Ocssières, alors simple chel d'escadron, et devint plus tard le noyau du beau régiment des chasseurs à cheval de la garde impériale. Les guides reparurent avec la république de 1*48, lors de la formation de l'armée des Alpes . mais autant l'uniforme des guides de l'empereur avait été brillant, autant celui des nouveaux guides ( bleu foncé et lie de vin ) fut sombre et triste. Dans le principe, on ne devait recruter ce corps, formant un seul escadron , que parmi des hommes parlant au moins une langue étrangère. On se relâcha bientôt de cette condition obligatoire, et le neveu de l'empereur, arrivant au pouvoir, porta cet escadron à un régiment, qu'il revêtit du brillant uniforme des guides du premier empire, et qu'il a incorporé dans la nouvelle garde impériale lors de sa formation. L'obligation imposée aux candidats de posséder au moins une langue étrangère était depuis longtemps tombée en désuétude.

Du reste, elle n'était pas Inusitée dans ce corps ; le 12

vendémiaire an xu , un arrêté des consuls avait prescrit U

formation d'une compagnie de guides-interprètes, yo\ devait être employée près de l'armée d'Angleterre : il Utat, pour obtenir la faveur d'en faire partie, quelle que fut la nationalité du postulant, qu'il parlât et traduisit l'aa*uis, qu'il eût habité l'Angleterre et qu'il en connut h biographie.

Les guides d'un cheval consistent en une espèce de rè* en cuir, attachée à la bride d'un cheval attelé, et «emnl i le guider. Payer les guides, payer les guides doubla, c'est payer au poslillon qui nous conduit le droit présent pour chaque poste ou le droit double.

GUIDE (Gcmo REMI , plus connu sous le nom du), peintre célèbre de l'école bolonaise, naquit à Boloent, k 4 novembre 1 576. De bonne heure on devina ce qu'il drurt être plus tard. Son père , Daniele Reki , musicien dwunpr, voulait lui enseigner la musique ; tous ses efforts n'aboutirent qu'à un faible résultat, mais il n'en fut pu de aim a l'égard dn dessin. Denys Cal vaert, peintre flanaal, qui lui donnait des leçons , fut bientôt surpassé par »i élève. La supériorité d'Annibal C ar r ac he sur vm \nmier maître la frappa ; il voulut suivre les leçons <f absv bal , et peu de temps après il avait mis de coté U manie? flamande et la couleur sombre qu'il avait emprunte* » Caravage, pour suivre l'école de son nouveau nuit* Orphée et Eurydice fut le sujet du premier tableau, qui attira à son auteur des félicitations générales. Le G«4t voulut mériter encore de nouvelles louanges , et poor W acquérir il se mit à peindre a fresque. Après no tnnt opiniâtre , il parvint & établir d'une manière incuntoUX a réputation , qui ne tarda pas à se répandre jusqu'à R«w Encouragé par ses nombreux succès , et désireux de réiser le sanctuaire des arts, il partit pour aller visiter AnniW Ca (Tache, qui travaillait à la galerie Farnèse. Son mail* le présenta à Josépin, au Pomerancio et à Gaspard Cil», qui accréditèrent à Rome la réputation du Guide, en qf»sition à celle du Caravage, leur mortel ennemi. Deu«* lutte incessante qui ne se termina qu'à la mort des aougonistes. Timide et faible, le Guide répondait à peine >« insultes et aux provocations du furieux Caravage, qui* faisait des partisans parmi les gen* timorés, qu'il çait de son épée s'ils refusaient de l'admirer. Josépin employa son influence, qui était grande, à faire supplanter! Caravage. Ce dernier avait ébauché , pour le cardinal Bwglièse, lo Martyre de saint Pierre : le tableau fut reth de ses mains pour être continué par le Guide, à la cotation cependant qu'il le terminerait à la manière de «*a qui Pavait commencé.

Dans la suite, ceux-là même qui t'avaient protélé w repentirent de leur conduite ; ils se reprochèrent d'avoir A»k l'essor à un talent qu'ils craignaient de voir les éclipser ta* Ses ennemis déployèrent toute la mse imaginable pour I empêcher de recevoir les sommes qu'on lui devait pour ms^ictures. Le trésorier du pape, gagné par eux, lui suscita imlk contrariétés. Le Guide, humilié et irrité en même leii>|*, quitta secrètement Rome, et partit pour Bologne. Le pape P*°l V ayant appris le départ du peintre, bl&ma sévèrement ce» qui l'avaient laissé partir, et il envoya sur-k"Ch*»l son nonce auprès de lui avec l'ordre formel de le ram» Ce ne fut qu'après de vives instances qu'il consentit a re«*t à Rome. Le pape lo reçut avec beaucoup d'ég»rds, et l« chargea d'impottants travaux , entre autres du soin de *• corer la chapelle de Monte Cavallo. Aussitôt ses eog»?* ments remplis, il quitta Rome de nouveau pour retour*' ' dans sa ville natale : là du moins il n'avait pas à rtào^f la jalousie de ses ennemis. C'est à cette époque qu'il»** tableaux les plus remarquables.

Le Guide peignait avec une étonnante facilité : on M que plus de deux cents tableaux de grande dimension W sortis de son atelier. Le détail de toutes ces peinture* "f*1 trop long. Nous nous bornerons à indiquer les fàtdpto* compositions : Les Travaux a" Hercule, LoToUeM**

GUIDE — GUIETiNE

», L'Enlèvement d'Europe, Les Grâces couronnant Vénus, Une Vierge, L'Annonciation, Le Massacre des Innocents, Saint Michel, Le Martyre de saint André, etc. Il amassa une belle fortune , mais une funesle passion eut bientôt englouti tout l'or qu'il avait gagné : il joua avec une effroyable frénésie. Nous possédons au musée du Louvre un grand nombre de toiles de cet artiste. Les plus remarquables sont : David vainqueur de Goliath, Hercule tuant r hydre de Lerne, Le Combat d'Hercule et d'Actetoûs, V Enlèvement d'Hélène, Le Centaure fiessus enlevant Déjanire, etc. Le Guide, ruiné en peu de temps, voulut satisfaire à ses désirs et à ses besoins par le produit de ses peintures. C'est à celte insatiable soif de l'or qu'il faut attribuer la prostitution qu'il fit de son pinceau. Des peintures sans mérite sortaient en foule de ses mains pour être ensuite vendues à vil prix. Cette manière d'agir lui attira la défaveur de ceux qui Pavaient le plus admiré. Sa position devint affreuse. Pour surcroît de malheur, il tomba malade, et mourut, le 18 août 1652, à l'âge de soixante sept-ans, accablé de chagrin et de misère. S. Valnokt.

GU1DI (Tomuabo). Voyez Masaccio.

OUI DON. Ce root, dont la terminaison trahit l'origine et accuse l'augmentatif méridional, vient du simple ou primitif guida, mot italien qui se prenait dans le sens d'e nse i g ne. L'apparition du terme et de ce qu'il représente se rattaclie à une époque mémorable , celle de l'abandon du p e n n o n , de l'abolition des bannières, et du triomphe obtenu sur U féodalité par les troupes à cadre permanent et royal. Il n'y eut d'abord sur ce pied que de la cavalerie. Cet te dénomination fut donnée , vers le milieu du quinzième siècle, à l'étendard de la gendarmerie, plus tard à ceux des régiments de dragons. Elle cessa d'être employée en 1791, redevint a la mode en 1815, et fut supprimée l'année suivante. Longtemps la forme et la couleur du guidon furent arbitraires , capricieuses, changeantes. An dixhuitième siècle elle ne s'appliquait plus qu'à un étendard, pins long que large, fendu parle bout, les deux pointes arrondies, etc. Dernièrement on appelait encore guidons, dans l'infanterie française, de petits drapeaux carrés, dont le manche entrait dans le canon du fusil d'un sous-officier, sous prétexte de servirai» alignements.

Dans la marine, le guidon est une banderole, plus courte et plus large que la flamme , fendue à son extrémité, et servant à faire des signaux (voyez Cousette).

De même que le nom d'une arme devenait jadis le nom du guerrier qui s'en servait , de même le nom des enseignes devenait souvent le nom des troupes qui s'y ralliaient : ainsi on a appelé bandes , enseignes, guidons, des troupes au milieu desquelles flottaient ces insignes. G*1 Bahdin. GUIDO REM. Voyei Guide (Le).

GUIENNE. Ce nom est vraisemblablement une corruption de celui d'Aquitaine: commença à s'introduire qu'a l'époque où saint Louis rendit au roi d'Angleterre, par le traité de 1259,lesduchés réunis de Gascogne et d'Aquiuine, et mente, suivant Longuereu, qu'au commencement du quatorzième siècle. En 1302 les troupes de Philippe le Bel envahirent la Guienne, où il ne resta qu'un petit nombre de villes au pouvoir des rois d'Angleterre ; maison fit encore la paix , et les Anglais rentrèrent de nouveau en possession de tout le duché. Les guerres se renouvelèrent au temps de Charles IV, et ce prince s'empara encore de tout le pays, excepté de Bordeaux. Le traité de B r é 1 1 g n y , en 1360 , céda àÉdouardlIlla possession de la Guienne en toute souveraineté. Edouard érigea en 1363 le duché de Guienne en principauté , en laveur du prince de Galles. La Guienne comprenait alors le Poitou , la Saintonge, l'Agénais, le Périgord , le Limousin, le Quercy , le Bigarre, la terre de Jaure, TAngoumob, le Bouergue, les villes de Dax et de Saint- Sevcr, et la Gascogne. L'administration du prince Noir mécontenta les seigneurs de Guienne, qui portèrent leurs plaintes an roi de France Charles V. Les états généraux de 1369 décidèrent que les Anglais n'ayant pas observé plusieurs des

articles du traité, on n'était pas lié à leur égard. On reçut l'appel des seigneurs, on conclut avec eux un traité secret; les lettres d'appel lurent signi liées à Edouard ,' et en peu de temps Du guesclin soumettait toute la Guienne, à l'excep. tion de Bordeaux et de Bayonne. Cette conquête, du reste, fut de peu de durée ; la Guienne préférait la domination des Anglais à celle des Français, qui se montraient toujours hostiles aux institutions municipales. Les factions rivales des princes, sous Charles V I, désolèrent aussi la Guienne ; ce fut même aux partisans gascons du comte d' Armagnac, beau-père du duc d'Orléans, que la (action de ce prince emprunta son nom.

Les généraux de Charles VII entrèrent dans la Guienne, et s'emparèrent, l'an 1451 , des châteaux forts de Blaye, de Bourg et de F ronsac ; Bordeaux ouvrit ses portes à Dunois Les Anglais l'année suivante tentèrent de regagner le terrain perdu : ils rentrèrent dans Bordeaux , mais vaincus a la bataille de Caslillon, l'an 1453, la Guienne fut définitivement perdue (tour eux. Ils la possédaient depuis trois cents ans.

Louis XI la donna en apanage à son frère; mais les seigneurs gascons qui avaient pris part à la ligue du bien public, les Armagnac, les Albret, conspirèrent bientôt avec lui pour recouvrer l'indépendance de la province. On connaît la répression terrible et la vengeance du roi Louis.

La réforme y compta bientôt de nombreux partisans. En 1648 l'établissement de la gabelle fit éclater en Guienne une révolte terrible. Les religionnaires, favorisés par le mécontentement général , conçurent alors le projet d'arracher toute la province au roi et d'en former un État républicain et indépendant. Commandés par Duras, ils bloquaient déja étroitement Bordeaux, lorsque Mont lue la délivra. Le sanglantes exécutions qu'il ordonna et sa victoire du Vei-en- Périgord assurèrent le triomphe des catholiques. En 1567 la guerre civile s'y ralluma dans toute son horreur; les divisions de Montiuc et de Danville empêchèrent les royalistes de profiter de leurs avantages. Mais le parti huguenot s'accrut considérablement après la Saint-Barthélemy. A la mort de Henri III , la Guienne fut une des provinces qui reconnurent les premières le roi de Navarre pour son successeur. Cependant, un certain nombre de villes tinrent lonteropa encore pour la ligue. L'histoire particulière de la Guienne se confond dès lors avec l'histoire générale de la France ; et il n'en plus question de cette province que < ment militaire.

A la révolution , ce gouvernement comprenait la propre ou Bordelais, le liazadois, le Périgord, le Qoercy, le Bouergue et l'Agénais, qui étaient pays de Guienne; les Landes, la Chalone , le Condomois, l'Armagnac, le Bigorre, le Comminge, le Conserans, le Labour et le vicomté de Soûle, qui étaient pays de Gascogne : Il avait Bordeaux pour chef-lieu. Sous te rapport de l'administration financière , le gouvernement de Guienne et de Gascogne se divisait en deux généralités, généralité d'Auch pour la Gascogne, et généralité de Bordeaux pour la Guienne. La généralité de Guienne, comprenait dix élections, savoir, Bordeaux, Lesparre, Uhourne, F ronsac , Bourg, Blaye, Agen, Condom, Bazas et Périgueux. La généralité de Bordeaux était rédimée de gabelles, exemple des aides proprement dits et de droits sur la marque des fers, et les travaux des chemins s'y faisaient principalement par corvées. La Guienne était pays de droit écrit, c'est-à-dire régie par le droit romain et par les ordonnances des rois. Le parlement de Bordeaux , appelé aussi parlement de Guienne , datait do milieu du quinzième siècle : il fut confirmé par lettres patentes du 12 juin 1462. U est dit dans ces lettres que te parlement de Bordeaux n'est pas seulement institué pour cette ville , mais aussi pour les pays et sénéeltaussées de Gascogne , d'Aquitaine , des Landes, d'Agénais, de Bazadois, de Périgord, de Limousin; et telle était à peu près l'étendue de son ressort au moment de la révolution , c'est-à-dire que ce ressort répondait à celui du gouvernement militaire de la Guienne.

ron, de la Dordogne, da Gers, de la Gironde, des Lande», du Lot, du Lot-et-Garonne et des Hautes- Pyrénées.

GUIENNE ( Jaoooi* III i>r CRÉQUI , dit le maréchal

db). Voyez Ch&qci.

GUIGNES (Joseph dk), né k Pontoise, le 19 octolwe 1711 , mort k Paris, le 19 mars i soo , fut te ptos «avant orientaliste français de son temps. Elève de Fourmont, il posséda en peu d'années les divers idiomes île l'Orient , et surtout la langue chinoise. Fourmont étant mort en 1 746, de Guignes lui succéda dans la place de secrétaire interpréta des langue* orientales à la Bibliothèque du roi. Il s'illustra si rapidement par le* nombreux écrits qull publia sur l'Asie, qntl devint successivement, en 1752, membre de la Société royale; en 1753, membre de l'Académie des Inscriptions, censeur royal et l'un des rédacteurs du Journal des Savants ; en 1757, professeur de langue syriaque au Collège royal , dont la chaire était vacante depuis la mort de Jatdt ; en 1769, garde des antiques du Louvre et pensionnaire de l'Académie des Inscription* et Belles Lettres; en 177Ï et en 1785, membre du comité établi dans son sein pour la publication des Notices et des Manuscrits.

Les ouvrages nombreux qu'il a publiés , fort remarquables d'ailleurs pour une époque où aucun Européen n'avait encore étudié le sanskrit, sont aujourd'hui bien en arrière des connaissances des orientantes. Le meilleur est son Histoire générale des Huns , Turcs , Moyots et autres Tortures occidentaux (S vol. in-4°). !)e Guignes s'était imaginé que les caractères chinois n'étaient que des e*|>èccs de monogrammes, formés de trois lettres phéniciennes. A l'aide de ce paradoxe scientifique, qui déjk attaquait la haute antiquité des Chinois , il alla encore plus loin , et s'efforça de prouver que les princes chinois nommés dans les annales de cet empire n'étaient autres que des rois d'Egypte. Deux hommes s'élevèrent contre ce système, de Paw et Desltaulerayes. De Guignes répliqua; mais ses réponses furent plus brillante* et plus spécieuses (pie solides.

Son fils, Chrétien-Lmis-Joteph m Goianes, né à Paris, en 1759, mort dans cette ville, en 1845, cultiva aussi les langues orientales. Il avait été , en 1784 , cliargé d'affaires de France en Chine et consul k Canton. On a de lui un Voymje h Pékin, Manille et 1'/ le. de France (Paris, 1808, 3 vol. In-8U , avee atlas) Il a édilé en outre, par ordre de l'empereur Napoléon, un Dictionnaire chinois, français et Min, do père Basile de Glemona ( Paris, 1813, grand in-folio).

G.-L. DOHEHY 08 RlKffXI .

GUIGNIER. Voyez Crama*.

GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT (Reke-Charles), le Corneille du boulevard, naquit en 1773, k Nancy, d'un père ancien major du royal- Roussillon , très-infatué de sa très-contestable et , en tous cas , très -récente noblesse. La place d'un pareil homme en 1791 était marquée d'avance k l'armée de Condé, et son Als l'y suivit. Mais dés 1793 celui-ci rentrait en France et 6e mariait, k vingt ans, sans trop savoir comment donner du pain k sa compagne. Nécessité, dit-on, est mère de l'industrie; il se mit k peindre des éventails, en attendant qu'il lui fnt possible de tirer parti de l'éducation trts-ltttéraireel très complète d'ailleurs qu'il avait reçue. Les abords du théâtre lui parurent entourés de moins de difficultés que ceif* du Journalisme, et en 179" il écrivit sa première pièce, Sélico,oule nègre généreux, qu'il vendit 600 francs. Une fois le premier pas fait , il ne s'arrêta plus , et dans l'espace de trente-huit ans ne donna pas moins de cent vingt comédies, vaudevilles, drames, mélodrames, dont la plus grande partie eurent jusqu'à cent représentations consécutives et même davantage. On voit que, bon an mal an , notre homme enlanlait régulièrement un chef-d'œuvre tous les trois mois, et cela seul, toujonr* seul, sans le concours d'aucun collaborateur ! I!ne fabrication aussi adiré a quelque chose de prodigieux, surtout quand ou songe qu'une bonne partie de son temps était absorbée d'une part par des

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