GUIENNE — GUILBERT DE PIXÉRÉCOURT
d'une direction théâtrale. Il y eut même un instant où Q
eut deux troupes de comédiens k régimenter k la fois»
Entré de bonne heure dans l'administration des domaines et de l'enregistrement , Guilbert de Pixérécourt y était parvenu de grade en grade jusqu'à celui de chef de diristoa , ce maréchalat administratif. Puis vint un moment ou facteur de tant de pièces applaudies parut aux propriétaire» du théâtre de l'Ambigu , les héritiers ou ayants droit du célèbre A udinot, l'homme prédestiné k assurer le succès de leur propriété commune. On le supplia donc d'accepter la direction de rAmbigu-Comique; il se. laissa faire , et les afUire* des domaines et de l'enregistrement n'allèrent [«s plus rua' Puis , vers 1815 , le duc d'Aumont , gentilhomme , par quartier, de la chambre de S. M-, chargé, en cette qualité, de présider aux destinées des artistes de l>Opéra-Comi<fue, fatig» des cabales par lesquelles ce tripot dramatique était incessamment troublé , confia ses pleins pouvoirs à Gudbert de Pixérécourt , dont la direction dura piès de cinq an-*.. C'est justice encore de reconnaître que l'histoire du Ihéalre Fe>deau offre peu d'époques dont la prospérité soit comparant' k celle dont il jouit sous le règne de l'autocrate de l'AmUpu Évidemment c'était une cervelle bien organisée que tdk de l'homme qui savait ainsi faire marcher de front tant b besognes différentes.
Jnsqu'k présent il semble que nous ayons mis une cer taine affectation k ne parler que du savoir faire admmi4r» tifde Guilbert de Pixérécourt; on pourrait en conclure q«> nous contestons la valeur littéraire de l'auteur de Calimn. ou l'enfant du mystère ( 1800) ; du Pèlerin Blanc ( iswi ■ de L'Homme à trois visages ( 1801 ) ; de La Femme à deux maris (180?); des Mines de Pologne (1803); de Teleli ( 1803 ) ; des Maures d'Espagne ( 1804 ) ; de La Fortcrwt du Danube ( 1805); de Robinson Crusoé ( 1805) ; de U Rose Blanche et la Rose Rouge (1809); de MaryuerUt d'Anjou (1810); des Ruines de Babylone (1810); du CAien de Montargis (I8l4);de Charles le Téméraire (l5l4), de Christophe Colomb ( 1815) ;du Monastère abandon* ( 1 81 6] ; de La Fille de V Exilé (1 8 1 9) ; de Valent ine ( 1 s M , de L'Evasion de Marie Stuart ( tsîl ) ; de La Tc'te de Mort ( 1 827 ) ; de l/itude ( 1 83 » ) ; de B\jou ( 1 835 ) ; etc. , etc. , elt Dieu nous garde d'un pareil blasphème! Nous pensom, m contraire, très-sincèrement que Guilbert de rtxcrécourt n'avait ni plus ni moins de talent que les plus huppés d'eotre les fournisseurs privilégiés actuels des théâtres du hou levard. La forme sans doute a vieilli chez lui, la déclamation prodigue moins aujourd'hui le< épithètes et les redoodances; mais les ficelles n'ont pas varié, et dans l'art <L les manier Guilbert de Pixérécourt reste un maître accote pli, qu'on aura de ta peine k égaler et qu'on ne surpassera jamais.» il avait, a dit de lui Jules Janln, une façon d'arranger son banc de gaion, de disposer sa lorét de vieux chênes, de préparer son kiosque, qui faisait que bon gré ma) gré, dès que la toile était levée, on regardait, oo s'inquiétait, on était attentif. Il avait de petites ressources &an< nombre, qu'il disposait h merveille : le tictac du moulin, un rayon de la lune, une amorce mal brûlée; un pont qui croulait k propos, un cri inattendu , un gémissement du s ent , des riens, des misères .. Mais ces riens remplissaient la scène d'un frisson Inattendu. Je sais très-bien que tout cela n'ett pas de la poésie, qu'un bon vers, parti de l'âme, vaut ceat millions de fois mieux que toutes ces surprises ; mats jasais aussi qu'k défaut de poésie, on est encore trop beurevt de trouver ces curieux arrangements d'une imagination qui n'est jamais en défaut.»
D'après ce que nous avons dit plus haut, on ne sera pa* étonné d'apprendre que Guilbert de Piiérécourt eut acqat une belle et honorable fortune. Il en faisait l'usage le plu» digne, et, ;*i force de soins et de recherches, il élait parvenu à former l'une des plus curieuses collections de livres donl les bibliographes aient conservé le souvenir. C'était tout à fait la bibliothèque d'un homme de goot.ct de savoir. L'indu théâtre de la Galté, en 183a, à l'époque on il
GUILBERT DE P1XÉREC0URT — GUILLAUME 63λ
m était directeur , lui fit perdre une partie notable do sa
fortune. Alors U comprit que l'heure fatale de la retraite avait sonné pour lui. Bijou, son «lernief ouvrage, n'avait eu qu'un succès médiocre. Des rivaux plu* jeunes, plus alerte*, lui disputaient les applaudissements dé la fouie. 11 se résigna phik>sopbiqueittent à «ou sort. A l'instar de Charles- Quint, qui de son vivant même voulut assister à ses obsèques, U suivit les vacations de U vente de sa célèbre bibliothèque, dont les amateurs se disputèrent les trésors sous le (eu des enchères : ce sublime sacrifice accompli, il dit un dernier adieu à Paris, et alla, en 1836, se réfugier au sein de sa famille, a Nancy, où U publia, de 1641 à I&43, 4 volumes in-** de ses œuvres choisies , et où il est mort, au mois d'août 1844.
GUILD, vieux mot saxon signifiant confrérie, association. La loi saxonne exigeait de tout homme libre arrivé è Tage de quatorze ans qu'il fournit caution comme quoi il garderait U paix publique ou, en ras de contravention, payerait les amendes et indemnités prononcées contre tui. C'est |iour obéir à cette prescription de la loi que des associations, des confréries, des gutlds se formèrent entre voi-
«era livrer le délinquant, ou bien, à défaut, a payera la partie lésée l'indemnité à laquelle elle aurait droit. Telle est l'origine des gutlds ou constations ex U tant encore aujourd'hui en Angleterre, dans un certain nombre de villes, parmi les artisans ou petits marchands. Elles exercent une grande influence sur les élections anglaise* , et aussi sur les administrations municipales. 11 y a en effet des villes et des bonrgs on le droit d'élection appartient aux seuls membre* des gutlds, dans lesquelles ou est admis soit par apprentissage, soit par achat. Cesi ce dernier mode qu'emploient les indlvidus qui, sans appartenir à une industrie quelconque, veulent cependant s'assurer du droit de vote inhérent au tHre de membre de ces corporations. Le mol guiid, en raison même de son origine, a droit de cité dans presque toutes les contrées où les populations ont du sang germanique dans les veines.
Ce ternie est également employé en Russie pour designer les trois classes de marchands. Dans ce pays en effet les marchands sont partagés en trois classes distinctes , d'après la quotité de la contribution qu'ils ont à payer au fisc. Les marchands de la première guild répondent à ce que l'on
par l'expression de notables çaals.
GUILIIER. Voget Fumm.
GUILDIIALL. C'est ainsi qu'on appelle l'hotet-de-ville de Londres, et comme on peut voir à l'article Guild, ce mot, d'après son étymologie, signifie littéralement salle de ta corporation. Construit pour la première fois en 14 1 1 , un incendie détruisit Guild hall presque complètement en 1069; alors on le rebâtit , mais ce ne fut qn'ea 1789 que la façade en fut achevée.
I*a grande salle de cet édifice , remarquable par l'étendue de ses proportions (M mètres de longueur sur 16 mètres 33 centimètres de largeor et IB mètres 66 centimètres d'élévation), peut contenir de six à sept mille personnes. Ces! 1.1 qu'ont lieu les élections parlementaires et municipales el toutes les réunions autorisées par le corps de* aldermen. C'est la aussi que la ville de Londres donne ses fêles, ses bals, et surtout ses repas vraiment homériques, dont les journaux ne manquent jamais de publier le formidable menu. L'élection dn lord-maire, la réception du souverain, on bien de quelque étranger de distinction considéré comme l'hôte de la cité , sont d'ordinaire l'occasion de ces festins. On se fera une idée dn luxe qu'y déploie la cité de Londres, représentée par ses aldermen ou corps municipal, quand on saura que la carte a payer du dîner offert à Guild hall, en t«i5, aux monarques de la coalition européenne, ne s'éleva pas à moins de 500,000 franc*.
C'est a rentrée de cet édifice publie que se trouvent les de Gog et Magog.
6UILFORD (Fmtnênicn NORTH, comte), fondateur et chancelier de l'université de Corfou, né en 1701 , était le troisième fils de lord N or th. Il lut élevé à Oxford, et après avoir occupé nn emploi dans la trésorerie, a l'époque de l'ad • ministration de son père, il frrt pins tard nommé gouverneur de Ceylan. A son retour en Angleterre, il hérita du titre de son frère , le comte Guilford , et le remplaça a la chambre haute. Le gouvernement anglais l'ayant ensuite envoyé en mission dans les lies Ioniennes, il consacra sa fortune et ses talents A favoriser le* efforts tentés pour réveiller l'esprit nationnal de* habitants de ces -Iles. Après avoir déjà créé vingt-neuf écoles, il réussit à triompher de tous les obtacles et de tous le* préjugés qui «'opposaient à la réalisation de son plan favori , et à fonder 4 Corfou une université, qui fut inaugurée le 13 novembre 1824, par ordre deCanning, et dont il rat nommé chancelier. Il adjoignit à l'université une bibliothèque, dont ses libéralités firent le premier fonds, et mourut à Londres, le 14 octobre 1857. Lord Guilford , philhetlène ardent , l>elléniste distingué , possédait la plus riche collection qni se pût voir des productions noneeulement de l'ancienne littérature grecque, mais encore de la littérature grecque moderne.
GUILHEN DE CASTRO. Voyez Crnao.
GUILLAUME. Quatre rois d'Angleterre ont porté ce nom.
GUILLAUME dit le Conquérant, fondateur de la dynastie anglo-normande, né à Falaise, en 1027, fut appelé d'abord le Bâtard, parce qu'il l'était en effet ; accident dont au surplus il était loin d'être honteux, car il signait en toute* lettres Wilhelmus Nothus. Son |>ère, Robert I", guerrier intrépide , et qui vécut toujours dans le célibat, s'était épris d'amour pour une de ses sujettes. Du haut du château de Falaise où il se trouvait , le duc avait distingué sur les bords de l'Ante la jeune Herlève ( Ariette ) , fille d'un tanneur nommé Herbert ou Vert -Pré. Guillaume fut le fruit de cette union illégitime.
Le fils de Robert était bien jeune encore, lortqn'en 1 035, . ce doc entreprit le pèlerinage de Jérusalem. Avant de par- ; tire Robert eut la prudence de faire reconnaître son fils , . qui n'avait que sept ans, pour son légitime héritier, dans une ' assemblée de seigneurs et de prélats qu'il avait réunis à Féeamp. Il le conduisit ensuite a la cour de France , pour le recommander à la protection de Henri |*r, son suzerain et son obligé. Le doc Robert étant mort à Nicéé, le 2 juillet I03&, au retour de son pèlerinage, son DU Guillaume, encore rai- ; neur, ne fut point reconnu sans conteste pour son héritier. Le \ rot de France essaya même de profiter de la circonstance : pour ressaisir les États cédés par Charles le Simple en lolo : ! Il envahit la Normandie avec une armée nombreuse ; mais la fidélité et le courage des Normands sauvèrent Guillaume. Enfin, la bataille du Val-des-Duncs, en lo46,gagoée par Gnil- 1 laume, qui ne comptait pas encore dix neuf ans, rétablit ses affaires. Il épousa en 1049 Mathitde, fille de Baudoin V, | comte de Flandre. Rn 1054 te roi de France rentra en Normandie. Atteint par le duc dans le Pays-de-Brai , il fut complètement battu à Mortemer-sur-Enne.
En 1051 Guillaume fit un voyage à Londres, où de- , puis le mariage d'Emma, sœur de Richard II , avec. Élhehed | (en 1002), les Normands jouissaient d'une grande considération et remplissaient même des emplois éminents. L'entrevue que le duc eut avec Edouard le Confesseur décida très-vraisemblablement ce monarque à léguer ses États à un jeune prince qui était à la fois son parent et son ami. Edouard mourut sans postérité, le 5 janvier 1066. Guillaume, qui avait reçu quelques mois auparavant , à Bonneville-sur- Touque, le serment de fidélité de Harold, comte de Wesscx, seul compétiteur qu'il pût craindre au trône d'Angleterre el qni effectivement s'en empara aussitôt qu'Edouard eut rendu l'Ame; Guillaume se disposa à recueillir le magnifique héritage que lui offrait la fortune. M ne négligea rien pour assurer le succès de son entreprise, et associa Rome à se» intérêts. Sur la promesse que le duo fit an pape Akxan-
dre II, de rendre l'Angleterre tributaire du saint-siége, H
obtint du pontife, qui regrettait fort la perte du denier de saint Pierre, une huile, un étendard et des reliques qui lui subjuguèrent une grande partie du clergé en tnérne temps que sa puissante épée lui soumettait les peuples. Huit mois Turent employés à construire les vaisseaux , a réunir les troupes, à rassembler les approvisionnements nécessaires; et du port de Dires , ou tout s'était préparé , on se porta à Saint- Valery-sur-Sorome. C'est de ce port que Guillaume mit à la voile, le 29 septembre 1066, avec 3,000 bâtiments et 60,000 guerrier*. Le débarquement s'opéra sans résistance sur les cOtes d'Angleterre, à Pevense y , dans le Susses, tandis que loin de là Harold était occupé à combattre et à vaincre les Danois, qui avaient envahi te Nortbumberland.
Guillaume eut soin d'annoncer aux Anglais qu'il venait venger la mort d'Alfred, son cousin, assassiné par le père de Harold ; qu'il réclamait la succession «le saint Edouard, son parent, qui lui avait légué son trône, et qu'il se disposait à combattre l'usurpateur de son légitime héritage , le violateur des serments les plus authentiques, qu'il garantissait les biens et les droits des Anglais, et qu'il marchait sous la bannière du souverain pontife, ainsi qu'avec l'aveu de tous les princes de l'Europe. Ce fut le samedi 14 octobre 1066 que, dans les plaines d'Hastings, les deux armées se mesurèrent : la lutte fut acharnée, et te succès vigoureusement disputé. Guillaume remporta; Harold et •on frère restèrent sur le champ de bataille, au milieu de 1 5,000 Normands et de 60,000 Anglais tués, dit-on, dans cette décisive bataille. EUe assura le trône au conquérant, qui entra dans Londres deux mois après et se fit couronner dans Westminster le jour même de la fête de Noël. La conquête du reste du royaume ne se fit pas sans obstacles. La tour de Londres fut bâtie pour contenir celte ville. Justement Irrité, mais extrême dans sa fureur, le roi réprima la rébellion , et en tira une cruelle vengeance. Un territoire de trente milles fut ravagé par le fer et les flammes ; les instruments même du labourage furent brisés, et cent mille infortunés de tout âge et des deux sexea , chassés comme des bêtes fauves , allèrent dans les forêts périr de faim , de froid et de misère.
L'Angleterre, a l'exception du domaine de la couronne, fut divisée en 700 grandes baronnies, qui ne relevaient que du prince, et en 60,215 baronnies subalternes, vassales des grandes, dont 28,015 furent accordées au clergé. En même temps qu'il opérait de vive force celte tranformation complète du sol et de la constitution politique de l'Angleterre, Guillaume imposait à ce pays l'usage de la langue franco-normande dans toutes les relations de la vie publique. S'il échoua dans ses efforts pour la faire prédominer dans les relations sociales et pour extirper l'anglo-saxon des tribunaux inférieurs et des églises, les indigènes n'en sentirent pas moins tout ce qu'avait de pesant pour eux le Joug du conquérant, et plus d'une fois ils tentèrent de le secouer en faisant cause commune avec les Écossais. En 1074 on vit même plusieurs seigneurs normands , qui avaient à se plaindre de la sévérité du roi, prendre part aux insurrections des populations anglaises. Guillaume les comprima toutes avec une impitoyable rigueur, et se rendit ensuite précipitamment en Normandie, où, à l'incitation du roi de France Philippe l"r, son fils aîné Robert faisait mine de vouloir se rendre indépendant. La guerre entre le père et le fils dura plusieurs années, jusqu'à ce qu'enfin, en 1060, une réconciliation suivra entre eux, par l'entremise delà reine. Dans l'intervalle, le roi d'Ecosse Malcolm ayant envahi le Northumheriand, où il promenait le fer et le feu, Robert reçut alors de son père la mission de tirer vengeance des insultes des Écossais.
C'est aussi vers cette époque que Guillanme le Conquérant l'occupa de la rédaction de son célèbre Doomsday-Book, véritable registre de cadastre, qui existe encore aujourd'hui et qui est assurément la source historique la plus riche qu'on possède sur cette époque. 11 contient une exacte description
des comtés, des districts et des fiefs de l'Angleterre, »r*t l'indication des noms, de l'état de maison et des prêtions des propriétaires et fermiers. Les comtés de Cdmh* tand, de Northumberland, de Weslmoreland et deDurUn seuls n'y sont pas mentionnés , parce que les dévastation qui y avaient eu lien les avaient transformés m veritabte déserts. Si ces règlements et d'antres encore témoignent it génie et de la grandeur de Guillaume comme souvenu, m ne saurait disconvenir qu'à d'autres égards s» eoiviuo fut aussi imprévoyante que cruelle et barbare. AreM de satisfaire sa passion pour la chasse, il fit dévaster , pus planter en bois, un espace de plus de 30 milles carrés <k su|ierficie, situé dans la plus riche partie do pays, toi aurons de Winchester. En l'an 1 083 il fit paraître un axk forestier, qui, entre autres dispositions barbares, condamnait à la peine de mort , à la mutilation ou encore à avoir ks yeux crevés quiconque tuait uu daim , un sanglier « même un lièvre , ou se rendait coupable de tout antre ddit forestier analogue. Ces lois barbares ne furent adoucies m abolies que par la Grande Charte. A partir de Vu m Guillaume le Conquérant avait su mettre des bornes un envahissements territoriaux du clergé. Vers 1085 il f<ii>tw une ordonnance qui défendait soue les peines les plus mires aux juges des tribunaux ecclésiastiques de connaître ta matières civiles, et aux juges des tribunaux civils de a* naître des matières ecclésiastiques. En même temps il fusait des préparatifs pour aller châtier son ennemi, le roi de France Philippe, tl passa en Normandie , nuis s'y ri pendant longtemps dans l'impossibilité de donner suite i ses projets de vengeance, retenu qu'il était dans son H par son extrême obésité. Les railleries de son adversare le déterminèrent enfin, à la fin de juillet 1067, à se jeter sur le Vexin français, qu'il couvrit de sang et de ruines. En traversant les ruines enflammées de Mantes-sur-Sen», dort i venait de s'emparer, son cheval en se cabrant lui occAwmn une blessure grave au bas-ventre. On le ramena à Routi . où il mourut, le 9 septempre 1087. Ses vassaux et s» je» dépouillèrent son cadavre, et le laissèrent gisant sur le «t dans un état de nudité complet. Ce rat seulement if* une suite d'étranges péripéties, et sur l'ordre qu'en doai' l'archevêque, qu'où l'inhuma à Caen , dans l'abbaye t> Saint-Etienne, qu'il y avait fondée.
Esprit éminent, Guillaume le Conquérant était oW u outre d'une force physique peu commune , et il n'y suit que lui qui fOt capable de tendre son arc. ConfomVny-r.: ■' ses dernières dispositions, Robert, son fils aîné, lui we<*fc en Normandie; son fils cadet, Guillaume II, hérita «* la couronne d'Angleterre . Le troisième enfin , Henri, té en partage l'héritage de sa mère, morte quatre année* i-paravant. Consulte* Augustin Thierry, Histoire de ta Ce* quile de l'Angleterre par les Normands.
[ GUILLAUME II, surnommé le Roux, fils du précédé s'occupa moins de rendre les derniers devoirs à son ptt que de s'en assurer P héritage; il partit avant les tuner*'1 10 passa la mer, devança à Londres la nouvelle de la nwrt conquérant, s'empara des forteresses de Pevensey, d'Hastings et de Douvres, et se fit couronner par le primat qn avait rassemblé à la hâte quelques seigneurs et qucJ'i»0 prélats dévoués (1087). Sa célérité ne fit cependant a? retarder les conspirations. Les grands, revenus d* surprise et poussés par Odon , évêque de Bayeui , et bert, comte de Mortagne, oncles de Robert et de G* la urne II, se liguèrent pour rendre à l'alné toutes les o"' ronnes de son père. Guillaume réussit à comprimer
levée de boucliers; et les barons,
fidèles»»
cause, furent récompensés par les biens confisques «ira"» que la fortune avait déclarés traîtres. Guillaume le*** résolut alors d'enlever la Normandie à son frère. Son or * ses émissaires y semèrent la trahison et la discorde. D*"1 barons, Odon et Walter, lui livrèrent Saiot-Valeryet villc. Philippe 1" de France avait intérêt à soutenir JW""1' et à maintenir le pajlage ; Guillaume eut l'art de le «4ll,f
GUILLAUME
Robert avait un second frère, que Gnillanroc le Conquérant avait déshérité, et auquel , par bonté d'aine il avait, lui, donné la souveraineté du Cotentin. 11 lui demanda ton alliance, et le prince Henri lui prouva sa loyauté en précipitant du haut d'une tour un traître qui se disposait à livrer Rouen à l'armée de Guillaume le Roux. Les baron» désespérèrent cependant de la cause de Robert. Ils s'offrirent pour médiateurs , et , après avoir arraché à Guillaume la promesse de restituer les biens confisqués à leurs premier s possesseurs, ils forcèrent Robert à lui céder les territoires d'Eu, de Fécamp et d'Auroate. Il rot en outre convenu qu'à défaut d'enfants, le survivant réunirait les deux couronnes sur sa tète. Le prinse Henri fut oublié dans ce traité par le frère qu'il avait servi et par celui qu'il avait combattu. 11 se retira mécontent dans la forteresse du mont Saint-Michel, et du haut de ce repaire il se rua sur les provinces environnantes pour tes piller et les mettre à merci. Les deux frères s'unirent pour l'assiéger , le forcèrent a se rendre, et ce jeune prince, que la fortune destinait a recueillir leur double héritage, alla traîner dans un long exil une vie de privations et de misère. Dès ce moment Robert ne fut plus pour ainsi dire que le vassal de son frère, qui ne cessa d'ailleurs de fomenter des troubles en Morroandie, dans l'espoir de parvenir ainsi à s'emparer de son héritage.
La folie des croisades s'emparait alors de l'Europe chrétienne. Robert, fatigué de disputer sa couronne aux sicaires de son frète, la lui vendit pour dix mille marcs, et partit pour la conquête de Jérusalem à la suite de Pierre l'Kimite. Guillaume le Roux le paya aux dépens de son peuple. Les exactions les plus violentes signalèrent sa prise de possession. Il fit vendre l'argenterie des couveots et des églises, ne remplit aucun évèché vacant, pour s'en approprier les revenus , et quand il lui prenait fantaisie de nommer à un siège, il s'amusait à le mettre aux enchères. Une violente maladie parut un instant dompter ce caractère de fer: les prêtres s'emparèrent de son lit, et le menacèrent de ta damnation éternelle s'il n'expiait ses violences et ses sacrilèges. Il manifesta quelque repentir, se hâta de remplir les sièges vacants, et promit de réparer le tort qu'il avait fait aux églises. Mats il guérit , et prouva par de nouveaux brigandages que la crainte de la mort avait seule agi sur son cœur. La Normandie était un théâtre continuel de révoltes, que fomentait en secret Philippe de France, et le plus acharne des reiidles était Hélie, comte de La Flèche. Guillaume le Roux l'avait déjà pris une fois ; et il lui avait pardonné, a la prière du roi Philippe, lorsqu'un jour, étant à la chasse eu Angleterre, il apprit que ce même Hélie s'était emparé du Mans par trahison. Il s'embarque aussitôt , descend en Normandie, délivre Le Mans, poursuit le rebelle, et l'assiège dans son dernier château. Mais une blessure assez grave l'arrête, et sauve Hélie de sa vengeance.
La fureur des croisades faillit encore lui procurer deux autres provinces : Guillaume comte de Guyenne et de Poitou lui lit offrir ses domaines pour aller en Terre Sainte ; le marché fut conclu , et Guillaume le Roux se disposait à repasser la mer pour en prendre possession , lorsque, dans une chasse, un trait lancé contre un cerf par Gautier Tyrrel, gentilhomme français, rebondit sur un chêne, et vint frapper le roi dans le sein. Tyrrel le vit tomber, piqua des deux, gagna la mer, et s'embarqua à son tour pour la Palestine, dui laiime II mourut ainsi, le 1 août 1100, dans dans la treizième année de son règne et la quarantième de son Il avait la taille courte, la voix niuque, le teint coloré, le regard dur et sauvage, et ses actes ne démentaient point sa physionomie. Les Anglais lui durent l'achèvement de la Tour, le pont de Londres et la grande salle de Westminster ; mais ces monuments n'effacent pas plus son exécrable tyrannie que l'édit par lequel il faisait grâce à tout criminel qui prouvait qu'il savait lire.
GUILLAUME III, de la maison d'Orange, devenu, a la suite de la révolution de IGSS, roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irne LA co.vveks. — T. x.
lande, depuis 1672 capitaine général et grand amiral de*
états généraux des Provinces-Unies, s tat bouder des provinces de Hollande et de Zélande, était le fils de Guillaume II d'Orange, qui était revêtu des mêmes dignités dans les Pays- Bas, et de Henriette-Marie Stuart, fille de Charles I". n naquit avant terme, le 14 novembre 1650, huit jours après la mort de son père. Tout semblait se réunir pour assurer la perte de ce débile rejeton des Nassau. Cromwell poursuivait en lui le Stuart ; Louis XIV lui entera à diverses reprises sa petite principauté d'Orange; et il n'avait encore qoe onze ans lorsqu'cn 1661 il perdit en outre sa mère. Son père avait cherché à rendre héréditaires dans sa famille les dignités de capitaine général et de stathouder. Mais le parti démocratique, ayant à sa tète le grand - pensionnaire de Witt, fit décréter qu'à l'avenir tes fonctions de capitaine général et de stathouder ne pourraient point se cumuler , décision qui enlevait au jeune prince tout espoir de parvenir à l'une ou à l'antre de ces dignités. Cependant les états généraux veillèrent sur son éducation, et la confièrent à sa mère, Émitie de Solms, femme sévère et comprenant bien la politique. Élevé sous les yeux et par tes soins du grandpensionnaire, le jeune prince d'Orunge avait puisé dans ses conseils intéressés un grand respect pour les libertés de la nation hollandaise. Il montra ou affecta dès sa jeunesse une soumission aveugle aux volontés des états. Mais sa froideur apparente cachait une ambition profonde et un vif amour pour la gloire. Pendant les troubles auxquels l'invasion de la Hollande par Louis XIV, en 1672, servit de signal, les états de Hollande et de Zélande élurent le jeune Guillaume en qualité de stathouder, et quelques jours plus tard les états généraux le nommèrent capitaine général et grand amiral de l'Union. Les villes, les forteresses, tombaient les unes après les antres devant Louis XIV ; le vainqueur était arrivé à trois lieues d'Amsterdam, et le jeune Guillaume n'avait pu tenir devant lui avec une armée de 70,000 hommes. La faction du grand-pensionnaire de Witt ne trouva plus de salut que dans la paix, et l'emporta sur la (action d'Orange, que le prince Guillaume excitait encore à la guerre. Mais le fier Louvois fit des conditions si dures , que le peuple se révolta contre ceux qui avaient conseillé de traiter. De NVitt et son frère furent lâchement massacrés à La Haye, et on rétablit le stathoudérat dans la personne de Guillaume III.
Le jeune prince, alors âgé de vingt-deux ans à peine, se montra digne de gouverner l'Etat au milieu de ses désastres. Il ranima le courage du peuple, fit ouvrir les écluses, inonda tout le pays autour d'Amsterdam , força l'armée française à reculer devant ce débordement immense, et dispersa ses émissaires sur le continent pour susciter des ennemis à Louis XIV. Ruckingbam, envoyé de Charles II, essaya de le corrompre en lui promettant , au nom des deux rois, la souveraineté de la Hollande. Guillaume protesta de son dévouement pour la république ; et lorsque l'ambassadeur loi montrait û ruine de cette république comme infaillible : • J'ai , répondit-il , un moyen sur de ne pas voir la ruine de ma patrie; je mourrai sur son dernier retranchement » Louis XIV était cependant retourné à Saint-Germain , et ses lieutenants, suivant les prévisions du nouveau stathouder, eurent bientôt à lutter contre les armées de l'empereur Léopold , de l'Espagne et du Brandebourg. L'électeur de Cologne et l'évéque de Munster abandonnèrent Louis XIV pour se donner à cette coalition nouvelle, et l'année suivante Charles II lui-même fut forcé par le parlement d'Angleterre de faire la paix avec les Hollandais. Guillaume osa reprendre l'offensive. Repoussé par le maréchal de Luxembourg des environs do Naerden. il revint sur cette place, et la reprit en 1*73. Il eut l'adresse de faire sa jonction avec Montecucnlli , et, quoique Italtu en 1674, à la bataille de Senef , par le prince de Coudé, il y lit de» prodige* de valeur. Il déploya plus de talent dans la campagne de i«7&. Louis XIV le trouva presque partout devant lui , et ne put lui enlever que deux forteresses. Les revers ne lassèrent point sa constance ; il s'opposa tant qu'il put aux négociations que
GUILLAUME
la médiation de l'Angleterre avait fait ouvrir è Nimègue. Mais ses .soldat* se Jassaieut d'être battus , et la Hollande «Je soutenir une guerre ruineuse. Les états généraux liguèrent, malgré lui , en 107», le traité de Nimègue , et il fut contraint de déposer les armes. Un mariage, fécond en grands éveuements, l'avait cepeudant console, d'avance de celle inaction forcée. Dés l'année 1*77, Charles II lui avait accorde la princesse Marie, lillo de son frère, le duc d'York. Aucun des deux frères n'ayant d'enfant mâle , et Marie étant l'héritière présomptive de la couronne d'Angleterre, Guillaume eut. dès ce moment les veux tournés vers le pays où il devait régner un jour, et que troublaient les interminables querelles du parlement et de la couronne. A son avénementau troue, en 1685, Jacques II , 1e considérant comme sou héritier présomptif, l'engagea de lui-même a prendre part aux affaires du royaume.
U prince d'Orange, au milieu de ses préoccupations, n'avait point oublié ses ressentiments contre Louis XIV. Sa haine n'avait jamais cessé de lui chercher des ennemis ; et |a fatale révocation de l'edit de Nantes ayant rempli l'Burqpe de Français expatries, leurs plaiutes aigrit eut de plus en plus les inimitiés qu'y jetait l'auibitiou du roi de France. Guillaume, proiitant de toute» ces haines, parvint enlin, ep iGbti, a former la ligue dite d'Aïu/ilmurg, avec l'empereur , l'F.spagne , la Hollande et la Savoie. Il lui importait d'y attirer l'Angleterre; mais Jacques II, qui ne perdait point de vue sus projets de papisme , un voulait s'engager dans celte ligue qu'a condition que sou gendre le servirait jui-méiue dans sa politique intérieure. Au milieu de cette négociation , uu événement imprévu vint troubler une espérance qu'il nourrissait depuis dix années .Le 10 juin 16b», la reine d'Angleterre donna naissance à un prince de Galles. Marie u'était plus l'héritière du troue; le désappointement secret qu'eu éprouvaient a la lois les Anglais et le prince qu'ils s'étaient habit ue» à considérer comme le réparateur des fautes de son beau-père ne tarda point a les réunir dans un intérêt commua. Guillaume III écouta leurs plaiutes ; et ses émissaires s'attachèrent à Uatler tous les partis. Les Anglais de marque affluaient a La Haye, et des sommes considérables y arrivaient de tous les points de la Grande- Bretagne. Loui.-> XIV connut cette intrigue avant celui qui avait tant d'intérêt à ta couuailre. 11 l'en préviul,et lui offrit de faire marcher ses armée» contre la Hollande, où te tramait sa perle. Jacques rejette ses avis et ses offres. Mais bientôt son ambassadeur eu Hollande dissipe ses illusions et trouble sa sécurité. Il croit enliu aux apprêts de son gendre et au graud uombre de ses adhérents. La peur le rcud souple et juste; il caresse les prélats, qu'il avait persécutés; il remet en place des partisans du test et des lois pénales qu'il voulait abolir. 11 rétablit les chartes des grandes villes. Mais le peuple ue croit plus à sa parole, et le manifeste du prince d'Orange donne bientôt a la révolte tous les caractères d'une révolution. Enfin, le 21 octobre 1(8», une flotte de 500 vaisseaux, dont »o bâtiments de guerre, vogue avec lui vers l'Angleterre. U y débarque à la tête de 14,000 nommes, et met pied à terre à Torbay , lu 5 novembre. De proche en proche, l'Angleterre entière est soulevée, à l'exception de quelques courtisans, qui ne restent auprès de Stuart que pour hâu.-r sa ruine par leurs absurdes conseils. Bientôt l'armée royale est entraînée, las prince Georges de Danemark, autre gendre du roi, la princesse Anne, sa tille , l'abandonnent a leur tour. Sa consternation ne lui laisse plus d'autre pensée que celle de la fuite. Arrêté et ramené à Londres , il demande une conférence a Guillaume. Celui-ci ne répond que par l'ordre de quitter Londres et de se retirer à Rociieder. Jacques U s'y rend, mais pour passer plus loin; tt il va chercher un asile en France. La conquête du royaume ne conta au prince d'Orange qu'un oflicit que* soldats tiré* |iar hasard.
Le I» décembre 168» Guillaume faisait son entrée ■elle dans Londres, aux acclamations unanimes de 1a population ; et la ciuunbre des lords, que l'on se hâta de réunir,
lui offrit la régence provisoire. C'est eu vertu île ccbtrr que le prince d'Orange , qui ne voulait point paraître m du droit de conquête, réunit les deux chauilm* da pxV ment mus le nom de Convention anglaise ; et les sénen de cette assemblée, à laquelle ou adjoignit le lord min, ta aldermen et cinquante membres du cohhiI coutuu* k • ville de Londres, commencèrent le 22 janvier I6W. Du s première discussion, les whigs et les tories se divistreal U Communia voulaient déclarer la vacance du trône ; la M n'accordaient que l'établissement d'une régence. Ëtra» a ce* disputes, Guillauma affecta d'abord une indiffmu muette; mais tout en déclarant qu'il ne voulait £»a * rien la liberté des votes, il avertit les lords qn*il Massatirait pas plus à gouverner comme régent que toron* IV |hiux de la | tri messe; qu'il avait d'autres afls:ri*s « * continent , et qu'il ne les abandonnerait point pour six ji gnité précaire. Cette déclaration, froidement evpriaw, m» appuyée par la détermination des Commune», «ferla l'opposition des lords ; et le 13 février 16*9 us d«rd * la Convention adjugea le trône an prince et è la princrw d'Orange, en stipulant que le prince seul aurait faisuc1 tion du royaume ; et que si le roi et la reine ne laissai»! r*i de descendance directe, ta couronne passerait à bprioc** Anne. En même temps le parlement lui soumet ta cet***' déclaration de droits, espèce de capitulation qui reniai toutes les antiques libertés du pays dans une forme e*«nable à l'esprit du temps. Toutes les prétentions de Jaop*> 'i et de ses héritiers à la couronne d'Angleterre furent de m veau déclarées dans ce document nulles en fait et en droit <* y imposait au roi l'obligation de ne jamais essayer d"intf"<* dans les élections non plus que dans les délibération* du H ment; de composer le jury avec impartialité; de rlioisfp»» le |>euple les membres du jury dans les procès de & bison ; de s'abstenir de toute confiscation , comme m» de ne |>oint concéder les fiefs tombés en déshérence qu'il tôt inteirenuimedécision judiciaire. Guillaume «ta» point à signer ce nouveau pacte conclu entre le peupla" >* couronne , et considéré depuis lors comme la base es*saû* du droit public anglais. La Convention nationale éc*w*« lui adjugea pareillement le trône, le 11 avril 1689, jo**1 se lit solennellement couronner à Westminster : stria** il lui fallut consentir à l'abolition en Écosse de Pép^f et du serment de suprématie.
Quoique les faveurs dont les whigs étaient «xchwvw* l'objet de sa part fissent déjà beaucoup de mecoakst*. ; parlement ne laissa point que de sanctionner un '' tolérance présenté par le ministère , et qui apportait <p ques entraves à l'esprit de persécution dont Itgte h*faisait preuve à l'égard de tous les dissidents Toujours pf«* cotté de sa haine contre Louis XI V et du besoin Jetai s»* ! partout «les embarras, Guillaume venait de décider Ir |*rf mont à conclure une étroite alliance avec les états eéatfd< et se disposait k déclarer la guerre è la France, <J«u*l * ; flotte française vint débarquer en Irlande un corps d»n*c : commandé par Jacques 11 , et qu'eurent bientôt gro*1 r : nombreux catholiques de ce royaume. Ilfalilut p>« ik* année à Guillaume pour triompher de ce redoutais? y* ■ Le vieux duc de Schomberg, sorti de France après b r*1 j cation de l'édit de Nantes, commandait en Irlande es { nom ; mais son armée ne luttait qu'avec peine mot* * forces des Jacobites. Le roi d'Angleterre y amena de f» sants renforts, et le 1" juillet 1690 se présenta » 1 de 40,000 hommes sur U rivière de la lioyse, ■"<* ■ beau-père tenait l'autre rive. Une baîailta livrée le 1*^ main termina cette lutte. Sdtomberg y périt dans la k l'âge de quatre-vingt-deux ans ; mais la victoire, va*»» ment disputée, resta enfin k Guillaume III. J«cque* H»1* mérité de la perdre : tandis que son rival cooiW*1 ^ soldat et en capitaine, le lâche Stuart contemplait de >* la défaite de ses partisans, et fil I un des pr«"^r,jjfi^ die la (uite. 11 s'embarqua à Dublin pour France ; et cette capitale ouvrit ses portes au
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Guillaume ni revint à Londres, rouvrit le parlement, le 1
octobre 1690, le trouva mieux disposé pour ses intérêts; «I après la session, qu'il termina le ù janvier de Tannée suivante, il rentra sur le continent pour réchauffer le courage de ses allies Les Hollandais le reçurcut avec des transport de joie; mais la prise de Mons par Louis XIV modéra cette ivresse, et la découverte d'une conspiration jacobite le rappela [mur un moment dans son royaume. Une demande de 03,000 hommes réveilla toute la malveillance des whigs; et le massacre des habitants de la vallée de Gleucoé, exécuté par ses ordres, u'apaisa point les séditions qui fermentaient dans les montagnes de l'Ecosse. L'ambition de combattre et de vaincre Louis XIV remporta sur les affaires de son royaume. Il eu confia, comme toujours, la direction à la reine , et revint en Flandre pour assister a de nouveaux revers. Namur tomba sous ses yeux au pouvoir du roi de France, le 20 mai 1092, et deux mois après le maréchal de Luxembourg le défit avec ses alliés à la bataille de Steinkerque. Sa flotte le vengea à la sanglante journée de La Hogue, qui mina encore une fois les folles espérances de Jacques II ; et ce prince, dont les proclamations n'avaient été funestes qu'aux catholiques de Londres, reprit tristement la route de Saint-Germain.
Guillaïuue III revint à Londres poui essuyer de nouvelles peines. Son caractère sombre et taciturne; la vie retirée qu'il menait k Hamptoocoiirt et à Kensington, où personne n'était admis; le zèle médiocre dont il faisait preuve pour les intérêts de la haute Eglise ; la sévérité avec laquelle il avait traite les Jacobites et divers clans rebelles de l'Écosse, achevèrent de le dépopulariser. Les dépenses énormes en argent et en hommes que contait à la nation la guerre continentale, excitaient uu mécontentement général. On accusait ses ministres d'insolence, d'impéritie et de corruption. On le représentait lui-même comme le corrupteur d'un parlement vénal; on publiait la liste des pensions et des grâces dont un pat.iitlcs suffrage» d'une majorité servile; et, vrais ou faux, ce» bruits décidèrent les deux chambres A rendre en 1693 un billqui fixait à trois années la durée des parlements. Muni de» sulKides qu'il avait obtenus par le sacrifice de son ministre Noltinghaii), il rejoignit son armée au mois de mai tctT», l»our dépenser en marches et contre- nu relies inutiles la campagne la plu* insignifiante; U chercha partout ses ennemis, v t n'o-a les attaquer nulle pai I.
Une douleur cuisante l'attendait à son retour. La reine Marie, attaquée de la petite vérole, mourut, à l'Age de trentetrois an», sans lui laisser un héritier. La princesse Anne et son fus, le jeune duc de Glocesler, étaient dès lors la seule espérance d'avenir de la nation auglaisc. Après avoir étouffé une enquête parlementaire sur les actes de fraude et de vénalité qui déshonoraient les deux chambres, Guillaume repassa dans la Flandre pour profiter de l'épuisement de Louis XIV. La campagne de lui valut enfin unsuccès. Il reprit Nanmr a la vue du maréchal de Yillero i, qui à la tête de 100,000 hommes laissa accabler le brave Boultlcrs dans fa place. Cette victoire arrivait à propos : un nouveau parlement venait d'être convoqué; elle le séduisit, et plus de 6,«>oo,ooo liv. sterling de subsides furent votés pour la campagne suivante.
Mais la fureurdcla guerre continentale n'était plus que dans son anie. Louis XIV, épuisé, comme le reste de ses ennemis, demandait la paix à la Hollande; et Guillaume III i\ vint a La Haye pour être a portée de diriger des négociations qu'il n'était plus en son pouvoir d'arrêter. Elles durèrent jusqu'au 20 septembre 1697, jour où le traité de Ryswick fut signé. Louis XIV abandonna presque toutes ses conquête» , et reconnut le nouveau roi d'Angleterre. Guillaume en triompha, comme si cette reconnaissance n'était pas une conséquence natuielle de la paix. Sou parlement fut p:odig'ie de félicitations; mais le caractère ombrageux de< vvhig- et la malveillance des tories lui suscitèrent bjentot «le nouvelles traverses. Il voulait conserver une année; les ccnuuunes tremblèrent pour les libertés de la nation, > vi-
rent une tendance au despotisme, et l'armée fut réduite à dix mille homme». Cependant, un grand événement se préparait en Espagne. Son roi Charles 11 allait mourir et avec lui sa dynastie, et Guillaume pressentait que cette succession bouleverserait encore l'Europe. Il lui importait de diviser cette grande puissance; et comme, dans ce cas, il lui était impossible de ne pas admettre au partage Louis XJV ou son (ils, dont les droits étaient égaux a ceux des princes autrichien» , Guillaume 111 négocia avec son ennemi, sans rien exiger pour lui-même que l'Itonneur d'être l'arbitre d'un »i mportant débat. Il revint à son UiAteau de Loo, et partagea la monarchie espagnole entre le dauphin de France, l'archiduc Charles d'Autriche, et le jeune prince de Bavière. Les factions anglaises prenaient peu d'intérêt A ces arrangements; mais, sousle prétexte de cette succession et des troubles qui pouvaient en être la suite, Guillaume III s'était l>eriiiis de garder six mille hommes de plus que les chambres n'eu avaient voté, et le nouveau parlement en montra une irritation ridicule. On le força de renvoyer sa garde hollandaise, et pour le punir de ne pas s'être contenté de dix mille soldats, on ne lui en laissa plus que sept mille. Cette méfiance, cette ingratitude, révoltèrent son orgueil. Il voulut quitter l'Angleterre et son gouvernement. Il rédigea même à cet effet un discours d'adieu; mais ses amis le calmèrent, et il sanctionna le bill qui le dégradait , sans pouvoir déguiser l'indignation que lui faisait éprouver cette violence. Une antipathie réciproque éclata des lors entre le prince et le» communes : on fouilla dans son administration pour l'incriminer ; on censura la conduite de ses ministres; on alla jusqu'à le soupçonner de papisme, et, dans le seul but de l'offenser, on porta contre les papistes 1rs lois les plus oppressive». La mort du jeune prince de Bavière ayant cependant annulé le premier partage de la future succession d'Espagne , Guillaume s'était bâté d'en provoquer un second. Le lot de la France avait été agrandi de la Lorraine , et les Anglais y trouvèrent un nouveau motif de mécontentement. La mort du jeune duc de Glocester, dernier survivant des dix-sept enfants de la princesse Anne, fut pour eux un autre sujet de peine, et pour Guillaume un surcroît d'embarras. Les Jacobites renouèrent leurs trames, et ranimèrent leurs espérances. Il ne restait plus d'héritier a la nouvelle monarchie que la princesse elle-même, et une nouvelle restauration leur semblait facile. Le» whigs s'empressèrent de leur enlever cet espoir, en appelant la maison de Hanovre à cette succession , dans la personne de la princesse Sophie, petite-fille par sa mère du roi Jacques l". Mais, avant de prendre cette résolution , les whigs n'oublièrent point d'insulter encore leur souverain, en limitant pour l'avenir l'autorité royale. Guillaume s'était montré plus calviniste qu'anglican; k» Communes décidèrent que nul ne régnerait sur l'Angleterre s'il n'était de la communion dominante. Il avait délendu le territoire hollandais avec les soldats et les subsides anglais; elles décidèrent qu'a l'avenir le parlement seul serait le maître d'engager la nation dans des guerres semblables ; et pour le punir de ses fréquents voyages sur le continent , on interdit au roi futur la faculté de sortir des trois royaumes sans le consentement des deux chambres. Il avait admis des étrangers dans ses conseils, on les déclara inhabiles à y entrer, A siéger dans le parlement, à occuper des postes de confiance , a recevoir des terras et maisops par concession de la couronne. Toute personne salariée ou pensionnée par le roi fut également exclue de la représentation nationale. Rien n'y fut oublié, que la déposition de celui dont ou censurait ainsi toute la conduite. l.e traité de partage fut enfin l'objet d'une aiiK'rc critique ; mais ce traûé n'existait déjà plu». Charles d'Espagne était mort, après avoir souscrit un testament en faveur du duc d'Anjou ; et Louis XIV avait eu l'imprudence de l'accepter. L'Europe, qui avait aussi hlàiné le traité de partage, lut çpeure plus mécontente du testament. L'empereur menaça de reprendre les armes ; mais Louis XIV les avait déjà reprises , pour assurer à son petit fils la pos-
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session des Pays-Bas; et les états généraux de Hollande, étourdis de la surprise et du désarmement d'une partie de leur armée dans les places de Luxembourg et de Naraur, s'étaient liâtes de reconnaître Philippe V, sans consulter le roi d'Angleterre. Guillaume n'était poiut assez sûr d'être soutenu par son parlement pour se lancer dans une guerre nouvelle. Il dissimula, il négocia avec Louis XIV , il demanda des garanties pour le repos de l'Europe; mais Louis n'en accorda pas d'autre que la confirmation du traité de Ryswick, et Guillaume III, qui venait de recevoir de sévères remontrances de ses Communes , se décida provisoirement à reconnaître le nouveau roi d'Espagne, sans abjurer l'intention de l'attaquer dès qu'il serait en mesure de le Taire. L'occasion ne se fit pas attendre. La Hollande, alarmée des préparatifs de la France, réclama, en 1701, les secours de r Angleterre, et labaine que la nation portait aux Français servit les ambitieux projets de son roi. Le parlement lui promit de l'aider à maintenir, disait-il, l'indépendance de l'Europe; mais il lui lit payer cette complaisance en revenant sur un traité de partage qui n'avait plus de valeur, dans le seul but de vexer les ministres qui l'avaient négocié. Les comtes de l'ortland et d'Oxford , les londs Halifax et Somcrs, furent accusés par les Communes; et si les pairs n'avaient point annulé ces accusations , Guillaume III n'aurait osé ni pu les soustraire à la vengeance des whigs. Le plaisir de guerroyer contre la France le consola encore une fois de ces insultes. Il envoie Mariborougli et ses dix mille hommes au secours de la Hollande, et se rend lui-même à La Haye pour signer un nouveau traité d'alliance avec l'empereur. Louis XIV répond par une taquiuerie sans résultat, en reconnaissant pour.roi d'Angleterre le fils que vient de lui léguer en mourant l'insensé Jacques 11 : c'était un moyen sûr de rattacher les partis à la cause de Guillaume, dont les émissaires soulevaient l'Europe au nom du traité de Ryswick. Louis XIV proteste alors de son res|»ect pour la foi des traités ; il ajoute même qu'il ne prétend point troubler le roi Guillaume dans la possession de ses États. Que signifiait donc ce qu'il avait fait pour le prétendant? Pouvait-il y avoir deux rois dans un royaume? Les chambres anglaises ne s'y trompèrent pas, et leur roi eut l'art de les entretenir dans leur hostilité contre la France. Elles votèrent 40 mille hommes pour l'armée de terre, et 40 mille antres pour la marine. Elles dressèrent un bill d'attainder contre le prétendant , et , malgré l'opposition des tories, déclarèrent expressément le priucc d'Orange, la princesse Anne et la maison de Hanovre souverains légitimes de la Grande-Bretagne. Mais Guillaume ne jouit pas longtemps de ce triomphe. Miné par des infirmités précoces, une chute de cheval le précipita dans la tombe, pendant qu'il se préparait à rentrer en campagne. 11 mourut le 8 mars 1702, dans la cinquante-deuxième année de son âge, dans la treizième de son ri-gne, et vit venir la mort avec la même fermeté qu'd l'avait bravée dans les combats.
De toutes ses vertus militaires, son courage est la seule incontestable. Mais il ne s'était montré habile qu'à réparer ou nttéuuer les grands revers qu'il ne cessait d'éprouver. Ses trophées se réduisent à la prise de Namur, qui est le fait de ses ingénieurs, et à la bataille de la Boy ne, dont la gloire est tout au moins partagée par Schomberg. Guillaume III était de taille moyenne, mince de corps et d'une constitution délicate. Il avait le nez aquilin, le front large, les yeux étincelaols , l'air froid et réservé. Sa conversation «ait sèche et ses manières rebutantes. Il ne domina, pour ainsi dire, dans les conseils de ses alliés que parce qu'il y traitait par ambassadeurs , et surtout parce qu'il était l'élu et le chef d'une grande nation. Mais ce prince, si puissant par sa politique partout où il n'était pas , n'était dans son royaume que le malheureux jouet des factions. Il n'avait pas les qualités nécessaires pour maîtriser une révolution et pour imposer à cette loule d'ambitieux, de mécontents, d'intrigants , de séditieux et de raisonneurs que les révolutions traînent a leur suite. Il flotta au milieu des partis , caressa tour à tour et maladroitement les whigs et les tories, fléchit
sans ct&sc devant les exigences de son parlement , é h
dut la conservation de sa couronne qu'à la vénalité de va siècle, et surtout à la crainte du fantôme de roi qui ttàuii à Saint-Germain. Il aurait passé {tour on des meilWim princes de cette époque , dit l'historien Smoletr, »H n tat jamais monté sur le Irène de la Grande IktU.-De. a: qu'eût-il été sans cela? un ambitieux sans puisse», h le lieutenant des généraux de l'empire. Sa vie entière irgfh qu'un trait de véritable grandeur : c'est d« n'avoir pu <fe* péré de sa patrie , quoique les armées de Louis XIV nweit campées à (rois lieues d'Amsterdam. H avait alors vingUlm ans, et se montra plus homme que sur le trooe d'Anglelmc.
VlEXXET , de I* Académie Fiuon. j
GUILLAUME IV, roi de la Grande Bretagne .'dlriisk et de Hanovre , troisième fils de Georges ni , naquit k 21 août 1765, et reçut le titre de duc de Clarence. Oo la fit embrasser de bonne heure la carrière de la marine. Ct pendant , il ne put jamais, durant les guerres de la fo'<lotion et de l'Empire, obtenir le commandement d*ui srel vaisseau ni d'un seul régiment : aussi se retira-t-il ea quriqjf sorte des affaires publiques, où il ne pouvait jouer qu'on r>'r très-secondaire. Il s'en dédommagea en passant vingt de sa vie auprès d'une célèbre actrice, miss Jordan*, doati eut dix enfants. En 181 1, cédant aux obsessions de ses par*! et espérant par là obtenir une augmentation dewn incité tif apanage, il se sépara de la mère de ses enfaoU. t> fut réduite À remonter sur les planches ; et une «utn imprudemment donnée par elle l'ayant forcée de se réte* en France en 1915 |K>ur échapper à l'effet de la eontnav par corps, elle mourut vers la fin de cette même aimer. * dans un état voisin de la misère, à Saint-Ctood.
Le duc de Clarence épousa , ensuite le fl juillet W\ Adélaïde , fille du duc de Saxe-Meiningen ; mais en <i* le parlement augmenta alors son apanage d'une «ounwtf 6,000 liv. st., il était toujours trop minime pour hn remettre de vivre en Angleterre : aussi alla t-il d'abord réaJr à Hanovre, puis à Meiniogen. Ce ne fut qu'à la. lin de Kt* qu'il revint occuper le château de Bushy-Fari, pns * Londres.
En 1821 , la duchesse de Clarence accoucha d'une fa. mais la petite princesse mourut trois mois après sa sance. La mort du duc d'York fit du duc de Clareaa ;W llkéririer présomptif de la couronne, tant en Anglcl^ qu'en Hanovre , ct le parlement éleva alors son an^r au chiffre de 40,000 liv. st. L'influence de Cauning le il en même temps nommer grand-amiral du royaume. tV! en celte qualité qu'il transmit à l'amiral Codringtoa *< instructions secrètes qui provoquèrent, le 20 ao«t l>?T. contre l'intention bien formelle des ministres , la W»1 Navarin. Quoique le prince remplit ses fonctions de p^n amiral à la satisfaction de tous ses subordonnés , »• 0 ractère libéral, qui le rendait l'ami et l'allié naturel det**^ ne tarda point à amener entre lui et le ministère tory, pff sidé par W ellington, des conflits à la suite desquel» il *<»•< sa démission en août 1828.
Appelé au trône le 26 juin 1830, à la mort de v* M* atné Georges IV, il ceignit la couronne dans on iwment des plus critiques. En raison de la profonde m**tion répandue dans le pays par le rejet de la motion r*" la réforme du parlement proposé par lord John Ht**», 0 aussi à cause do la révolution qui à quelque ta»/* * 11 s'opéra en France, il se vit d'abord dans la nécessité* ser les torys au pouvoir. L'ouverture d'un nouveau r*r* lement, en novembre 1830, lui ayant prouvé «on* cette administration était impopulaire, il n'hésita pins » ? peler lord Grey au limon des affaires. Après de et difficiles luttes , la nouvelle administration réossiK*^ au mois de juin 1832, à faire adopter la réforme p>» mentaire , qui ouvrit l'ère du progrès et des araéfioou0 de tous genres dans la Grande- Bretagne. Tout*» , crainte de voir compromettre l'intérêt protesta»! *"A^ terre , si la question ii landaise était résolue «"
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libérale, détermina le crédule monarque à se séparer brusquement de son ministère, en 1834. Il confia de nouveau la direction de» affaires aux tories, représentés par Peel et Wellington ; mais dès le mois d'avril 1835 force leur; était «le rappeler les whigs , qui formèrent une administration nouvelle, présidée par Melbourne. Les discussions auxquelles donnèrent lieu la loi relative à l'organisation municipale en Angleterre, les différents bills ayant trait aux dîmes, aux «glises et aux villes d'Irlande, et enfin les affaires du Canada, firent des dernières années du règne de Guillaume IV l'une des époques les plus agitées de l'histoire d'Angleterre. Les intérêts en présence par delà les Pyrénées concentrèrent alors presque exclusivement l'attention de la diplomatie anglaise, et provoquèrent, en 1834, la conclusion avec la France du traité dit de la quadruple alliance. L'intention bien formelle qn'avait Guillaume IV de rompre en visière avec la Russie échoua alors contre la politique que le cabinet crut devoir suivre devant le parlement.
Guillaume IV mourut d'hydropisie , dans la nuit du 19 au 20 juin 1837. C'était un esprit médiocre, mais un caractère honnête et loyal. Sa fille aînée et bien aimée, lady Delisle-Dodley, l'avait précédé de plusieurs années dans la tombe. Devenu roi, il pourvut dignement à revenir des autres enfants qu'il avait eus de miss Jordan» et qui lui survécurent. Son fils aîné, Georges FUs Clarcnce, né en 1794, mort en 1842 , fut créé en 1838 comte de Munster, titre dont a Ivérité son fils, William Georges FUs Cfarence , né en 1824. Le fils cadet de Guillaume IV, lord Frédéric FUs Clarence , né en 1799, était en dernier lieu commandant général à Bombay et remplissait encore ces fonations lorsqu'il mourut, le 30 octobre 1854.
Guillaume IV a légué le trône de la Grande-Bretagne à sa nièce Victoria, fille de son frère cadet le duc de Kent, mort avant lui. Il eut pour successeur sur le trône de Hanovre son frère Ernest-Auguste, cinquième DU de Georges III.
GUILLAUME i",diUe Taciturne ou le Jeune, comte de Nassau, prince d'Orange, londateur de l'indépendance des Pays-Bas , né le 16 avril 1533, au château de Dillenhurg , dans le comté de Nassau , était le fils aîné du comte Guillaume de Natsau dit l'Atné, et de sa seconde femme, la comtesse JuHane de Stolherg. Il entra de bonne heure en qualité de page à la cour do Chartes-Quint, fut élevé dans les principes du catholicisme par la sœur de ce prince , la reine de Hongrie , Marie; et en 1544, à la mort de son cousiu René de Nassau , qui ne laissa point d'enfants, il hérita delà principauté d'Orange. Par sa capacité et sa modestie, il obtint la faveur toute particulière de l'empereur, qui prenait son avis dans les affaires les plus graves et qui lui confia souvent d'importantes missions. Dès l'Age de vingtdeux ans, on lui remit, en l'absence de Philibert de Savoye, le commandement supérieur dans les Pays-Bas avec le gouvernement des provinces de Hollande, de Zélande et d'utrecht. Charles-Quint le recommanda à son successeur Philippe II. La jalousie des seigneurs espagnols s'efforça do rendre la fidélité de Guillaume suspecte aux yeux du nouveau roi, qui, le considérant dès lors comme l'instigateur secret des (roubles qui avaient éclaté dans les Pays-Bas, refusa de lui accorder la place de gouverneur général, qu'il Ini avait pourtant promise de la manière la plus formelle. L'administration despotique du cardinal G r an v elle, qui décida la gouvernante générale des Pays-Bas, la princesse Marguerite de Parme, à introduire l'inquisition dans les Pays-Bai, et qui se permit les actes les plus desfmtiques et les plus illégaux, détermina enlin Guillaume et tes comtes d'Egmood et de Horn è faire des représentations an roi et à réclamer de lui le rappel deGran velle. Philippe rappela, il est vrai, ce ministre abhorré, mais vit un crime de lèse- majesté dans la démarche faite auprès de'lui, et en conséquence envoya dans les Pays-Ras le duc d'Albe à la tête de troupes es|vumolcs et italiennes. Guillaume, devinant les intentions de la cour, voulut à ce moment se démettre du ses fonctions; mais la gouvernante générale n'accepta
point sa démission. Tout au contraire, elle exigea de lui qu'il prêtât de nouveau serment de fidélité et qu'il éloignât son frère Louis de sa personne. Guillaume, Egmond et Horn , au lieu d'obtempérer à ces injonctions de la princesse, s'adressèrent au roi pour obtenir de lui la liberté religieuse. Les représentations adressées en 1566 par les G u eu x à la gouvernante générale ayant été repoussées d'une manière outrageante, Guillaume, d'accord avec son frère Louis, Egmond , Horn et autres personnages importants , convoqua à Dendermonde une conférence , dans laquelle on délibéra sur les moyens à employer pour se préserver de l'oppression. Tandis que Guillaume se retirait avec sa famille à Dillenburg, le duc d'Albe entrait dans les Pays-Bas, ob son premier acte fut de faire arrêter et périr sur l'échafaud Egmond , Horn et dix-huit personnages marquants dans la noblesse. Les contumaces, entre autres Guillaume et son frère Louis, furent en même temps cités devant un tribunal de sang, connu dans l'histoire sous le nom de tribunal des Douze ; et par suite de leur défaut de comparution, ils furent proscrits. Le duc d'Albe fit prisonnier le fils de Guillaume, alors âgé de treize ans, Philippe-Guillaume, qui étudiait à Lou vain, et l'envoya en Espagne comme otage. A ce moment Guillaume se déclara ouvertement protestant, et, soutenu par divers princes protestants d'Allemagne, se propara à la lutte. Ses frères Louis et Adolphe pénétrèrent en Frise à la tète d'une armée , et y battirent le général espagnol Jean de Ligne à Hciligcrlc , bataille où Adolphe .trouva la mort. Mais Louis n'avait pas assez d'argent pour maintenir sous les armes les troupes qu'il avait réunies; aussi Tut-il défait le 21 juillet 1568, à Jermingen, par le duc d'Albe.
Guillaume recruta alors une nouvelle armée, composée de 24,000 Allemands et de 4,000 Français, déclara que l'établissement du conseil des (roubles à Bruxelles le forçait à prendre les armes, et franchit successivement le Rhin et la Meuse. Il pénétra dans le Brabanl, et y battit une division de l'armée espagnole, mais échoua dans ses efforts pour déterminer Albe à livrer une bataille décisive, de même que pour provoquei une insurrection générale dans le pays ; de sorte qu'il lui fallut liuu par congédier son armée. Il dut môme vendre sa vaisselle plate, ses bagages , et engager sa principauté d'Orange, pour payer à ses troupes l'arriéré de leur solde. Alors, avec 1,200 retires , il se retira chex le duc de Deux-Ponts, qu'il accompagna dans son expédition en France contre le parti catholique des Guises. Il s'y distingua dans plusieurs actions et sièges; mais la campagne n'ayant point eu une issue heureuse , il dut s'en revenir en Allemagne. En France, l'amiral de Coligny lui avait conseillé d'armer en course et d'organiser des corsaires contre les Espagnols, ainsi que de se maintenir dans la Zélande et dans la province de Hollande , d'où il serait très-difficile aux Espagnols de l'expulser. Guillaume suivit ce conseil ; et les Gueux de mer, c'est ainsi qu'on nomma ces corsaires, s'emparèrent dès 1572 de la ville et du port de Briel , dan9 l'Ile de Voorne, et se rendirent ensuite maîtres de Flessinfiiie. La tyrannie du duc d'Albe devenant de plus en plus intolérable, diverses villes de la Hollande et de la Zélande, de rOvcr-Yssd et de Gueldre se déclarèrent ouvertement pour Guillaume , qui pendant ce temps-là avait réussi à recruter une nouvelle armée, de 17,000 hommes , avec laquelle il entra dans le Brabant, pour y secourir son frère Louis, assiégé à Uergen par le duc d'Albe ; mais les auxiliaires français que lui envoyait Coligny furent battus, et lui-même échoua encore une fois dans tous ses efforts pour attirer en bataille rangée le duc d'Albe. 11 lui fallut alors repasser le Rhin , non sans éprouver des pertes, et congédier encore une fois son armée : il se rendit ensuite à Utrecht et en Zélande, où les Gueux de mer le nommèrent leur amiral.
En 1574, les états de la Hollande investirent le prince d'Orange de l'exercice, au nom de Philippe II, des droits du pouvoir souverain pendant tout le temps que durerait la guerre avec les troupes espagnoles; exemple qu'imitèrent plus tard les provinces d'Utrecht, de Gucldrc et
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d'Over-Yssel. Toutefois, ces droits n'étaient que personnel*, et furent même contestés par plusieurs villes, quand on eut ouvertement secoué le joug de l'Espagne. Guillaume méritait la confiance qu'on lui témoignait. Dès 1073 il était parvenu il opérer à Flcssingue l'armement d'une flotte de 150 voiles, qui conserva constamment une supériorité marquée sur les Espagnols. Tandis que le duc d'Albe réussissait à se rendre maître de Bergen et de diverses autres places, Guillaume, de son cOlé, s'emparait de Gcrtruydenbcrg et de Middelbourg, chef-lieu de la Zélande. Louis de Zuniga , qui avait succédé au duc d'Albe (1573) comme gouverneur général des Pays- Bas, battit cependant, le 14 avril 1574, dans les landes de Mook , Louis et Henri de Nassau , frères de Guillaume , qui ne purent maîtriser la mutinerie de leurs soldats allemands réclamant à grands cris leur solde arriérée, et qui trouvèrent la mort sur le champ de bataille. Guillaume pendant ce temps-là occupa Leyden, faisant partout rompre les digues et inondant tout le pays d'alentour. Sur ces entrefaites, Zuniga mourut; mais les troupes espagnoles commirent à Anvers et dans d'autres lieux de tels ext-ès, que toutes les provinces des Pays-Bas, à l'exception du Luxembourg, se coufédérèrent a Gand, en 1576, dans le but d'expulser ces troupes de leur territoire et de défendre le principe de la liberté de conscience. La modération que montra d'abord don Juan d'Autriche , le nouveau gouverneur général des Payslias, eut pour suite l'éditdc pacification de 1577 et la dissolution de la ligue. Mais don Juan n'ayant pas tardé à violer lui-même cet édit, les états d'Anveis appelèient le prince d'Orange à leur secours, et à Bruxelles une partie des étals lui défera lelitrede gouverneur. Toutefois, sachant bien qu'un certain nombre de seigneurs lui étaient hostiles, il amena l'assemblée a conférer ce titre k l'archiduc d'Autriclic Mathias, tout en se réservant personnellement la direction des affaires iwlitique*. Mais la \lctoire remportée, le 31 janvier 1578, à Gembloux par les Es|>agnols, et la conduite habileobaervéepar Alexandre Farnèsede Panne, nommé gouverneur général des Pays-Bas après la mort de don Juan d'Autrkbe, donnèrent de nouveau à la puissance espagnole la supériorité dans les provinces wallones. Farnèse réussita gagner à la cause de l'Espagne les Belges, et surtout les seigneurs du pays, qui étaient mal disposés |Hiur le prince d'Orange. Celui-ci comprit dès lors la nécessité de resserrer encore davantage les liens qui unissaient entre elles les sept provinces du nord, et par l'union signée le 23 Janvier 1579 à Utrecht il posa la base de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas.
Les négociations ouvertes ensuite à Cologne pour la paix ayaut échoué, les états, sur la proposition du prince d'Orauge, offrirent , en 1580, la souveraineté au duc d'Anjou ; et le 26 juillet 1581 ils se déclarèrent déliés de toute obéissance a l'égard du tyran Philippe II. Celui-ci avait précédemment proscrit le prince d'Orange en mettant sa têle à prix. Cependant, le duc de Panne s'empara de diverses places fortes, et entre autres de Bréda ; mais il lui fallut lever le siège de Cambray a l'approclie de l'armée du duc d'Anjou. En conséquence, an mois de mars 158?, le prince français fut proclamé duc de Brabant. Le prince d'Orange le seconda d'abord loyalement; mais quand il se fut a|»erçu de sa complète nullité, il se déclara ouvertement contre lui , de sorte que le duc d'Anjou fut obligé de s'en retourner en
Le prince d'Orange exerça seul alors la direction suprême des affaires, mais non sans avoir & lutter toujours contre de nombreux adversaires. Pour se mettre a l'abri des tentatives dont il pouvait être l'objet de la part du parti catholicoespagnol, il se retira a Delft, où il ne devait pas tarder à trouver la mort. Uu Bourguignon, appelé Balthâsar Gérard, catholique fanatique , s'était glissé auprès de lui sous le nom de François Guyen, et en prétextant que, par suite de son attachement à la foi protestante, fi avait du mlr de sa ville natale, Besançon. Le recueillement tout particulier avec lequel il assistait au service divin trompa si bien te
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prince, qu'il mit bientôt en lui tonte sa confiance. 1/ I» juillet 1584, au château de Delft, au moment ou Gullhcu d'Orange se levait de table pour passer dans on? ittn salle, Balthâsar Gérard le tua a bout portant d'an m-j de pistolet. Le jirince tomba à terre à roté ce sa ffaiw et de sa so-ur, la comtesse de SchwartrtrfMirg, en *>nïi I - Mon Dieu, mon Dieu, aie pitié de moi et de ton jaurr peuple! >• puis expira aussitôt. L'assàssirt n'avait qw 'ir$ deux ans. C'était bien plus encore l'idée de çaçira w» le bonheur éternel que l'attrait de fi prime mise a ïmi sinat du prince par l'Espagne, qui avait arm^son ïn- V subit sa peine avec une impassible fermeté, Dan* fa int*rogatolres qu'on lui Ut subir, il avoiia q".'uti triMi* irjrcisraln tic Tournay et un jésuite de trêves ravirai §• terminé à commettre ce meurtre , en lui promeltan! qu? assurerait ainsi son salut; il ajouta qu'il avait fait fif.i, son projet au prince de Parme, lequel l'avait rmny i son conseiller d'État d'Assonville , pour bien arrttr « qu'il aurait à faire pour l'exécuter.
Guillaume d'Orange était fort instruit, et parlait \a d'où son surnoih de Taciturne ; mais ce c\a'\\ Aat était marqué au coin du bon sens et plaisait bfSiK'n Il était maître passé dans l'art de connaître 1rs Se mes. Ses manières avec le peuple étaient pleines At 4* reur et d'affabilité. Il lui arrivait souvent de sortii tr> « dans les rues et de s'entretenir en toute liberté aiebourgeois qu'il rencontrait. Dans sou intérieur il était ynéieux, hospitalier, magnifique. H avait été quatre ï* marié : r avec .Inrte d'Edmond , morte en I5i«, Ste* comte Marc de Burcn, de laquelle il eut une fillr et tin *. Philippe-Guillaume, prince d'Orange, luvrt don. stJenMC 2° avec Anne, fille de l'électeur Maurice de Saxe, mrif r. 1577, et de laquelle II se sépara en 1575 : les enfanti n de ce second mariage furent plusieurs filles et le \àr> Maurice d'Orange, qui, comme guerrier et comme h»»* d'État, continua dignement le rôle de son père dan- * Pays-Bas; 3° avec Charlotte de Bourbon, morte eti Vf fille du duc Louis M de Montpensier , de laquelle il en -1 filles; 4° enlin, avec Louise, fille dli célèbre amiral V-<kv morte IG7it; il eut d'elle Henri-Frédéric de Nas<a« . prv d'Or.-nge, qui succéda à son frère Maurice en qwfitf ' stalltoudcr dès Pays-Bas.
GUILLAUME. Trois rois des Pays-Bas ont « nom.
GUILLAUME rr (Fkéoérjc), roi des Pays*- * 1815 à 1840), grand-duc de Luxembourg, duc de liml»*-. ; prince d'Orange-Nassau, naquit i La Haye, le ï\iM i"" Son père, Guillaume V, prince d'Orange-Nassau, sut!t"«* héréditaire dès Provinces- Unies , descendait de Jean Tli' de Nassau Dillengen, frère de Guillaume I", dit kl* turne, et mourut â Brunswick , le 9 avril 1806. Son fr»' père, Guillaume IV, mort en 1751, le premier stalrVwdertr ditaire des Pays-Bas à partir de 174s, avait de nmiveanr us dans sa ligue, celle de Nassâu-DieU ou Orange, les qoâlrrt^ ritoires appartenant à la ligne de Nassau-Ottonienne, I.'^r Dillcnburg, Dielz et Hadamar. Ce prince Tut élevé F » mère, Frédérique-Sophie-Wilhelminc , tille dn pria* 13 guste Guillaume de Prusse. Guillaume reeJlt Mw,tK convenable à cehli qui doit être appelé un jour à pwvrreff d'autres hommes, et hit confié à des mains sûres et "(^ mentées. Le l" octobre 1791 il épousa la princesse riqtie-Louise-WUhelmine, fille du roi de Prm«e. A»e* * frère, le prince Frédéric, il s'occupa .beaucoup . l'état militaire du pays; mais les troubles inténenr- F éclatèrent en Hollande et que la Prusse dut comprm^ ^ 1787 , parce qu'ils avaient pour but évident de renvf* maison d'Orange, entravèrent singulièrement ses eiw Convention nationale de France ayant décrété, et» t • guerre au stathonder, Guillaume et son frère furent chargés delà défense des Provinces-lime* U ^ toire icm|K>rtée sur Dumouries, a Nervriade, r**V Tirlcmont, le 18 mars, fut due en grande partie à M co°r
ration dece prince. Guillaume pénètre alors en Flandre, tient tête pendant tout l'été a de* forces supérieures, et ménage ainsi aux Autrichiens la plus grande partie de» succès qu'ils obtiennent sur un autre |>oinl des frontières de la Belgique , où les villes de Valeneiennes et de Côndé tombent en leur pouvoir. La fin de la campagne fut moins heureuse; les Autrichiens semblèrent un moment avoir oublié leur intrépide allié; niais Guillaume se souvenait de ses ancêlrcs, et .se montra digne d'eux jusqu'au bout. En 1794 il prit Landrecies. I^e duc de Cobourg battu à la journée de Flenrus, Guillaume n'eut plus qu'à faire sa retraite en hoh outre. Sur ces entrefaites, Picbegrti avait envahi la Hollande, abandonnée par ses alliés : le 19 Janvier 1795 , des barques de I»écheur8 conduisirent Guillaume et sa famille en Angleterre, devenue le refuge des princes malheureux. L'evil acheva de former Guillaume ; il mûrit son caractère, développa ses connaissances, et lui donna les utiles et sévères leçons de l'ail vernie. Pendant que son frère Frédéric, entré au service d'Autriche, mourait a Padoue, en janvier 1799, le prince Guillaume d'Orange se rendait a Berlin, dans l'espoir de voir la diplomatie prussienne intervenir dans ses Intérêts auprès de la France. Il acheta quelques terres dans le grandduché de Posen et en Siléale; puis quand son père lui eut cède, le 2t» août 1*02, l'Indemnité qui lui avait été attribuée en Allemagne par une décision de la députation de l'Empire, à savoir la principauté de Fulda avec Corvey , Uortmund, Weingarten et autre» lieux, H vint se fixer à Fulda ; et après sa mort, arrivée le 9 avril 1 900, Il lui succéda dans les autres domaines de la maison de Nassau. Sur son refus d'accéder à la Confédération du Rhin , Napoléon lui enleva.-*» droits de souveraineté surins domaines héréditaires «lu la maison de Nassau, qu'il répartit entre les branches collatérales de Massau-Tiftingen et Nassau-Weilbourg et le grand-duc de Berg, Mural. Guillaume, dépouillé de ses Etals, prit alors du service en l'ruasc, et assista Cépée à In main a la chute de cette monarchie, qui, malgré ses fautes , «levait se relever plus puissante. Fait prisonnier dans Erfurt, deux jours après la bataille dMéna, il obtint la permission de se retirer sur parole. Il se retira alors à Dantzig, puis, quand la guerre s'approcha de la Vistule, a Pillan. Omis «tans les stipulations de la paix de Tilsitt, il alla en 1809 s'enrôler dans i armée autrichienne avec le fidèle compagnon de tous ses malheurs, M. d» Fagel , et assista à la bataille de Wagram. Au rétablissement de la paix , H revint encore une fois vivre dans une grande obscurité à Berlin. Quand, après la perte de la bataille de Leipzig par Napoléon , les hommes les plus influents en Hollande commencèrent à travailler à la restauration de la maison d'Orange, Guillaume se rendit en Angleterre; puis le 29 novembre isu il vint débarquer à Scheveningtic , oii il fut aussitôt accueilli avec un incomparable enthousiasme par la population, en même temps que le gouvernement provisoire, constitué dans le pays après la retraite îles autorités françaises , le saluait du titre de souverain. Mais il avait soin d'annoncer hautement l'intention de fonder désormais les libertés publiques sur la base d'une constitution qui garantirait les droits de tous et donnerait saturation à tous les besoins. l,es Français, indépendamment d'un camp retranché près d'L'trecht, occupaient encore lingl-trois places fortes dans le pays; mais l'insurrection général'' des populations, secondée par les années coalisées , eut bientôt délivré la Hollande du jong de IVtranger. Le 10 mars 1 H l * la loi fondamentale, dont la rédaction avait été confiée a une commission, rot acceptée, et le lendemain, jour ou les alliés entraient dans Paris, «ut lieu l'inauguration do souverain. Deux mois après, une convention conclue entre la Franc? et les monarques coalisés posait le principe d'un accroissement de territoire pour la maison d Orange. Les bases du royaume des Pays-Bas lurent jetées à Londres, le H juin, et au commencement de l'année 1 SI 5 le congrès de Vienne en régla déJiaitivemcnt l'existence. Le 16 mars 1815, Guillaume prenait le titre de roi da Pays-Bot et de grand-duc de
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Luxembourg. Guillaume Fr résida alors alternativement a La Haye et à Bruxelles Jusqu'en 1830, é|>oqueou, à la suite de la révolution qui éclata au mois de septembre dans cette dernière ville, la Bel g i q u c se sépara des Pais-Bas et fut reconnue comme puissance indépendante par les grandes puissances réunies en conférence* Londres.
Le roi Guillaume, dont la pnlitiqite obstinée avait trouvé un représentant dans son ministre de la justice van Maanen et n'avait pas peu conlribué à provoquer cette révolution, s'enlèïa pendant neuf années à lutter contre FFurope tout entière, qui avall reconnu l'impossibilité de reconstituer jamais le royaume des Pays-Bas sur les bases -le 1815; et ce ne Tut que le 10 avril IR39 qu'il se décida» accéder aux dispositions prises par la conférence de Londres et à souscrire à l'indépendance de la Belgique Les délies énormes dont son obstination avait été l'origine pour le pays, son aversion prononcée pour le* moindres réformes réclamées par l'esprit du temps, accrurent singulièrement le mécontentement public contre lui ; et les défiances dont il était devenu l'objet prirent un caractère encore pbis hostile lorsqu'on apprit qu'il avait l'Intention d'épouser uue catholique belge, la comtesse Henriette d'Oultremont t'est dans ces circonstances que Guillaume prit le parti d'abdiquer en faveur de son fils atné , le 7 octobre IH40 ; il se retira alors, sous le titre de comte de Nassau, à Berlin, où , veuf depuis 1837 , il épousa la comtesse d'Oultremont, le 17 révrier 184 1 , et oh il mourut, le 11 décembre On évalue à près de 200 millions de francs la fortune particulière qu'il laissait à ses enfants , et qui provenait pour la plus grande partie de l'exploitation dis mines de Java cl de Bornéo, ainsi que de vastes et heureuses spéculations commercial»*. Ceux de ses enfants encore vivants aujourd'hui sont : le prince Frédéric des Pays-Bas, et une tille, la princesse Marianne, mariée en 1M0 au prince Albert de Prusse, union qu'un divorcées! venu rompre en IftW.
GUILLAUME it (Fntotatc-Groncrs-Loi is), roi des Pays-Mas, grand-duc dé Luxembourg (is40-lHi9), naquit le d dcremhrc 1 795, à La Haye, et fut élevé sous la surveillance de son père, Guillaume V* , à l'école militaire de Berlin. Plus tard il alla terminer son éducation à Oxlord. Destiné de bonne heure à l'étal militaire, il fit ses premières armes dans les rangs de l'armée anglaise, et entra ensuite en 1811 au sert ire d'Espagne, avec le grade de lieutenant-colonel. Sa bravoure et sort activité lui eurent bientôt mérité l'estime du duc de Wellington, dont il fut l'un des aides de camp. Quand, en isti, son père monta sur le trône des Pays-Bas, les Belges reconnurent avec joie que le futur héritier de la couronne réunissait une rare bonté de eo?ur à autant de droiture que de franchise et d'affabilité. A l'affaire des Quatre Bras ( 10 juin) et à la bataille de Waterloo ( 1R juin 1815 ) , le prince fit preuve tout à la fois d'intrépidité et de talent militaire , et reçut un coup de feu à l'épaule au milieu d'une attaque qu'il dirigeait à la tôle de ses troupes, qu'animait son exemple. Quand il lut guéri de cette blessure, il vint retrouver les princes alliés à Paris. Dans cette capitale, il fut vivement question de son mariage avec la princesse Chariot le de Galles, qu'épousa l'anioe suivante le prince Léopold de Saxe-Cobourg , aujourd'hui roi des Belges ; mais le prince d'Orange refusa ce brillant parti, par un noble sentiment de fierté qui ne lui permettait pas de n'être que le premier sujet d'une reine d'Angleterre ; situation qui aurait eu d'ailleurs pour conséquence de subordonner complètement la politique de son pays aux intérêts de la Grande-Bretagne. 11 épousa au contraire, le 21 février 1SI0, a Saint-Pétersbourg, la sœur de l'empereur Alexandre, Anna Paulownn, née le 1» janvier I7i»5.
En IS30, lorsque éclata la révolution de Belgique, le prince d'Orangé se rendit immédiatement a Anvers; el le 1er septembre il vint à Bruxelles , où son apparition produisit une impression lavorable. Mais les exigences du parti révolutionnaire croissant toujours, le prince d'Orange finit par te trouver dans une position tellement frUjqoe,
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que le 16 octobre suivant, outre- payant ses pouvoirs, il crut devoir reconnaître l'indépendance de la Belgique. Le roi son père lui retira ses pouvoirs, et annula ses actes. En conséquence, le prince d'Orange se retira en Angleterre , où il a fait élever ses deux fils aînés. L'année suivante , H reprit le commandement de l'année hollandaise qui en avril envahit la Belgique , mais qui, après une campagne de treize jours, dut rentrer dans ses cantonnements, par suite de l'intervention armée de la France. Plus tard, il conserva le commandement en chef de l'armée d'observation qni resta échelonnée le long des frontières du nouvel État. L'abdication volontaire de son père, le roi Guillaume 1", l'appela au trône, le 7 octobre 1840; et son premier soin fut d'aviser aux moyens de remédier au délabrement des finances, tache impossible tant qu'on ne se déciderait pas à |M)rter hardiment la hache dans les vieux abus administratifs. Les événements provoqués en Europe par la révolution de février 1848 le convainquirent de llnutilité des elfoi ts qu'on tenterait pour résister plus longtemps aux exigences du temps. Ses concessions furent alors franches et larges ; mais il n'eut pas le temps de voir achever la plète réorganisation administrative qu'elles avaient but : il mourut le 17 mars 1849., laissant le trône a aîné Guillaume UT.
GUILLAUME III ( AL«iiiWK-PAUL-Fiutn«MC-Louis ), rui des Pays-Bas aujourd'hui régnant, né le 19 février 1817, est le fils aîné du feu roi Guillaume II. Il ceignit la couronne le 17 mars 1849, dans les circonstances les plus difficiles, au moment où l'ancienne constitution du royaume venait d'être abolie et où on en discotait une nouvelle; où dès lors il était nécessaire d'opérer de profondes modification» dans toute l'organisation administrative et politique du pays. Le nouveau roi s'efforça de se concilier l'opinion en se montrant facile en matière de concessions, notamment en proposant lui-même une diminution considérable sur le chiffre de la liste civile ; mais il n'y réussit complètement que lorsqu'il eut appelé aux affaires le parti libéral, et confié le portefeuille de l'intérieur à l'un de ses hommes les plus considérés, M. Thorbeke. Depuis lors il a été procédé à la réforme politique avec une sincérité qui a eu pour résultat de donner au régime parlementaire dans les Pays- Bas des développements qui feront du lègne de ce prince l'une des plus remarquables époques de l'histoire néerlandaise. La retraite du ministère libéral, qui eut lieu dans l'été de 1853, par suite de l'agitation antipapiste qui se répandit alors dans le pays et à laquelle le parti réactionnaire ne manqua pas non plus de s'associer, n'a point eu d'ailleurs pour résultat un temps d'arrêt dans le développement des institutions et des idées constitutionnelles. Guillaume III a épousé, le 18 juin JB39, Sophie, fille du roi Guillaume de Wurtemberg, de laquelle il a deux fils : Guillaume, prince royal, né le i septembre 1840, et le prince Alexandre, né en 1851.
GUILLAUME I", roi de Wurtemberg depuis 1816, est né le 27 septembre 1781, à Luben, petite ville de Silésie, où son père, devenu plus tard roi de Wurtemberg sous le nom de Frédéric I"-, tenait garnison comme général major au service de Prusse et chef d'un régiment de dragons. Sa mère était la princesse Auguste Caroline-Frédfticyue- Louise de Brunswick- Wolfenbutlel. Le prince Paul de Wurtemberg, mort le 6 avril 1852, à Paris, après y avoir passé la plus grande partie de sa vie, était son frère cadet. Sa soeur, la princesse Catherine, morte en 1835, avait épousé Jérôme Bonaparte, ex-roi de Westpualie.
Des circonstances très-pénibles ont assombri les premières années de la vie de ce souverain; après avoir longtemps erré avec ses parents de Silésie en Russie, pois en Allemagne, "en Suisse et sur les bords du Bbin, ce ne fut qu'en 1790 qu'il lui fut donné de se fixer en Wurtemberg. Sa mère mourut le jour même où il accomplissait sa septième La part que prit son père a sa première éducation lut rien moins que marquée au coin de la raison. Des
invasions de troupes françaises interrompirent a dm rtprises la continuation de l'éducation île ce prince, et «èrn son séjour en Wurtemberg, qui n'était véritabii-menl <lc?a0 sa patrie qu'en 1795, à l'époque où son grand-père Fndéric-Eugène était arrivé au gouvernement da decké. U 1796 et en 1799 il dut, avec les autres membre* de n famille, abandonner le sol wurternbergeois. En lMOiiéi pendant quelque temps servir comme volontaire dus ramée autrichienne, et il se distingua à la bataille de Bafcrslinden. En 1797, le prince Frédéric était devenu dut rrjuu de Wurtemberg. A ce moment , où le prince Gattu». d'enfant qu'il était naguère , passait homme, coopère attendit encore exercer sur lui la puissance pateisdk tut sa plus rigoureuse étendue. Le jeune prince reconnut ém que le mieux pour lui était de s'éloigner de la coer de w père, et en 1803 il entreprit en France et en Italie m toto qui eut pour son instruction les plus heureux réwhati.ft ne fut qu'en 1806, lorsque son père prit le ont dt m. qu'il revint en Wurtemberg, où il vécut dès Ion omprince royal jusqu'en 1812, dans la retraite la pku profonde, à Stuttgard, entouré seulement d'un cercle bue d'amis distingués. Le mariage qu'il contraria, en l m, m la princesse Caroline Auguste de Bavière n'apporti a» n modification à son genre de vie. Cette union fut routa
d'un consentement
en 1814. Quand, en Utî,fc-
poléon partit pour sa guerre de Russie, le prince royaldat. conformément aux désirs de son père, aller le rejouiii* ■ la tête d'un corps de 15,000 Wurtembergois. Mit*, pas* temps après son entrée sur le territoire russe, il fut fer» par une dangereuse maladie de s'arrêter à Witoa. Apres u bataille de Leipzig, son père se trouva, lui austi, othal* passer à la coalition. La volonté des souverains alliés de*naît an prince royal de Wurtemberg le comman<lwijesU'iiK des divisions de leur grande armée, composée de nontnœ contingents wurternbergeois et de plusieurs régiment! rus» et autrichiens. Le prince royal fit preuve dans son coma* demenl de véritables talents militaires. Les brillants «cas qu'il obtint en maintes occasions le rendirent encart pa* cher au peuple, qui plaçait en lui toutes ses csperintes Jn meilleur avenir. A Paris il fit la connaissance de iapatY duchesse de Russie, Catharina Paulowtta, veuve dodue* Holstein-Oldenburg, qu'il épousa en 1816, mais qui mural le 9 janvier 1819, après lui avoir donné deux fille*, te princesses Marie et Sophie. Ce fut peu de temps »pr<*« second mariage que Frédéric l*r mourut inopinément, k » octobre 1816, et que le prince Guillaume fui appelé i lui excéder. A la suite de nombreuses délibérations, il intraiw* dès 1819 la nouvelle constitution, que suivirent bieaWipw les plus importantes et les plus radicales réformes adnwstralivcs ( voyez WoitrEUBeac). Sous le règne de Wlaume l"r, le Wurtemberg a sons tous les rapport* m»* dans la voie du progrès ; en maintes occasions le utort* Stuttgard se montra franchement opposé a la politiqw f trograde et oppressive préconisée par M. de Métiers^ Que si le Wurtemberg eut cruellement a soutint * l'effervescence générale produite en Allemagne par te <{' nemenls de 1848, c'est du moins à la sagesse de ws'«j< a sa popularité que ce pays fut redevable du prompt reloitf « l'ordre et de la tranquillité. En 1 820 Guillaume 1" « «P*;' en troisièmes noces sa cousine Pauline, fille de le duc Louis de Wurtemberg, de laquelle il a eu dea» et un fils, le prince royal de Wurtemberg, Charla,** 6 mars 1823, marié en 1846 avec la grande-duci»es« °i^i fille de l'empereur de Russie Nicolas.
GUILLAUME, duc de Brunswick. Voyez Bsdmwo. GUILLAL\ME(FaÉnénic-GeiLL4oas-Cii*a«s).Fi;'T de Prusse, frère du roi Frédéric-Guillaume III, ***** Alsduroi Frédéric-Guillaume II, général de cavale», gouverneur de la forteresse fédérale de May ente, ! Berlin, le S juillet 1783. Le 12 janvier 180* il «P*? | ^meUK-Jforie-Anne, fille da landgrave Fréd<Tic-L*><» ^ | Hesse-lfombourg, de laquelle il eut dix cnfcnU. E»*' -
GUILLAUME
1799 dans la garde , il commanda dan» la guerre de l80fi, arec le grade de lieutenant-colonel , une brigade de cavalerie, et se distingua parliculièreroentà la bataille d'Aucrstaedt, par une brillante charge sur Pinfanteric (rançaise. En décembre 1807 il vint à Paris solliciter du vainqueur quelques adoucissements aux dures conditions qu'il avait imposées a la Prusse, mais ne réussit qu'à obteuir de lui la réduction de la contribution de guerre à 140 millions, au lieu de 154 millions 500,000 francs. A la fin de 1608 le prince Guillaume accompagna à Saint-Pétersbourg le roi et la reine de Prusse. Dans la campagne de 1813, il fit partie du quartier général de Bliicher ; à la bataille de Lutien (2 mai), il commandait h l'aile gauche de l'armée la réserve de la cavalerie, et enfonça un carré ennemi à la tête de ses cuirassiers. 11 ne prit pas une part moins glorieuse aux affaires qui signalèrent plus tard la campagne de Silésie. A la journée de Leipzig, ce fut lui qui, en facilitant la jonction à Breiienfekl des corps de Blucher et du prince royal de Suède , amena la coopération de l'armée du Nord a cette décisive bataille. Plus lard il fut cliargé du comman<icment de la huitième brigade du premier corps d'armée aux ordres du général Yorck , et lui fit franchir le Rhin. Le 30 mars 181 i, il prit part à l'attaque des villages de La Villette et de La Chapelle, qui eut pour résultat tie rendre les Prussiens et les Russes maîtres des hauteurs de Belleville et de Montmartre. Dans la campagne de 181 5 , ce fui lui qui , à la lutaille de la Belle- Alliance, commanda la cavalerie de réserve du 4« corps ; et dans la nuit il prit part à la poursuite de Pennemi. Il marcha ensuite à l'avant-gardesur Paris. Après la seconde paix de Paris, le prince Guillaume de Prusse vécut alternativement à Berlin et au château de Flschbach , en Silésie. C'esl là qu'il se trouvait quand éclala la révolution de Juillet. La situation critique dans laquelle cet événement plaça aussitôt les provinces rhénanes engagea le roi de Prusse à lui en confier le commandement général, et il vint alors habiter Cologne pendant une année. En mars 1H34 il f'it nommé gouverneur de la forteresse fédérale de Mavence, fonctions qu'il avait déjà exercées de 1824 à 1820. Mais quand la mort lui eut enlevé sa femme , il ne quitta presque plus son domaiue de Fischbach. C'esl là qu'il est mort, le 25 septembre 1 851. Ceux de ses dix enfants qui lui ont survécu sont les princes Adulbertvi Waldemar de Prusse; et les princesses Èlisabelh (née en 1815, mariée en 1830, au prince Charles-Guillaume de Hesse) ; et Marie, née en 1825, aujourd'hui reine de Bavière.
GUILLAUME (FnénÉtuc-Louis), priuce de Prusse, second fils du roi Frédéric-Guillaume III, mort en 1840, et frère du roi Frédéric-Gui llau me I V, aujourd'hui régnant, designé plus généralement, eu sa qualité d'héritier présomptil delà couronne, sous le nom de Prince de Prusse, est né le 22 mars 1797, et prit part aux campagnes de 1813 et de 1814. Promu à de hautes charges militaires et politiques depuis l'avéncment de son frère au trône, nommé alors gouverneur de Poraéranie et appelé à faire partie de la première diète convoquée en Prusse, il prit depuis lors constamment une part importante à la politique. La prédilection qu'en toute occasion il manifestait pour l'état militaire et tout ce qui s'y rattache le fil bien à tort considérer par beaucoup de gens comme l'un des principaux soutiens de l'absolutisme ; et dans les sanglantes journées de mars 1 848 ce préjugé provoqua dans les masses uue violente irritation contre lui. Les choses en vinrent à ce point qu'il crut prudent alors de s'éloigner de Prusse; el pour donner aux passions le temps de se calmer, il se rendit en Angleterre. Mais le ministère Camphausen travailla à laciliter et à opérer son retour à Berlin, qui eut lieu effectivement dès le mois de Juin.
Élu dépnté à l'assemblée nationale , il accepta ce mandat, mais sans venir siéger. Quand, au printemps de 1849, la i'ru«so réunit une armée pour aller réprimer la révolution au sud de l'Allemagne , c'est au prince Guillaume qu'on ea confia le commandement. Quelques semaines lui suffirent
pour en finir avec le mouvement insurrectionnel du Palatinal et du grand -duché de Bade; el partout ses procédé* loyaux, sa conduite modérée, lui concilièrent tous les esprits. Nommé au mois d'octobre 1849 gouverneur militaire de la Westpualie et de la province du Rhin , il alla s'établir à Cobientx. En 1854 il a été nommé colonel général de l'infanterie prussienne et gouverneur de la forteresse fédérale de May eu ce. On peut dire qu'autant l'opinion lui était autrefois hostile, parce qu'on le considérait comme hostile aux idées de progrès et de liberté, autant elle lui a fait complètement retour depuis que des laits et des actes ont prouvé qu'il était l'ennemi de tous les partis extrêmes, el qu'il était avant tout jaloux de la grandeur el de la prospérité de la Prusse. Une circonstance qui a tout récemment accru encore sa popularité , c'est l'hnprobation donnée hautement par ce prince à l'attitude prise par le gouvernement prussien vis-a-vis de l'Angleterre et de la France à propos do la question d'Orient. On sait en effet que le prince de Pnisso partage l'opinion de ceux qui pensent que la Prusse doit profiter de la circonstance qui s'offre à elle aujourd'hui pour prouver à la Russie qu'elle n'est point sa vassale , et faire cause commune avec les puissances continentales. Le prince Guillaume de Prusse est graod-maltre de toutes les loges de francs-maçons qui existent dans le royaume. Il est marié depuis 1829, avec Marie-Louise- Auguste, princesse de Saxe-Weimar, de laquelle il a deux enfants : le prince Frédéric-Guillaume-Nicolas-Charles , né le 18 octobre 1831, et la princesse Louise- Marie-Élisabeth , née le 3 décembre l»38.
GUILLAUME IX^duc et Aquitaine, comte de Poitiers, le plus ancien des troubadours connus , naquit le 22 octobre 1072, et succéda, en l'an 1088, à son père Guillaume VIII. En l'an 1101, il se croisa. Parti avec une armée de 300,000 hommes, disent les chroniqueurs du moyen âge , à qui des zéros de plus ou de moins importent peu, il fut à peine arrivé en Asie, que l'anéantis tentent complet de son armée, résultat des maladies, de la famine et de la misère, le réduisit à s'enfuir à Anliochc , où Tancrcde lui fournil les moyens de revenir en France. Sa croisade ayant si mal tourné , on ne saurait s'étonner que le duc d'Aquitaine en ait peu profité pour faire pénitence et s'amender. Tout au moins, les utiles impressions qu'il en reçut s'effacèrent elles à la longue. Ccst ainsi qu'en 1115, devenu veuf de Mathildc, fille du comte de Toulouse , ij se livra au plaisir cl à la galanterie, dépouillant souvent des monastères pour enririchir des femmes ou des courtisans , ne se remariant que pour abandonner sa seconde femme et enlever celle du vicomte de Chàtellerault. Ce scandale le fit excommunier par l'évéque de Poitiers, qu'il punit en le chassant de son siège. Cité par Calixte II à comparaître, en il 19, devant le concile de Reims, pour y rendre compte de ses actes de violence et d'usurpation à l'égard des biens de l'Église, il n'eut garde d'obéir, et mourut, comme un mécréant, dans l'impénitence finale, le 10 février 1120. Il laissait un fils, du même nom que lui, qui ne se montra guère plus sage, et dont le règne de dix années ( 1 1 27- 1 1 37 ) fot continuellement troublé par des guerres, tantôt avec Louis le Gros, tantôt avec les Normands.
Guillaume IX devra bien moins de vivre dans l'histoire à sa croisade , à ses démêlés avec son évoque et avec le pape, ou encore à ses scandaleuses amours, qu'à quelques pièces de vers qu'il composa dans ses bous moments, et où l'on remarque, suivant l'abbé Mîllot, une facilité, une étégance , une harmonie qui sembleraient ne devoir apparienirqu'à une époque plus avancée. Hauteserre en a publié deux dans le» lté* Aquitanicx. On est autorisé à supposer que c'est dans l'une d'elles qu'on pourrait intituler : le Muet par amour, que Beccace a puisé l'idée première de sou conte de Mazet de Lamporecchio, que La Fontaine, plus tard, a fait sien. On remarqua encore dans les pièces de vers de Guillaume d'Aquitaine, conservées, au nombre de neuf, à la I
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été publiées par Dreux du Radier dans la Bibliothèque du . faubourgs de Paris, et posa, en 1108, les fondeintoU Jt Poitou, une boutade ou chanson sur nn chat qui Tarait la célèbre abbaye de Saint- Victor, où plus lard, sur la in*, égratigné. Orderic ViUl raconte qu'an retour de sa croisade, . tances d'Iiildebet t du Mans, et contre son propre désir, |
il avait rimé les tristes aventure? de son expédition , et qu'il allait les chauter sur des airs badins devant les rots, les grands seigneurs , et dans les assemblées chrétiennes.
GUILLAUME, dit le Dauphin d'Auvergne, haut baron et troulmdour distingué du douzième siècle , se rendit célèbre par ses querelles poétiques et sanglantes avec le roi Itichard Cœur de Lion, par se* qualités chevaleresques, et par In double penchant qui l'entraîna tour à tour à une grande prodigalité et h la pins extrême avarice. Il était (Ils de Guillaume VII, comte d'Auvergne, et de Béat ri v, de la maison de finlgues en Dauphiné. Il Tut le premier qui, par suite de ce mariage , porta dans sa famille le nom de Dauphin, qu'il transmit à ses successeurs. SU faut en croire nos manuscrits romans, ce jeune seigneur était un de. plus courtois , des plus magnifiques et des plus vaillants chevaliers de son époque; supérieur à la fois en armes, en amour et en poésie , nul ne sut mieux composer sirventes , couplets et tensons. Émule et protecteur des troubadours, il les attirait auprès de lui, et les comblait de présents et d'honneurs. Il paraîtrait toutefois qu'nprè* avoir perdu par ses largesses plus de la moitié de ses biens, il en recouvra , et sut en amasser ensuite davantage par son adresse et par son avarice. 11 nous reste quelques couplets satiriquesdu Dauphin d'Auvergne, contre Robert, évéque de Clermont, son parent, contre Pellissier, bailli de ta vicomte de Turenne, de plus cinq sirventes , dont les deux meilleurs ont été imprimés par Raynouard, dans le Choix lies i'oèsies originales des Troubadours. Le plus remarquable est celui qu'il écrivit à Richard, roi d'Angleterre, qui , à peine sorti des prisons où l'empereur Henri VI l'avait déloy aletoent retenu dix-huit mois au retour de la croisade, avait songi; à se venger des perfidies de Philippe-Auguste, et imploré, pour y parvenir, l'aide du Dauphin d'Auvergne; mais il n'avait pas tardé a conclure une trêve avec son royal adversaire, livrant ainsi son imprudent allié à une terrible vengeance. Ce morceau historique, empreint d'une simplicité un peu grossière, n'en peint pas moins les moeurs du temps.
Pellissier.
GUILLAUME DE POITIERS, l'un de nos ancien s chroniqueurs les plus remarquables et que ses contemporains comparaient a Sallnstc, à cause de l'énergie et de la précision de son style, naquit, vers l'an 1020, à Préaux , près de Pont-Audemer, et étudia à la célèbre école de Poitiers , où il acquit une connaissance assez approfondie des écrivains de l'antiquité classique. Après avoir d'abord élé militaire , il embrassa la carrière ecclésiastique, devint chapelain du duc Guillaume, depuis roi d'Angleterre, et mourut archidiacre de Lisieux, vers la fin du onzième siècle. Il est certain qu'il survécut à Guillaume le Bâtard, dont il a éc rit les faits et gestes avec la partialité d'un admirateur enthousiaste, caractère qui n'em|iéche pas son récit d'abonder en détails curieux sur la conquête de l'Angleterre. Son récit commence en 1035 et finit en 1070. Il offre donc une lacune de dix-sept années dans la vie du conquérant.
GUILLAUME DE CIlAMPEAUX, un des philosophes les plus célèbres du onzième et du douzième siècle, naquit à Cliampeaux, près de Mclun, dans la Brie, d'une famille de laboureurs. Il étudiaa Pari* sons Anselme de Laon, et, devenu archidiacre et scolastiqnc de celle ville, il y enseigna lui-même, l/cs écoles formées par le maître et par le disciple sont généralement regardées comme l'origine de l'univers itéde Paris. Plusieurs hommes devenus célèbres dans la suite suivirent ses leçons. Nous ne citerons que Robert de Béthune et le fameux Abé lard, qui devint plus tard son rival et son adversaire. La question qui fut controversée entre ce dernier et son maître se i attache à la querelle célèbre en philosophie des réalistes et des nom! ha ux.
A la suite des désavantages qu'il eut dans cette controverse, Guillaume, dégoûté du monde, se retira dans un des
recommença a enseigner ; il faisait gratuitement tes te;^ & tous ceux qui se présentaient. En 1113, après avoir trou Ibis refusé de se charger d'un si pesant fardeau, il fut cmtraint d'accepter le siège cpiscopal dcCliilon*-sur-Munc,« laissa la conduite de l'abbaye naissante A HiUluin , le pis* illustre de .«es disciples. Ce lut lui qui donna, en tlli, U bénédiction abbatiale à saint Bernard pendant la du siège de Langres, et une liaison étroite se (orna lors entre les deux prélats. Il assista aux concile* de Rrim> et a celui de Chalons-sur-Marne en 1 1 15, de Reims en m*, de Reauvais en 1 120. Il mourut le 18 ou le 25 janvier uîl. On croit, sans eh être certain, qu'il avait pris l'habit*! Clairvaux en II 19, et qu'il fut enterré dans catleabU)*. Il composa plusieurs traités en faveur de la doctrine do réalistes et quelques opuscules de théologie. Dr tout s» ouvr.iges, le plus Considérable est celui dos Senfeaco.ft le seul imprimé est un petit Traité de VOriginede /'Jiat, publié par D. Martcnnedans son Trésor d'anecdotes.
H. BoucHtm.
GUILLAUME DE JUMIÉGES, l'un des plus airu-ji historiens du onzième siècle, est l'auteur d'un ouvrai intitulé : Historix \ornumnorum libri VllI, publié pour la première fois par Camdcn, dans les Angiur Scri]tt"*n, dont M. Guizot a donné une traduction dans sa rolietùut de mémoires relatifs à l'histoire de Erauce. Le récit <k « chroniqueur abonde en détails pleins de vie et de venir mi les tmriirs nationales et les caractères iudivîdueU des .W mands. Guillaume de Jumiéges naquit, à ce que l'on cru*, an Normandie, et prit l'habit de Saint-llenott a labbju k Jumiéges. On ignore lVpoquc précise de sa naissance d k sa mort. Orderic Vital en parle, a plusieurs reprises, avec I* plus haute estime.
GUILLAUME DE MALLEVAL. Voyez GiuxELim*.
GUILLAUME DE TVR. Ce prince des historien!*» croisades naquit en Syrie, si on l'en croit, et à Jeru*!». si l'on s'en rapporte à son continuateur, Elieuue de Lnii^fui» Ce dernier, dans son Histoire de Chypre, foil uni* de Ini un parent des rois de Palestine. D'après les pot* renseignements Vie Guillaume lui-même, nous vo)on* *|u il était encore enfant en 11 40, et qu'en 1162, au morneat 4i divorce du roi de Jérusalem Ainaury et d'Agnès d'Éde**, il étudiait les lettres en Occident, probablement a rV^ De retour dans sa patrie, Il gagna si bien par son savoir cl *• talents la confiance de ce monarque, que celui-ci k diaiï- J de l'éducation de son fils Baudouin. En 1167 il le doumu archidiacre de la métropole de Tyr, et peu de lenips «wi^ H lui confia auprès de l'empereur de Constantiuople. M* nuel Comnène, une mission dont il s'acquitta avec bonheur Des mésintelligences graves qui survinrent entre lui et «• métropolitain de Tyr l'engagèrent à se rendre à Rome. A w retooren Palestine, il futfaitchancelier du palais. En 1 chevêché de Tyr étant venu à vaquer, il l'obtint et fut prie patriarche de Jérusalem, dans l'église du Saint-*H crc. En 1177 il alla de nouveau a Rome, nui» cette h* pour assister au concile de Latran, dont il écrivit l'histoin'. • la demande des Pères eux-mêmes, ouvrage qu'il avait de|»«t nous apprend-il, dans les archives de son église «le T)T rf qni est perdu. Il revint de Rome par Conslantinople, etpo fita du séjour de sept mois qu'il fit dans cette capitale p*r obtenir de l'empereur Manuel différents avantages ea»" veur de son église. On ignore ce qu'il devin! »pfè« riï 1183, année où s'arrête son récit. C'est à tort quo" le* présente dans quelques ouvrages comme mort a Ron*'» poisonné par ordre d'Héraclius, patriarche de JérW,,niqui avait vainement tenté de le soumettre à son aolw*1 " contre les prétentions duquel il serait venu A>fltt,,'!Je,,* saint-siége un appui, qu'il allait, rien moins que prouvé : il 1187 Guillaume de Tyr prêchait U croisade aux
quel il serait venu dirruixw ^ illait, dit-on, obtenir. Ce lait Bot se serait passé en lift* »
«citait U croisade aux roi» ot
GUILLAUME
Franc* el d'Angleterre. Ce qu'il y à de certain, c'est qu'il n 'existait plus en 1193 ; car à celte époque nous trouvbus le siège de Tyr occupé par un archevêque d'un autre nom. Son ouvrage capital est intitulé : Htstoria rerum in partibus transmarinis geslarum a lempore successorum Mahumetis usque ad annum Domini 1184. Il est divisé en vingt-trois Ut res, dont les quinze premiers vont jusqu'en 1 14-?. Les huit autres sont consacrés au récit des faits dont Guillaume de Tyr fut témoin, et auxquels il prit une part assez importante. Il avait aussi écrit, à la demande d'Amaury, une Histoire des Arabes, depuis la venue île Mahomet jusqu'à Tannée 1184; le manuscrit n'en a pas été retrouvé.
GUILLAUME LE BRETON , célèbre poète et historien, surnommé Armoriais, ou Brito-Armoricus, né en Tannée 1 dans le diocèse de Léon, en Bretagne, mort, avec le titre de chanoine de Sentis, vers 1230, remplit longtemps les fonctions de conseiller intime auprès de Philippe-Auguste , dont il avait d'abord été chapelain. Ce prince l'envoya, a diverses reprises, à Rome pour y négocier l'annulation de son mariage avec Ingelburgc, et lui confia plus tard l'éducation de son fils naturel Pierre Charlet. Guillaume était auprès de lui à la bataille de llou v Inès. Témoin des hauts faits de cette immortelle journée, Il entreprit de les célébrer dans un poème intitulé la i'hllippide, qui, dans ses douze livres, ne contient pas moins de 9,000 vers, el qui comprend Tensemble des quarante-trois années du règne de Philippe- Auguste. « Ce poème, dit M. Gulzot, sort de la sécheresse d'une narration pure. Si le poète ne |»eint pas, du moins il décrit ; lesmrrurs des peuples, la situation des lieux, la forme des armes et des machines, les phénomènes de la nature, entrent dans sa composition, et y font passer quelque chose du mouvement intellectuel qui commençait à se produire en France. » On lui doit aussi une histoire en prose latine des Geste* de Philippe- Auguste.
GUILLAUME DE CHARTRES, né vers 1210, mort vers 1580, fut chapelain de saint Louis, qu'il suivit deux fois a In croisade, et dont il partagea la captivité. Il s'était fait dominicain tians l'intervalle de ses voyages. Il a écrit une suite a la vie du saint roi composée par Geoffroy Reaulieu, dans laquelle on ne trouve guère que des particularités relatives aux vertu* du [deux monarque. Elle est intitulée : De Vita et Actibvs inclgtx reeordationis régis Francorum Ludovici, et dem'uaeulis qwr nd (jus sanctitatis deelarationem eontigernnt, et se trouve dans divers recueils, notamment «tans ceux des Bollàndistes et dos historiens de France. On a ainsi de lui trois sermons demeurés manuscrits, et la vérité nous oblige d'ajnhtcr qu'ils ne méritent guère d'être publiés.
GUILLAUME DE LORRIS naquit à Lorris, près de Montargis. Les particularités de sa vie, comme la date <le sa naissance , sont Inconnues. Fauchct pense qu'il étudia la jurisprudence : on croit qu'il mourut vers Tan 12*0; du moins telle est l'opinion du savant Raynouard. On lui doit les 4,150 premiers vers du célèbre Roman de la Rose, que Jehan de Mcung, dit Ctopinet , continua en 1280.
GUILLAUME DE NANG1S, historien du treizième siècle et moine bénédictin de Tahhave de Saint-Denis, est autour de Irois ouvrages d'une haute importance pour notre histoire nationale , à savoir : d'une Vie de saint Louis et de Vies de ses frères, Philippe le Hardi et Robert, dédiées a Philippe le Bel , ainsi que d'une chronique qui remonte jnsqu'a l'origine du monde, en s'nppuyant sur les chroniques précédentes, dont elle reproduit presque textuellement le récit , notamment sur celle de Sigcbert «le Gernblonx , mais qui devient originale à partir de l'an 111."», |M>ur s'arrêter en 1301. Peu de chroniques sont écrites avec autant de judicieuse critique, et présentent les faits sous un jour aussi propre a intéresser le lecteur aux souffrances du peuple. Elle a été continuée par plusieurs écrivains. M. Gui/ot «n a donné une traduction dans sa collection de Mémoires sur rkistoire. de France.
GUILLAUME DE NORMANDIE , trouvère anglo-normand, contemporain de Jean sans Terre, de Philippe