FUSÉE — FUSIBILITÉ
chine destructive aux Mahrattes; il l'appliqua bientôt en Europe, et imposa son nom à ce DOUTeau mode de destruction. De» essais plus ou moins satisfaisante eurent lieu tour à tour en France, en Autriche, en Prusse, en Saxe et ailleurs. Aujourd'hui cette fusée est adoptée par toutes les puissan ces. Construite d'après le même principe que celle des feux d'artifice, elle porte à sa tête une cartouche, qui lui donne l'impulsion et éclate ensuite en gerbes lumineuses. Appelée racket par les Allemands, elle a pour alfnt des chevalets, ci se tire soit en parabole, comme les bombes, soit boritontalement comme le boulet et l'obus. Elle porte en tète une énorme cartouche ou cylindre en tôle, et un pot en fonte, destiné à éclater comme les obus. L'appareil contient des matières incendiaires, jaillissantes, de la mitraille, des balles, des grenades , qui partent successivement, et dont les Mats meurtriers se prolongent longtemps. Pour obtenir une plus grande force expansive, il est nécessaire de les charger avec rapidité. L'addition de chlore que les Anglais mettent dans les leurs est un procédé qui présente de graves dangers, on raison de l'extrême inflammabilité qu'elle leur communique.
En 1854, quand éclate la guerre d'Orient, on ne croit plus trouver an auxiliaire suffisant dans les anciennes Aisées de guerre. Le t*r juillet il est procédé à Toulon , au fort Saint- Louis , en présence de nombreux spectateurs, aux épreuves de nouvelles fusées fabriquées par l'École de pyrotechnie maritime pour les escadres de la mer Notre. Ces fusées, de 0m,95 de longueur, sont armées de l'obus de 12. Les résultats qu'elles ont fournis sont magnifiques et les portées de beaucoup supérieures aux plus belles qui aient encore été obtenues jusqu'à ce jour en France depuis trente ans qu'on cherche à perfectionner la puissance de cet artifice incendiaire. Jamais dans les tirs antérieurs exécutes soit à Toulon, soit ailleurs , on n'avait atteint des portées de plus de 3,300 à 3,500 mètres. Dans celui du 1" juillet elles ont été de 4,000 à 4,300 mètres. Un mois après , en août 1954, l'École de pyrotechnie de Metz obtient, à son tour, de ma* gnifiques succès dans le tir et la portée de ses fusées de guerre. Lancées du polygone, des fusées de om,09 de diamètre sur tn,lode longueur (y compris le chapiteau incendiaire) allèrent tomber par delà Malroy et Rùpigny, c'est-à-dire a plus de 5,600 mètres. Quant à la déviation, les points do chute extrêmes n'étaient qu'à environ 150 mètres l'on de l'autre , ce qui donnait 75 mètres de plus grande déviation. En visitant le lendemain les points de chute, on constata, près de Rupigny, qu'une de ces fusées avait pénétré dans le sol d'environ lm,60. Cette distance et cette pénétration sont effrayantes. Avec un diamètre de (T.ll au lieu de 0m,09, on ne doute pas que la nouvelle fusée ne portât aisément à «,000 mètres ou deux lieues.
FUSÉE ( Technologie). Ce mot est imité de fuseau. Les charrons, les carrossiers, appellent ainsi les parties coniques d'un essieu qui entrent dans le moyeu, parce qu'en effet elles ressemblent à un fuseau chargé de fil.
Les horlogers nomment fusée une pièce qui a la forme d'un cône tronqué, sur laquelle est taillée une vis dont les ûlcts imitent, par leur disposition, les révolutions d'un cordon roulé sur une toupie. L'invention de la fusée, dont on ignore l'auteur, passe pour l'une des plus heureuses qui aient été faites en horlogerie; elle est destinée à corriger les inégalités de force du moteur. Chacun à pu observer que plus un ressort est tendu, plus l'effort qu'il fait pour se débander est grand. On a pu remarquer aussi que le mouvement d'une montre devient accéléré lorsqu'on tourne la clé qui sert à la monter en sens contraire. Si la force du ressort moteur est variable, la marche de la montre sera nécessairement irrégulière : il a donc fallu trouver le moyen de rendre constants les effets du ressort , ce à quoi on est parvenu par l'invention de la fusée. Voici une idée de ce mécanisme : le ressort est contourné en spirale et logé dans un barillet cylindrique, qui, en tournant autour d'un pivot, bande le ressort, et celui-ci fait tourner le barillet en sens contraire en se débandant, de sorte que si le barillet
portait une roue dentée, elle pourrait communiquer l'action du ressort à tout le rouage; mais, comme nous l'avons déjà dit, cette action irait en diminuant d'intensité à maure que le ressort se débanderait. Pour la rendre uniforme, on adapte sur l'arbre de la première roue un cooe taillé eu vis : c'est la fusée. Klle peut tourner dans un sens indépendamment du mouvement de la roue, un cliquet l'empêche de tourner ea sens contraire. Une petite chaîne est accrochée par un bout sur le barillet et par l'autre sur la fusée. Le système est combiné de sorte que la fusée tournant dans un sens le barillet suit son mouvement et bande le ressort pendant que la petite chaîne s'enroule entre les spires de la rosée, en commençant vers la base du cône et finissant vers le sommet.
Comme le diamètre des spires diminue en allant de la base de la fusée à son sommet, on peut considérer la fusée comme composée d'une suite de poulies que nous numéroterons 1, 2, 3, 4, etc., et partant du sommet, c'est-à-dire de la plus petite , etc. Quand la chaînette est roulée sur la poulie 1, le ressort est à son plus haut degré de bande : aussi agît-il au moyen du levier le plu court de la fusée , puisque la poulie 1 est la plus petite de toute. La chaîne se déroulant , le ressort se débande et perd de sa force : aussi agit-il sur un levier plus long, qui est le rayon de la poulie 1, plus grande que la poulie 1, et ainsi de suite, de façon qu'à mesure que le ressort se détend, il agit successivement sur des leviers plus longs. Si donc on représente la force décroissante dn ressort par la progression 12, tl, 10, 9, *,7, 6,^5, 4,"3, 2, 1, et les diamètres des spires de la fusée par la progression croissante l, 2, 3, 4, 5, G, 7, S, 9, 10, 11, 12, il y aura compensation parfaite , et l'action du rcs^rt sur le rouage sera constante et uniforme.
On taille les fusées au moyen d'une petite mécanique : néanmoins on est obligé de les régulariser à la lime et ea tâtonnant, par ta raison que la lame d'acier qui, contournée en spirale, forme le ressort, n'est pas également large, également épaisse dans toute son étendue. On conçoit encore qu'il est physiquement impossible de lui donner partout le même degré de trempe : la force du ressort qui se détend ne doit donc pas décroître d'une manière uniforme.
On a fait beaucoup de tentatives pour supprimer la fusée dans les montres, afin d'éviter les frottements produits par la chaînette et les pivots de la première ro»« dentée, qui pourrait alors être fixée sur le barillet. Tons les systèmes qu'on a proposés pour atteindre ce bot ont été rejetés, comme étant plus imparfaits que la fusée.
Dans les horloges à ressort, et qui sont réglées par un pendule, on supprime la fusée, par la raison qu'on peut doubler, tripler., la force qui anime une horloge réglée \w un pendule , sans que sa marche varie avec trop d'inconvénients pour les usages ordinaires. Tevssédrf.
FUSÉE (Art vétérinaire), maladie du cheval, qui l« vient au canon sur le train de devant et qui naît de deux sur-os dangereux qui se joignent ensemble de haut en bas, et montant au genou , estropient souvent l'animal.
En termes de chirurgie , une fusée purulente est un conduit, un trajet fistuleux, que forme le pus d'un abcès, lorsqu'il tend à faire éruption.
FUSÉE (Blason), meuble d'armoiries, fait en forme de fuseau, et qu'on porte dans l'écu. Quelques écrivains le regardent comme un symbole de déshonneur que les rois de France au moment des croisades infligèrent aux gentilshommes qui refusaient de partir pour la Terre Sainte, les déclarant ainsi efféminés cl indignes d'être hommes. De môme, à l'époque de notre grande révolution , les émigrés envoyaient une quenouille et un fuseau aux nobles qui refusaient de quitter la France.
FUSELE se dit dans le blason d'un champ ou d'une pièce toute chargée de fusées.
FUSELY. Voyez Fcssu.
FUSER. On dit que les nitrates et les chlorate» fusent lorsqu'ils sont projetés sur des charbons incandescent».
les M* que U d'un perfectior