GUILLON
non sans quelque succès ; fait qui prouve la Tasle étendue de ses études premières. Un mémoire sur les maladies nerveuses , qu'il Inséra en 1801 dans le Journal encyclopédique, témoigne de» travaux sérieux auxquels il se livra dans cette nouvelle carrière , considérée par lui avec raison comme un lotre sacerdoce.
Une fois la terreur passée, l'abbé Guillon rentra dans les rangs de l'Église militante , et reprit la guerre active que dès 1791 il avait déclarée à la constitution civile du clergé, dont il Tut constamment l'implacable adversaire; ce qui ne l'empêcha pas cependant , au grand scaudale du clergé placé sous la férule de rultratnontain de Quélen, qui censura publiquement sa conduite, d'accorder à ses derniers moments les secours de l'Église à l'abbé Grégoire, mort tlans l'iinpénitence finale à l'endroit de cette fameuse constitution. Un mémoire de l'abbé Guillon, intitulé : Parallèle des révolutions tous le rapport des hérésies qui ont désolé V Église, inséré dans le quatrième volume d'uue collection qu'il avait entreprise de tous les écrits, soit critiques , soit apologétiques, provoqués par la constitution civile, produisit une vive sensation, et fut plusieurs fois réimprimé depuis. Sous le consulat , il fut attaché comme auditeur théologien à l'ambassade du cardinal Fcsch a Rome. Revenu à Paris en 1HQ4, il commença par se livrer aux travaux de la prédication; puis il rentra dans l'instruction publique, et lors de la création de l'université impériale , fut nommé , par Fontanes , professeur de rhétorique au lycée Bonaparte. Quand une faculté de théologie fut ajoutée, en 1810 , aux facultés des lettres , des sciences , de médecine et de droit que possédait déjà l'académie de Paris, l'abbé Guillon y obtint la chaire d'éloquence sacrée.
Sous la Restauration, il devint, en 1 820, aumônier de Mme la ducliesse d'Orléans , qui lui confia l'éducation rrligieuse de ses nombreux enfants. Ses relations avec le Palais-Royal et ses opinions franchement gallicanes le mirent en mauvaise odeur dans le clergé de cette époque , et les efforts tentés par Louis-Philippe, lorsqu'il eut été appelé au trône, pour faire accepter par le saint-siége le directeur de la conscience de sa femme, Marie- Amélie, comme évéque de Cambrai d'abord , puis de Beau vais , échouèrent contre les sourdes intrigues que firent jouer à Rome les rancunes implacables des ullraumntain*. Force fut donc à Louis- Philippe, qui tenait absolument à faire de son protégé un évéque , de se contenter pour lui, en 1833, du titre d'évéque de Maroc.
Polvgraphe distingué et infatigable , l'abbé Guillon commença, en 1822 , une Bibliothèque choisie des Pères de r Église ( 26 vol. in-8°), qui est un beau monument élevé à la gloire de la religion et des lettres. Il combattit aveu les armes du bon sens et de l'érudition les monstrueuses doctrines de l'abbé de Lam ennais dans un ouvrage intitulé : Histoire de la nouvelle Hérésie du dix neuvième siècle , ou réfutation complète des ouvrages de M. de Lamennais (3 vol. ln-8", 1835). On a aussi de lui : Promenade savante uu jardin des Tuileries , ou description de ses monuments (1779); Du respect dû aux tombeaux, et de rindécence des inhumations actuelles (an vin); La Fontaineet tous les fabulistes, ou commentaire critique, historique et littéraire (2 vol., 1803); Modèles d'Éloquence chrétienne (2 vol., 1837); Œuvres complètes de saint Cyprlen , trad. nouv. (2 vol. ) ; Oraison funèbre de la princesse Marie (1839), etc.
GUILLOT-GORGU ( Bertrand HARDOLIXon HAU- DOUI.VoeSAINT-JACQL'ES.M), célèbre farecurqui succéda à G a u t i c r-G a rgu i I le. Scion Guy-Patin, il avait été doyen d'une faculté de médecine. Il est du moins certain qu'il exerça pendant quelque temps la profession d'apothicaire à Montpellier. Ensuite il voyag. à en compagnie d'un charlatan , et vint enfin débuter, en lGj4,à l'hôtel de Bourgojme. Il contrefaisait les médecins avec une verve extraordinaire; doué d'une excellente mémoire, il énumétait avec une incroyable volubilité les drogues et les simples des apothicaires et les nomh. eux outils de la chirurgie. Après avoir élé applaudi pen-