GUILLOTIN C
dant huit ans , il quitte te théâtre, et alla s'étaMir médecin à Melun ; mais la mélancolie le prit, et il retint mourir à Paris, à l'âge de cinquante ans, en 1648. Sauvai fait ainsi son portrait : « C'était un grand homme noir, fort laid ; il avait les yeux enfoncés, et quoiqu'il ne ressemblât pas nul à nn singe et qu'il n'eol que faire d'avoir nn masque sur le théâtre , il ne laissait pas d'en avoir toujours un. »
GUILLOTIN (JoawH-lcuAŒ) , célèbre médecin , regardé a tort comme Vinventeur de l'instrument de supplice qui porte son nom, naquit à Saintes , en 1738. Il professa d'abord, en qualité de |«ère jésuite, au collège des Irlandais de Bordeaux ; puis, se sentent une vocation impérieuse pour l'art de guérir, il vint étudier te médecine à Paris. An moment où la révolution éclate, Guillotin s'était déjà fait connaître par des travaux aasez importants. Lors de la convocation des états généraux, il publia une brochure sous le litre de Pétition des habitants domiciliés a Paris et des six corps. Dans cette brochure il demandait que la représentation du tiers état aux assemblées des états généraux lût au moins égale à celle des deux autres ordres privilégiés pris ensemble. Surpris de la hardiesse et de la nouveauté de ces idées, le juirtemcnt manda à sa barre l'auteur de la pétition , moins pour lui faire faire amende honorable, que pour l'entendre motiver et développer les propositions qu'elle contenait. Guillotin se tira de cette épreuve avec honneur et bonheur. Aussi, le peuple, qui l'attendait à la porte du parlement, courut-il en foule à sa rencontre, et lui décerna -t-U les honneurs «Tune ovation improvisée. Cette («polarité ouvrit dès lors an docteur la carrière politique. Nommé par le tiers état de Paris l'un des électeurs qui devaient désigner les membres des états généraux , il fut choisi pour secrétaire de sa réunion électorale, et ensuite élu député. Il concourut bientôt a la rédaction de ta Déclaration des droits de r homme , fit partie de la commission sanitaire chargta de proposer les réformes que nécessitait l'état statistique et sanitaire de Paris, et devint membre du comité ayant pour mission d'organiser les écoles de médecine, de chirurgie et de pharmacie.
Une circonstance vint Ini donner bientôt une célébrité plus grande : l'assemblée nationale s'occupait de refondre notre ancien système pénal ; elle venait de proclamer comme principales ttascs de son travail l'égalité des *|ieines pour toutes les classes de citoyens , la personnalité du crime, dont la honte ne devait plus rejaillir sur la famille, l'abolition des tortures et des supplices inutiles. Dans cette circonstance, Guillotin , mû par les sentiments les plus louables de pbilanthroiùe et par des motifs de haute politique, proposa de substituer aux différents supplices jusque alors usités pour les condamnés à la peine de mort la décapitation, réservée autrefois pour les nobles : on brûlait, on pendait et l'on écartelait les vilains. Cette proposition fut reçue avec acclamation. 11 indiqua alors , comme moyen d'exécution le plus sûr et le moins douloureux, remploi d'une machine très-peu compliquée, connue depuis longtemps en Italie sous le nom mannaia, dont il avait probablement lu la description dans le Voyage en Italie du jésuite Labat. Le docteur Louis, secrétaire perpétuel de l'Académie de Chirurgie, fut diargé de faire sur cet instrument un rapport, qui fut soumis à l'approbation de l'Assemblée, laquelle, après avoir entendu le citoyen Cartier, député de l'Oise, convertit en décret la proposition de Guillotin. Il fallait un nom à ce nouvel instrument de supplice. Ce furent les mauvais plaisants qui se chargèrent de le baptiser. On l'appela d'abord la petite Ijouison, du nom du chirurgien rapporteur, ensuite et définitivement guillotine, du nom de notre bon docteur Guillotin. La tradition populaire a toujours voulu et veut encore, bien que le contraire ait été prouvé jusqu'à satiété, que Guillotin aitétél'inveateuret la victime de cette fatale machine. La |>remièrc fut fabriquée par un mécanicien allemand, nommé Schmidt, facteur de clavecins; mais Guillotin faillit seulement en faire l'épreuve : elle devait , d'après le rapport du docteur Louis, avoir lieu d'abord sur des