‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 493 sur 614 · GUILLOTIN · texte numérisé non relu

GUILLOTIN

moulons vivants. On jeta le docteur dans les prisons, qui regorgeaient de patriotes, et qui étaient alors le vestibule de la mort. Il y languit longtemps , et attendait son sort avec courage et résignation, quand la révolution du 9 thermidor vint le rendre à ses amis et à la liberté. Dégonté pour toujours des affaires publiques, Il reprit modestement l'exercice de sa profession, s'y consacra tout entier, et trouva dans l'estime de se» concitoyens, dans l'affection de ses amis, quelques compensations à ses tribulations politiques. Il jeta les bases d'une association des médecins les plus distingués, qui existe encore sous le nom d'Académie de Médecine. Il fut l'un des plus actifs propagateurs de la vaccine, comme autrefois il avait été un de ceux de l'inoculation, et mérita, par une vie toute consacrée au soulagement de ses semblables, d'être mis au nombre des bienfaiteurs de l'humanité. 11 mourut le 36 mai 1814 , âgé de soixante- seize ans. F. Douer.

GUILLOTINE. Ce n'est pas au docteur Guillotin, membre de l'Assemblée constituante , qu'est due l'invention de la guillotine, quoiqu'elle porte son nom. Le Code pénal de 1791 portait (article 2 ) que tout condamné aurait la tête tranchée. Il ne s'agissait plus, d'après le vœu de la loi et de l'humanité , que de trouver une machine propre à faire tomber la tète du patient promptement , sans douleur prolongée , en n'employant que le moins possible l'intervention de l'exécuteur. Mais avant les docteurs Guillotin et Louis, avant le mécanicien Schmidt, on s'était servi de machines à décapiter daus diverses contrées de l'turope, et l'on faisait même honneur de la première aux anciens Perses. La guillotine ne fut donc pas une invention , mais un perfectionnement. En effet, on décollait les nobles en Ecosse au moyen d'un tranchoir, dit Robertson , arrêté dans un cadre, et qui, glissant sur deux coulisses, tombait sur le col du patient. Dans son Voyageur français, l'abbé de La Porte parle avec quelques détails de cet instrument. Deux anciennes gravures allemandes offrent aussi une machine quia dû donner l'idée de notre guillotine : l'une est de PenU, l'autre de II. Aklegrever. Cest toujours un couperet suspendu et contenu dans sa chute. Au commencement du seizième siècle, Lucas de Cranach, peintre et graveur en bois à Wittcmberg, nous a laissé une gravure qui représente un supplice du temps et du pays : le patient est à genoux ; le 1er est suspendu par une corde, que lâche un exécuteur. L'Italie aussi pourrait revendiquer l'invention de l'instmntent qui a pour objet d'abréger les douleurs des suppliciés : Achille Boechi, en 1555, dans ses Symbolicx Quxstinnes de unieerso génère, fit graver la figure d'une machine à décapiter : l'appareil est dressé sur un échafaud ; la hache est placée au haut de deux coulisses; comme dans les machines allemandes, le bourreau est debout, à gauche des spec tateurs, prêt a lâcher de la main le fer meurtrier suspendu. Tous ces instruments ne sont autre chose que la monnuia des Italiens, déunie par les lexicographes : hache à trancher la tête.

C'est sans doute de celte tnannaia que Pon fit usage .1 Gènes, le 13 mai 1607, pour la supplice du conspirateur Giustiniani, dont parle ainsi Jean d'Autlton, dans ses Chroniques : « Le condamné étendit le col sur le chappus (la pièce de cltarpente, le billot ) : le bourreau print une corde, k laquelle était attaché un gros bloc ; à tout une doulouère tranchante , hantée dedans , venant d'amont entre deux poteaux , et tira ladite corde en manière que le tranchant tomba entre la teste et les épaules, si que la teste s'en alla d'un costé et le corps tomba de l'autre. » En France même, une machine à décoller, quoique sans nul doute fort peu usitée , n'était pourtant pas chose tout à fait nouvelle. On lit dans les Mémoires de Pwjségur, édition de 1690 , que le maréchal de Montmorency fut ainsi décapité à Toulouse, en 1632 : ■ En ce pays-là, on se sert d'une doloire, qui est «utrc deux morceaux de bots ; et quand on a la tête posée sur la bloc, on tache la corde, et cela descend et sé|»are » C'est toujours la tnannaia

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