‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 494 sur 614 · GUIMARD · texte numérisé non relu

GUIMARD

Revenons a la France et à notre guillotine. Ce fut «urtwt en 1792 qu'on s'occupa de la fabrication de cet inslnirnent Le 17 avril on fit a Bkêtre, sur trois cadavres, r«sii it la machine, perfectionnée par le docteur Louis, qui, Cabanis, lit donner une disposition oblique à la haciie dont k tranchant était d'abord façonné en croissant. Le nom de guillotine lui vint, dès le mois de décembre 1789, d'une duo vi des Actes des Apôtres. La première expérience en fulfjfc le mercredi 25 avril 1792, sur Nicolas-Jacques Pelleta, condamné, le 24 Janvier précédent, pour vol arec violence sur la voie publique. Les premières victimes politique* aodainnées par le tribunal chargé de juger les crmenh i) août 1792 à qui on en fit l'application furent : I* Mkart d'Angremont, exécuté le 2t ; 2° La Porte, intendant de h ï«b civile, le 24 ; 3° Fanuain de Rosoi, rédacteur de la GastU de Paris, le 25. Durant les cent cinq jours de son e\i.4tn«, ce tribunal prononça vingt-cinq condamnations à mort.

Depuis, la guillotine a été adoptée par différents pu étrangers. Dans ces derniers temps , plusieurs de «si*> truments, dont nous avions un trop grand nombre s France, ont été vendus à l'enchère. L'état ne retira guèneif chacune plus de 50 fr., valeur qu'elle rtfirésenUitcomiwl»»à brûler. L'une servit immédiatement h faire un feu de j*.«t Une question importante a clé controversée entre It médecins : un des plus célèbres anatomistes de rEaropr, le professeur Scemmering, a prétendu que le sopplire it b guillotine était horrible , parce que dans la tête séjuret «li corps le sentiment, la personnalité, le moi, restent qu* que temps avec Y arrière-douleur dont le cou tA ïltet Parmi un grand nombre d'exemples, il cite celui de dur lotte Corda y, dont le visage rougit d'indignation torsi*' l'exécuteur, tenant dans sa main cette téte si câline d » belle, osa la souffleter. Avec la lettre du docteur allnuii insérée dans le Moniteur du 9 novembre 1795, in«il** nous les observations sur cette lettre de Georges WeMi*i médecin de l'hôpital militaire de Strasbourg (Jfoaifw* 11 ), la lettre du docteur le Pelletier ( Moniteur «lu is.i, la brochure du docteur Sédillot jeune ( Réflexion* tvr h Guillotine, 1795), et les Anecdotes sur les decoptUs 8», 1790). Louis dit Bot>.

GUIMARD ( Marie-Madeleitse ) , qui fut plu* Ur* M"' Despréaux, danseuse aussi fameuse par ses Ulrf' mimiques que par le dérèglement de ses imrurs , a* 1 Paris, le 10 octobre 1743, morte dans la même ville, k • mai 1810, débuta a l'âge de seize ans dans les balM**»1 à cette époque la Comédie-Française avait encore l'»*^ de régaler ses habitués. Les succès qu'elle y obtint U tir** appeler dès l'année suivante au Grand-Opéra, ou tarda pas à éclipser et Taire oublier M"' AlUrd. Qoe*P laide, noire, maigre et très-marquée de la petite les critiques et les mémoires contemporains la nf*" sentent comme charmante dans tous les genres, dej*i> * Chercheuse d'esprit jusqu'à la Créuse de Médte inda<vement, et comme inimitable dans les ballets anaert* tiques. Elle resta cependant longtemps aux modeste f pointements de 600 livres par an , ce qui ne l'empêché F»' d'étonner Paiis par le luxe de ses équipages et le grand tri" de sa maison. On aura tout de suite l'explication df t,Uf énigme quand on saura qu'elle fut une des prêtres^ ^ plus éhontees de Vénus vénale. Cest ainsi qu'après «voir* longtemps aux gages du maréchal de Soubise, elle éiait publiquement entretenue à la fois par le banquier Ubw* £ par Jarente, évèquc d'Orléans, dont les largesses et bien d'autres libertios encore la mirent à même de h I* construire, à rentrée de la rue de la Chausséc-d'Anlia , l'architecte Ledoux, une délicieuse habitation : lomW désignée sous le nom mythologique de temple de Terp1' rlmre. Cet hôtel occupait l'emplacement où sVléw i»f ,"r d'hui un de «es vaste* bazars où sont réunis ton* î'j' duits de l'industrie manufacturière qfll se nppoilenl a [■<* hilleiuent des hommes et des femmes. Il a eu sueee»-11^ pour propriétaires MM Ditlmer, Perréfaoi, I*

GU1MAHD — GUIMOND DE LA TOUCHE

i, etc. M11* Guimard y avait fait construire un théâtre, rendez- vous des courtisanes les plus recherchée» et de tous les hommes frivoles de l'< poque. Le» acteurs et actrice» n'étaient autres que la propriétaire de l'hôtel et ses camarades de l'Opéra. Dans la maison de campagne qu'elle possédait à l'antin, elle avait également fait élever une salle de spectacle, qui reuuissait dans la belle saison la même compagnie; on y joua , en juillet 1772, uue parade intitulée Mudatuç fingueulte, dont le titre muI indique le genre poissard mis à la mode par les Vadé et les Colle. L'inauguration solennelle du petit théâtre de l'hôtel «le la rue de la Chaussée-d'Antin se fit par la première repre»entation de Lu Partie de Chaste dt Ucnri IV de Colle, qui avait en outre ; pour la circonstance une petite pièce grivoise intitulée : la Vérité dans le Fin. L'archevêque de Pari» crut devoir se plaindre à l'autorité de la facilité avec laquelle elle laissait s'ouvrir ces foyers de dciU"rali$atjon et de pestilence, et surtout des tendances de /..• Vérité dans le lin, pièce a laquelle on substitua uue pantomime iutilulec Pijgmulton. Ajoutons , pour en liuir avec le théâtre de M11' Guimard, que les représentations en étaient dirigées par Laborde , premier valet de chambre de Louis XV, et que c'est pour cette scène que Collé composa les pièces contenues dans son Thedtre de Société, et Carmontelle ses Proverbes.

On prétend que, malgré le scandale de ses mœurs, M"' Guimard fut souvent appelée par la reine Marie- Antoinette à faire partie , avec sa modiste M"* Ikrtin, et avec l'actrice M11' Monlansier, de graves conférences où l'on délibérait sur le pli a donner à une dentelle, sur la pose d'un bouquet de fleuris , sur d'autres questions tout aussi importantes de haute toilette. En 1789, parvenue à l'Age de quarante-six ans, elle songea à échapper à sa trop grande notoriété et à se marier, pour avoir le droit de changer de nom. Quelque vingt ans plus tôt, elle eût trouvé un ancien officier de cavalerie j de nos jours, elle n'aurait qu'a choisir parmi les gens de lettres ; elle jeta le mouchoir à un sieur Despréaux, chorégraphe , qui ne manquait pas, dit-on, d'un certain talent- Trois aimées aupai avant, ohligoe de diminuer son train, elle ai ait mis son somptueux hôtel en loterie, au capital de 300,000 francs, saus se soucier d'eu obtenir préalablement l'autorisation de la police. Sous le Directoire, elle donna des soirées dansantes, qui réunirent la line fleur des incroyables de l'un et de l'autre sexe.

GUIMAUVE, genre de plantes de la famille des raalvacées : il se compose d'une dixaine d'espèces; la plus importante de toutes est la guimauve officinale (althxa ojficinalis, Linné;. Deux ou trois de ce» espèce» sont cultivées daus les jardins comme plantes d'ornement : telle est Valthœu rosea, vulgairement rose trémicre, rose d'outremer, rose de mer, rose de Damas, passerose, dont les variétés sont recherchées par les amateurs, et dont le type est originaire de Syrie. La guimauve à feuilles de chanvre (alttuca cannablna, Linné) et la guimauve de IS'arbonne, qui pourraient aussi être placées dans les jardins paysagers, fournissent de leur tige rouie une filasse qui sert à faire d'assez belle toile dans quelques cantons de l'Espagne. Il serait avantageux en beaucoup de localités de cultiver ces deux plantes, qui, étant vivaces toutes les deux , durent sept , huit ans , et même plus.

La guimauve officinale vivace, à tige de 1 met. A 1",3<>, cylindrique et velue, à feuilles alternes, arrondie», douces au toucher , extérieures, porte des fleurs à calice double , à neuf divisions, à corolle composée de cinq pétales rose pile ou blanches : elles sont réunies en bouquets nessiles.ou presque sessiles, dans les aisselle» de» feuilles supérieures. Sa racine est pivotante, longue et charnue. Toute» les parties de celle plante, et surtout >es racines, contiennent un mucilage abondant, qui leur donne au plus haut degré les propriétés émoltienles et adoucissantes. I.cs servent à préparer des infusions pectorales. On fait

est la base de» préparations médicales connues sous le i de pâte et de sirop de guimauve. Cependant la décoction de racine de guimauve peut avoir quelques inconvénients ; cette racine renferme un principe très-actif, nommé asparagine, parce qu'il existe surtout dans l'asperge, et qui peut occasionner des vomissements. P. Gaubkut.

GUIMBARDE, instrument sonore de laiton ou de fer, fort commun en Europe, notamment dan» les Pays-Bas et dans le Tyrol, et comjKjsé de deux branches entre lesquelles est une langue! te d'acier, qui vibre d'une manière assez harmonieuse quand on la touche convenablement, et qui constitue l'Ame de l'instrument. Son origine se perd dans la nuit de» temps; dans l' Asie Mineure, il fait lecharme des familles pauvres , el le nom de jeicsharp < harpe des Juifs ), que lui donnent les Anglais, semble indiquer qu'il était particulier aux Israélites. Les enfants , a qui cet instrument est particulier, le placent ordinairement dans la bouche , entre les dents , |iour en jouer. L'attraction et la répulsion de Pair dont la colonne se trouve interceptée par l'Ame de l'instrument , sert avec U pression des lèvres à déterminer le degré de gravite et d'acuité. Lorsque l'Ame est mise en mouvement, elle |iroduit a peu près l'effet des vibrations d'un diapason; circonstance qui rend la guimbarde l'un des instruments fatiguant le plus la poitrine. Cet instrument, si insignifiant en apparence, n'en possède pas moins toutes les qualités de» rorp» sonores les plus parfaits ; et prise isolément, une guimbarde donne un ton grave quelconque , portant avec lui ses aliquotes, sa septième et plusieurs notes diatoniques dans la troisième octave. Singularité remarquable d'ailleurs , la guimbarde a trois timbres dilférents , dont la nature semble fort éloignée de celle de l'instrument qui les produit : les sons de la première octave ayant du rapport avec ceux du chalumeau de la clarinette , ceux du médium et du haut avec la voix humaine de certains or-

k ceux de l'harmonica. Pour exécuter des airs sur la guimbarde, il faut avoir au moins deux de ces instruments ; mais du moment où l'on veut jouer des morceaux compliqués, il faut en avoir au moins une douzaine. L'exécutant peut alors pratiquer tous les intervalles diatoniques et chromatiques, et passer ainsi dans tous les tons en changeant successivement de guimbarde. Plusieurs artistes allemands , entre autres Kock, Eulenstein et Kuncrt , mais surtout Scheiblcr, ont excellé dans le maniement de la guimbarde, et se sont fait admirer dans des concerts. Scheibler avait compost1 avec douze guimbardes un instrument particulier, dont il jouait avec beaucoup de charme et de dextérité, et auquel il avait donné le nomd'nura.

On appelle aussi guimbarde un outil de menuiserie qui sert A égaliser le fond des rainures, quand le gtiillaumc et le bouvet ne peuvent v atteindre.

GUIMOND ÏIÉ LA TOUCHE ( Clauue ), auteur dramatique, né en 17W, a ChAteauroux, fut élevé par les jésuites, et entra même de bonne heure dans leur ordre; mais dégoûte, comme Gresset, des pratiques étroites de la vie religieuse, il ne tarda pas à rompre avec eux, et rentra dans le moode. Il se livra dès lors au IhéAtre ; et sa tragédie ô'Iphigénie en Tmuride, la seule qu'il ait eu le temps de faire représenter, car if' mourut en 1 7M), obtint un légitime succès. Le public, enthousiasmé, demanda l'auteur à grands cris , hommage beaucoup trop prodigué depuis, mais dont jusque alors Voltaire seul avait été l'objet. C'est en effet , sans contredit, de tout le répertoire de second ordre In pièce qui reproduit In mieux la mAle simplicité du tltéalrc grec ; et ce mérite doit bien compenser aux yeux de la critique les déclamations philosophiques qui de temps à autre y usurpent la place du sentiment, ainsi qu'un trop grand nombre de vers laiblesou durs. Cuimond de I<a Touche avait sur le chantier une tragédie de Régulus, que sa mort prématurée ne lui permit pas d'achever. On a aussi de lui une épltie inlilulée Us Soupirs du Cloilre, ou le(ji£i™phe

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