GUINÉE
notamment ceux dès Anglais, dont la possession la plus importante dans ces parages est la forteresse deCape-Coast • Castle, laquelle a donné son nom a toute cette partie du territoire colonial ; ceux des Hollandais, et même autrefois des Brandebourgeois; enfin, jusqu'en 1*49, les Danois y eurent aussi un établissement; la Côte des Esclaves, n'étendant jusqu'au Rio-Lagos, où les Anglais possèdent Whklah, avec le fort William, et où jusqu'en 1849 également les Danois possédèrent la factorerie de Qui ta, défendue par le fort de Prinzenstein, jadis l'un des grands entrepots de la traite des nègres, mais qui aujourd'hui est de la part des croiseurs anglais l'objet d'une surveillance toute particulière; la Côte de Bénin, la plus étendue et la plus riche en cours d'eau, où l'on trouve l'immense contrée marécageuse et boisée que forment dans leurs deltas le Niger, le Bonny, etc., ainsi que le royaume du Bénin; enfin, au sud de ce dernier, le plateau de l'Amboser, où le Kamaroun atteint, dit-on, une altitude de 4,666 mètres, ainsi que les côtes encore peu connues de Gabon et de Biafra, jusqu'au cap Lopez. Les essais tentés pour |>enétrer des cotes de ta Guinée dans l'intérieur du haut Soudan, dans les contrées montagneuses du Kong, dans la vallée supérieure du Nil ou dans l'Afrique centrale, ont déjà coûté la vie à un grand nombre de voyageurs. La jalousie extrême avec laquelle les Aschantis surveillent tout ce qui touche aux intérêts de leur commerce explique comment le commerce extrêmement important qui se fait au moyen de la grande voie commerciale conduisant du pays des Aschantis par le Kong jusqu'à la vallée du Nil n'ait pas eu pour résultat de fournir plus de renseignements géographiques qu'on n'en possède encore sur les pays qui se trouvent au nord de cette côte. Consultez Walker, Missions in Western- Africa ( 1844); Duncau, Travels in Western Africa in 1845 and 1846 (2 vol.; Londres, 1847); Halleur, Das Leben der Neçer in Westafhka mit Rtcksicht ou/ den Sklavenhandel (Berlin, 1851).
GUINÉE, en anglais Guinea (prononce* Guiny), monnaie d'or anglaise, et qui (ut frappée pour la première fois vers le milieu du dix-septième siècle. Ce nom lui vient, dit-on, de ce que l'or avec lequel on frappa les premières pièces provenait de la Guinée. Sous Charles II la valeur des guinées varia beaucoup. Elle était comparativement à l'argent de France un peu plus forte que celle de nos vieux louis d'or, c'est-à-dire de 26 francs 47 centimes. Mais depuis 1816 on a cessé d'en frapper en Angleterre, et la guinee y a été remplacée par le souverain ou livre sterling d'or valant 20 shillings, ou 25 francs de notre monnaie.
GUINÉE (Nouvelle). F oyez Nocvelle-Gui.iée.
GUINEGATTE, village du département du P a s - d e- Calais, près de Térouanne, est célèbre par deux batailles. La première eut lieu le 7 août 1479, entre l'armée de Louis XI et celle de Maximilien. La seconde est la fameuse journée des Éperons.
En 1513 , les habitants de Térouanne , assiégés par Henri VIII, roi d'Angleterre, et par l'empereur Maximilien 1", avaient fait avertir Louis XII , roi de France , qu'ils étaient à bout de leurs vivres , et celui-ci , tout en ordonnant à fes généraux de continuer à éviter une bataille, les chargea de faire passer quelques secours à la garnison. Le sire de Tiennes et le duc de Longue vil le résolurent donc de poster, le 16 août, quatorze cents gendarmes sur les hauteurs de Guînegatte , pour attirer de ce coté l'attention des ennemis, tandis que Fontrailles, avec ses chevau légers albanais, s'approcherait rapidement par un autre côté des fossés de la ville, dans lesquels chaque cavalier jetterait la charge qu'il (Kjrtait sur le cou de son cheval , consistant en porc salé et en barils de poudre. Les Albanais réussirent à jeter leurs munitions dans les fossés; mais les gendarmes qui s'étaient dirigés sur Guinegatte, en arrivant sur la hauteur, virent derrière eux dix mille archers anglais , quatre mille lansquenets , et huit pièces d'artillerie. Maximilien avait été averti de leur marche par des espions , et les avait préve-
WCT. |)f. I* COVF.aS. — t. x.
GUIRAUD Ci 1
nus. Les soldats français savaient qu'ils étaient venus pour attirer l'attention de l'ennemi, non pour combattre. D'ailleurs, leurs capitaines commandèrent aussitôt la retraite. Or, un mouvement rétrograde en présence de l'ennemi trouble presque toujours les soldats : ils doublèrent le pas , bientôt ils prirent le galop , et se jetèrent en désordre sur une arrièregarde de cavalerie que commandait Longucrille et La Palisse. Malgré les efforts de ceux-ci, ils la renversèrent, et continuèrent à fuir jusqu'à Blangy, où était l'infanterie. Peu s'en fallut que celle-ci ne fût à son tour entraînée tout entière dans la déroute. Quelques capitaines firent tète avec une poignée de soldats à la cavalerie allemande, qui poursuivait les fuyards. Leur vaillance sauva l'armée française, mais ce fut à leurs dépens, car presque tous furent faits prisonniers, entre autres Longueville, La Pal is se, Bay ard, Lafayette , Clennont d'Anjou et Bussy d'Ambotse.
Telle fut la triste journée qu'on nomma des éperons , parce que ce fut la seule arme qu'y employa la gendarmerie française. Elle laissa à peine quarante morts sur la place ; mais le nombre des prisonniers aurait été immense si Henri VIII avait eu asses de cavalerie pour la poursuivre. Les commandants de Térouanne, n'espérant plus désormais d'être secourus , se rendirent le 22 août à Maximilien , qui fit raser leurs murailles et ensuite la ville même.
A. Sayacner.
GUINGAMP, Tille de France, cbef-Ueu d'arrondissement dans le département des Côtes-d u-N ord, sur le Trieu, avec 7,156 habitants, un collège, une fabrication de fil, des tanneries, deux typographies. C'était jadis la capitale du duché de Penthièvre, et elle était entourée de murailles, dont une partie subsiste encore. Guingamp fut prise plusieurs fois au moyen âge et sous la ligue. On y voit une belle cathédrale avec deux tours élevées
GUINGUETTE , cabaret hors de la ville, par delà lesbarrières, dans la b a n I i e u e, où le peuple va boire les dimanches et les jours de fête.
Guinguette se dit aussi figu rément et familièrement d'une petite maison de campagne, d'un riant vide-bouteille, perdu dans une tooffe de bois.
C'était jadis une voiture découverte, à deux roues, qu'on a plus tard appelée Phaéton , et dans le commerce une sorte de toile d'étoupe de lin.
U y a aussi une espèce de jeu de cartes qu'on appelle le »Cu de la guinguette. C'est enfin la dame de carreau au jeu qui porte ce nom , et au jeu de Phombre, le coup par lequel Phombre gagne sans as noir.
GUI1MJZCOA, l'une des trois provinces basques d'Espagne, appelée aujourd'hui province de Saint-Sébastien, confinant à la France et à l'océan Atlantique, a pour clief-lieu Saint-Sébastien et compte, sur une superficie d'environ 20 myriamètres carrés, 110,000 habitants, qui, favorisés par plusieurs bons porte, tels que Saint-Sébastien, les Passages, Fontarabie et cinq autres encore, font avec l'étranger on commerce assez considérable. Cette province est traversée par les monte Cantabres, l'un des rameaux des Pyrénées; elle est très-boisée et abonde en riches pâturages; mais la culture des céréales s'y fait sur une très-faible échelle. Quoiqu'elle ne manque pas de métaux, l'industrie minière y est négligée.
GUIRAUD (Auxajmr), de l'Académie Française, né à Limoux , le 25 décembre 1788 , créé baron en 1878 , et mort à Paris, le 24 février 1847 , était fils d'un riclie fabricant de draps. A la mort de son père, il prit la direction des établissements considérables qull lui laissait, en attendant qu'il pût s'en défaire sans trop de désavantage, afin de se livrer uniquement à la culture des lettres, pour lesquelles il se sentit de bonne heure une irrésistible vocation, encouragé qu'il était d'ailleurs par l'accueil flatteur fait à ses premiers essais poétiques par l'Académie des Jeu x Florau x . Il vint à Paris en 181 a ; il avait déjà écrit beaucoup de vers, les premiers vers d'un jeune homme qui avait été reçu a Coppet, dans ce salon, ou plutôt dans cette académie, que
GUIRAUP — GUISCARD
présidait Mm, de SUêl. 11 venait de Toulouse, où il avait essayé de faire son droit» et où il avait rencontré des amitiés jeunes et sincères. Tout comme son atné, Alexandre Soumet, Guiraud obéissait à une certaine vocation dramatique, passagère vocation , mal délinie et qui ne sut jamais à quoi s'arrêter. Ils étaient faits l'un et l'autre pour écrire sur les vieux patrons de vieilles tragédies; ils voulurent marcher en avant, mais la force leur manqua et le courage ; alors ce ne lut plus qu'une déroute , ou, ce qui revient au même, une hésitation perpétuelle entre le vieux chemin qui menait au vieux succès et les nobles sentiers qui conduisaient à ces chutes brillantes dont on se relève froissé , populaire cl glorieux.
La première tragédie d'Alexandre Guiraud , Frédégonde et Brunehaut, fut arrêtée encore en germe, par la Frédégvndc de Népomucèue Remercier. Allleri lui inspira un drame, Myrrha, espèce de Phèdre virginale, qui manqua d'interprète. Pélage n'a pas été représenté , non plus que Frédégonde et Myrrha. Il est fâcheux que la censure ait mis obstacle à la représentation de cette tragédie <Ie Pélage, que les salons avaient approuvée. Mats le moyen, en 1820, de tolérer sur la scène uu archevêque de Tolède ! Il fallut renoncer à cette gloire décevante et tenter une autre composition moins vaste, inoins fière, moins romantique, comme on disait alors, et Guiraud fit représenter à l'Odéon Les Machabees '. Les Machabées, un instant compromis par le brancard d'hôpital sur lequel se Taisait apporter Joanny au sortir de la torture, se relevèrent bientôt de ces murmures, grâce au cinquième acte, qui fut applaudi à otdrance. M. de Ronald assistait à cette première représentation a coté d'un saint évêque , et ces deux spectateurs ne furent pas les moins émus. Il faut dire aussi que cette mère au désespoir el retenant le dernier de ses fils sur son cn*ur brisé, était une héroïne d'un grand effet. Après Les Machabées vint Le comte Julien. Le comte Julien avait été emprunté par le poète à sa tragédie de Pélage ;\& pièce est bien faite : elle ne manque ni de mouvement, ni de passion, ni de terreur; elle réussit. Mais ce fut un de ces succès pénibles, qui laissent le public froid et mécontent. La mort de Talma, qui devait jouer le râle de Tir* gimus dans une tragédie classique du même auteur, empêcha de jouer cette pièce.
En 1820 , t'était la mode de lire dans les salons, non pas seulement les tragédies, mais encore les élégies, les stances, les poèmes : on aimiit le-; vers, on les aimait beaucoup. Soumet brillait dans ces lectures presque oliicielles. Alexandre Guiraud suivait d'un pas hardi les traces de son frère en poésie. Que d'élégies 1 que de stances ! de dithyrambes , de poème*, il* ont faits à eux deux cl chacun de son coté! Dans ces vers bien faits, enfants d'une muse chevaleresque et chrétienne, il faut chercher Alexandre Guirau I : là il est beaucoup plus que dans ses tragédies, parce que là seulement il est à l'aise. L'Église joue un grand rôle dans les poésies de ce temps-là! Le prêtre, le cloître , la chapelle, la première communion, le refuge, la semaine sainte, émotions du moment mêlées d'une façon intime aux émotions toutes personnelles, vous les retrouvez à peu près les mêmes dans tous les recueils de cette époque, mais jamais elles n'ont été plus vraies que dans les vers d'Alexandre Guiraud. Ce cloître dont il vous parle, lui-même il en a ramassé les matériaux épars , et il l'a fait reconstruire à grands frais dans son parc de Ville-Martin. Cette chapelle, il l'a rétablie; ces pays qu'il raconte, I! lésa parcourus. Avant d'écrire Cétaire, il avait étudié à fond la Catalogne; avant décrire son poème en prose, Flavien , ou l'homme au désert, il avait étudié toute l'antiquité profane et chrétienne.
A tout prendre, la vie de ce poète , si calme dans son travail , si recueilli dans son succès , si modeste dans son triomphe, fut une vie heureuse, facile, abondante, entourée d'estime, de bienveillance, d'amitié. Comme il n'était sur le chemin de personne , personne ne se trouva sur son du min, non pas même dans les premiers jours de son triomphe ; à l'heure oii il croyait donner le signal d'une révolution poli-
tique, nul ne s'en inquiéta, car il avait donné ce sajou) ra peu trop tôt, et les fatigues de la bataille qui allait «e fhnt devaient revenir à d'autres soldats que lui. reproduit i! n'attendit pas longtemps sa récompense , et à peine mH-il fait ses premières preuves de talent, que les portes d* l'Académie s'ouvraient à deux battants pour le recevoir.
Jules Jour
GUIRLANDE, feston de lieu rs. Kn architecture, il * dit des ornements de feuillages ou de fleurs dont les scslpteurs et les peintres décorent les bâtiments.
Les anciens se servaient fréquemment de guirlande pxir orner les autels, les portes, les vestibules, etc. On k> employait surtout dans les sacrifices et pour la dreuration te temples. Dans les commencements, les guirlandes et lr*^ tons étaient de fleurs et de feuillages. Peu à peu on h stni aussi de guirlandes de fruits mêlés de fleurs et de fcuilV--, et les arcliitectes en ornèrent les frises. On en voit ta Pu tliéon de Rome , où elles sont suspendues entre Je» labres. Les décorateurs modernes ont imité les guirladrantiques, en bois, en métal on en pierre, mais wavent :>r peu de goôt. Sur les monuments, les guirlandes serrcnl <[*■•■ quefois d'encadrement.
GUIRLANDE DE JULIE. Voyez Mosutsm * ArwEvsfcs.
GUISARME , lance dont le fer avait la forme tf»harhe à deux tranchants. On appelait guisarmirr Tlrcn de guerre qui en était armé. Il est souvent question <ta»'V< vieilles chroniques des guisarmiers et des hultehw'.^ combattant côte à côte sur les mêmes champs de luîi* GUISCARD. Voyez Oisf. (Département de T). GUISCARD ou WISCARD ( Robf.kt), du \:eil altnf»- Wise, sage, prudent, fin, avisé, sortait dune raee«fc ' vnsseurs ou bannerets «lu diocèse de Coutance* , en I** Normandie , lesquels habitaient le château de HiuIomI Tancrède , son père , marié deux fois , avait doute mLt '-• Un modique patrimoine ne suffisait pas à une famille «s breusc; les doure frères résolurent d'aller clierclier lîrèi* dans les guerres étrangères ; deux seulement se chiW* de soigner la vieillesse de leur père, et les dix attire* gnirent , les uns après les autres , les Normands qui a<J*; fondé dans la Pouille la colonie d'Aversa. Le succès des i» encouragea les ra dets. Robert Guiscard , le premier at* «T fils du second mariage, alla rejoindre ses frères f.uflt«x' Drogon et Ifumphray , qui avaient mérité de deveai * chefs de la colonie. Robert possédait , de l'aveu nrfwses ennemis , toutes les qualités d'un grand capitaine d • "( homme d'état, mêlées aux défauts de son siècle. A a »' de son frère Humphray , il fut élevé sur un bouclier d^ claré comte de la Pouille et de la Calahre, an prt|"*f* ses neveux , encore en bas âge. Le pape picolas II, q»' ^ d'abord excommunié pour des rapines ou des lui accorda bientôt le titre de duc pour lui et sa postenavec l'investiture de la Pouille, de la Calabre et * les terres de l'Italie et de la Sicile qull enlèvera» «k ^ schismaliques et aux Sarrasins.
Robert passa en Sicile avec son frère Roger, et 61 quête de cette tle; il restait encore des princes de Sw descendants de ceux qui avaient les premiers altiré te mands dans ce pays : Robert les chassa, et leurpnt ^ pitale. Les vaincus s'étant mis sons la protection *
g o i r e V 1 1 , ce pape excommunia le vainqueur.
Le dut «
Bénévent, de la race lombarde, étant venu à wW*< ^ bert s'empara de son duché , et Grégoire VII le" *" communication en recevant de Robert la * vent. Guiscard maria ensuite sa fille à Con«U»0"v^ ^ l'empereur de Constantinople Michel Ducas. U* ce mariage ne furent pas heureuses : Robert V';.des outrages faits à sa fdlc et à son gendre. H CoiHlantinople, on Alexis Coinnène venait "îï^, le trône, et assiégea l)nr.wo le 17 juin tosl. ^ . + cnnagés par les promesse* et par les présents <TAI^ ^ nt cette place. La famine se mit dans IW m
GUISCARD — guise
6 6 il
bert : au lieu de la laisser périr de faim , l'empereur l'attaqua le 18 octobre , et (ut vaincu. Gufscard s'empara de la ville. Obligé , l'année suivante, de passer en Occident pour combattre Henri IV, empereur d'Allemagne, qui, gagné par Alexis , avait |K»rté la guerre dans ses États , il laissa son fils Boémond dans la Grèce. Celui-ci ayant été vaincu , Robert repassa en Orient , où , après avoir éprouvé des revers et remporté des victoires, Il mourut, en 1085, d'une maladic épidémique , dans Plie de Céphalonie : il était dans sa soixante dixème année.
Guiscard avait sans contredit de grandes qualités , de la bravoure, de la fermeté dans les revers ; il était vaste dans ses projets, tenace dans ses résolutions, audacieux dans ses entreprises; il tenta beaucoup et réussit presque toujours; mais il ternit l'éclat de ses exploits par une ambition insatiable. Th. Delbvhe.
GUISCHARD (ChaklesGottlieb), connu sous le nom de Quiutus lcilius comme le favori du grand Frédéric, né eu 1724, à Magdehourg, avait commencé par étudier la théologie, puis était entré au service. Frédéric II fit sa connaissance par le duc Ferdinand de Brunswick, qui, en 17i»s, l'avait attaché à son élat-major avec le grade de capitaine. Dans une conversation où il était question du centurion llicius dont parle Polybe, il arriva au roi de l'appeler lcilius, et le capitaine Guischard se permit de relever cette légère erreur. Frédéric 11, dissimulant son dépit, lui répondit : « J'entends qu'à l'avenir, et pour le restant de vos jours , vous ne vous appeliez plus autrement que Qnintus lcilius. » Dans les campagnes de 1759 et 1760, Guischard commanda, avec le grade de major, un petit corps franc. Dans les années suivantes, il servit sous les ordres du prince Henri de Prusse. Au rétablissement de la paix , en 1763, son régiment Tut licencié le jour de son entrée à Berlin ; mais le roi le garda auprès de lui à Potsdam , et en 1765 il le uomma lieutenant-colonel. Il mourut à Berlin, le 15 mai 1775, avec le grade de colonel.
Guischard fut du petit nombre d'hommes que Frédéric le Grand honora de son amitié intime ; mais , pour s'y maintenir, il dut bien souvent se prêter à ses caprices. Dans ses importants Mémoires sur les Grecs et tes Romains (La Haye, 1758), et dans ses Mémoire* critiques et historiques sur plusieurs points d'antiquités militaires ( Berlin, 177a), il a relevé un grand nombre d'erreurs du chevalier de F o 1 a r d .
GUISE (en latin Guuium caslrum , Guisia, Gusgia), place forte de France, dans le département de l'Aisne, à 17 kilomètres de Vervins, sur l'Oise, avec une population de 4,000 âmes, un château sur un escarpement, à 50 mètres au-dessus de la ville , des filatures et tissages de coton, des huileries, des tanneries, et un grand commerce de bois, de lin , de chanvre et d'huile. Prise par les Anglais en 1413 , reprise dès 1427; prise par les Impériaux en 1536, reprise par François 1"; assiégée vainement en 1543. 1636 et 1650, il en est fait pour la première fois une mention authentique en 1050. Elle avait alors ses comtes particuliers. Ameline de Guise, héritière de ce comté, le porta en dot à Jacques d'Avesoes , mort en 1191. Bouchard, leur lils , fut aussi comte de Blois. Son unique héritière épousa Hugues de Châtillon , comte de Saint-Pot , mort en 1248. Cette nouvelle branche s'éteignit en 1291. En 1333, le comté de Guise fut apporté en dot au duc de Lorraine, Raoul, par Marie de Blois ou de C14lillon, et fut érigé en duché par François I", en 1527. Il devint, avecAumale, Mayenne, Joinville, Elbeuf, le lot d'une branche cadette de la maison de Lorrainc-Yaudemont, dans la personne de Claude, cinquième lils du duc René 11, qui prit le nom de duc de Guise et fut le chef d'une maison connue dans llùstoire sous le nom «le maison de Guise et quelquefois de maison française de lorraine. Kilo s'illustra au seizième siècle en France , et s'y divisa en deux l>ranclies ( les de Guise et les d'FJlK.uf), qui s'éteignirent, la première en 1675, la deuxième çn la».
GUISE (Maison de). « Les Guises, dit Montesquieu, furent extrêmes dans le b;en et dans le mal qu'il tirent à l'État. Heureuse la France s'ils n'avaient pas senti couler dans leurs veines le sang de Charlemagrte ! » La volonté ferme et |iersévérante de se substituer à la dynastie des Valois fut en effet la pensée dominante des princes lorrains, grandes physionomies historiques, qui dominèrent par leur énergie et leur habileté les guerres religieuses de la monarchie au scixième siècle.
GUISE (Ciude de LORRAINE, comte D'AUMALE et duc de), cinquième fils de René II , duc de Lorraine, né en 1496, porta d'abord le titre de duc d'Aumale, et vint s'établir en France. A dix-neuf ans (1515), il contribua, à la téle des troupes du duc de Gueldre , son oncle , au gain de la bataille de Marignan. En 1522, il battit les Anglais près de Hesdin, et les Allemands devant Neufchâteau. Ses exploits contre lesinsurgésde Misnie, de Thuringe, de Souabe et d'Alsace, qui, profitant de la captivité du roi François I", menaçaient de faire irruption en France ( 1525), lui valurent, ainsi qu'à Antoine, duc de Lorraine, son frère aîné, un témoignagne de la reconnaissance publique , dont le parlement de Paris se rendit l'organe envers les deux frères , vainqueurs des conlédérés à Loupstein , Chenonville et Saverne. Ce fut en cette considération que le roi érigea en faveur de Claude I»r (janvier 1527) la terre de Guise en duché-pairie , et le nomma au gouvernement de la Champagne. En 1543, il concourut à la glorieuse défense de Lan drecics contre Charles-Quint. L'année suivante, après la prise de Château-Thierry , il pourvut à la sûreté des Parisiens alarmés. Telle était l'origine de l'affection et du dévouaient dont ils ont donné tint de preuves aux descendants de Claude Ier de Lorraine, dans les temps où leur ambition devint si fatale à la France. François I*r récompensa ce nouveau service par l'érection du marquisat de Mayenne (lévrier 1545). Celle du duché d'Aumale (Juillet 1547) fut l'un des premiers actes de Henri II à son ovénement an trône. Claude I" mourut à Joinville, le 12 avril 1550.
GUISE (Fiunçois de LORRAINE , duc db), né an château de Bar, le 17 février 1519, assassiné devant Orléans, le 24 février 1563. Il était l'alné des six fils de ce prince lorrain que la France avait si imprudemment accueilli. Avec sa faille héroïque, sa bravoure indomptable, son naturel franc et généreux, il ouvrit la carrière de cette race brillante auprès de laquelle , disait-on , les autres princes semblaient du peuple. Quatre règnes furent témoins de l'emploi ou de l'abus de ses rares qualités. Sous François I**, ce ne fut d'abord qu'un jeune guerrier plein de vaillance ; une blessure qu'il reçut au visage , en assiégeant Boulogne , lui valut le surnom de Balafré, que son fils porta pareillement dans la suite au même prix. Sous Henri II, la fortune et la gloire le comblent de leurs dons , et le placent au premier rang des grands capitaines. La France triomphe partout où U est, et succombe où il n'est pas. La belle défense de Me tx et la bataille de Renti attestent son courage et ses talents : il accourt du fond de l'Italie pour réparer les désastres de la défaite de Saint- Quentin ; et quand on croit tout désespéré, il emporte en huit jours la place de Calais, que les Anglais possédaient depuis deux cent dix ans. Il étonne moins encore par ses exploits que par la grandeur d'àme et l'humanité qu'il associe à ses victoires , et dont les habitudesgnerrièresdeson siècle ne lui donnaient pas l'exemple. Tant de services le rendent l'idole et le génie tutélaire de la France ; le parlement de Paris le proclame conservateur de la patrie ;on propose de le créer trice-roi du royaume, et l'on ne se croit pas exempt d'ingratitude en le nommant lieutenant générai des armées au dedans et au dehors. Cctlc haute fortune parait si méritée, qu'on oublie volontiers ce qui en est du à la faveur de la duchesse de Valentinois , Diane de Poitiers. Avec un prince léger, borné et subjugué par une femme comme Henri II, il faut se féliciter quand le caprice de la favorite rencontre un grand homme.