‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 497 sur 614 · GUISE · texte numérisé non relu

GUISE

Cependant , lorsque ce monarque périt dans le» jeux d'un tournoi , il commençait à soupçonner le duc de Guise d'être en effet un trop grand homme pour la monarchie; mais il n'était plus temps, et les dix-sept mois du règne deFranço i g 1 1 forent la proie de» princes lorrains. La nouvelle reine était leur nièce, Marie-S tuart, que les plaisirs berçaient en attendant la hache des bourreaux. Le Balafré avait un frère, ie fameaux cardinal de Lorraine, assez appliqué aux affaires, mais poltron et féroce comme les animaux carnassiers. Chargé des finances du royaume, il fit planter des gibel.s à sa porte, et menaça de mort quiconque l'importunerait de ses demandes ou de ses plaintes. La conspiration d' A m boise se forma contre la tyrannie des deux frères , et fut révélée avant l'exécution ; le cardinal ne s'en baigna pas moins dans le sang de ses ennemis, et , il faut bien le dire , François de Lorraine n'huila que trop ses cruautés. Il n'est point de vertus que ne corrompe une ambition effrénée. Le duc de Guise, qui exerçait de fait la puissance souveraine, se voyant placé entre la branche des Valois, qui déclinait, et la branche des Bourbons, qui devait la remplacer, parut s'attacher à opprimer la première et à détruire la seconde. Maître du roi , il dégrada Antoine de Bourbon, en l'obligeant à se tenir devant lui debout et découvert ; et , sous de vains prétextes , il fit condamner à mort le prince de Condé par des commissaires. Sa tète devait tomber le jour de l'ouverture des états-généraux , et l'on délibérait si celle du pusillanime Antoine n'aurait pas le même sort , quand la mort de l'impuissant François II , au nom de qui se préparaient ces horreurs , amena d'autres événements non moins funestes.

Catherinede Médicis parut sur la scène avec l'enfant de dix ans qui fut Cha'rles IX. importunée de la puissance des Lorrains, elle affecta de favoriser les protestants et les princes de la maison de Bourbon. François dé Guise oprif alors qu'une guerre de religion forcerait la reine 'abdiquer ce rôle factice; et l'odieux massacre de Vassi, qu'il provoqua lui-même, et que ses gens exécutèrent, eut en effet cette fatale conséquence. Rendu a la vie des camps , et sevré de la maligne influence de son frère, il sema au moins de quelques vertus cette arène de tous les crimes; la prise de Rouen et la victoire de Dreux portèrent an plus haut point sa popularité, ainsi que l'éclat de son génie belliqueux. On le vit, au sein des discordes civiles, comme en des temps plus prospères, affable , calme, prompt à réparer ses torts, chéri des femmes, adoré des soldats, protecteur du mérite, et si libéral, qu'il laissa dans sa succession 600,000 liv. de dettes. Ce fut devant Rouen qu'un protestant qui devait l'assassiner fut renvoyé par lui sain et sauf avec cette belle réponse : « Si ta religion t'oblige « d'ôter la vie a un homme qui, de ton aveu , ne t'a jamais • offensé, la mienne m'ordonne de te pardonner ; juge la- ■ quelle dos deux est la meilleure. » Ce fut après la journée de Dreux qu'il partagea son lit avec le prince de Condé, qu'il avait fait prisonnier, et dormit d'un profond sommeil à coté de son ennemi vaincu.

La guerre civile n'était pas digne de tant de magnanimité ; bientôt un gentilhomme de l'Angoumois, nommé Poltrot de M ère y, qui de catholique outré était devenu protestant frénétique, tua le duc de Guise avec une recherche de trahison et de lâcheté que le fanatisme seul croit ennoblir. Le héros, se sentant frappé d'un coup mortel, finit en sage nne vie qui n'était pas sans reproches , donnant a la reine des conseils humains et salutaires pour la paix et le bonheur de la France. Dans cette amc excellente, l'ambition seule était mauvaise. Le parlement de Paris condamna Poltrot à la peine des régicides, et ces magistrats trouvèrent ainsi le moyen d'être Batteurs et factieux Jusque dans l'ordonnance d'un supplice. LftlOimv, de I* Académie Française.

GUISE (Chaules m), connu sous le nom de cardinal de Lorraine , archevêque de Reims , naquit à Jolnville en 1075. Paul III l'honora de la pourpre romaine en 1547. Il f A envoyé la même enné« à Rome, où H plut extrêmement

par son air noble , sa taille majestueuse , son train nautique , ses manières affables , ses lumières et son éloquace. A son retour en France il fut en grande favenr à la eoar, ri dut a ses services d'antichambre un grand nombre derieto bénéiiees. 11 se signala, en 1561 , au colloque d« Poissy; l'année d'auparavant il avait proposé d'établir l'in^uitifea en France, le seul moyen qui lui parût propre a empftbales progrès du calvinisme. Le chancelier de L'Ho&oiul »y opposa, et le roi, prenant un moyen terme, attribua u casnaissance du crime d'hérésie aux évéques, à l'exelmwn in parlementa; mais leur* remontrances suspendirent l'angistrement de l'édit.

Le cardinal de Lorraine parut avec beaucoup d'éclat m concile de Trente; fi y parla avec chaleur contre les isa> qui s'étaient glissés dans la cour de Rome , et se proaosp fortement pour la supériorité du concile sur le pape 11 ; lit le premier la proposition d'établir une ligue coatre le protestantisme, projet que réalisa son neveu Henri de Gtûse. Sous le règne de Charles IX il gouverna les finance cfa royaume plutôt avec la générosité d'un grand sogaeni qu'avec l'économie d'un homme d'État. Après la mort de ce prince , il se rendit à Avignon , a la rencontre de Ueari Ul; au sortir d'une procession il fut saisi d'une fièvre vioteale qui le mit au tombeau , le 26 décembre 1574.

Le cardinal de Lorraine avait des connaissances trèsétendues et une vive éloquence; toute sa vie il lut le Méce* de» savants et des artistes. Il traita cruellement les huguenots, et pourtant la cruauté ne lui était pas naturelle. Catholique zélé, il n'en fut pas moins toujours l'adversaire de la cour de Rome , si bien que Pie V l'avait surnomme U pape (Pau delà les monts.

GUISE ( Louis Ier ur. LORRAINE, cardinal ne), f«" des deux précédents, naquit en 1527 , fut évcqnedeTroye, ensuite d'Albi, puis de Sens et enfin de Metz. Il fui promu a cardinalat en 1552. Il n'eut jamais qu'une influence très-seo* daire dans les affaires de son temps , car c'était un hon«e médiocre, uniquement préoccupe des besoins matériel* de l'humanité et dépensant ses immenses revenus a le* «• tisfaire largement L'Estoile l'appelle le cardinal dts bouilles, parce qu'il les aimait plus que de raison. Il mourat i Paris le 28 mars 1578.

GUISK (Hemii nE LORRAINE, duc de ), dit le Bal»P< fils aîné de François, naqnit le 31 décembre 1550, et d'abord le titre «le prince de Jolnville. Confirmé dass » charge de grand-roaltre, pendant que son frère avait lif^ messe du cardinalat et que le duc de Mayenne était nom» grand-chambellan, Henri de Guise, enfant encore, révèle toute sa haine contre l'amiral Col i gny : en sortant de I*** semblée de Moulins, où l'on essaya vainement une n^iV liation officielle entre les deux maisons de Guise et te 0* tillon , on entendit le jeune prince s'écrier : ■ Coligny, * suis participant en tout ceci; je te défie, toi et les liens V** veDger la mort de mon père. » La tuerie de l'amiral et « ceux de son parti , dans les sanglantes journées de la S a m Barthélémy, réalisa pleinement cette pensée. I*Juc Guise avait alors vingt-deux ans; sa taille était I*0*-" complexion robuste, sa physionomie noble et belle : t** exaltée et d'une activité prodigieuse, il fut le principal «* bile de cette vengeance populaire qui voulut en finir f* *'

exécutions barbares avec les huguenots; ce fut lai <1UI chargea de l'expédition dirigée contre l'amiral on l'aperçut encourageant les assassins, car il 1V1' U^ d'en finir aveccehii qu'on désignait comme le meurtrie* son père. , u

La Saint-Barthélemy n'avait pas avancé <*Pprd ^t question catholique : presque partout les calviniste* *" ^ pris les armes; on avait essayé la violence po°r JT1 ' champ de bataille, et en définitive on retomba» eaw dans les guerres civiles les plus acharnées, car il ! w trahison contre un parti qui devait s'en souvenir ^ dans une de ces rencontres armées avec les rrflr» prince de Condé que Henri de Guise reçut

GU1SK

lai valut le surnom de Balafré, désignation populaire qui détint un titre à l'amour des halles et de la bourgeoisie. Charles IX expirait, et son successeur, Henri III, ardent catholique tant qu'il n'est qu'héritier du trône , roi de la modération quand il y arrive, se laisse dominer parle tiers parti politique du duc d'Épernon ; 0 subit dès lors toute l'impopularité de son système de tempérament. Les catholiques, ne se trouvant pas en sûreté avec une royauté hésitante, qui ne vient point à eux, prennent leurs précautions : ils établissent et constituent son pouvoir, qu'ils défèrent à lu sainte ligue, à la maison de Guise. Un mémoire, rédigé par l'avocat David, parleur influent dans les assemblées municipales , indique la famille de Lorraine comme la seule héritière légitime de Charlemagne, le puissant empereur. Après la transaction de Poitiers, en 1577, entre Henri III et les huguenots, la rupture des catholiques avec la cour devient plus proronde; le conseil royal, redoutant la puissance du duc de Guise, se rapproche des calvinistes. Aussi les catholiques ne placent-ils plus là leur confiance ; ta maison de Guise est la seule fervente, la seule dévouée, la seule qui offre les garanties au parti qui s'est livré à elle.

En signant le traité de Joinville avec les envoyés de Philip)ie II, Henri de Guise avait pris des engagements positifs envers l'Espagne. Il existe aux archives de Simancas les lettres autographes d'une correspondance mystérieuse entre l'ambassadeur du roi d'Espagne à Paris et le duc de Guise, sous le nom de Mucius. Dans cette correspondance, qui se continua jusqu'à la catastrophe de Blois, le duc fait preuve d'une activité surprenante ; ses soins tendent à détourner la possibilité d'une paix ; il veut éviter à tout prix ce résultat. Faisant allusion aux barricades qui se préparent, il écrit à l'ambassadeur : ■ Vous voyez clairement l'état de nos affaires, et les louables intentions qui ont conduit ceux de Paris à la résolution qu'ils démontrent ; il nous est nécessaire d'établir nos moyens , de sorte qu'à toute heure nous puissions être prêts à soutenir une si juste entreprise. » Ils étaient prêts depuis longtemps, les ligueurs, et en mai 1588 ils éclatent par les barricades, grandes journées des colères populaires contre la royauté indifférente, heureuses et saintes journées des tabernacles, comme tes désigne la multitude, selon le témoignage de De Thou. 14 duc de Guise est porté en triowpltc dans les rues de la Cité. Le but principal du mouvement est de s'emparer du roi, de l'arracher aux mains du parti politique du duc d'Épernon : qui sait peut-être, une (ois maitre de sa personne, pourquoi ne renfermerait-on pas dans quelque ahbaye, à Saint-Denis T Averti de ces projets, Henri III quitte furtivement le Louvre, et se retire à Chartres, abandonnant ainsi Paris à la toutepuissance de M. de Guise.

Sept mois à peine séparent les journées des barricades ae la réunion des états généraux à Blois, et durant cet intervalle le duc de Guise est plus roi de fait que Henri III lui-même; tous les députés qui se rendent à la convocation royale sont complètement dévoués au Lorrain ; tous lui conseillent de proliter de sa position brillante pour s'élever au l>oste immense auquel il aspire, et lui, bien résolu à frapper un grand coup , écrit encore à l'ambassadeur espagnol : ■ J'ai recommandé par toutes les provinces de pourvoir à ce que les députés soient si bien triés et choisis que tous concertent l'assurance de notre religion et la manutention des gens de bien, et je pense y avoir tellement pourvu, que le plus grand nombre desdits députés sera pour nous et à notre dévotion. Je sais que le rot pratique partout pour faire nommer des gens en faveur des princes suspects, mais je n'oublie rien; et si l'on commence, j'achèverai plus rudement que je n'ai fait a Paris. Qu'on y prenne garde I • C'est alors que Henri 111, effrayé de cette puissance redoutable qui en veut à son pouvoir, et peut-être à sa vie, prend une résolution sul»te et désespérée : il croit anéantir h) ligue en frappant la maison de Guise, et effrayer les dépulés par une mesure violente, afin de dominer ensuite leur majorité. S - prnîée «'arrête à un assassinat. Henri de Guise et son

frère le cardinal, qui s'est associé à ses projeU, sont d.igués cruellement à Blois , dans une des salles du château. U meurt accablé de coups d'épée, sans proférer une parole ( 1588 ).

A. Mazvy.

GUISE (Louis II ne LORRAINE, cardinal os), frère du : précédent, naquit eu 1556. Il succéda au cardinal Charles de ! Lorraine, ton grand-oncle, dans l'archevêché de Reims, et i fut, sous les ordres de son frère, un des principaux promoi leurs de la Ligue. Président du clergé aux états de Blois, en 1588, il Ait assassiné comme le doc de Guise, mais le lendemain seulement. On le conduisit dans une salle obscure, où quelques soldats le tuèrent à coups de hallebarde. On brûla son corps et on jeta ses cendres au vent , de peur que les ligueurs n'en fissent des reliques. Henri III no lui avait I jamais pardonné les épigrammes et les railleries qu'il se permettait k tout propos contre lui. Ce prince ombrageux et vindicatif avait surtout à cœur ce distique latin du cardinal, qui faisait allusion à la devise royale (trois couronnes avec cette légende : Manet uitima ctelo, la troisième m'attend -lans le ciel):

Quidederat binas, unain abalulit, altéra natal, Tcrtia totuorit nonc facienda oiaou.

De ces trois couronnes, Dieu lui en a déjà ôté une ( celle de Pologne); l'autre chancelle; la troisième sera l'ouvrage d'un barbier. Le cardinal ajoutait même, dit-on, qu'il aurait licaucoup de joie de tenir U tête du roi, si on loi faisait cette troisième couronne chez les capucins.

1 GUISE (Catuebink de CLEVES, duchesse ne), fille de I François deClèves, duc de Revers, née en 1547, épousa I eu premières noces Antoine de Croy, prince de Porcien, I et en secondes Henri Ier, duc de Guise, assassiné à Mois en 1588. Elle se rendit laineuse par ses galanteries et fut, diton, la maltresse de Saint-Mégrin, que le duc fit tuer, à ce que prétendent quelques historiens. Cependant, à la mort de son mari sa douleur sembla réelle ; elle accusa Henri III devant le parlement de meurtre et de trahison. Elle était alors enceinte, Dieu sait de qui ! et bientôt elle accoucha d'un fils I uc la Ligue salua comme le rejeton miraculeux d'une souche irisée.

Après la prise de Paris par Henri IV, ce prince, en bon politique, lui permit de reparaître à la cour. Les grâces de son esprit lui valurent bientôt toute la bienveillance du roi et même la confiance de l'austère Sully. Elle fit rentrer en faveur son fils Charles, qui, ayant été forcé d'abandonner le gouvernement de Champagne , reçut en dédommagement , par son intercession, le gouvernement de Provence. Elle mourut à Paris le 11 mai 1643. Vanel, dans les Galanteries de la cour de France, l'accuse d'avoir été la rivale de sa fille dans ses amours avec le grand écoyer de Itellrgarde, 1 qui passait pour un des assassins de son second mari. Cependant le père Hilarion de Coste fait son éloge dans les Dames illustres, et Brantôme semble vouloir la louer pour sa beauté et ses vertus.

GUISE (Charles II n* LORRAINE, duc ne ), fils aîné de Henri de Guise et de Catlicrine de Clèves, naquit le 20 août 1571. Il fut arrêté le jour de l'exécution de Blois et renfermé au château de Tours, d'où il se sauva en 1591. Paris I le reçut avec de grandes acclamations de joie, et les ligueurs l'auraient élu roi sans le duc de Mayenne, son oncle, dont cette popularité subite contrariait les ambitieux projets. On prétend que la fameuse duchesse de Montpensier, sa tante, était amoureuse de Ini. Ccst ce jeune prince qui tua de sa main le brave Saint-Pol. Il se soumit à Henri IV, en 1594, et obtint par l'entremise de sa mère le gouvernement de Provence. 11 fut employé sous Louis XIII; mais le cardinal de Richelieu, redoutant le prestige de son nom, le força de quitter la France. Charles se retira alors à Florence, et alla mourir à Cuna, dans le Siennois, le 30 septembre 1640, i à soixante-neuf ans. Il laissa plusieurs enrants de Hcnj lidte-Catherine de Joyeu<e, son épouse, veuve du duc I -le Montpensier et fille unique du maréchal de Joyeuse,

GU1SK — GUIZOT

parmi lesquels est surtout célèbre Henri II , duc de Gutsc.

GUISE (Louis 11J de LORRAINE, cardinal na), frère du précédent, naquit avec de« inclinations plus militaires qu'ecclésiastiques. Comme son père, il ne respirait que les armes, guoique archevêque de Reims et honoré de la pourpre romaine, il suivit Louis XIII dans l'expédition du Poitou, en 1621. A l'attaque d'un faubourg, au siégede Saint-Jean-d'Angély, il se signala comme un de» plus braves officier*, li mourut quelques jours après à Saintes, le 22 juin 1621, no tant que sous-diacre , malgré ses hautes fonctions sacerdotales. Guise avait eu avec le duc de Nevera, au sujet d'un bénéfice , un procès qu'il aurait voulu terminer l'épie à h i ; il lui fit faire des excusas en mourant. 11 laissa pluuts, entre autres Achille de Lorraine, comte de j, qu'il avait eu de Charlotte des Essarts , corn tesse de Romorantin, à laquelle Moréri donne te nom de to i amie, et qui fut une des maîtresses de Henri IV. Charlotte- Christine, fille d'Achille et veuve du marquis d'Assy, intenta, en 16&8, un procès pour avoir la succession de Ut maison de Guise. Elle prétendit que son aïeul avait épousé la comtesse de Romorantm le 4 février 1611, et elle produisit d fférentes pièces à fnppui de se* prétentions. L'affaire n'eut pas de suite.

GUISE (HekbiII ne LORRAINE, duc ot), fils de Charles 1 1 de Guise, naquit à Dlois le 4 avril 1614. Après ta mort de son frère alué , il quitta le petit collet et l'archevêché de Reims, auquel il avait été nommé, pour épouser la princesse Anne de Maiitoue. Le cardinal de Richelieu s'élant oppos • à ce mariage, il passa à Cologne, s'y fit suivre par sa mat tiesae, et l'abandonna bientôt pour la comtesse de Bossul, qu'il épousa. Mais peu de temps après il la délaissa également, et rentra en France. Son génie ardent et incapable de repos, l'enviedc faire re» ivre la fortune de ses ancêtres, dont il avait le courage, le li rent entrer dans la révolte d u comte de Sohsotis. 11 devint l'un des membres les plus actifs de la ligue pour la paix universelle de ta chrétienté, dirigée contre Richelieu et soutenue par l'Espagne. Cependant en 1643 il fit sa paix avec la cour.

Il se trouvait a Rome en 1647, lorsque les Napolitains, révoltés contre Philippe IV, l'élurent pour leur chef, et la de claréreut généralissime des armées et défenseur de la liberté. L'Europe, l'Afrique et l'Asie étaient alors en ébullition. H ne balança pas *m moment, s'embarqua seul eur une felouque, passa à travers la flotte espagnole, et arriva à Naples au milieu des cris de joie de la population. Il lit des prodiges de valeur ; mais les efforts de son courage, mal secondés par la France, ne produisirent rien. Don J ua n d' Autriche gagna l'oflicier qui commandait la porte d'Albe, et, tandis que le duc sortait de la ville pour marcher à la rencontre de l'ennemi, les Espagnols y eatraieut d'un autre coté. Une tentative qu'il lit pour rentrer dans Naples fut repoussée. Obligé de fuir dans la campagne, il donna dans une embuscade aux environs du château de Case lia, fut la>t prisonnier et conduit en Espague, où il demeura quatre ans, jusqu'en 1652.

Malgré les vives sollicitations du duc de Lorraine, U n'aurait pas obtenu sa liberté si le conseil de Madrid ne l'avait jugé propre à seconder le prince de Condé dans la guerre qu'il faisait contre la cour. Mats le duc, au lieu de porter les armes contre sa patrie, fit une nouvelle et infructueuse tentative sur Naples avec l'appui d'une flotte française. Guise, de retour à Paris, se consola par les plaisirs du malheur d'avoir perdu une couronne. « Il brilla beaucoup, dit Chaudon (copié en ceci par la Biographie universelle de Michaud ), dans le fameux carrousel de I6à». On le mit à la tète du quadrille des Maures ; le prince de Condé était chef de celui des Turcs. Les courtisans disaient en voyant ces deux hommes : Voila les héros de l'histoire et de la fable. Le duc de Guise ressemblait efleclivement beaucoup à un héros de mythologie ou à un aventurier des siècles de chevalerie. Ses duels, ses amours romanesques, ses profusions, Ses aventures, le rendaient singulier en tout! • Il mourut à

Paris, te 2 jni.i iûCi. Se.- M»::r.ii'.ics sur son Naples ont été publiés en 1 volume in-4" et in- 12.

GUITARE, instrument à six cordes , dont on jow n pinçant. Il est formé de denx tables parallèles, l'une et sapin, l'autre en érable ou en acajou, assemblées par une éclisae, dont la hauteur varie de * à 10 centimètres. A l'une des extrémités est adapté un manche divisé par des fovrJtej, sur lesquelles on pose les doigts de la main gauche, tandis qu'on pince avec ceux de la main droite. Ce minci* h terminé par un sillet , et gami de chevilles pour mont» ou descendre les cordes, qui sont fixées à l'autre evtrtmâé <k l'instrument, sur un chevalet fort bas. Au milieu de la tibk supérieure est pratiquée une ouverture, appelée rosact m rosette. Les cordes sont accordées trar quartes juste* e» montant, excepté la quatrième et la cinquième, entre lesquelles il n'y a que l'intervalle d'une tierce majeure. L ac cord de l'instrument est donc, pariant du grave: mi, '<>< ré, sol, si, mi. La musique écrite pour la guitare est notée sur la clef de sol.

On ne sait rien de certain sur l'origine de cet tostnimeit (voyez Cmuite). On pense généralement qu'il est us* ancien que la harpe, et que les Maures font apportera Espagne, d'oo il s'est ensuite répandu en Portugal et « Italie. Du temps de Louis XIV il était fort è la mode « France; mais la vogue qu'il eut fut de courte dorée ; et après avoir brillé d'un éclat tout nouveau , vers ISÎ9, s* les doigts d'artistes fort habiles, il est actuellement prevpe complètement abandonné, comme le plus ingr.it et le pb' monotone de tous les instruments. Que la guitare plu* aux Espagnols et aux Italiens , rien de plus naturel ; narqu'on en ait fait chez nous un instrument de concert, qn naguère prenait effrontément place sur tous les proçrro mes, en vérité je ne connais rien de plus désespéra* pour un musicien, si ce n'est un concerto on air varie * flageolet

On appelle guitariste celui ou celle qui joue de la guitare.

Becnu-

GUITON-MOI\VEAU.FoyMGcvTO»-Moitvr.tr.

GUIVRE. Voyez Givre (Blason).

GUIZOT (h>Aî«çois-PiEBHE-Gi'iLi.»i'iiE ) est né à Nlinr». le 4 octobre 1737. Son père, François- André Gvivn, distingué, descendait d'une famille ancienne et con«*f* dans la bourgeoisie protestante du midi Comme tous rnn de sa religion, que la révolution venait d'affranchir «le t«* distinction humiliante et de faire rentrer dan* le droit teumun, il se signala d'abord par son dévouement au rttm* nouveau ; mais bientôt il paya de sa vie sa résistance»» fureurs révolutionnaires, et le 8 avril 1 794 il porta sa 6iir l'échafaud. Sa veuve, Elisabeth-Sophie Bowcxt,*meura seule avec deux tils, dont l'alné , François, entrait a)"" dans sa septième année Elle quitta sa ville natale, set parents et ses amis, et alla chercher a Genève, pour réaVate» de ses fils , un système d'études fortes et sérieuses qad» n'aurait pu trouver ailleurs dans le reste de la France. D» le jeune François prit un rang heaoraU* à& et les pins brillants succès vinrent bien»* couronner son application; quatre années lui snlnreat p* acquérir la connaissance des langues latine et grecque, mande, anglaise et italienne. Il avait In Thucydide, I* mosthène et Tacite tout entiers; la littérature greco* tout avait pour lui un vif attrait. Mais ce fut sente" »* dans le cours de l'année t&03, lorsqu'il aborda le» fUvy" | philosophiques, qu'un monde nouveau parut s'ouvrir à «* intelligence. Soumise jusque là à l'autorité du prêtent*- « ; raison s'essaya et s'affranchit ; elle put marcher de» W dans sa force et sa liberté. M"* Guiiot à cette époque revint avec ses fils en Languedoc, et François U i bientôt pour aller seul faire son droit à Paris.

Le hasard jetait M. Guiiot dans la société du Dm**** mais la nature de son caractère le défendit sans pc* t» tre les agréments d'un commerce frivole ; et la bern" mrrurs qui régnait ne pouvait que blesser les principe1

GUIZOT

les goûts J'uu jeune homme austère et romanesque , philosophe et dévot. Des relations nouvelles avec quelques hommes distingués , notamment avec Stapfer, ancien ministre de Suisse à Paris, le firent entrer dans une meilleure voie. Sous les auspices de son ami, de son hôte, car M.Guizot (tassa citez Stapfcr, à la campagne, une bonue partie des .innées IK07 et 1H08, il étudia la littérature allemande, la philosophie de Kanl, et recommença courageusement ses clinles classiques en ^'occupant de l'éducation des fils de .St.ipfer, pour lesquels il s'appliqua à trouver uue méthode a la fois claire et prompte, qui leur fit retenir plus aisément les synonymes de la langue. Doniiaul à son travail plus de portée et d'étendue, il le fit imprimer en Isot», sous le titre de Dictionnaire des Synonymes. Dans ce livre se révèlf déjà cette faculté, si puissante chez lui, de s'élever a la loi des faits, et de faire toujours aboutir les détails à des principes généraux.

Cependant M. Guizot dut encore à l'amitié de Stapfer la connaissance de Suard; sa vocation littéraire fut encouragée par ses rapports fréquents avec les gros d'esprit, dont le salon de Suard était le rendez-vous. L'iutioJuction du premier volume des Vies des Poètes /mnçais ne tarda pas à suivre le Dictionnaire des Synonymes. Il est facile de voir que les études historiques et philosophiques de l'auteur l'ont déjà préparé à traiter de plus grands sujets ; mais on y remarque un défaut de mesure cl de distribution qui répand quelque nuage sur un (aient dont la lucidité fait aujourd'hui l'un des premiers mérites. Il s'occupait dès lors d'un grand nombre d'autres publications littéraires; il faisait paraître une traduction de Gibbon, enrichie de notes importantes ; une traduction de L'Espagne en 1808, par Rehfus ; il donnait d'assez faibles articles à la Hiographie universelle de Micbaud ; enfin, il préparait de grands travaux sur l'histoire primitive du christianisme; ces dernières études élargirent etalfranchirent beaucoup ses idées religieuses, sans en détruire le fond.

Ses occupations littéraires ne l'empêchaient pas de fréquenter le monde; il se mêlait aux réuuious où se rencontraient les célébrités les plus diverses, depuis les ruines du monde philosophique de dix-huitième siècle jusqu'aux maîtres de la nouvelle école : l'abbé Morellet et Chateaubriand, lontanes et le chevalier de RoùMers, Mmc d'Hoiidctot et Mme de Rémusat. A la fin de l'hiver de 1812, M. Guizot épousa M,u de Meulan (voyez plus loin). L'âge des deux époux était loin d'être assorti ; mais les habitudes giaves de H. Guizot pouvaient faire illusion sur sa jeunesse, et M"" Guizot conserva jusqu'à la lin de sa vie une influence remarquable sur son mari.

C'est au«si dans le cour* de Tannée t»tî que M. Guizot (ut acquis à l'université. Fonlanes, après l'avoir éprouvé quelque temps comme suppléant delà chaire d'histoire à la J 'acult- des lettres, le nomma professeur d'histoire moderne, divisant ainsi l'enseignement dout Lacreteile était auparavant chargé seul. C'est là que commencèrent ses relations avec Itoyer-Collard , professeur d'histoire de la philosophie : il s'établit entre eux une prompte intimité.

Dans le discours d'ouverture de son cours, le nom de l'empereur n'était pas cité ; il y avait bien quelque courage de la part du jeune professeor à refuser ainsi au chef de l'État sa part de l'encens que toutes les solennités publiques lui payaient régulièrement en tribut. Ce n'est pas que, par ses opinions, M. Guizot eut quelque engagement avec un parti hostile au gouvernement de Napoléon : son opposition était toute philosophique. Il était resté jusque alors étranger au mouvement de la politique. Un moment pourtant il avait été sur le point d'y prendre part; c'était de 1811 à 1812. M. Paaquier et M"* de Réiuusat le proposèrent pour une place d'auditeur au conseil d'État. Le duc de Bassano, pour essayer le jeune candidat, lui donna à faire un mémoire sur une question importante qui se débattait alors. Il s'agissait de l'échange des prisonniers français retenus eu Angleterre. Ce projet n'avait jamais été bien sérieux de la part de l'em-

pereur, qui ne l'effectua pas; il croyait voir dans la nécessité de garder et de nourrir ces prisonniers un embarras, pour l'Angleterre. Quant à lui, les soldats ne lui manquaient pas encore. Le mémoire de M. Guizot fut écrit dans le sens de la prompte conclusion d'une négociation que Napoléon n'était pas pressé de terminer. L'épreuve ne fut donc pas favorable au jeune politique; il retourna sans regret à ses études, et ses succès littéraires sulfirent à son ambition.

Les personnes qui ont cru trouver dan» la froideur de M. Guizot pour le régime impérial un secret attachement à la maison de Bourbon ont mal connu les temps et les IVls. Loin de songer à tirer le moindre parti des grands événements qui se préparaient entre Dieu et la France, mais dont nul n'avait le secret et ne pouvait se vanter d'être le complice, M. Guizot ne passa |»as même a Paris le temps de In dernière lutte inqiériale. Au mois de mars l&U, la Restauration le trouva à Nimes, auprès de sa mère, qu'il était allé visiter après une longue absence; et quand il revint à Paris, s'il fut désigné par Itoyer-Collard au choix de l'abbé de Montesqniou pour remplir auprès de lui les fonctions de secrétaire général du ministère de l'intérieur, ce, n'était point à titre de récompense. Le gouvernement de Louis XVIII, en même temps qu'il mettait a la tète des affaires un grand seigneur, un ecclésiastique, un ancien royaliste, voulait faire preuve d'impartialité en plaçant près de lui un bourgeois, uu protestant, un libéral. Telle fut la vraie origine politique de M. Guizot. C'était un représentant des intérêts de la France nouvelle dans une administration dont l'ancienne France était le principal élément. Aussi le parti ultraroyaliste ne vit pas sans défiance cet homme nouveau, pur, il est vrai, de tout antécédent républicain ou bonapartiste, mais qui prétendait servir dans l'intérieur du gouvernement la cause constitutionnelle contre l'ancien régime, le vœu national contre les tendances de la contre-révolution. D'autre part, les libéraux, qu indignait le rétablissement de la censure, s'étonnaient surtout de voir M. Guizot accepter les 'fonctions de censeur royal.

Après le retour de l'Ile d'Elbe, M. Guzot reprit ses fonctions à la Faculté des lettres, et s'occupa paisiblement de ses travaux. Vers la fin du mois de mai seulement , quand il fut évident que l'Europe ne traiterait pas avec Napoléon et très- probable que Louis XV11I rentrerait en France, des royalistes constitutionnels jugèrent indispensable que Louis XV1I1 fût bien informé de la nécessité pour lui d'adhérer plus fortement que jamais à la charte et d'éloigner de sa personne M. de Itlacas, regardé comme le chef du parti de l'ancien régime. M. Guizot se chargea de cette mission ; il se rendit à Gand, où le roi résidait depuis plus de deux mois, eut avec ce prince une longue conversation, et lui transmit les sages avis qu'il avait recueillis ; mais jamais il n'a rédigé le Moniteur de Gand, comme on l'a tant de fois faussement avancé. Il n'y a jamais écrit une seule ligne; c'est lui-même qui l'aftinne, et on peut l'en croire sur parole.

Quand Louis XVI U rentra en France un mois après, M. Guizot, rentré avec lui, devint secrétaire général du ministère de la justice. Dans cette nouvelle fonction il fut encore plus en butte qu'auparavant aux attaques du parti ultra-royaliste, et n'en soutint qu'avec plus de persévérance et d'ardeur les principes et les actes de la minorité de la chambre de 181&. Cependaut, la majorité introuvable triomphait; un ministre qui lui était particulièrement antipathique, Marbois, fut renversé : M. Guizot se retira avec lui. Le roi le nomma alors maître des requêtes au conseil d'État pour faire partie du comité du contentieux. A peu près à cette époque parut sa première brochure politique : Du Gouvernement représentatif et de l'État actuel de la France. C'était la réfutation d'un écrit «phi» tuel et insidieux de Vitrolles. Presque en mémo temps , dans son lissai sur l'Instruction publique, M. Guizot défendait l'éducation publique contre l'invasion des jésuites. Uientôt l'ordonnance de dissolution du & septembre I8i«

GUIZOT

vint renverser le* espérances de la contre-révolution ; mesure hardie, a laquelle M. Guizot contribua, par un mémoire politique, remis à propos à Louis XVIII , et que M. Decazes fitprcvaloir, en «.'appuyant de l'avis et de l'influence de MM. Pasquier , Royer-Collard , Camille Jordan , de serre , chefs de la minorité de la chambre, et déjà connus sous le nom de doctrinaires.

En 1818 M. Guixot fut nommé conseiller d'État, et lorsque M. Decazes devint ministre de l'intérieur, il fit créer pour lui la direction générale de l'administration communale et départementale. Mais l'assassinat du duc de Berry fit éclater une réaction funeste. Le parti national perdit ses plus fermes appuis dans le gouvernement. Royer-Collard, Camille Jordan , de Barante , furent destitués de leurs lonctions au conseil d'État. M. Guizot alla de lui-même au-devant de celte destitution, bien que nul engagement public ne le rendit solidaire de l'opinion qui venait d'éprouver une défaite -, il refusa même, pour ne conserver aucun lien qui enchaînât son indépendance , les offres de pension qui lui furent faites. De 1820 à 1822 il publia une série d'écrits politiques du plus grand intérêt : Du Gouvernement de la France depuis la Restauration ; Des Conspirations et de la Justice politique ; Des Moyens de Gouvernement et d'Opposition dans l'état actuel de la France; Sur la Peine de Mort en matière politique. Tous ce* écrits eurent un trèsgrand soccès, une action puissante ; Us durent surtout la faveur qui les accueillit au caractère même de l'opposition que faisait l'auteur. Son opposition en effet était éminemment constituante et gouvernementale ; il ne flattait pas , comme tant d'autres , les passions du parti révolutionnaire ; partout il se séparait avec une égale probité de l'anarchie et du despotisme. Le gouvernement poursuivit M. Guizot dans sa chaire, où il développait l'histoire du gouvernement représentatif dans les divers États de l'Europe depuis la chute du monde romain. 11 punit à la fois par l'interdiction de son cours et le professeur rebelle , qui n'avait pas étouffé sous la robe universitaire l'indépendance du citoyen, et l'auditoire, dont les bravos étaient une nouvelle offense ajoutée à tous les torts d'un écrivain séditieux.

M. Guizot renonça pour le moment à la politique , et ne s'occupa plus que de grandes publications historiques; d'abord parurent sous sa direction : la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de la révolution d'Angleterre , et la Collection des Mémoires relatifs à l'ancienne Histoire de France. Vers le même temps aussi furent publiés ses Essais sur r Histoire de France, qui répandaient sur les origines de la France une nouvelle lumière et rendaient accessibles a toutes les classes de la société les mystères de l'histoire nationale, à peine connus des savants. 11 fut suivi d'un livre du plus haut mérite, la première partie de V Histoire de la Révolution d'Angleterre, comprenant tout le règne de Charles 1e'. Des travaux de pure littérature occupaient encore ses loisirs; c'est alors que parurent avec la Traduction des principales Tragédies de Shakespeare, des Essais historiques sur Shakspeare, sur Calvin, et qu'il fonda la Revue française.

Cest dans cette sphère d'activité qne s'écoulèrent pour M. Guizot les années de 1822 à 1827. L'organisation de la fameuse société ^ irfe-f oi , le ciel t'aidera date de cette époque; M. Guizot fut un de ses fondateurs et de ses membres les plus actif*. Elle n'avait d'autre but que de défendre hautement contre les menées souterraines du pouvoir l'Indépendance des élections ; ce but était légal, avoué , public. En 1828, le ministère conciliateur de M. de Martignac lui permit de reprendre à la Sorbonne son cours , depuis iongiemps interrompu; la même autorisation fut donnée à MM. Vi demain et Cousin. Rien ne peut rappeler aujourd'hui l'effet produit alors par le concert admirable de cet éloquent triumvirat, dont chaque leçon était un livre. Le cours de M. Guizot surtout attirait une foule immense aans sa vaste enceinte; la nature morne de son sujet , sévère et positif; les habitudes de sa pensée, haute et profonde; la

puissance de sa parole , pleine et limpide ; la dignité de m* caractère, mâle et réservé, donnaient a sonensei^panatrat pbysionomie particulière. Il occupa presque tout tan ka^« de 1828 à 1830.

A la fin de 1828 M. Guizot s'était uni en seconde awts à M"* Élisa Dillon , nièce de M"* de Meulau, qui <o rant avait entrevu, désiré et presque prépare f«wr «t mari ce nouveau bonheur. Au mois de mare 1819 os la rendit sa place au conseil d'État; mais l'avènement dt mnistère Polignac l'empêcha de f-e rapprocher du pouvoir, u prit part alors à la rédaction do Journal des tkbeit <t du Temps, et fut porté par l'opposition candidat a lirtpfsentation nationale. En janvier 1830 il fut élu pou U première fois membre de la chambre des député! . II i»i alors quarante-deux ans , et fut choisi par l'arrondii>«wr. • de Lisieux, oh il possède le domaine de Yal-Ricber, i*u de la terre de son ami le duc de Broglie.

M. Guizot dans la discussion de la fameuse adresse ib< 22 1 monta à la tribune : « La vérité, dit-il, a deja**i ipeine à pénétrer jusqu'au cabinet des rois : ne l'y «siuj<: pas faible et pâle ; qu'il ne soit pas plus possible de U s* connaître que de se méprendre sur la loyauté de bm « timents. » Et il vote contre tout amendement an projav la commission. Après la dissolution de la chambre, if. réélu à Lisieux pendant qu'il était allé à Nîmes eiocrr droits électoraux. Durant cet intervalle, son opposiwa^ vint de plus en plus vive, et il fit inscrire de* premier*-* nom dans l'association pour le refus de l'impôt no* " par les cliambres. Enfin, il arriva à Paris pour y approi' les premiers elfels des ordonnances de Juillet, kl*.1 quatre heures du matin : à dater du même jour il pnï «* part active a tous les actes de la réunion des députe j*qu'au 7 août : ■ Il n'y a pas eu, a-t-il dit lui-même, réunions de députés , grande ou petite , nombreuse ou pi nombreuse, à laquelle Je n'aie assisté. J'ai eu llioase»^ rédiger la première protestation des députés et la prot^ | mation par laquelle la chambre a appelé M** le duc •TO iéans à la lieutenance générale du royaume. La cornai» « municipale qui siégeait à l'hôtel de ville m'a fait Him*** le 31 juillet, de tnc confier le ministère de rin»trurti>« [«• Nique, et celui de l'intérieur le lendemain. Je suis doar »* engagé, aussi compromis que personne dans la rtvolirtwo. •

Les ordonnances du 2 novembre 1830 mirent on as p micr ministère de M. Guizot ; il combattit le cabir«4 Ufitte, qui lui succéda, et soutint ensuite de toutes ses ^ celui de Casimir Périer. Les formes agressives et li»«*sr de M. Guizot lui attirèrent l'animadversion de la pa*. c'est lui qui inventa les expressions malheuresse quasi-légitimité et de pays légal; il parlait trop d'écraser l'anarchie et prêchait surtout l'adoption de w sures d'intimidation. Dans le cabinet du 11 octobre M. Guizot redevint ministre de l'instruction poHiq* b prise d'Anvers, l'arrestation de Mmt la duchés* * Berry , la répression des troubles d'avril et les k» * septembre 1835, tels furent les principaux acte» *>« ministère, dans lequel M. Guizot avait une très-graixk » fluence. De nombreuses réformes et d'importantes an*** rations furent en même temps accomplies dans son dépar tement, et la loi du 28 juin 1833 sur l'instruction pri»2 n une des créations les plus libérales de notre temps rera l'éternel honneur de l'homme dont elle fut roam? Lorsqu'une manœuvre du tiers parti amena la dïMcN!** du cabinet le 22 février 1836, M. Guizot, se retr»*** dans le silence , ne prit la parole que trc*-rareroeo( d** lement par nécessité , jusqu'au moment où il fut rapp avec le même portefeuille dans le nouveau rninistèr» F*" sidé par M. M ol é. Lorsque M. de G as pari n *l*tirV M. Guizot demanda aussitôt pour lui le départes**1 l'intérieur, auquel il visait depuis longtemps; maw rea«*" trant des obstacles, il consentit a s'cfTacerdcvantM.Tliif''' qui allait bientôt devenir son redoutable rival et soa gable adversaire, à condition pourtant que les airaire»**"

gère* seraient données à M. le duc de Bioglie, son aïoi, et l'on des principaux doctrinaires. Cependant tontes ces négociâtes échouèrent, et le ministère Molé, constitué le 15 avril 1837 , demeura pur de tout élément doctrinaire. De là des griefs personnels, que la ligne politique suivie par les nouveaux ministres ne tarda pas à envenimer. L'amnistie proclamée par eux rejetait sur leurs prédécesseurs tout l'odieux des mesures de rigueur qui avaient signalé leur passage aux affaires : M. Guizot et ses amis se jetèrent alors dans l'opposition. C'est l'époque de la fameuse coalition. M. Guizot se retrouva encore une fois, comme à la lin de la restauration, sous le même drapeau que ses adversaires politiques les plus déclarés. Sa conduite en cette circonstance fut sévèrement blâmée par le parti conservateur ; « Vous aurex peut-être quelque Jour notre appui, lui disait alors le Journal des Débats, mais noti e estime jamais I » Mot cruel, que M. Guizot feignit depuis de ne pas avoir entendu. Royer-Collard se sépara de lui avec éclat. Après le triomphe de la coalition , M. Guizot accepta des mains de M. Thiers l'ambassade de Londres; mais sa mission ne fut pas heureuse, et le traité du 15 j u i I le 1 1*40 se conclut en dehors de la France et contre elle. L'histoire lui reprochera aussi de n'être montré trop oublieux de la dignité de son pays en signant le traité qui consacrait l'extension du droit de visite. Sur ces entrefaites, le ministère de M. Thiers tomba, et M. Guizot devint le chef réel du cabinet du 29 octobre, ce long ministère qui devait enterrer la monarchie constitutionnelle ; il se chargea du portefeuille des affaires étrangères.

L'histoire des dernières années du règne de Louis-Philippe est une triste page de l'histoire de la France; M. Guizot retomba dans la faute de toute sa vie : il se fit l'homme de la résistance. Cherchant i\ augmenter la puissance royale, voulant relever l'autorité, il crut qu'il lui suffisait d'avoir une majorité dans le pays légal, et il fit tout pour se l'assurer. 11 y réussit, et une majorité compacte et violente se constitua. Les intérêts matériels absorbèrent les ames; on vit dans la députation un moyen de faire fortune ; les concessions publiques, les places, les promesses de toutes sortes devinrent des appâts pour les électeurs : la chambre des dépotés regorgea de fonctionnaires. La corruption infecta le monde politique. Enrichissez-cous ! avaitdit M. Guizot à ses électeurs, et il avait été pris au mot ; mais s'il avait entendu dire par là seulement que la richesse devait être le seul signe de capacité politique, il dut bientôt s'npercevoir qu'il avait fait fausse route et que ce besoin de s'enrichir poossait la nation à sa perte. C'était sans doute à ce culte des intérêts matériels que cédait le gouvernement de Louis-Philippe quand pour conserver la paix, après être rentré dans le concert européen par le traité de 1841 qui fermait les détroits dn Bosphore , il signait le traité du droit de visite, désavouait l'amiral Du peti t-Thouars et consentait à payer l'indemnité Pritchard; quand, de peur de prolonger une guerre qui eût pu agrandir nos possessions en Afrique aux dépens du Maroc , il faisait déclarer que la France était bien assez riche pour payer sa gloire ! Cependant, le ministère voulut trouver quelques compensations ; une expédition contre Madagascar (ut projetée, la chambre l'arrêta. Bientôt Louis-PhDippc indisposa l'Angleterre par les mariages espagnols : la guerre pouvait être au bout de cette question, purement dynastique ; la famine [>esa sur la France, (a bourgeoisie devint mécontente, et M. Guizot crut plus que jamais à la force de résistance. Il résista même « ses amis, qui tout en le désavouant n'osaient l'abandonner. Les banquets s'organisèrent; il pensa que l'armée suffirait pour en triompher. Sans doute il se faisait peu d'illusions but l'assistance de ta garde nationale : appelée au dernier moment, elle précipita la chute de la monarchie le 54 fé v r i er 1848, en ne croyant jeter par terre que le ministère Guizot. Mis alors en accusation, il s'échappa de Paris déguisé en ouvrier. L'accusation finit devant la cour d'appel par un arrêt de non-lieu, et M. Guizot put rentrer en France ea i 849. Dans l'exil le vieux roi garda, dit-on, pour lui quelque éioignemenL

Cependant, M. Guizot revint bien vite à la polémique. Sa brochure intitulée De la Démocratie en France fit une grande sensation. On y lisait cette phrase curieuse échappée à la plume du doctrinaire, qui a toujours été en théorie l'homme le plus libéral du monde : « Pour contenir et pour régler la démocratie, il faut qu'elle soit beaucoup dans l'État, et qu'elle n'y soit pas tout ; qu'elle puisse toujours monter elle-même, et ne jamais faire descendre ce qui n'est pas elle ; qu'elle trouve partout des issues , et rencontre partout des obstacles. » Aux élections générales de 1849 et plus tard, lorsqu'il s'agit de remplacer Victor Grandtn, des amis de M. Guizot mirent en avant sa candidature ; mais il les désavoua formellement. Après la mort de Louis- Philippe, U était devenu avec son ancien collègue M. de Saivandy, quoique avec moins d'ardeur et de confiance que celui-ci, l'un des promoteurs de la fusion et l'un des patrons de V Assemblée Nationale, journal qui représente encore aujourd'hui les idées et lu intérêts de celte coterie politique.

En même temps il avait repris avec une ardeur toute juvénile ses travaux historiques; il faisait successivement paraître dans la Revue contemporaine des études très-remarquables : Pourquoi la Révolution d'Angleterre a-t-elle réussi ? Monk, ou la fin de la république en Angleterre et les Portraits politiques des hommes des divers partis, parlementaires, cavaliers, républicains, nivelcurs. M. Guizot suppliait la France de s'instruire de l'exemple de ses voisins d'outre Manche; il cherchait des points de comparaison entre la révolution d'autrefois et celle d'hier , établissait des parallèles plus politiques qu'historiques , plus ingénieux que vrais ; il ne dédaignait même pas, pour arriver à ses fias, le» petits moyens, les allusions flagrantes, les désignations par trop directes. Mais le pays, tout en reconnaissant que personne mieux que M. Guizot n'expliquait le passé, refusait de lui croire le don de lui dévoiler son avenir. Quelque temps après le coup d'État du 2 décembre, la même revue imprima un nouvel article : Cromurell sera-t-il roi? V Histoire de la République d'Angleterre et deCromwell, seconde partie de son Histoire de la Révolution d'Angleterre, si longtemps interrompue, parut alors. On lui doit aussi une belle Elude historique sur Washington. Enlin, il a encore fait paraître ou réimprimer Corneille et son siècle; Histoire des origines du gouvernement représentatif en Europe ; Histoire de la civilisation en France et en Europe; L'Amour dans le Mariage; Nos Mécomptes et nos Espérances, etc.

Comme écrivain M. Guizot a eu beaucoup à souffrir de la critique de ces derniers temps ; M. Gustave Planche, dans la Revue des Deux Mondes, l'a traité de |tesant rhéteur ; à son exemple, une nuée de tirailleurs de la petite presse ont salué d'un long feu chaque production nouvelle de l'ancien homme d'Étal. On ne saurait lui refuser pourtant de posséder au suprême degré une qualité, bien rare en ces temps ci, l'autorité; son style, aux formes roides, impérieuses, graves et tristes, commande l'attention, presque le respect. Il domine tout d'abord son lecteur, jamais il ne cherche à le séduire.

Cette qualité, il la portait aussi à la tribune ; sa phrase, toujours entachée de dogmatisme , est froide, incisive ; elle semble tomber de ses lèvres, jamais elle ne part de son àroc; doué d'un sang-froid inaltérable, ou l'a vu, sans qu'un seul muscle de sa physionomie tressaillit, braver les tumultes les plus orageux : « Vos insultes, dit-il une fois à la chambre ameutée, n'arriveront jamais a la hauteur de mon dé<daln. - Et dans une autre circonstance : « On peut épuiser ma force, on n'épuisera pas mon courage. » M. Guizot quand il était ministre était, à proprement parler, le seul orateur du parti ministériel ; il était fier de suffire à cette tache immense. La lutte était son existence , le pouvoir sa passion dominante, son éternelle préoccupation : il lui a constamment tout sacrilié. On a beaucoup vanté les vertus privées de M. Guizot, son désintéressement; et l'on a dit de lui, comme de Walpolc : « Ce ministre corrupteur est un homme incorruptible. ► Est-ce bien là un éloge.

GUIZOT

te jeune fil» île M. Guizol, Maurice-Guillaume Goizot, né le 11 janvier 1833, à Taris, après avoir (ait d'excellentes études au collège Bourbon, a débuté dans la carrière de» lettres par une Étude sur Ménandre, lu Comédie ft la Société grecques , ouvrage couronné par l'Académie Française, en IS53. Le nom que portait le jeune écrivain devait lui attirer le» sympathies du corps savant appelé à juger du niérite de son œuvre; l'Académie s'est peut-être montrée indulgente , mais il y a du goût et de l'esprit dans ce travail ; on y découvre des germes de talent.

GUIZOT (flLisnitTii-CiivnioTTK-PAii.iNt de MEULAN, Mmr), première lemme de l'amieu ministre de Louis- Philippe, naquit à l'.iris, le 7 novembre 1773, d'une famille considérable dans la finance. Son père était receveur général de la généralité de Paris. Dans sou cnlancc, et malgré les soins d'une éducation très-cultivée, l'originalité si active de son esprit ne fut pas prompte à se manifester; elle apprenait, elle travaillait plutôt par docilité et par amourde l'ordre que par goût. On lui trouvait une intelligence rare, une extrême facilité; elle faisait des vers, elle composait de petits contes, mais langiii>saimiiciit et sans prendre à aucun travail un vif plaisir. Ce ne fut guère qu'a l'âge de vingt ans , au milieu des spectacles et des ébranlements de ! la révolution, qu'éclata l'énergie féconde de sa nature, et j qu'un jour en dessinant, comme elle le disait elle-même, I elle «'ai isa de se sentir de l'esprit. Bientôt elle fut appelée | non- seulement a jouir de ses facultés, mais à les déployer pour le soutien de sa famille ; ta révolution vint renverser la fortune de son père et réduire à une extrême gêne sa mère, demeurée seule avec quatre autres enfants, dans un temps où chacun se suffisait à grand 'peine à soi-même. M"" de Meulan se mit à Ouvre pour tous les siens. Encouragée par S u a rd , ancien ami de sa famille, elle se décida à écrire pour le public. Un premier roman, publié en 1799, Les Contradictions , semblait décélcr, avec un bon sens très-original et une immense prodigalité d'esprit, quelque disposition à une subtilité excessive dans le développement des idées. Ces défauts disparurent en grande partie dans un second roman, La Chapelle <TAyton, composition modestement cachée sous l'apparence d'une traduction, mais qui n'avait réellement emprunté à l'auteur anglais qu'un titre et quelques noms.

M"r de Meulan ne continua pas h écrire des romans : le journal te Publiciste et plusieurs recueils littéraires l'attachèrent à leur rédaction. Au commencement de l'année tso7 un chagrin domestique, la mort du mari de sa steur, vint gravement altérer sa santé; elle ne pouvait sans danger continuer les feuilletons du Publiciste. Cependant les embarras de la situation et son indifférence naturelle pour la souffrance allaient l'emporter sur toute autre considération, lorsqu'elle reçut, d'une personne qui ne se nommait pas, l'article qu'elle avait a faire; elle accepta sans hésiter la res|ion*abilité de cet article. Pend tut quelque temps celle singulière correspondance continua sans que M,lc de Meulan connût sou correspondant; mais elle voulut enfin savoir à qui elle la devait, et M. Guizot se nomma.

Ce fut là l'origine de leurs relations : cinq ans après, malgré l i grande diflérence d'âge de M. Guizot, plus jeune de quatorze ans, le mariage les unit. Dans sa nouvelle existence M"'r Guizot tourna bientôt toutes ses pensées vers l'éducation. Les En/ants, les nouveaux Contes et F Écolier furent ses premiers essais dans cette voie. Los deux premiers ouvrages s'adressent directement à l'enfance ; et sans jamais quitter le ton simple qui convient à ces intelligences si vives et si faibles, elle a su mettre non-seulement à leur portée, mais à leur usage, tes priticii** les plus élevés et toutes tes idées, tous les sentiments d'une nature supérieure L'Écolier est une n-nuc plus variée, destinée presque autant aux hommes qu'aux enfants, ou plutôt destinée a faire comprendre aux enfants Us devoirs des hommes, à leur peindre leurs vertus a venir. Un autre ouvrage de M'<e Guizot, qui n'a pas été achevé, l ue famille, pré-

GlfLlSTAN

sente le mélange des leçons donnée* aux entants et «le cdla qui s'adressent aux parents. Un recueil publié après st mort, les Conseils de Morale, se compose de morceau i déUcbs, de traités, de pensées , de caractères. Enfin, le dernier ouvrage qu'ait écrit M"1»* Guizot, celui qu'elle s'est bâtée «f»chever quand elle sentit les forces lui écliapper, les Mtret sur l'Éducation domestique, ne sont pas un brre proprement, un traité systématique d'éducation , ce sont de* faite, des observations, des directions, des conseils, toujours lies liés, rattachés à une idée grande et simple, nuis qui Airorttent une variété infinie dans l'application. Ces! l'expérience d'un esprit supérieur mise au service de parents novice*.

Mme Guizot semblait devoir se reposer dans on long b>« heur des premières fatigues de la vie ; mais une maudit douloureuse l'enleva, le 1« août 1817. Elle s'éteignit Ouquilleiuent, au milieu des siens , en écoutant son nuri lire un sermon de Bossuet sur l'immortalité de l'ame.

GULDBERG (OvE-Iloecn), célèbre historien et boum d'État danois, était né en 1731, à Horsen. Il est aaleurd'me d'histoire universelle (3 volumes; Copenhague, 1771), da* laquelle il soutient avantageusement U comparaison me Thucydide sous le rapport de l'habileté de l'exposition, et avec Tacite sous celui de la nerveuse concision du style. On n'estime pas moins ses ouvrages théologiques, parai taquets on doit plus spécialement citer sa Fixation des dota jwur les lit res du Nouveau-Testament (173») et ta Induction avec notes du Nouveau-Testament (1794). Noam* ministre a la suite de la révolution de palais qui nattera S truensée, la politique qu'il suivit (i77*-l784)fntdBmétralement opposée à celle de cet homme cPEIal. .Noamt bailli d'Aarhuus ( Jutland ) à l'avènement à la régence à» Frédéric VI, il mérita bien de la province qu'il était durgf d'administrer, et mourut en 1808, après avoir été mi» à» retraite en 1801, À cause de son grand âge.

GULDKX. Voyez Flohm.

GULDIX (Hvbacic et plus lard Pacl) , né a Saint-Gai», en 1577, exerça d'abord l'orfèvrerie. 11 appartenait à U reSgion reformée; mais a l'âge de vingt ans il apostaùa , et entra chez les jésuites ; c'est alors qu'il changea ton «o* biblique pour celui de Paul. Il s'adonna à l'étude de* n* thématiques, et a partir de 1600 il se livra à leur ca**ia* ment dans les collèges de la société à laquelle il appartenu, d'abord à Rome et plus tard à Gratz. Il mourut dans dernière ville, le 3 novembre 1643.

Le nom de Guldin est surtout connu à cause du theorte auquel il est resté attaché ; mais nous avons dit ailieun q* le véritable auteur de ce théorème était Papp'is («•?*• CcsTRODAnioti:), ce que Guktin n'ignorait pas, quoiqu'il M donné comme une de ses propres découvertes. Lorsque O va lie ri publia sa Géométrie des indivisibles, GuM» & encore le tort de se ranger parmi ses adversaires. Si doat i peut réclamer une place dans la science , ce n'est que P°* sa défense du calendier grégorien, qu'il publia sous le titre de Réfutât io clenchi calendarii Gregoriania SeihoCalrisio conscripti (Maycnce, 1616). E. MEaust».

GULF-STREAM. Voyez. Couiast , tome VI, p-^

G U LU AXÉ, l'une des résidences du sultan, àtoeei peu de distance de Constantinopte , sur le Bosphore, 4* donna son nom à un fameux hattichérif lonnaot u» sorte de charte pour l'Empire Othoman.

G U LIST AN (Traité de). Il fut signé en 181 J, <""' la Perse et la Russie, sous la médiation de l'Angleterre, pour la démarcation définitive de leurs frontières relatives, mais ne Tut ratifié qu'en 1810. En vertu de ce ira*, que la convention de T o u r k m an tcha î , conclue en a encore singulièrement aggravé, la Russie obtint les condition* les plus favorables pour son commerce d*a* Etals du chah, ainsi que le droit exclusif d'avoir èo Intiment* de guerre sur la mer Caspienne. La Perse h>< •* en outre, IcChirwan, et se désista de toutes prétention* ** le Daghestan, l'Abazie et la Géorgie. Gulislan, jnot <t"> a" gnilie Pays des Raies, est le nom d'un village situé

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