GULISTAN
flncut «lu Kour et de l'Araxe, dan* le Karah-Bakh (Jardin noir ), contrée montagneuse et boisée de la Perse, où ne réunirent les diplomates chargés de négocier le traité dont nous venons de rapporter les clauses essentielles. C'est aussi le titre d'un des ouvrages les plus connus de Sa ad i.
GUNDWANA. Voyez Goukdoi'ana.
GUNTER ( Edmond), célèbre mathématicien anglais du dis-septième siècle, naquit dans le Herllordshirc , en 1581, d'une famille originaire du Brecknocshire. Ses travaux le mirent en rapport avec les savants les plus distingués de son siècle, et on lui conlia , en 1019, la citai re d'astronomie au collège de Gresham. Trois ans auparavant il était enlré dans les ordres. On lui doit l'invention de plusieurs instruments de mathématique*, dont le principal est connu sous le nom de règle à calcul (voyez Calculée (Instruments à J ). Eu 1632, il fit l'importante découverte que la variation de l'aiguille aimantée varie. 11 fut amené à reconnaître ce fait parles travaux préalables du cours qu'il fit à Deptford au sujet de ces variations , et à l'occasion desquels il remarqua que la déclinaison de l'aiguille avait changé de près de 5" dans l'espace de quarante-deux années. La vériu; de cette découverte fut plus tard démontrée et continué par Gellibrand, son successeur dans la chaire d'astronomie du collège de Gresliam. Gunter fut enlevtT aux sciences à l'âge de quarantecinq ans, en Itiîfi. Ses ouvrages ont eu de nombreuses éditions.
GUNTHER, comte de Schwartzbourg , né en I30>, roi d'Allemagne ea 1349, avait fait preuve de capacité dans l'administration de son petit Etat, et s'était aussi distingué , en 13 44, dans la guerre dite des comtes deThuriiige. Lors de la mort de Louis de Bavière ( 1347), le roi Edouard d'Angleterre et le margrave Frédéric de Misnie ayant refusé la couronne impériale, Gunther, qui re|>oussa d'abord avec forte les propositions qui lui lurent faites à ce sujet, fut élu em|tereur le 30 janvier 1349, à Francfort, par les électeurs de Mayeoce, de brandebourg, et de Bavière, et opposé à Charles IV, qui déjà était monté .sur le trône, grâce à l'appui du pape et de la France. Charles IV eut recours aux ruses et aux intrigues de la diplomatie, et réussit à gagner à sa cause le landgrave Frédéric et ses fils, puis le comte palatin Rodolphe, et enfin le margrave de Brandebourg lui-même. Le roi Gunther persista, et se prépara à la guerre Au moment où il allait se mettre en campagne, dans les premiers jours de mai 1349, il fut tout à coup saisi d'une indisposition, contre laquelle il cul recours a un médecin de Francfort, qui vraisembtemcnl l'empoisonna. Aus- j sitôt en effet qu'il eut pris les remèdes prescrits , sa fai- ' Mes*» augmenta visiblement d'heure en heure. A la prière des princes ses amis, Gunther, qui avait le pressentiment ! de sa fin prochaine et qui songeait à ses enfants et à ses '■ créanciers, consentit enfin à abdiquer la couronne iinpé- j riale moyennant une indemnité de 20,000 marcs d'argent, j Il mourut deux jour* après, le 14 juin 1349, et fut enterré j dans l'église cathédrale de Francfort , où on éleva un monument à sa mémoire en 1352.
GURDISTAN où GUBGISTAN. Cest ainsi que les Turcs et les Arabes appellent la G éo rg i e.
GUROWSKI (Adam, comte), émigré polonais de 1831, l'un des publicistes qui se sont chargés de populariser les théories du panslavisme russe, est né au commencement de ce siècle, au château Rusocice, dans la woiwodie de Kalisch, en Pologne, et l'alné de cinq frères ; doué des plus heureuses facultés intellectuelles, il alla étudier en Allemagne, aux universités de Leipzig, de Gccttingue et de Heidelberg, où il se fit une réputation de mauvaise tète et de brelteur, et où il se trouva compromis dans l'affaire des menées démagogiques de 1820. N'osant plus retourner en Pologne, il habita alors (tendant longtemps le grand-duché de Poscn ; mais ayant enfin obtenu un saufconduit, il rentra dans son pays, où, par suilede l'inquiétude naturelle «le son esprit, il ne tarda pointa s'occuper «le politique constitutionnelle, de crédit agricole et de littérature
- GUSTAVE
Cf. 7
: romantique. Se voyant méconnu et systématiquement repoussé de toutes parts, il finit par se rapprocher des hautes sphères du pouvoir et du grand-duc, Constantin. Mais la révolution de, novembre 1830 n'eut pas plus tôt éclaté à Varsovie, qu'il se montra clitbiite ardent ; et le gouvernement national le chargea alors d'une mission à l'étranger. Arrivé à Paris avec une foule d'émigrés polonais, après la compression de l'insurrection, et complètement <le\oné a son pays tard qu'il crut à la révolution, ainsi qu'il nous l'apprend lui-utéiue, il «Jcviut l'un des membres du comité national polonais de Paris ; et quand celte assemblée eut été dissoute, il déploya une ardeur extrême pour fonder la Société démocratique, qui devait plus tard prendre un caractère tout autre. La lougue de son esprit ne lui permit pas de rester longtemps d'accord avec les démocrates organisateurs , et pendant plusieurs années il mena alors une vie passablement accidentée. Réduit à la pauvreté par la révolution, mais conservant toute son énergie morale, il sonda d'une main ferme et sûre la profondeur des misères sociales actuelles, et se fit publiciste, employant pour rendre ses idées tantôt la langue allemande, tantôt la langue française. Bientôt le démagogue se transforma en insolent aristocrate, en ennemi acharné de la bourgeoisie, le républicain en absolutiste, le catholique en défenseur de l'Eglise grecque, le Polonais en Busse, l'Européen en l'anslaviste. C'était là un moyen infaillible de se faire rouvrir à deux balt.iuls les portes de la Russie; toutefois, on ne lui rendit pas ses biens confisqués, et on se borna à lui donner la position tns- subordonnée «Je gouverneur civil dans l'intérieur de la Russie. Ennuyé de semblables fonctions, il gagna encore une fois l'étranger en 1845, et publia alors différents écrits panslavis/es , tant en Allemagne qu'en France. Pris au dépourvu par les événements de 1848, il jugea prudent de disparaître du théâtre de la politique, et se rendit en IHi'J à Boston, où , avec un autre émigré |tolonais, il fit valoir son passé démocratique pour solliciter unechaire de professeur, qu'on ne jugea pas à propos de lui accorder. Ses principaux ouvrages sont : Im Vérité sur la Russie ( 'Paris 1840); La Rassie et la Civilisation (en allemand; Leipsig, Itvil ); Pensées sur V avenir des Polonais (Berlin, 184 tj; Extraits de, mon livre de Pensées (en allemand ; Breslau, 1843 ) ; un tour en Belgique (en allemand ; Heidelberg, 1845); Impressions et souvenirs (Lausaune, 1846) ; Les derniers Événements dans les trois parties de l'ancienne Pologne (en allemand ; Munich, 1846).
GUSTATION. Voyez Drîci station.
GUSTAVE. Quatre rois de Suède ont porté ce nom.
GUSTAVE 1er ou GUSTAVE WASA, roi de Suède de 1 523 a 1560, né le 12 mars 1496, a Lindholm, dans la province d'Upland (Suède), s'appelait originairement Gustave Erickson , et était le fils aine du séuateur Erick Johansson , lequel du côlé paternel descendait de la maison de Wasa , et du côté maternel de la maison de Sture, deux familles proches parentes des anciens rois de Suède. Ses cousins, les Sture, qui étaient alors administrateurs du royaume de Suède, lui inspirèrent de bonne heure l'amour «le la patrie, Teillèrent sur son éducation, et l'envoyèrent en 1 509 à l'école d'Upsal. A son retour, en 1512, bien Sture le jeune le prit A sa cour , et chargea le savant évèque de Unk«i>ping, Hemming Gadd , de l'initier à la politique. Gustave commença sa carrière militaire en 1517, i l'occasion d'une guerre que Sten Sture le jeune eut à soutenir contre l'archevêque Gu*tav« TroUe, qui, ennemi des Sture, conspirait ouvertement contre eux. Il repoussa bravement les Danois venus au secours de l'archevêque, assiégé dans le château de Staeke, et contraignit le prélat lui même & capituler. Il prit également une part glorieuse aux victoires- remportées sur les troi.pes danoises de Christicrn II par Sten Sture, en 1518 Lors des négociations qui s'ouvrirent bientôt pour la paix, il lut un des six otage* envoyés a bord de la flotte danoise qui croisait devant Stockholm , cl dont Christicrn s'empara traîtreusement pour les retenir prisonniers de guerre en
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GUSTAVE
C'est là que, vers la fin de Tannée 1519, Gustave apprit que Christiern avait presque complètement subjugué la Suède. Il réassit alors à s'évader de prison, déguisé en paysan , et parvint le même jour , non sans courir de grands dangers, à Flensbourg, où il se mit an service de marchands de bœufs jutlandais, avec lesquels il put, sans être découvert, B^rter Lubeck. Le sénat de celte ville, qui n'était rien moins que satisfait do voir la Suède au pouvoir du roi de Danemark , prit le fugitif sous sa protection, et favorisa son départ pour la Suède. Gustave y débarqua au cap Stensre, non loin de Calmar , que les Danois, à ce moment même , bloquaient étroitement par mer. Il se rendit aussitôt dans cette ville, et excita le* habitants à faire une brave résistance ; mais on craignit de se compromettre en écoutant un banni, et la garnison allemande, dont les dispositions étaient déjà très-incertaines, en vint même à menacer ses Jours , do sorte qu'il lui fallut prendre la fuite. Il se réfugia d'abord dans la prvince de Somoland , parmi les paysans de son père, puis, lorsqu'il ne s'y crut plus en sûreté, citez sou beaufrère, et de la dans son domaine de Refsna» , et enflu en Dalécarlie, où, poursuivi par les satellites de Christicrn II, il servit d'abord comme batteur en grange. Rélancé encore dans cet asile, il alla se cacher dans une cave, puis dans des forêts inaccessibles , et parvint à s'échapper caché dans une voiture de paille. Gustave avait inutilement appelé à diverses reprises les Datécarliens aux armes contre les D moK Ce fut seulement lorsqu'on apprit dans ces contrées les scènes de carnage qui avaient ensanglanté la capitale, et qui sont connuci dans l'histoire sous le nom de massacres de Stockholm, en même temps que le bruit s'y répandait de l'intention manifestée par Christiern d'établir un nouvel impôt sur les paysans , que les populations élurent Gustave pour chef. Le château fort du gouverneur de la province fut pris d'assaut , et enhardis par ce premier succès de l'insurrection, les Dalécarliens accoururent chaque jour en plus grand nombre se ranger sous ses drapeaux. Un corps de 6,000 hommes, commandé par l'archevêque Trolle, ayant été battu par les insurgés, Gustave n'hésita point à sortir de la Dalécarlie. 11 s'empara de Westerœs, puUd'Upsal, et marcha de la sur Stockholm, mais sans pouvoir se rendre mal tre de cette ville, parce qu'il manquait de navires pour l'investir par mer. Pendant ce temps-là une diète convo.quéeà Wodstcna, en Ostrogothic, avait proclam1, le 24 août 1521 , Gustave administrateurel capitaine général du royaume de Suède.
Imcsti pir là d'une autorité légale, il s'occupa aussitôt de la réorgt lisalion du pays, confiant les gouvernements principaux a ses intimes, faisant élire pour évêques des hommes en qui il pouvait avoir toute confiance, et augmentant autant que possible l'effectif de son armée. En même temps il se mettait de nouveau en marche sur Stockholm, qu'il bloqua bicnlùt'dc la manière la plus étroite- Quoique les Danois eussent réussi pendant son absence à détruire son camp à la suite de sorties vigoureuses faites dans .es journées des 7, 8 et 13 avril 1522, Gustave, grâce à li puissante diversion qu'opérèrent en sa faveur les querelles dynastiques auxquelles le Danemark se trouva en proie et qui amenèrent la déposition de Christiern II , grâce aussi à un secours de dix bâtiments de guerre que lui envoya la ville de Lubeck, parvint à se rendre maître des villes île Calmar et de Stockholm en mai et juin 1 525. Toutefois, avant que Stockholm fût tombée en son pouvoir , il avait convoqué pour les fêtes de Pâques ( 1523) la diète de SuWe à Strengiues; et il sut déterminer cette assemblée à lui déférer la couronne, qu'il accepta après de feintes hésitations. Stockholm ayant capitulé, il fit son entrée solennelle en cette ville; mais il différa jusqu'en 1528 la cérémonie de son couronnement , pour ne point se trouver forcé de jurer le maintien des privilèges du clergé et d'accepter d'autres conditions humiliantes. Peu de temps après qu'il se fut rendu maître de Stockholm, il conquit la Finlande, et régna de la sorte sur tout le territoire de la Suède. En môme temps il
contraignait te roi de Danemark, Frédéric I", à renonçât toutes prêtent ion * à la couronne de Suède, ainsi aal k reconnaître lui-même en qualité de souverain légitime <k« pays; et il signait avec ce prince un traité d'alliance oxiln leur ennemi commun , Christiern II. D'après les convai» de son chancelier Lars Anderson, il conçut le hardi projet d'introduire en Suède la réformation, dont les doctrinal;: furent expliquées par deux Suédois, disciples de Lutter, Olaùs et Lorentx Pétri. Toutefois, au lieu d'apporttf la précipitation dans la réalisation de ce grand projet, il ne l'exécuta que petit à petit. Ce fut seulement lorsque h majorité des populations eut embrassé le protestante , qu'il fit lui-même profession publique du nouveau colle, en 1530; et une décision de la diète tenue à Western, proclama enfin, le 13 janvier 1544, le luthéranisme n:l>:«a de l'État. C'est dans la même diète qu'il lut égalciueat >cidé que le trône de Suède cesserait à l'avenir d'éire électif, et que le fils aîné de Gustave, Erik, fut déclaré héritier de la couronne.
Tout le règne de Gustave fut d'ailleurs pour la Siède une époque de remarquable prospérité. Ce prince reusft dans le royaume l'ordre et la tranquillité que ladomiaib» danoise y avait anéantis; il adoucit les mojurs, enconnpa l'industrie, notamment l'exploitation des mines, favoris» * commerce, la navigation et les sciences. Pour affermir a puissance, il s'eKorca de diminuer l'influence de la noble» et celle du clergé. En conséquence, il confisqua la plus pis* partie des biens appartenant aux églises et aux coofenfc. soumit le clergé à l'impôt, et fixa le maximum de sonvenus. Il procéda d'abord avec plus de ménagement! » l'égard de la noblesse , qu'il admit au partage des btes* ecclésiastiques; mais plus tard il lui reprit une boni* pari» de ce qu'il lui avait donné, et mit des bornes à li M puissance que cet ordre avait exercée jusque alors, en disant accorder siège et voix délibérative dans la diète i l'ordre des paysans et à celui des bourgeois. Les direr*conspirations provoquées par l'énergie avec laque* 11 maniait le pouvoir furent toutes découvertes par si ùplance et déjouées par son habileté. Son conseiller intis*. Conrad Pcutninger ou de Pyhy, comme il se faisait app*eut une part importante dans l'exécution de ses diw plans ; mais ce ministre finit cependant par être disgrac*. en 1543. Pour s'affranchir de l'oppression cotnmertuif exercée par la Hanse, Gustave fit pendant six ans a»ec accès la guerre à Lubeck, et conclut des traités de coaiwn avec l'Angleterre et les Pays-Bas. Pour conserver la Y* lande, il soutint une guerre heureuse contre la Russie,* 1555 à 1557.
Il désigna pour lui succéder sur le trône le fils issu de «a premier mariage, Erick XIV, en décidant toutefois que p*" ses fils du second lit, qu'il aimait beaucoup, il y en aurai trois qui partageraient le pouvoir avec lui , mais sans *>"' veraineté , Jean en Finlande , Magnus en Ostrogothie. <* Charles en Sudermannland , Néricie et Wermlaod.
Gustave Wasa mourut le 29septempre 1 560. Il avait ea* tamment déployé l'activité la plus heureuse pour k l*"a ses États. Il améliora l'administration de la justice, letoûrs les monnaies, les douanes ; créa sous le nom de colUp cinq départements ou ministères, pour la justice, la guerre, * marine, la chancellerie et l'intérieur, et favorisa le oonw™ de la Suède en lui créant des débouchés et des relata* en Hollande, en organisant une compagnie commerciale te Indes.Il (ondaen outre beaucoup d'églises et d'écoles, ainsi* l'université d'Abo en Finlande, et attira en Suède un pw nombre de savants étrangers, G rotiu s entre autres.
[GUSTAVE II ou GUSTAVE-ADOLPHE, le plus F**1 prince qu'ait eu la Suède, né le 9 décembre 15!>4, était de Charles IX, parvint au trône le 8 novembre icii,e> mourut le G novembre 1632. Héros de U guerre de h<**ans, il fut le champion du parti prolestant et des libéré germaniques, alors que l'œuvre de Lutlier était menacée i* l'ambition de la maison d'Autriche. En montant à *
GUSTAVE
sur an trône disputé par le Danemark, qui n'avait pas encore renoncé è la brillante chimère rie l'union de Calmar, Gustave héritait en même temps de trois guerres dangereunes, contre les Danois, les Russes et les Polonais. Il achète des premiers la paix de Skerœd (1613), enlève au exar Romanow t'ingrie, la Carélie, une partie de la Livonie, et fond sur la Pologne, où deux victoires, à Walliost (1626) et à Stum (162S), annoncent à l'Allemagne son futur libérateur. Sigîsmond, battu, chassé delà Prusse etde la Livonie, malgré les secours de l'empereur, signe une trêve de six ans, qui permet à Gustave d'exécuter ses grand* projets en Allemagne. La ruine du roi de Danemark Christian IV était loin d'avoir terminé la guerre de trente ans. Les menaces et les vengeances de l'empereur Ferdinand II inquiétaient la France et la Suède. Richelieu trompe l'empereur, soulève les princes, arme Gustave, lui fournit des subsides, lui en promet plus encore, et le précipite sur l'Allemagne. Gustave s'embarque le 20 mai 1630, confiant son royaume à Dieu et à la sagesse du sénat de Stockholm. Le même jour l'empereur destituait le généralissime de ses armée*, l'habile et orgueilleux Waldstein, qui en parlant de Gustave avait promis de chasser cet écolier avec des verges» Ferdinand II se laissait dire par ses courtisans que ce roi de neige allait fondre au soleil du midi... Oui, sans doute, mais après avoir marqué son passage par de bien cruelles avalanches. Gustave a touché le sol de l'Allemagne : Wotlin, Stettin, Stargart, sont emportés. Il se précipite en avant, prodigue d'hommes, avare de temps, déconcertant par sa promptitude merveilleuse la vieille routine allemande. Il s'élance de la Poméranie dans la Marche, de la Marclie dans la Silésie, au milieu des frimais de l'hiver le plus rigoureux. Le général Torquato Cnnti lui demande une trêve .- « Les Suédois ne connaissent pas l'hiver, lui répond Gustave. » Le vîéux général baravois THIy vient le premier s'opposer au torrent. Mais les mercenaires de la Bavière, avec les femmes impures qui suivent leurs camps, avec leurs orgies et leurs cris de pillage, que pouvaient-ils contre celle forte armée suédoise, où un jurement appelait le bâton du caporal, où chaque matin et chaque soir un armée entière
s'agenouillait pour entonner les psaumes sacres, pour tendre dans un silence religieux les exhortations du ministre et les sermons à cheval du héros suédois ? Pendant que la politique menaçante et armée de Gustave emporte l'alliance du duc de Saxe et de l'électeur de Brandebourg, l'armée de Tilly se déshonore par un triomphe digne des bar- Lares d'Attila, le pillage, l'incendie et la ruine de la riche Magdcbourg. Gustave, à qui l'on reproche de ne l'avoir pas secourue, répond aux plaintes de9 protestants par la sanglante victoire de Leipzig (1631), remportée sur Tilly. Tandis que les Saxons se préparent à envahir la Bohême, il bat le duc de Lorraine, pénètre en Alsace, soumet les électoiat; de Trêves, de Mayence et du Rhin, auxquels Richelieu aurait voulu permettre la neutralité. Enfin, il court envahir la Bohême. Tilly, qui essaye vainement de l'arrêter au passage il u Lecb, est blessé mortellement.. L'Autriche était ouverte de tous côtés ; l'empereur, consterné, s'humilie devant Waldstein, et le rappelle pour l'opposer au vainqueur suédois. La tsohcmc est sauvée, comme Waldstein l'avait promis, et les deux rivaux se rencontrent sous les murs de Nurein- >erg. L'Europe les vit avec étonneinent s'observer pendant rois mois. Enfin la bataille s'engage à Lutzen, le 6 novembre ir»32; Gustave est frappé d'un coup mortel au miieti du combat. Ses soldats le vengent par la défaite des mp^riaux. Le lendemain, on retrouva son corps nu, san- [lant, et tout défiguré ; le chapeau et le justaucorps que Portait le héros furent envoyés à Vienne. On accusa de sa nort le duc de Saxe-Lauenhourg, qui venait de passer aux iuédois, et qui revint aux Impériaux après la bataille.
Ij'fCurope pif ura Gustave, mais pourquoi? dit un liistojen, peut-être mourut-il a temps pour sa gloire. 11 avait anvé l'Allemagne, et n'avait pas eu le temps de l'opprimer; , n'avait point rendu le palatinat à l'électeur Frédéric V dé-
pouillé ; il destinait Mayence à son chancelier Oxeastiern : il avait témoigné du goût pour la résidence d'Augsbourg, qui serait devenu le siège d'un nouvel empire (Micbelet). • Quoi qu'il en soit, la Suède perdit en lui un grand roi. Zélé pour la justice, il protégea le commerce et l'industrie, et donna le premier à la Suède une armée permanente et un code militaire. Il changea l'art de la guerre eu substituant au choc des masses l'habileté et Ja promptitude des manœuvres. Ses funérailles lurent sanglantes, comme celles d'Alexandre. Jusqu'à la fin de la guerre de trente ans, les généraux qu'avait formés Gustave (Banner, Torstenson, Wcimar), en couvrant l'Allemagne de deuil et des ruines, soutinrent l'honneur desarmes de la Suède, qui au traité de Westphalie recueillit le prix du sang et des efforts de ce héros. De sa femme, Marie- Éléonore de Brandebourg, il ne laissait en mourant qu'une fille , qui fut la célèbre Christine.
GUSTAVE III, roi de Suède ( 1771-1792), Gis et i seur d'Adolplie-Frédéric, né le 24 janvier 1746, périt i siné dans la nuit du 15 au 16 mars 1792.
Depuis la mort de Charles XII, la noblesse et le sénat de Suède avaient usurpé sur la couronne les pouvoirs législatif et exécutif. Pour comble de maux, la diète du royaume était partagée entre deux factions, celle des bonnets, vendue à la Russie, et celle des chapeaux, dévouée à la France. Le roi régnant, Adolphe-Frédéric, fut obligé d'opter. Son fils Gustave, qu'il envoya en France pour se concerter avec le ministre Chotseu), y apprit la mort de son père. Il se hâta revenir dans ses Etats, où le sénat lui fit signer une capitulation plus dure encore que celle qui avait été imposée à ses prédécesseurs : on s'arrogeait jusqu'au droit de fixer la quantité de vin qui devait être servie à sa table. Un pareil joug ne pouvait convenir au grand caractère du nouveau roi ; appuyé de l'aml>assa<leur français Vergennes, soutenu de quelques nobles fidèles, il gagne les troupes, et promulgue une constitution nouvelle, qui rend à la couronne de Suède son ancienne autorité. Cette révolution s'opère sans qu'une seule goutte de sang soit répandue; « et le roi, dit Sheridan, qui le matin se leva le prince le moins absolu de l'Europe, se trouva dans l'espace de deux heures aussi absolu a Stockholm que le roi du France à Versailles, et le grand sultan à Constanlinople. » Toutes les cours applaudirent, excepté la Russie. Gustave remit en honneur les sciences et les arts; mais la Suède, avec sa pauvreté, n'était guère en état de payer le luxe et les spectacles d'un roi du Nord qui voulait trancher du Louis XIV. La diète de 1778 avait adopté toutes les demandes de Gustave; celle de I7»6 les refusa toutes. Le mauvais succès de la guerre contre la Russie ne lui rendit pas sa popularité, bien qu'on ne dût imputer qu'à la trahison des otiieiers nobles la destruction de la flotte suédoise à Hogland. Une paix onéreuse fut signée à WV-réUe, le 14 août 1790. Gustave, incapable de plier, n'en força pas moins la diète d'accepter l'acte à union et de sûreté, qui investissait exclusivement le roi du droit de paix et de guerre. La noblese résiste : Gustave en fait justice par la prison et les supplices. Dès lors sa perte est jurée : trois gentilshommes s'en rapportent au sort pour la mission de lui porter le coup mortel. Ankaratrœm, qui est désigné, ce rend dans la nuit du 15 au 16 août 1792 au bal masqué de la cour : il blesse à la mort le roi d'un coup de pistolet. On a voulu attribuer ce meurtre aux jacobins de France. Alors en effet existait à Paris la société des lueurs de rois. Quoi qu'il en soit, le crime d'Ankarstrosm fut célébré comme une action sublime par les révolutionnaires français , et son auteur assimilé aux héros des républiques anciennes. Gustave, qui survécut quatorze jours à sa blessure-, nomma régeut son frère le duc de Sudermanie, pendant la minorité de son fils Gustave IV. Jusqu'au dernier moment, malgré les cruelles douleurs de sa blessure, il conserva le plus grand calme d'esprit, et pourvut au sort «le ses amis. Son assassin avait déjà été jugé et exécuté. Gustave III doit être mis au nombre des rois qui cultivèrent les lettres avec succès ; il possédait le
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français et la plupart des langues de l'Europe. Ses discour», ses lettres, et se* pièces de théâtre en suédois sont très-estimes de ses compatriotes. Dans ses voyages, il visita la France sous le nom de comte de Ifaga, et se fit remarquer par la justesse et le brillant de son esprit. Il refusa de voir Franklin « parce que, dit-il, il n'était pas prudent aux rois de voir de pareils hommes. *
GUSTAVE IV ADOLPHE, roi de Suède de 1792 à 1809, fils et successeur du précédent, né le 1" novembre 1778, descendit du trône en 1810, et, sous le nom de colonel Gustation, alla grossir le nombre, de nos jours assez considérable en Europe, des majestés déchues. Loin de nous la pensée d'insulter au malheur! Mais pour expliquer quelques-uns drs actes de la vie publique ou privée de ce prince il faut admettre chez lui l'alliance déplorable de l'ame la plus élevée avec une raison quelquefois chancelante. En montant sur le trône a l'Age de quatorze ans, il s'éprit de la gloire de Charles XII, et voulut le copier en tout ; mais la copie ne valait pas l'original : il n'avait de Charles XII que les défauts, et point les talents ; il le surpassait même en opiniâtreté. On le vit, pour mieux ressembler à son modèle, porter un habit bleu attaché jusqu'au menton avec de gros boutons de cuivre, relever ses cheveux sur la racine; et l'épée du héros de Bender, trop longue pour sa petite taille, trop lourde pour son faible bras, fut raccourcie de moitié, et suspendue à son coté. Sa politique fut à l'avenant de re bizarre travestissement. Il s'était rendu à Saint-Pétersl>ourg pour épouser la grande-dnehesse Alexmidra Paulovrna ; et au moment de la bénédiction nuptiale, il resta confiné dans son appartement, ne voulant pas, disait-il, lui, luthérien, épouser une princesse élevée dans la communion grecque. La vieille impératrice Catherine supporta cet affront, qui aurait pu donner lieu à une bonne guerre. Gustave parcourut ensuite l'Allemagne, cherchant une épouse, et fixa son choix sur Frédérique- Dorothée, princesse de Bade. A la mort de Catherine 11, il fit une étroite alliance avec Paul 1er, dont il partageait les sentiments d'opposition chevaleresque aux doctrines et aux résultats de la révolution française. Paul 1" mourut ; Alexandre, son successeur, subit l'influence du cabinet britannique, qui abandonna la Suède a l'ambition envahissante de la Russie. Déjà les Russes avaient conquis une partie de la Finlande. Gustave, hors d'état de faire la guerre, crut se venger d'Alexandre en donnant à son fils le titre de duc de Finlande. Ami et admirateur du brave et infortuné duc d'E n ghi en , il entreprit de venger sa mort ; et quand l'Europe tremblait devant Napoléon, seul il refusa d'accéder au traité de T i I s i 1 1. Comme si ce n'eut pas été assez d'avoir pour ennemies la France et la Russie, Gustave vit le roi de Danemark, son oncle maternel, se mettre contre lui, sous prétexte qu'en livrant le passage du Sund aux Anglais, il avait connivé au bombardement de Copenhague. On sait quels lurent les résultats désastreux de cette guerre. Gustave, dépouillé par les Français de Stralsnnd et de Rugen, vaincu partout par les Russes, malgré l'incontestable valeur des Suédois, s'en prit injustement à son régiment des garder., et cassa ce corps d'élite et de noblesse. La Suède avait supporté tous les malheurs : cet outrage la révolte, et Gustave, à la suite d'une scène dans laquelle il a voulu répondre à coups d'épée aux sages observations du vieux feldmaréchal Klingsporr, est saisi, porté dans une chambre et gardé à vue. Le duc de Sudermanie, son oncle, reprend , non sans répugnance, le fardeau de la régence : une diète s'assemble, et Gustave- Adolphe envoie à cette assemblée l'acte de son abdication, rédigé dans les termes les plus nobles (1810). Le régent fut proclamé roi sous le nom de C h a r I e s X 1 1 1 , et Gustave exclu pour jamais du trône, lui et sa descendance.
Tandis que le nouveau roi adopte pour prince royal d'abord mi prince de la maison d'Augustenbnrg,dont une mort mystérieuse et soudaine ne tarde pas à priver la Suède, puis un heureux soldat français {voyez Behiudotte), Gustave-Adolphe quitte la Suède. Il parcourt l'Allemagne et te