GUTTURAL
de communication de l'oreille avec le pharynx, appelé communément trompe rf S ut tache. Quelques patbologistes ont mal à propos désigné le goitre sous le nom de hernie gutturale.
On appelle gutturale, une sorte de toux qui eut occasionnée par une irritation du larynx ou de la trachée-artère. L'épithète de gutturale a été également employée pour indiquer une artère dépendant d'une branche de la carotide externe et se distribuant principalement à la partie supérieure de la glande thyroïde et do gosier.
Enfin , les grammairiens et les physiologistes désignent sous le nom de gutturales les lettres représentant des sons qui, comme \ng, Te k et le q, se prononcent du gosier.
Colouuat (de Plsère).
GUTZKOW (Chaules), journaliste et poète dramatique allemand, est né en 1811, à Berlin. Il y étudiait la théologie, et venait d'y remporter le prix d'une question mise au concours De Dits fatalibus, quand la révolution de juillet et les klées qu'elle éveilla dans les jeunes générations vinrent l'arraclier à ses études pour le jeter dans une autre direction. Le Forum de la critique fut son début dans celte donnée nouvelle , et il fit ensuite paraître voua le voile de l'anonyme ses Lettres d'un Fou à une Folle ( Hambourg, 1633), ouvrage dans lequel il développait les idées sociales déjà préconisées par J.-J. Rousseau. Il obtint plus de succès dans son Maha Gurti, histoire d'un dieu, roman écrit avec une mordante ironie. Menxel l'associa ensuite a la rédaction de sa Gazette littéraire. Il fit alors successivement paraître ses Nouvelles ( î vol., 1834 ) ; Soirées ( 2 vol., 1835 ) ; Caractères publics ( 1835), esquisses bien écrites sans doute, mais peu profondes ; puis Néron (1835), drame dans lequel il persifle avec infiniment d'esprit et d'originalité les travers du siècle. Il se sépara plus tard de Menzel pour accepter la direction de la feuille littéraire Le Phénix. C'est alors qu'il écrivit sa fameuse préface aux Lettres sur la LucindedeFr. Schlegel, par Schleiermacher, et son Wally (Manbeim, 1835), livre sans importance au point de vue de l'art, mais où il s'attaquait avec une grande audace au dogme de la révélation, et qui fit par conséquent beaucoup plus de bruit qu'il ne valait. La publication de cet ouvrage eut pour résultat de provoquer de la part de Menzel contre son ancien collaborateur les critiques les plus passionnées et les plus implacables; critiques qui dégénérèrent même en dénonciations formelles, enveloppant et l'écrivain et la Jeune Allemagne à laquelle il taisait profession d'appartenir. Les dénonciations de Menzel portèrent leurs fruits; tous les ouvrages de la Jeune Allemagne devinrent l'objet des plus sévères prohibitions , et Gutzkow, traduit devant le tribunal aulique de Baden, fut condamné à trois mois d'emprisonnement.
Pendant qu'il subissait sa peine à Manbeim, il y composa son Essai sur la Philosophie de l'Histoire ( 1836 ). Il écrivit ensuite , en opposition à la Littérature allemande de Menzel, ses Essais sur l'Histoire de la Littérature moderne (2 vol., 183C), ouvrage qui, bien que remarquable à beaucoup d'égards, manque cependant de ces aperçus généralisateurs et de cette habile méthode d'exposition qui ont rendu le talent de Menzel si populaire parmi ses compatriotes. Cest a cette période si active de la vie de Ch. Gutzkow qu'appartiennent son Goethe au point de vue de deux siècles ( 1836 ), son roman Séraphine ( 1838 ) ; Dieux, Héros et Don Quixoite ( 1838), suile d'articles critiques; Le Bonnet rouge et le capuchon (1838) ; Le Roi Saiil, poeme dramatique (1839) ; Blasedow et ses/ils, roman comique (1839).
Après avoir été l'un des détracteurs les plus opiniâtres et les plus systématiques du mariage, Ch. Gutzkow a fini, comme tant d'autres, par donner lui-même le plus éclatant démenti à ses arrogantes théories , en se mariant La popularité qu'il a vainement clterrhéc dans la polémique de la critique, il semble maintenant la demander au théâtre, genre auquel il s'eM voué de préférence dans ces dernières
GTJTZLAFF
années. Une partie de ses travaux en ce genre ont part le titre de Œuvres dramatiques ( 2 vol., 1842 ). Oo v trosn son Richard Savage, son Werner, son Patkul et son Êntt des Riches. On a en outre représenté de lui La Fntllt blanche, Queue et glaive, pièce historique h caractères, qui a eu de nombreuses représentations sur toutes le* seèaa d'Allemagne, et qui est sans contredit le plus popnUirt de ses ouvrages dramatiques. Si k ce bagage littéraire, déjà bits considérable, on ajoute ses Lettres de Paris (2 vol., Utt) et ses Œuvres mêlées (2 vol., 1842), qui ne cootim.it toutefois que des articles déjà publiés dans Le Tétiyrapht, journal fondé par lui à Hambourg, enfin son grand rouan Les Chevaliers de T Esprit (9 vol., 1850-1852), l'nMdetpta remarquables productions de notre époque, on sera forcé Jt convenir que Ch. Gutzkow est l'un de* plus féconds écrivains allemands contemporains. Si on est en droit de lai reprocher de fréquentes inconséquences, sa partialité, tau certaine vanité et beaucoup trop d'irritabilité, on duil aimer qu'il rachète ces défauts par beaucoup d'esprit et de sagicité, qualités d'autant plus précieuses chez cet écriviia qol n'est point d'événement contemporain qui ne lui fourni» matière à de piquantes observations.
GUTZLAFF (Charles), missionnaire protestant, dles juillet 1803, à Pyritz, en Poméranie, avait été placé pu ses parents en apprentissage à Stettin chez un gantier. Il < composa, en 1821, une pièce de vers dans laquelle Hupn niait les sentiments d'une foi ardente et le tcpu de poocar être utile à la propagation de la religion du Christ Frédéric- Guillaume IV accueillit favorablement ce ptacet poéliqoe, «t ordonna que le jeune pétitionnaire fût admis dans l'éiaM» sèment des missions existant à Berlin. Deux ans pins tard, GutzIafT avait fait assez de progrés pour qu'on pût l'esvoyer à la Société des Missions hollandaises k Rotterdaa On l'y destina à une mission chez les Battas, peuplade in* gène de l'Ile de Sumatra ; mais ce ne fut qu'au moisd'aoftt istf qu'il lui fut possible de partir pour sa destination. Rrfm; à Java par la guerre qui avait éclaté à Sumatra, il se fixa » Hata via , où le missionnaire anglais Mcdhurst le mit ea nf port avec les Chinois établis dans celte ville. Il «"ylimi l'étude du chinois, et s'y maria bientôt après avec use rida Anglaise. Après avoir consacré deux années à l'étude de b langue et dès mœurs des Chinois et être parvenu i se la rendre tellement familières qu'il fut accueilli pardesCta* sous le nom de Schih-Li dans la famille Kuo de là province de Fo-Kicn, il rompit avec la Société desMesùmi»1"'' hollandais pour consacrer désormais à la Chine toute *» activité. Il se lia alors avec le missionnaire anglais Tonfo. et, dans l'été de 1828, entreprit avec lui un voyage à Siaa Nous avons de cette tournée et de leur séjour a BaoW deux journaux, dont l'un, celui de TomUn, commeace « août 1 828 et va jusqu'en mai 1 829 ; l'autre, celui de Gu&W . embrasse une période de plus de trois année*, lndepeo4sr> ment des efforts qu'il fit dans ce pays pour lapropafit i de l'Évangile, il y composa une grammaire siamoises et ! * treprit avec Tomlin une traduction du Nouveau Testais*1 en siamois. Les conseils d'un Chinois de ses amis l '!**1 engagé à entreprendre un voyage en Chine pour y i*ut sa santé délabrée, il résolut de faire pénétrer i'Êvaap!'i"" qu'au ccrur de ce pays. Macao devint dès lors sa «t*tf ' principale, et il s'y lia étroitement avec l'Anglais R ^ Morrisson. 11 y fonda des écoles, répandit de ntutn* petits traités relatifs aux doctrines du christianisme èo* en chinois, créa avec Morisson une société pour la ["f" galion des connaissances utiles en Chine, publia un map61 mensuel en chinois, tout en ne négligeant pas pcndaBl" temps-là les moindres occasions de tâcher de faire pèa< "* en Chine les lumières de l'Évangile. Aussi a-t-on lroa** ava étrange que ce moralisateur profitât pourcomniiin»qoeri,fl les Chinois des relations organisées par la contrebande uglaise pour la vente de l'opium. 11 pensait sans doule <p i lin sanctifie les moyens. Consul tex à cet égard snn /•*'• naloflhre* voyages along the coast o/ China in
GUTZLAFF - GUYANE
1 831 and 1833, toit h notice oj Siam, Corea and the Loochoo-Islands, publié par W. Ellis ( Londres , 1834).
Tout alla bien tant que l'activité de Cb. Gutzlaff ne détint pas suspecte aux Chinois de servir les plans égoïstes et ambitieux des Anglais. Une tentative qu'il lit en mai 1835 pour pénétrer dans I Intérieur de la province de Fo-Kien échoua complètement. Vers le même temps survint la défense absolue d'imprimer en chinois des livres relatifs au christianisme. 11 fallut donc transporter l'imprimerie de Gutzlaff de Macao à Singapore, et la distribution, même gratuite, de semblables ouvrages dut cesser à Canton. Entravé dés lors dans sa carrière apostolique, Ch. Gutzlaff ne s'en trouva que plus libre pour rendre d'importants services à l'expédition anglaise en Chine, grâce à la connaissance approfondie qu'il possédait des usages, des mœurs, des lois et de la langue du pays ; et il contribua efficacement à la conclusion de la paix signée en 1843 entre les deux parties belligérantes.
En 1844 Gutzlaff fonda une Association Chinoise com- |x>sée de Chinois chrétiens, et ayant pour but de faire pénétrer, par l'intermédiaire de ses membres, les lumières de l'Évangile au cœur même du Céleste Empire. Ce projet, accueilli avec de vives sympathies dans le monde protestant, provoqua d'importantes souscriptions, à la suite desquelles on découvrit de nombreuses malversations ; et les versions les plus favorables à Gutzlaff le représentèrent comme ayant été la dupe de quelques Chinois rusés et intrigants. Les fonds manquant à l'appel, Gutzlaff entreprit en 1849 un voyage en Europe, dans l'espoir d'y réveiller le zèle des fidèles ; et pendant le séjour qu'il fit alors en Angleterre, il s'y inaria pour la troisième fois; puis il repartit pour la Chine avec sa nouvelle femme. En janvier 1851 il débarquait à Hong-Kong, ■nais il mourut subitement, le 9 août de la même année, a Viltoria, laissant une fortune de 450,000 francs; circonstance qui, à toi t ou a raison, l'a fait accuser de n'avoir pas assez dédaigné les biens de ce monde et d'avoir été plutôt un spéculateur habile qu'uu missionnaire convaincu. Quoi qu'il en ait été, on ne saurait mer que les divers ouvrages publiés par lui sur la Chine n'aient contribué beaucoup à mieux faire ronnatlre ce pays. Nous citerons notamment sa China Opened(1 vol. ; Londres , 1838); The LifeoJ Tao- Kuang ( 1851); et enfin son Histoire delà Chine depuis tes temps les plus reculés jusqu'à la paix de Nanking ( 1847).
GUY (Marine). Voyez Gui.
GUYANE ou GUI ANE (en espagnol Guayana, en portugais Guianna), vaste contrée de l'Amérique méridionale, liornée a l'est par l'océan Atlantique, an nord par le même océan et par l'Orénuque, à l'ouest par l'Orénoque et l'Yapura, et au sud par l'Amazone. Cette contrée s'étend entre 4° de latitude sud et 8° 40' de latitude nord, et entre 52" 15 et 74* 30' de longitude ouest ; elle forme un immense plateau t dont on évalue la longueur de l'est à l'ouest a plus de 200 myriamètres, la plus grande largeur du nord au sud à 120 myriamètres environ, et la superficie à près de 45,000 myriamètres carrés. Le sol du littoral est en général bas et marécageux. A quatre ou huit kilomètres de la mer s'élèvent de petites montagnes, qui courent parallèlement au rivage; dans l'intérieur des terres, la disposition des montagnes change: elles s'y présentent par groupes irréguliers, coupés de plaines, de savanes, de marécages et d'immenses foiêts. Leur élévation ne dépasse pas 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. De ces hauteurs sourdent une multitude de lleuvcs et de rivières, dont le cours sinueux sillonne la Guyane dans tous les sens. Parmi les plus considérables, nous citeroys le Maroni, l'Essequeho, le .viriiiam, la Mnna et i'u>apo< k Dnns la sai <n\ des pluies, o s fleuves, dont les bords sont généralement plats, i-pandenl leurs flots grossis sur les plaine* voisine», et couvrent de prè* «l'on mètre d'eau des espaces dont ficil ne peut mesurer l'étendue. Leur cours, lent, mais irrésistible, entraîne tout ce qui se rencontre sur son passage. Le beau temps revenu , les eau\ rentrent graduellement dans leur lit, et les terres mer. DE la comvots. — t. x.
qu'elles abandonnent, fertilisées par cette submersion, >e parent d'une vigoureuse végétation qui , selon les lieux , tantôt vient accroître l'épaisseur et l'impénétrabilité des forêts, tantôt forme ces immenses savanes dont les excellents pâturages pourraient sans s'épuiser nourrir d'innombrables troupeaux.
Ainsi que toutes les partie» du Nouveau-Monde situées entre les tropiques, la Guyane ne connaît que deux saisons, l'une sèche, l'autre pluvieuse ; elles y régnent alterna ti veulent deux fois dans le cours d'une même année. A quelques variations près, dépendantes des localités, la saison sèche dure depuis la fin de juillet jusqu'en novembre, et de la roi février jusqu'à la rai-avril. Les intervalles sont remplis par la saison des pluies , dont l'abondance devient vraiment diluviale dans la période d'avril a Juillet, et cause des inondations dont nous venons de parler.
Le climat de la Guyane n'est point aussi malsain qu'on le croit généralement. La chaleur et l'humidité y donneut aux Européens des fièvres assez fatigantes, mais qui n'offrent aucun danger. Les épidémies sont rares dans le pays, et la petite vérole a presque entièrement disparu. La température de la Guyane est assez douce. Le thermomètre n'y monte guère au delà de 35° centigrades dans la saison sèche, et de 30° dans la saison pluvieuse. 11 n'est pas rare de le voir descendre à 25°. L'ardeur du jour se trouve d'ailleurs tempérée par les vents du nord dans la saison pluvieuse, et par ceux de Pest et du sud-est dans la saison sèche. Durant la nuit la température devient même si fraîche, par l'effet de la brise, qu'on est souvent obligé d'allumer du feu pour se réchaufler.
Les minéraux de la Guyane sont peu connus; ses végétaux le sont un peu plus. Il est difficile de se faire une idée, sans l'avoir vu, du luxe prodigieux de végétation qu« déploie la nature sur cette terre riche et fertile. L'aspect des forêts vierges, qui couvrent la plus grande partie du sol, ne saurait se décrire. Qu'on se figure d'énormes arbres séculaires, hauts fort souvent de 25 à 33 mètres, entremêlant leurs brandies touffues les uns avec les autres, et l'intervalle existant entre leurs troncs rempli et croisé dans tous les sens par un réseau formé d'une multitude de lianes et de plantes grimpantes s'en laçant à ces troncs, escaladant les branches, et retombant ensuite pour s'enlacer de nouveau, soit entre elles, soit avec les arbres voisins, et l'on n'aura qu'une idée très-faible et très-imparfaite du mélange confus, varié et brillant qu'offre une forêt vierge de la Guyane. Les arbres qui y croissent fournissent jusqu'à 259 espèces de bois précieux pour l'ébénisteric, pour la teinture, pour les constructions, pour la matière médicale, etc ; plusieurs sont remarqnables par la beauté et le ]»arfum de leurs fleurs. La partie du sol qui a été mise en culture donne du café, du coton, du cacao, do sucre, du tabac, de l'indigo et tous les produits tropicaux. En ce qui touche le règne animal , on retrouve à la Guyane les quadrupèdes du Brésil et du Paraguay.
L'un des traite saillants du caractère des naturels de la Guyane est l'indolence. Quoique adroits et intelligents, leur activité se borne à se procurer les choses indispensables à la vie, et lorsqu'ils ont satisfait, par la chasse, la pèche ou la culture de quelques plantes, aux premiers besoins de l'homme, ils se replongent avec délices dans leur apathie, tantôt se balançant mollement dans leurs ha macs, en fumant le courimari, tantôt se laissant aller à l'ivresse léthargique que leur cause le vieou, le cachiri et autres liqueurs lermentées, dont ils boivent avec excès. Les ornements dont ils se parent sont en harmonie avec la vie sauvage qu'ils mènent. Quelques- uns se tatouent le corps; le plus grand nombre se le Itarbouillenl tout simplement de rocou. Des dents de tigre et de caïman polies et quelques graines aux vives couleurs forment la parure de leurs femmes. Les toits qui tes abritent sont extrêmement simples. Poussés sans cesse d'un lieu à l'autre par leur hunomade et vagabonde, ces Indiens ne se conslrui-