GUYANE
sent que des demeure* éphémères, qu'ils quittent sans regret quand l'en rie leur en prend. Leur religion repose sur la croyance à un bon et à un mauvais principe, régnant simultanément sur la nature. Ils appellent le premier Cachtvinna ; le second, nommé Jolokiamo, est moins paissant, mais plus actif et plus rusé. Chaque tribn est commandée par un chef qui tient soa pouvoir de l'élection populaire. Parmi les tribus, les principales sont celles des Caraïbes, des Galibis, des Toupis, des Roucouyènes, des Poopoiirouis, des Varraous, des Acaouas, des Aroualu et des Oyampis. Les naturels de la Guyane étaient fort nombreux autrefois, mais de jour en jour leur nombre diminue.
La découverte de la Guyane est attribuée par les uns à Colomb, qui l'aurait vue pour la première fois en 1498, par les autres à Vasco-Nunez, qui ne l'aurait reconnue qu'en lâo'i. Une petite rivière, tributaire de l'Orcnoque, a, dit-on, donné son nom au pays. Quoique pendant la première moitié du seizième siècle les efforts des navigateurs espagnols pour explorer l'intérieur eussent été totalement inlructueux, la renommée répandit qu'il y existait sur les bords du fabuleux tac Parima, une terre où for était très-commun, et bientôt plusieurs exploitions partirent pour aller reconnaître cette contrée merveilleuse, qu'on baptisa du beau nom de, Kl Porado. Gonzalez Pizarre, frère du conquérant du Pérou, l'Allemand Philippe de Hutten (1541 et 1545), et l'Anglais Walter Raleigh (1595) se succédèrent dans celte recherche : ce dernier remonta même l'Orénoquc jusqu'à 800 kilomètres de son embouchure ; mais les seuls trésors qu'il» rapportèrent furent quelques notions plus précises sur le |tays.
Les Français furent les premiers Européens qui cherchèrent à londer des établissements de culture et de commerce à la Guyane. Les Anglais, les Hollandais et les Portugais vinrent s'emparer aussi d'une partie de la Guyane. Plusieurs guerres sanglantes éclatèrent entre ces différents possesseurs de cette partie du sol américain, et les établissements qu'ils y formèrent passèrent tour à tour dans les mains les uns des autres ; mais à la lin chaque peuple se renferma dans les limites tracées par les traités, et la Guyane demeura divisée en cinq parties, qui furent appelées, du nom des puissances auxquelles elles appartenaient, Guyane anglaise, Guyane hollandaise, Guyane espagnole, Guyane portugaise (actuellement réunie au Brésil, où elle forme une province à peu près déserte, lort peu connue par conséquent, et dont la superficie est évaluée à 20,000 myriamètres carrés ), et Guyane française.
GUYANE ANGLAISE. C'est la moins étendue de toutes. Elle a pour limites à l'est l'océan Atlantique et la Guyane hollandaise; au sud, la même Guyane et la Guyane espagnole; à l'ouest et au nord, l'océan Atlantique et la Guyane espagnole, dont l'Esscquebo la sépare. On évalue sa longueur du nord au sud à plus de 40 myriamètres : sa largeur de l'est à l'ouest, à 15 ou 16 myriamètres, et sa superiieie à trois mille myriamètres carrés. Elle est divisée en trois districts, qui prennent leurs noms des trois principaux fleuves qui l'arrosent, l'Essequcbo , le Demerari, et le Berbice; ces districts depuis le 21 juillet 1S31 ne forment qu'un même gouvernement ; Georges-Town, autrefois Stabrcek,m est le chef-lieu. C'est une ville de 25,000 âmes et an port important. La |>opulalion totale de la Guyane anglaise s'élevait, d'après le recensement ofliciel de 1851, à 127, 095 aines, dont 50,259 pour Demerari, 24,925 pour Essequebo , 22,3*0 pour Jierbtce, non compris environ 7,000 Indiens nomades. Sous le rapport des races, cette population se divisait comme suit : 11,55» Européens, 14. 754 métis; 91,170 Nègres; 7,670 Indiens venus des Indes orientales; 2,003 Indiens indigènes. Les Nègres forment donc la grande majorité, et quand leur émancipation fut proclamée en l«3», leur nombre s'élevait à b2,S00. Depuis celle époque jusqu'en 1850 il avait été introduit dans la colonie 39.000 travailleurs-libres tiiés soit de Sieita-Leone, soit des Grandes* Indes. Toutes les colonies européenne* de la Guyane sont
en notable décadence depuis une quinzaine ifanno^ , h* la Guyane anglaise plus que toute autre. La depTeciatuiL qu'y a subie la propriété comme dans les Indes ocaikoiiip ne doit pas y être attribuée uniquement à rémandpaUon^ esclaves ; elle provient surtout de l'imprévoyance qu'ont » les planteurs de se borner à la culture de la canne * Mien, protégés qu'ils étaient jusqu'au moment de la «for* douanière par un tarif qui leur abandonnait lexjtuiLita presque exclusive du marché anglais.
Cette partie de la Guyane appartenait origiiiairenwlMi Hollandais. Les Anglais s'en emparèrent plusieurs fot> Haie cours du dix-septième siècle et du dix-huitieme **r> Ils la reprirent une dernière fois en 1908, cl s'en nr* confirmer la possession par le traité de paix de MH.
GUYANE ESPAGNOLE. Elle fait aujourd'hui parbt 1 la république de Venezuela , après avoir dépendu aop»r»- Tant de la C o I o m b i e, et a pour chef lieu Angotlur a i -J seule, elle est beaucoup plus vaste que le reste de I» république de Venezuela ; mais elle est de toutes ses ysw.w la moins peuplée. Cest là que se trouve la source in ' rénoque;et elle comprend les bassins formés pu ie>c vers affluents de ce (louve situés entre les Guyane* Millet brésilienne, l'océan Atlantique, les provinces teneur tiennes de Varinas, de Caraccas, de Barcelone, d'Apar; ' la république de la nouvelle Grenade , et forme cinq ai tons : Angostura, le Bas-Orénoque , Vpata, CatcmtU Negro. Sa superficie totale est évaluée a 14, 000 miria»<carrés, où Ton ne rencontre guère plus de 57,ooohil«w dont 40,000 Indiens, vivant encore à l'état de nature-?* ï territoire de 10 à 1 1,000 myriamètres; le reste secuof pour moitié d'Indiens civilisés. Ici, comme dans le m*.» la Guyane, il existe encore d'immenses régions cout** de savanes ou de forêts vierges, qui sont encore çcayàment inconnues et où jamais Européen n'a jusqn1» pf** tenté de s'aventurer.
GUYANE HOLLANDAISE , appelée aussi SCE»a Elle est bornée au nord par l'Atlantique, à l'est [* < Guyane française, dont le Maroni la sépare, au xi p» Guyane française et le Brésil, et à l'ouest par 1a <icw anglaise. Du nord-est au sud-est, dans sa plus grande * gueur, elle a environ 45 myriamètres d'étendue; » I4 grande largeur du nord-ouest au sud-ouest dépasst ria mètres : on évalue sa superficie à près de 7,M r riamètres carrés. La colonie est divisée en boit Paramaribo en est le chef lieu. Cette vHIc, sitoee w bords du Surinam, compte une population de prés àt **•*' individus, dont 6 à 8,000 blancs : elle est remarqué -u la régularité et l'élégance de ses maisons, dont I» r**6* intérieure l'emporte encore sur la beauté exténuer- •>r> maribo est tout à fart nne ville de luxe et de pui*v> * beau port, où une grande quantité de navires p*1* mouiller à la fois, la rend le centre d'un commerce rat*tant. La population totale de la colonie est évaloer » r de 70,000 âmes. Les terres de la Gnyane Misant fertiles et cultivées avec an soin toot pirt**^ aussi donnent-elles de riches produits. Use ' canaux navigables et de belles routes traversent I* f dont le sol est partagé en un grand nombre de on», dés de digues pour prévenir les inondations aaxqw-!e^ peu d'élévation l'expose. La Guyane hollandaise p*1 ' ' considérée comme une colonie- modèle sons le W ^ l'agriculture. On évalue à plus de 30 millions de fos* . montant annuel de ses exportations. Ce n'est l"*!! que les Hollandais s'emparèrent de la partie de b qu'ils occupent aujourd'hui ; elle leur fat tour * levée par les Français et par les Anglais. Ceui-o u restituèrent en 1802, et depuis lors elle n'a pi» <** leur appartenir.
GUYANE FRANÇAISE. Cette partie de la l'on désignait aulrcfois sous le nom de Franettçt^^v ne commença à être coloniséo par les Français»/^ Cayenne fut le premier point où ils *'<