‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 503 sur 614 · GUYANE - GUYON · texte numérisé non relu

GUYANE - GUYON

un demi-sieck, quatre compagnies de commerce, successivement à Boues et soutenues par ie gouvernement, envoyèrent plusieurs expéditions assez importante* pour développer UcolonUatiou, mais avec peu de succès. Es 1 66* une nouvelle expédition, appuyée de forces considérables, Tint aborder à la Guyane française, dont les Hollandais s'étaient emparés : elle les en chassa. La continuation des travaux de culture qu'Us y avaient entrepris doona une certaine prospérité au pays. Mais en 1667 la colonie fut prise et pilléo par les Anglais, auxquels succédèrent les lloUaodais, en 1672. Deux ans après, elle revint sous la domination de la France, et pendant un siècle aucun progrès saillant ne marqua son existence.

En 1763, 13,000 colons volontaires, pour la plupart suisses et alsaciens, diriges sur la Guyane par le gouvernement, vinrent mourir presque tous de dénuement, de misère et de faim, sur les rives du Kourou et dans les lies du Salut, en maudissant les administrateurs dont l'impré voyance les avait livrés a une mort certaine. L'administration de M. Matouet, qui arriva à Cayenne plusieurs années après ce désastre, fut avantageuse à la colonie : il y introduisit d'utiles végétaux, et il améliora sa situation et ses cultures. La révolution de 1789 éclata, et les victimes de nos troubles civils furent déportées en toute à la Guyane, où la plupart périrent misérablement. Leurs malheurs et les sombres récits de ceux des déportés du 1» fructidor qui purent revenir eu France dounerent à cette colonie une réputation d'insalubrité qu'elle ne mérite point, et que tes temps et l'expérience ne sont point encore parvenus à détruire.

Après avoir souffert tous les maux qu'entraînèrent après eux dans nos colonies occidentales le décret sur la liberté de* noirs et la guerre maritime de la un du dix -huitième siècle et du commencement du dix-neuvième, la Guyane française tomba au pouvoir des Portugais, en 1809, et ne fut restituée à la France que le 8 novembre 1617. En 1623 le gouvernement français essaye de former sur les bords déserts de la Mena une colonie exclusivement composée de blancs; mais cette tentative échoua, comme toutes les précédentes.

LaGuyanefrançaise est bornée au noid par la Guyane hollandaise, dont le Maroni la sépare, et par l'Océan ; à l'est, par l'Océan ; au sud et à l'ouest, par la Guyane portugaise, aujourd'hui brésilienne, et par le Brésil ; ses limites du côté du sudest ne sont point encore bien détenu i nées, et la France prétend avec fondement qu elles doivent s'étendre jusqu'à la petite rivière de Yapock ou de Vincent-Pinçon, que les gouvernements portugais et brésilien confondent a tort avec la rivière d'Oyapock, plus rap|>rocliée de Cayenne de 72 lieues. Dans l'état actuel des choses, on donne approximativement à la Guyane française 60 myriamètres de longueur de l'est à l'ouest, plus de 50 de largeur du nord au sud, et plus de 3,200 myriamètres carrés de superficie. La colonie est divisée en quatorze quartiers, qui sont ceux A' Approwigue, de Plie de Cayenne, du Tour de /7Je,dela Ville de C ay en ne, A* Iracoubo, de Keic, du Kourou, de la Mono, de Mont sinéry, à'Oyapock, de Boura, de Sinnamary, de Tonnegrande. On évaluait en 1641 l'étendue des terres cultivées dans toute la colonie à 12,466 hectares, et la valeur brute de leurs produits à la somme annuelle de 3,500,000, francs. La canne a sucre, apportée dans la colonie par les premiers colons, a pris a partir de 1822 une extension chaque jour croissante, et beaucoup plus considérable que cefle du café et des autres denrées coloniales. En 1641 la colonie avait produit 1,420,226 kilogrammes de sucre, 440,798 litres de sirop et métase, et 223,366 litres de tafia, tandis que la récolte du café ne dépassa pas 33,611 kilogrammes, celle du coton 14î),.iU kilogrammes, celle du cacao 4:>,2!*4 kilogrammes, colle du girofle 151, .loi kilogrammes, celle du poivre 1,310 kilogrammes, et celle du rocou ^42,?2f> kilogrammes. Celle dernière culture n'existe point dans les antres colonies françaises. La plupart de ces chiffres présentent

une diminution de près du cinquième sur ceux des produits des années antérieures, et accusent un visible dépérissement. L'importance des cultures et du commerce de la Guyane française est bien lois d'être en rapport avec la vaste étendue du pays et la fertilité des terres susceptible* d'y être mises en valeur ; mais le manque de bras et de capitaux sont les deux grands obstacles qui s'opposent au rapide développement de la colonie sous ces dieux rapports. Il faut espérer que le décret présidentiel de 1852 qui a supprimé les bdgnes de Brest et de Lorient et ordonné la formation à la Guyane d'une colonie pénale dont les déments seraient fournis par la population de ces sentines de la civilisation, aura pour résultat, avec le temps, de fournir à ce vaste territoire les travailleurs qui lui ont jusqu'à ce jour manqué pour les féconder. Au 1" mai 1853 l'effectif de* transportés formant la population des établissements pénitentiaires était de2,U6 individu^, répartis comme suit : transportes (lolitiques, 160; repris de justice, 291 ; réclusionnairas, 58 ; forçats, 1 ,600 ; ccrreotiooneU, 4 ; libérés, 32 ; femmes de toutes catégories, 21. Ces 2,146 individus avaient été distribués en quatre grands ateliers, à savoir : aux /ht* du Salut, 1440; à Plie la Mère, 351 ; à le Montagne a" Argent, 202; à Saint-George* ( Oyapoek ), 4»; engasé» à Cayenne ou dans les quartiers, 104.

Le commandement supérieur et la haute administration de la colonie sont confiés à un gouverneur. Deux chefs d'administration dirigent sous ses ordres les différentes brandies du service. Un conseil privé participe à l'exercice des pouvoirs du gouverneur. Enfin, un conseil colonial , composé de seize membres élus par les habitants, délibère et vote sur le budget 'intérieur de la colonie et sur diverses autres matières d'intérêt local. La justice est administrée par un tribunal de paix, un tribunal de première instance, une cour impériale et une cour d'assises. Quant a la législation, la colonie est régie par les code* français, modifiés et mis en rapport avec ses besoins, et par divers lois, décrets et ordonnances rendus è différentes époques. La population totale de ia colonie peut être évaluée aujourd'hui à 25,000 Ames. Dans ce chiffre ne sont pas compris les Indiens, formant les diverses tribus qui errent sur le sol de la Guyane française. On n'évalue pas le nombre de ces Indiens à plus de 7 è 600. Les principales tribus auxquelles ils appartiennent sont celles des Approuagues, des Calibis, des ÉmérUlont, et des Oyampls. Paul Tibv. GUY ABÉTIN ou GUY D'AREZZO. FoyesGui.

GUYON ( Jexknb BOUVIER DE LA MOTTE, M""), naquit en 1648, à Monurgis, où elle épousa de bonne heure un entrepreneur du canal de Briare. Devenue veuve è l'â^e de vingt-dnq ans , elle abandonna son pays, ses enfants , sa fortune , qui étaât brillante , pour accomplir une mission divine à laquelle elle se croyait appelée. D'une imagination vive et ardente, elle se laissa persuader qu'elle devait en prêchant la parole de Dieu jouer un grand rôle et arriver è une gloire immortelle. Après avoir parcouru une grande partie de la France, prêdiant et dogmatisant, elle vint a Paris, où elle se créa de puissantes protections, et entre autres celle de M"" de Main tenon , qui goûtait fort sa conversation, et qui l'autorisa même à faire des conférences à Saint-Cvr. Ce fut vers cette époque qu'elle fit la connaissance de Fénelon , qui plus tard devint son protecteur, et eut k subir tant de tracasseries è cause de ses idées mystiques. Naturellement éloigné de tout ce qui paraissait singulier, Fénelon voulut examiner lui-même M"" Guyon sur sa doctrine et l'interroger pour savoir si elle ne s'éloignait en rien des enseignements de l'Eglise , ce qui se disait assez dans le monde. Il se convainquit bienuM par lui-même de !a pureté et de l'orthodoxie de ses sentiments ; et comme il ne vit en elle qu'une Ame éprise de Dieu d désireuse de ne l'aimer que nour lui-même, il se lia sans sempuie avec elle. « H était étrange , dit Voltaire , qu'il fut séduit par une femme k révélations , à prophéties et à galimatias , qui suffoquait de M grftce intérieure, qu'on était obligé de délacer, et qui se

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