GUYON — GUYOT
vidait, à ce qu'elle disait, de la surabondance de grâce, pour en faire enfler le corps de l'élu qui était assis auprès d'elle; mais Fénelon dans l'amitié était ce que l'on est en amour ; il excusait les défauts, et ne s'attachait qn!à la conformité du fond des sentiments qui l'avaient charme. »
Il parut assez singulier à cette époque de voir une femme émettre des opinions tbéologiques et attirer à elle grand nombre de gens de la cour; quelques-uns s'en alarmèrent , d'autres craignirent le scandale ; on se mit à examiner ses discours , ses livres, cl on crut remarquer une grande conformité entre sa doctrine et celle du docteur Molinos, qui venait d'être condamnée à Rome. On l'accusa donc publiquement d'hérésie. C'est à celte occasion qu'elle écrivit a M°" de Maintenon : « Permettes-moi de me jeter à vos pieds, et de remettre entre vos mains le soin de mon salut et de mon honneur. Depuis dix-huit ans je m'occupe sans cesse à aimer Dieu, je ne vois que des gens de bien, je ne parle et je n'écris qu'à mes amis, dont toute la tetre connaît le zèle et la vertu; je n'ai aucune liaison avec les gens suspects à l'Église ou à l'État. Cependant, on me charge de calomnies de tous cotés; on se déchaîne contre moi ; on noircit mes mœurs , on jette des soupçons sur ma conduite passée et présente ; on dit que je suis rebelle à l'Église, que je veux faire une religion à ma mode , et que je me crois plus éclairée que la Sorbonne, moi qui ne connais antre chose que Jésus- Christ crucifié. M. Bossuet sait combien je suis soumise à mes directeurs : il m'a dit que j'avais la simplicité de la colombe , et m'a offert un certilicat que je suis bonne catholique; il m'a défendu l'approche des sacrements : je m'abstiens depuis trois mois du pain céleste, et quoique mon Ame soit dans ce déchirement , je ne murmure point contre cette décision. Ma vie a été jusque ici irréprochable, et l'on m'accuse de vices scandaleux. Je vous supplie, Madame, par ce pur amour que Dieu a témoigné aux tommes en mourant pour eux , de demander au roi des commissaires pour informer extraordinairement de ma vie et de mes mœurs, afin qu'étant purgée et justifiée des crimes atroces dont on m'accuse, on procède avec moins de partialité à l'examen de ma doctrine. Ne me prolégerez-vous point, Madame, confie l'injustice des hommes, vous qui connaissez toute leur malice? »
La commission qu'elle désirait fut nommée : elle se composait de Bossuet, de l'évéque de Clialons, de l'abbé Tronson, supérieur de Saint Sulpice, et de Fénelon, que Mmede Maintenon voulut leur adjoindre. Après une mûre délibération , la commission déclara la doctrine de Mm* Guyon condamnable; on alla plus loin, on insista pour que Fénelon condamnât lui-même cette doctrine, et Bossuet poursuivit vivement l'archevêque de Cambrai, chez qui il trouvait trop d'indépendance et de talent. Nous ne saurions entrer ici dans le détail des tracasseries qui lui furent suscitées à l'occasion de M"" Guyon. Nous ferons seulement remarquer que dans l'assemblée du clergé de 1700, lorsque tout était terminé, les évèques assemblés rendirent témoignage à la pureté des mœurs de M"" Guyon. « Ce témoignage, dit Ramsai , sera un monument éternel de l'innocence de cette dame, car les prélats assemblés ne !e lui donnèrent qu'après qu'elle eut été cinq ans en prison , qu'on eut fait des perquisitionsjdans tous les lieux qu'elle avait habités depuis sa jeunesse, qu'on eut employé les menaces elles promesses pour faire parler contre elle ses deux femmes de chambre , témoins depuis longtemps de sa conduite, et qu'enfin divers juges lui eussent lait subir à elle-même plusieurs interrogatoires, bile demeura cependant trois ans à la Bastille , malade et souffrante , après que le procès de M. de Cambrai fut fini. Elle pria toujours qu'on lui nommât son crime, et on l'en fit sortir sans avoir pu rien prouver contre sa personne. • Exilée à Blois, elle y vécut très-retirée et sans y faire parler d'elle. Fénelon continua de lui écrire pour la consoler, la soutenir et lui marquer l'estime qu'il faisait de sa vertu. Elle mourut en 171", dans cette ville, déjà oubliée; et malgré ses nombreux ouvrages, malgré son élo-
quence et malgré la prétendue étrangeté do sa doctrine, dk l'aurait été plus tôt, et peut-être pour toujours , n die t'm été un brandon de discorde jeté entre les deux booms k» plus éminents de l'Église à cette époque. E. Rou.
GUYON ( Richard ), général à l'époque de l'iasormtion hongroise, en 1848 et 1849, descend de l'iadeant tiraille des Guyon de Gd, qui au dix-septième siècle faup de France en Angleterre. Fils d'un vice amiral angb», il naquit en 1812, à Bath, en Angleterre, et prit part de b«* heure aux expéditions entreprises contre dom Miguel. Ei 1832, étant allé faire un voyage de plaisir à Trie&te.Dat occasion d'y faire la connaissance d'un bon nombre d'af- Ociers autrichiens ; et par suite de ces relations nostete il se décida alors à entrer dans le régiment des bnearè de l'archiduc Joseph avec le simple grade de cadtl. Apre* sept ans de service, il était parvenu au grade de lieulesat en premier, et remplissait les fonctions d'aide de camp kprès du général Splenyi. En 1839, ayant épousé la fille* ce général, il quitta le service pour aller faire de l'agncrftute dans son domaine situé dans le comitat de Konm Les événements politiques de 1848 l'arrachèrent à et» paisible existence ; et il se rattacha alors de tout «ru; l'agitation politique dont sa patrie adoptive se tronu k théâtre. A la première bataille que l'armée hongroise lim,k 29 octobre 1848, à Schwechat, le major Guyon, en et* vant la grande rédoule de Mannswœrth , se trouva, ib* dire, le héros du moment. Le 23 décembre suivant »1 ï preuve de la même bravoure ; mais lut moins hevrem \ l'affaire de Tirnau, où cependant il tint ferme pendant t* une journée contre des forcesjév idem ment supérieures. Prw au grade de colonel et attaché à l 'armée de G œ r g e y pesà la campagne d'hiver, il prit d'assaut Branyisko (i levrw 1849 ). Ce fait d'armes est incontestablement le plusbrSW de toute la guerre nationale de Hongrie. En désaccord *>*tant avec Gœrgey, qui était jaloux de lui et dont il sa<fan de bonne heure les véritables intentions, il fut rappeV il'armée principale et nommé commandant de pUte ■' Komorn, déjà bloqué par les Autrichiens, mais on, » b £ de 90 hussards seulement, il sut avec une audace inow * frayer passage (22 avril). Quand plus tard Gffifïf? <* été nommé ministre de la guerre, il enleva à Guyosv commandement de place , et le fit partir pour le wd . * il combattit avec succès Jellachich, qu'il refoula jusqu'à TW Toutefois, vers la lin de juillet, il Tut appelé S Siège*»,* le gouvernement révolutionnaire avait l'intention de l'f bataille. Le 29 juillet il rejoignit l'armée principale de Ifcbinski à la tête de dix bataillons, et prit part aux affaira* Szœveg et de Teinesvar (5 et 9 août ). Après \"\sm heureuse de cette dernière affaire, et lorsque déjà G*rf avait mis has les armes, il fut avec Bem le seul chef qu> c sista, quoique en vain , pour la prolongation de la ln^ Richard Guyon suivit Kossuth en Turquie, où, sas» & astreint à embrasser l'islamisme, il a obtenu dans I'*»* turque une brillante position, qu'il occupe encore en ce b ment. Assez mauvais stratêgiste, Guyon, do moment <-J ne s'agissait que de l'exécution de plans conçus par J> tres, s'est constamment montré l'un des plus brilUnU 4 *" plus intrépides chefs de l'insurrection hongroise. Comme * i adore moral, il a su obtenir l'estime de tous.
GUYOT DE PROVINS, vieux poète français, ne le milieu du douzième siècle, à Provins , ville alors santé, cultiva la poésie dés sa Jeunesse, et après avoir |* couru comme troubadour les principales villes de TEnr^ entreprit le pèlerinage de Jérusalem en passant par Cos^tinople , puis revint se faire moine à Cluny. Il regrets H '■' tard d'avoir ainsi à tout jamais aliéné sa liberté et vengea en composant sous le titre de Bible, ou Arm* laK chrétien, un poème rempli de verve et d'esprit, dans iff* il déplore amèrement le parti qu'il s'est trop hâté deprc0"'' et trace un tableau peu flatteur de la vie des dort"*satire n'épargne pas d'ailleurs les autres classes de n et fait rude guerre aux vices des