GUYOT
tout comme a ceux qui abrutissent les classes pauvres. La Bible-Guyot n'a pas encore été imprimée; c'est le plus ancien ouvrage connu où il soit lait mention de la boussole.
GUYOT (Thomas), maître ès arts de l'ancienne université de Paris, avait d'abord été, en 1646, professeur dans les petites écoles de Port-Royal. Agrégé plus tard à l'université, il publia, de 1665 à 1678, diverses traductions d'oeuvres détachées de Cicéron , de Virgile et de Piaule , la plupart précédées de dissertations qui ne sont pas sans mérite. Quant à ses traductions, il y a longtemps qu'elles seraient oubliées, bien que le style en soit encore pur et élégant , si elles n'avaient pas été exécutées suivant le système bizarre alors dominant dans nos écoles, lequel consistait à donner une physionomie toute française aux auteurs de l'antiquité. Si sous ce rapport les traductions du Guyot méritent plus d'être consultées que celles de ses contemporains , c'est que , non content de franciser les idées des écrivains dont il reproduit le récit dans notre langue , il a eu la bizarre pensée de franciser jusqu'aux noms des personnages qui y figurent , et de les faire précéder des mots Monsieur, Madame, Mademoiselle , transformant ainsi en seigneurs de la cour de Louis XIV les personnages de la république romaine. Dans les traductions de Thomas Guyot , Trébatius devient Jlfortsieur de Trébace; Plancius, Monsieur de Plancy; Pomponius, Monsieur de Pomponne, etc. Toutes les lettres de Cicéron commencent par notre formule Monsieur, Madame, ou Mademoiselle. A part ce ridicule, qui tient à l'époque, c'est justice de reconnaître que dans les Avis au lecteur dont Thomas Guyot fait ordinairement précéder ses traductions on trouve de précieuses observations, et qu'il y développe d'excellentes idées sur l'éducation. La date de sa naissance et celle de sa mort sont restées inconnues.
GUY PATIN. Voyet Patct (Guy).
GUYS ( PiaiBE-AuciiSTiM ) , célèbre voyageur, né à Marseille, en 1721, exerça d'abord avec distinction le commerce a C'onstantinoplc, puis à Smyrne et dans sa ville natale, dont l'académie l'admit dans son sein. En 174 i il publia , sous forme de lettres , le récit de son voyage de Conslantinople à Sophie, capitale de la Bulgarie, et en 1748 celui de son voyage de Marseille à Smyrue et à Constantinoplf. Il doit surtout sa réputation à son Voyage littéraire de la Grèce (Paria, 1771; 3e édition, 4 vol. 1783), ouvrage dans lequel il a comparé avec autant de sagacité que d'érudition l'état de la Grèce moderne à celui des anciens (irecs. Pour donner à cette couvre toute la perfection désirable, il visita à plusieurs reprises tout l'Archipel. Quand ce travail parut, Voltaire adressa à l'écrivain des vers flatteurs ; et les Grecs , touches des sympathies dont il y fait preuve pour leur nation, lui décernèrent le titre de citoyen d'Athènes. On a encore de Guys , toujours sous la forme épistolairc : Voyage dans la Hollande et le Danemark en 1762 ; Marseille ancienne et moderne (1786). 11 mourut à Zante en 1799, au moment où il préparait une nouvelle édition de son Voyage en Grèce.
Son fils, Pierre-Alphonse Gots, né à Marseille, en 1755, mort consul de France Tripoli de Syrie, en 1812, est auteur d'un Éloge d'An ton in le Pieux t Paris, 1786), des Lettres sur les Turcs ( 1776), ouvrage fort bien écrit, et de La Maison de Molière, comédie en quatre actes, en prose, imitée de Coldoni, représentée en 1787 sur la scène de la Comédie-Française , sons le nom de S.-L. Mercier , à qui elle a été fausscmeat attribuée.
GUYTOM-MORVEAU (Locis-Ber*am> ) , célèbre chimiste français, naquit à Dijon , le 4 janvier 1737. Destiné nu barreau par son père, professeur de droit romain, il (.'adonna d'abord au* études nécessaires à la carrière qu'il devait embrasser; à vingt et un ans il était nommé avocat général au parlement de sa ville natale. Les (onctions de la magistrature ne sont point incompatibles avec la culture des sciences : cependant, à l'époque où Guyton remplissait au parlement de Dijon celles d'avocat général, c'était un exemple rare, sinon entièrement nouveau. Kntralné par son amour
— GUZ
pour la chimie, il se chargea de professer cette science à Dijon lors de la création des cours publics, que l'on dut, comme tant d'autres importantes améliorations, aux états de Bourgogne. Des difficultés qu'il éprouva de la part du corps auquel il appartenait l'ayant fait renoncer à ses fonctions de magistrat, il suivit sans réserve son penchant pour les sciences. Ce fut cependant lorsqu'il réunissait les doubles fonctions de magistrat et de professeur qu'il publia ses leçons de chimie et des traductions de divers ouvrages de Scheele , de Bergmann et de Black. Une occasion se présenta , qui lui fournit le moyen de faire profiter le public de ses connaissances scientifiques. Un caveau delà cathédrale de Dijon, dans lequel se trouvaient inhumés un grand nombre de corps, ayant été ouvert, répandit une infection telle que l'église fut désertée et qu'il était impossible d'y pénétrer; au lieu de s'arrêter à des moyens insignifiants, et trop souvent employés dans des cas semblables , Guyton fit faire des fumigations d'acide marin déphlogistiqué (chlore), dont le résultat fut tel que bientôt on put reprendre le service divin, et que tous les accidents auxquels la putréfaction avait donné lieu disparurent. Peu après , il eut occasion d'appliquer de nouveau cet important procédé à la désinfection des prisons de la ville ; et bientôt , connu et apprécié comme il méritait de l'être, ce procédé se répandit partout, sous le nom de fumigations guy Ioniennes .
A l'époque où Guyton se livrait avec tant d'activité à son penchant pour la chimie, cette science, déjà si étendue par de nombreux travaux, la confusion la plus grande régnait dans son langage : la multiplicité , l'insuffisance et le ridicule d'un grand nombre de noms par lesquels on désignait les corps alors connus n'étaient pas l'une des moindres difficultés à vaincre pour étudier cette science. Guyton voulut porter de l'ordre dans ce chaos, et jeta les bases d'une nomenclature qui, changeant bientôt de but, d'après les immenses travaux deLavoisieret l'abandon de la théorie du phlogistiquc , devint sans contredit l'un des moyens les plus importants dont les chimistes aient pu se servir pour répandre et faire adopter leurs découvertes. Si les travaux postérieurs ont modifié en beaucoup de points de détail la nomenclature dont les premières bases furent posées par Guyton, et que, réuni avec Lavoisier, Berthollet et plusieurs autres chimistes, il étendit plus tard d'après les besoins de la science, on peut dire avec vérité que ce monument élevé à la naissance de la chimie antiphlogistique a servi à fixer tous les regards, et permis de se diriger avec une certitude entière au milieu de la masse de faits que les chimistes ont accumulés par milliers depuis celte époque.
Les travaux de Guyton sont nombreux, plusieurs d'entre eux présentent un assex grand intérêt ; on ne peut cependant pas citer de loi quelques-unes de ces découvertes brillantes qui signalèrent cette époque de la chimie. Lors de la fondation de l'Ecole Polytechnique, Guyton y fut nommé professeur , et il remplit ces fonctions jusqu'à un Age très-avancé. Il fut directeur de cette école en 1800. Toutes les relations des batailles de la république parlent d'un moyen employé à celle de Fleurus pour observer les mouvements de l'armée ennemie, et que Ton croyait capable de produire des résultats extrêmement importants; il consistait en un aérostat retenu prisonnier : Guyton , alors commissaire de la Convention , l'avait mis en usage. Si ce moyen n'a pas complètement atteint le but que l'on se proposait, il était ingénieux, et mérite d'être signalé.
En 1791 Guyton fut élu député à l'Assemblée législative, qu'il présida l'année suivante; réélu à la Convention, il s'assit à la Montagne, et fit partie de la majorité le 21 janvier 1793. Si la Restauration, si souvent calomniée , lui retira le titre d'administrateur des monnaies, elle lui en laissa le traitement, comme pension , et il put linir sa carrière à Paris où >l mourut à soixante-dix-sept ans, en 1816.
H. GàDLTIEA DB CLàtBRY.
GUZ. Voyes Coudée.
678 GUZÊRATE —
GUZÉRATlv, GUJÉRATE ou OOCDJÉRATE, ert langue indienne Katlitoar , en arabe Getirnh m Djesêrah (c'est-à-dire Ile ou presqnlle), province de l'Inde* au nordouest de la péninsule, entre le 51° et le 14° latitude septentrionale , d'une superficie de plot de 1,200 myrlaroètres carrés, est baignée à l'ouest par la mer d'Arabie, où les golfes de Koutsch ( Katscha ) et de Cambay font une véritable presqu'île de la pins grande partie de cette province. Dans sa partie orientale, elle est traversée par ta G h attes occidentaux ; à l'ouest, au contraire, elle offre on pays plat, tantôt marécageux et sablonneux, tantôt couvert de la plus riche végétation. Cette contrée est arrosée par le Myhl , la Nerbodda et le Tapty ; et à l'époque des pluies, qui dure de juin à septembre, il arrive Souvent qu elle est ravagée par leurs inondations. En été, le climat y est très-chaud, et dans les terre* basses extrêmement malsain) mais, en hiver, il est plus froid qu'on ne devrait s'y attendre, a tel point qoe la nuit il y gèic fréquemment. Les produits de cette province sont d'ailleurs absolument les mêmes qui ceux du reste de l'Indostan. Les habitants sont an nombre d'environ six mill'ons, dont un dixième tout au pins d'Indous; tout le reste professe le mahométtsnie. On y trouve aussi quelques débris des anciens Farsis ou Gnèbres. La classe laborieuse vit sous l'oppression la plus écrasante, à laquelle la condamnent les castes dominantes. Par suite des origines différentes des populations diverses qui habitent ce pays, on y parle plusieurs langues, dont la plus répandue est le guzérntt ou gouséraU. Une partie de cette province est placée sons l'autorité immédiate de l'Angleterre ; une autre (le royaume de Baroda) dépend du Golcowar mahratte ; une troisième, enfin, est gouvernée par de petits princes indigènes tributaires soit du Golcowar, solides Anglais.
AprèsSurate, ses villes les plus impôt tantes sont A Ametfabatt, jadis capitale de tout le pays, et au dix-septième siècle l'une des plus belles et des plus importantes cités de l'Asie , mais qui, bien qu'elle ait horriblement souffert des dévastations des Mabrattes, n'en a pas moins toujours I30,ooo habitants et un grand nombre de beaux édifices ; et Baroda , dont la population dépasse 100,000 âmes. Les Portugais y possèdent aussi une petite étendue de territoire, avec les villes de Datnaoun et de Mou.
Jusqu'à latin du douzième siècle le pays de Guz^rate fut gouverné par ses propres princes, quoiqu'à partir dn onzième siècle il ait eu beaucoup à souffrir des invasions des mabométans. En 1 190 11 fut conquis par les Afghans, qui s'en maintinrent en possession jusqu'à l'an 1397, époque où une dynastie tnahométaoe y surgit. Celle-ci gouverna le pays jusqu'à la fin dn seizième siècle, qu'elle devint l'une des parties de la monarchie du grand Mogol , dont clic partagea ensuite les distinees, et avec laquelle elle finit par tomber au pouvoir de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Consultez AU-Moliaminrd-Khan , 7'Ae politieal and statUtical History o/Gitfarol (traduit dn persan par Rird; Londres, 1S35).
G1TZERATE ou GOUDJÉRAT, petite ville du Pendjab (Indes orientales), dans l'ancien Etat des Sikhs, à 10 myriamètres au nord de La h or e , non loin du Tshinab , est célèbre par la victoire complète que les Anglais, commandes par Gough, y remportèrent le tl février 1849, après une lutte qui dura toute une journée, sur l'armée sikhe, commandée par Sher-sing, et sor les Afghans aux ordres de Dost-Moliammed. EHe décida de la guerre dn Pendjab, qui le 39 mars suivant rat ofliclellement incorporé à l'empire indo-britannique.
GWALIOR, chef-lieu de l'État mahratte du même nom, dans l'intérieur de CI ndostan , située su r la crête escarpée d'une montagne rocailleuse, est entourée de tous côtés de fortifications. Elle n'a qu'une seule entrée , formant une suite ne terrasses, que prouvent successivement trois portes différentes. Elle ne manque pas d'eau , et contient assez de terres arables pour suffire aux besoins de sa population. Aussi l'a-t-on surnommée le Gibraltar de l'Inde, quoiqu'elle ait déjà élé prise plusieurs fois.
OYLLEÎSBORG
VÊtat de Gwalior, territoire compacte, d'une TOrpernoe de 1,140 myriamètrea carré», avec une population de 4,000,000 d'habitants, est un pays montagneux , unis ternie et richement arrosé. Le prince qui l'avait jusque alors gouverné, le Mahratte Shenka-Slite-Rao-Selndtah, qui avait ou million de liv. st. de revenu et une armée respectable , étant mort, le 7 février 1846, sans laisser d'héritiers directs, ses fitats, aux termes de la loi musulmane, eussent dû alors faire retour au gouvernement indo-britannique, en an qualité de représentant de l'empereur de Delhy. Mats comme il convenait mieux aux intérêts anglais d'entretenir là un fantôme de prince indépendant, la Compagnie des Indes permit à la veuve que laissait le défunt, princesse âgée de doute ans , de prendre un époux dans une ligne collatérale de la maison de Scindlah. Son chois tomba sur Seadjy-Rao-Sdndîab , prince Agé de neuf ans, qni , de l'agrément du gouvernement anglais, monta alors sor le trône de Gwalior. Dès la fin de la même année, l'expulsion du ministre Maroa-Sahib, adjoint par la Compagnie au souverain encore mineur, personnage com ptétement dévoué aux intérêts anglais, amenait une guerre contre les Mahratte*. Le 29 décembre 1843, les forces anglaises sortaient victorieuses, mais non sans avoir subi des pertes cruelles et dô faire des efforts extrêmes , de deux batailles livrées, l'une A Punniar, sous les ordres de Grey, l'autre à Maharadjpour, sous les ordres de Gough. Le Si décembre le Màharadja déclara, dans le camp du gouvernent général, lord Ellenborough, qu'il était prêt à souscrire aux coo di lions posées pour la paix. En conséquence, Gwalior ouvrit ses portes aux Anglais te 1 janvier 1844, sans coup ferir; et la pait était définitivement conclue le 14. L'État do Gwalior cessa dès lors d'être Indépendant, et perdit même unportion assez considérable de son territoire.
GYA.LL. Voyez Gâtai..
GYGÈS» chef de la dynastie des Mertnnade*, qui remplaça celle des lléraclides sur le trône de Lydie, était d'abord, selon les traditions des Grecs, l'un des principaux officiers et k favorideCanda«le,le premier roi de Lydie dont les h istoriensde l'antiquité aient parlé avec détail. Ce prince ayant lorcé Gygès à voir la reine nue, ceHe-d mit l 'officier dan? la cruelle alternative de périr ou d'assassiner son prince, et de devenir maître de son Ht et de son trône. Suivant Platon et Cieérott, Gygès, simple berger de Lydie, ayant trouve dans les flancs d'un cheval d'airain un aune a u merveilleux, qui rendait Invisible celui qui le portait, profita de ce précieux talisman pour séduire la reine, lemme de Candaule, et pour assassiner ce prince, qu'il remplaça sur le trône, l'aa 708 ou 718 avant J.-C. Quoi qu'il en soit, Gygès, dont le règne fut d'abord troublé par une sédition qu'excitait l'horreur de son crime, n'en fût pas moins roi de Lydie pen-i nt trente huit ans. Il mourut l'an 680 avant J.-C.
G YLLENBORG, nom d'une famille de comtes suédois, qui à fourni à l'histoire de la Suède un certain nombre de personnages distingués. Elle descend d'un apothicaire allemand, appelé Wotimhaute, qui se mêlait aussi d'astnv logie et qui vint s'établir à Upsal, en 1640.
Le second de ses fils, Jacquet, qui, de même qu'un frèti atné, fut élevé au rang de comte sous le nom de GfUenbarj, appuya avec une sévérité extrême, comme sénateur du royaume, les mesures de confiscation ou de revendication à l'aide desquelles le roi Charles XI contraignit ses nobles à restituer des domaines importants dont ils s'étaient indueroent mis en possession à la faveur de la confaaoon et de l'anarchie générales , et s'attira ainsi des haines ardentes et implacables. Il mourut en 1701.
Le fils de Jacques, Charles, comte dk Gyi.lf..mio*c, ne en 167t», prit en 1717, comme ambassadeur de Suède à Londres, et par ordre dn ministre comte de Gcerti, une part importante à ta conspiration tramée contre le roi Georges i" ; fait pour lequel il fut arrêté. Quand il eut été remis es liberté, il alla, comme ministre plénipotentiaire, négocier aui Iles d*Aland la paix avec la Russie; mai* la mort de Charles XII rompit les négociations. Il devint alors le chef