‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 538 sur 614 · HALLE · texte numérisé non relu

HALLE

HALLE su Sais (Halx Saxonium), chef-lieu do cercle de Saale, dans la régence de Mersebourg, qui fait partie des provinces saxonnes appartenant à la Prusse, agréablement située sur la Sa* le, et renommée par ses salines et par son université, fondée par Frédéric 1", roi de Prusse. Elle se compose de trois Tilles bien distinctes : Halle, proprement dite, avec ses cinq faubourgs, et les deux anciens bailliages de Glaucha et de Neumarkt ; un y remarque l'église de Marie, construite dans le style gothique ver* le milieu du seizième siècle, par i'archevéqut..Albertde Mayencc, qui résidait alors à Halle. Celte église est surmontée de quatre tours. En fait d'édifices publics, il faut encore mentionner les églises de Saint- l lric et de Saint- Maurice , l'hôtel de ville, l 'hôpital, l'université, la direction de» posiez, le théâtre, la maison de détention pour hommes, qui peut contenir jusqu'à 900 individus. Parmi les institutions de bienlaisance que possède cette ville, on remarque surtout une école de sourds-muets, deux salles d'asile pour les enfants eu bas âge, une maison d'aliénis, rinstitut des jeunes tilles nobles, l'association pour les orphelins du choléra, une caisse d'épargne, etc. Halle est le siège de la direction centrale des mine* pour les provinces de Saxe et de Tuuringe. La saline qui l'avoisine, Tune des plus anciennes et des plus productives qu'il y ait en Allemagne, qui produit année commune environ 6,300 tonnes de sel, chacune pesant 2,000 kilogr. est exploitée de compte à demi par une société d'actionnaires et par l'Etat. Les ouvriers qui y travaillent, appelés communément halloren, oot une physionomie et des mreurs entièrement différentes de celles des habitants. Ils constituaient jadis une corporation toute particulière, dont les membres ne s'alliaient jamais qu'entre eux, et qu au seizième siècle pouvait au besoin mettre facilement 600 hommes sous les armes. Généralement on croit que celle race de mineurs provient d'un peuple étranger à l'Allemagne, comme par exemple les Celtes; et cette supiwsition est rendue encore plus probable par celle remarque que le patois dans lequel elle s'exprime diffère beaucoup du dialecte local vulgaire, de même que les termes techniques dont elle fait usage dans le travail de la mine n'ont aucun rapport avec ceux qui sont usités dans les autres salines de l'Allemagne.

La vie industrielle a pris dans ces derniers temps d'importants développements à Halle, surtout depuis que cette ville est devenue un point de jonction pour les chemins de fer de Leipzig à Magdebourg et Khénan-Tliuringien. ta population est de 33,000 Ames, sans compter les étudiants et les élèves de l'Institut de Francke, établissement où l'on recueille les orphelins.

La fondation de l 'université de Halle remonte à l'année 1694; en 1815 un ordre de cabinet du roi de Prusse y réunit l'ancienne université de Witteinbnrg. En 1820, le nèmbre des étudiants s'y éleva à 1,300, dont 9i4 pour la seule laculté de théologie. Depuis lors il a diminué et varié chaque année entre 5 cl G00. L'université possède une bibliothèque d'environ 00,000 volumes, un cabinet de médailles et une collection de gravures.

HALLE. Ce mot désigne ordinairement un emplacement abrite ou l'on expose des marchandises destinées à être vendues.

Les Halles de Paris et l'organisation de leur service forment un des traits les plus curieux de la physionomie générale de celte grande ville.

L'entrée de Pari» est interdite aux voitures d'approvisionnement avant onze heures du soir. Les portes s'ouvrent alors pour elles, et de longs convois convergent de tous les points de l'immense enceinte , au centre même de la ville , aux halles, où elles apportent l'approvisionnement quotidien de la cllé. Maraîchers, jardiniers, coquetiers, fermiers, pourvoyeurs de toutes espèces, sont tenus dès qu'ils sont arrivés de décharger leurs marchandises sur le carreau des halles , ut d'envoyer leurs voitures stationner sur des emplacements délit entrent ensuite en rapport avec les acheteurs;

■là sont de plus d'une sorte : regrattiers qui achètent en gros pour revendre sur place au détail, marchands des différents marchés de consommation de la ville, fruitiers qui viennent s'approvisionner, traiteurs, restaurateurs, gargotiers, etc. A une certaine heure, le son de la cloche oblige les marchands à vider immédiatement la place.

Pour les marchandises qui doivent être vendues à la criée : viande , marée , beurre, teufs, fromages, etc., l'intermédiaire des facteurs préposes par l'administration est indispensable, etlesfortsdelahalle peuvent seuls faire les chargements et décliaigcjnentâ.

Paris, qui dort, ne se doute guère du spectacle bizarre que présente chaque nuit le carreau des halles et les rues adjacentes; il n'a jamais vu cette population qui veille pour lui, et qui, été comme hiver, par la pluie, la bise et la neige , arrive, s'entasse dans cet étroit espace, s'agite , se Ixni seule , se heurte, jure, crie, trafique, et s'en retourne pour revenir le lendemain Quand Paris s'éveille, il ne reste plus de tout ce tumulte qu'un mouvement encore considérable de voitures qui regagnent, vides, les barrières ou s'en vont, encore chargées , aux marchés et aux boutiques des fruitiers.

Ce rapide tableau permet de saisir les vices, les inconvénients , les dangers d'une organisation qui un répond plus aux besoins grandioses de l'ère moderne.

Les halles de Paris remontent à Philippe-Auguste, qui les établit au lieu même qu'elles occupent aujourd'hui, et qui s'appelait autrefois Champeaux. Sous le règne de saint Louis elles furent considérablement agrandies, et des industries nombreuses s'y vinrent successivement établir. Bientôt les maisons affluèrent autour des halles : c'était une confusion, une gène, une infection générale, accumulation de choses, pêle-mêle d'hommes et de femmes, traits , querelles , vols et débauches. Henri II essaya de mettre fin au désordre. « Kn 1551, dit Gilles Corroiet, les halles de Paris furent entièrement baillées et rebasties de neuf, et furent dressez, bases et continuez excellents édifices, postais et maisons sumptuenses par les bourgeois preneurs des vieilles places et resynes. » Ces constructions nouvelles et presque partout uniformes offraient au rez-de-cbaussée une galerie ouverte au public, qui circonscrivait l'espace réservé aux marchand», et qtic l'on appela les Piliers des Halles. Le pilori du roi était situé aux Halles ; on y voyait aussi une croix de pierre, eu pied de laquelle les débiteurs insolvables venaient faire cession de biens et coiffer le bonnet vert des mains du bourreau. Quartier redoutable aux jours d'émotions populaires, c'était toujours là que commençaient les émeutes et les séditions. Les Maillotins étaient des gens de la halle, dont Beau fort fut plus tard le roi. En tout temps, c'était le rendez-vous des filous et des gens sans aveu. Cepeudaut, à la fin du dernier siècle, de nombreuses améliorations avaient été apportées au service général des halles ; on avait, par exemple, construit de belles balles particulières.

La halle au blé et à la farine, bâtie sur remplacement de l'hôtel (le Soissons par Le Camus de Mézière. Ce bâtiment est de forme circulaire et mesure 68 mètres tu c. de diamètre; la tour astronomique de Catherine de Mcdicis a été conservée et se trouve légèrement cnRaRée snr un point de sa circonférence. Une galerie couverte ayant un étage au-dessus du rez decliaussée règne tout autour de I edihce; l'intérieur demeura longtemps à ciel ouvert, mais les abris pour les grains étant devenus insuffisants, cette cour fut convertie en une immense rotonde, recouverte d'une charpente en forme de coupole. Elle fot construite par Legrand et Molinos , d'après les procédés de Philibert Delorme, c està -dire avec des planches posées de champ et enchaînées l'une à l'autre par des tenons an fer. Cette coupole brûla en 1801; on la rétablit en fer et en fonte dans le courant de l'année 181 1 ; la lumière pénètre dan* l'intérieur par une lanterne placée au sommet.

La halle astr cuirs, transférée en 1784 rnc Maucooseil, sur l'emplacement de l'hôtel de Bourgogne. La halle aux draps et aux Mies , construite P« Mo

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