FUSION
fois mort, il n'y avait plus, suivant ces profonds politiques, d'obstacle sérieux à une franche et complète réconciliation entre la branche aînée et la brandie cadette. Dès lors plu» de divisions, plus de tiraillements dans le sein du grand parti monarchique, lequel, dominant bientôt la situation, imposerait facilement au pays ses préférences dynastiques. Parmi les derniers ministres de Louis- Philippe , il s'en trouvait un, M. de Sal vandy , qui, envoyé de France à Turin à répoqtie du fameux pèlerinage de Belgr a ve-Square (1842), jvait noblement refusé de s'associer à un vote de colère et de naine par lequel le cabinet que présidait nominalement le maréchal S oui t, mais en réalité M.Guiiot, avait essayé de flétrir cette démonstration, plus puérile que dangereuse, des amants de la légitimité. Ce fut sur lui qu'on jeta les yeux pour cette délicate négociation à laquelle le rendaient plus propre que tout autre la complète honorabilité de ses antécédents politiques et surtout le langage généreux qu'au prix d'une brillante position il n'avait point hésité à tenir dans cette mémorable dreons tance. M. de Salvandy (ut reçu à Froschdorf avec les plus sympathiques égards, et réusait si bien dans sa mission, que quelques mois plus tard M. le duc de Nemours, passant par Vienne, était admis a présenter ses hommages au chef de sa maison.
Tout semblait donc aller suivant les voeux des fusionnâtes ; mais malheureusement pour eux M. Thiers refusa de s'assoder à leurs efforts, vraisemblablement parce qu'il ne pouvait guère espérer d'obtenir jamais l'oubli de ses rapports avec l'infâme Deutz et du rote qu'il avait Joué dans l'avortement de l'écbauffourée tentée en Vendée par M™" la dod teste de Berry en 1832. Il se forma donc sous son drapeau un parti d'antifustontUites, dont tes menées patentes et les intrigues occultes tendirent à contrecarrer autant que possible les projets de leurs monarchiques adversaires. Dans ce camp-là, tes Imprescriptibles droits de M. le comte de Paris , basés sur la charte bâclée le 7 août 1830 par les 211, étaient proclamés articles de foi; tout comme pouvaient l'être dans l'autre camp les droits légitimes de M. de Chain bord, l'alné des petits-fils de saint Louis et de Henri IV. Ajoutons que , par l'attitude pleine de réserve qu'elle gardait à Kisenach, la mère du jeune prince dont on
dudiesse d'Orléans, semblait protester contre une intrigue qui allait droit à détrôner son fils une seconde fois.
Les fuMonnistes et les antifusionnistes n'étaient d'accord que sur un point : la nécessité de se servir, en attendant, du président de la république pour tirer les roarons du feu au profit de l'une ou de l'aube branche de la maison de Itourhon, sauf à lui promettre, s'il était sage, de le récompenser quelque jour suivant ses mérites. D'ailleurs, afin de le mettre dans l'impossibilité de jamais rien tenter pour lui-même, \& fusion avait eu soin de former la plus adultère des coalitions avec les montagnards ; et les journaux dont elle disposait, non contents de prodiguer à Louis-Napoléon l'insulte et la calomnie, se faisaient tes complaisants édios des infamies qu'on trouvait chaque matin contre lui dans les journaux de la rouge.
C'est dans ce conflit d'intrigues, de haineuses passions et d'intérêts, quête coup d'État du 2 décembre 1851 vint prendre si au dépourvu les meneurs de la fusion comme ceux de l'antifusion ou les braillards de la Montagne. Les uns et les autres, dans leurs égoïstes spéculations, ils avaient oublié que si les fautes commises successivement, et comme à l'envi, par les deux branches de la maison de Bourbon et leur» créatures avaient à deux reprises placé la France sur le bord de l'abîme ; que si la république y était devenue impossible par les bêtises, les folies, les excès de ceux-là même qui un beau matin» avaient imposé cette forme de gouvernement à leurs concitoyens, tout ahurris et abasourdis par la chute d'un trône regardé encore comme inébranlable trois heures auparavant, il existait un quatrième parti, arec lequel il fallait enfin compter : le parti bonapartiste. Or, ce parti, beaucoup trop dédaigné jusque alors parles
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politiques, devait bien vite rallier a lui les nommes de sens, qui, aussi fatigués à ce moment des excès de la licence et de l'anarchie qu'ils avaient pu l'être naguère des roueries et des turpitudes du parlementarisme, apin'laient de leurs vœux la vanue d'un gouvernement cipable de faire enlin régner l'otdre dans la rue et dans les esprits, dès lors de rassurer les intérêts si vivement effrayés , tout en sachant donner satisfaction , sans trop marchander, à l'impérieux besoin de liberté et de légalité qu'éprouvent les générations actuelles, et comprenant qu'il ne saurait y avoir de stabilité pour lui qu'à ce prix.
Rappelons aussi, en terminant, que quelques années avant l'intrigue qui a abouti comme vous savez, il y eut un moment eu ce mot fusion, dans son acception figurée, avait une vertu magique aux yeux des agioteurs. Le gouvernement venait alors de mettre en adjudication la construction et l'exploitation du diemln de fer de Paris à Lyon. Plus de cinquante compagnies, toutes au capital (nominal) de 200 mil lions, toutes flanquées àeconseils de surveillance où brillait ce qu'il y avait de mieux en fait de pairs de France et de députés, s'étaient constituées pour soumissionner l'affaire en concurrence, c'est-à-dire en offrant à l'envi les rabais les plus considérables. C'eût été une vraie bénédiction pour le trésor public! Mais, au lieu de se faire bêtement la guerre à leurs dépens , toutes , quand vint l'instant décisif, unirent par fusionner, et de la sorte se partagèrent au prorata de leur encaisse réel les 50 ou 60 millions de prime attachés aussitôt par l'agiotage aux titres de la compagnie restée unique par suite de la fusion, et déclarée adjudicataire aux conditions qu'il lui avait convenu de fixer elle-même. Cette /««ion-là n'était autre chose qu'une coalition industrielle, genre de délit puni par les articles 414, 41 S et 416 du Code Pénal ; mais le ministère public se garda bien d'en; poursuivre la répression. Impitoyable quand il s'agit de pauvres diables d'ouvriers charpentiers ou maçons m coalisant, fusionnant, pour faire augmenter leurs journées de 25 ou de 50 centimes, il fit le mort cette fuis ; sans doute parce qu'il avait affaire à trop fortes parties.
FUSSLI ou FUSELI, nom de célèbres artistes suisses.
Jean-Gaspard Fessu, portraitiste, né à Zoridi, en 1706 , mort en 1781. Ses portraits eurent un immense succès; la plupart ont été gravés. Il chercha aussi à [faire connaître ses idées en matières d'art. Indépendamment d'uue histoire des artistes suisses et d'un catalogue des prindpaux graveurs, on a de lui : Choix de Lettres de Wlnckelmann à ses amis en Suisse ( Zurich, 1778 ), et Idées de Mengs sur le beau et le goût dans la peinture ( Zurich , 1792 ).
Son fils, Jean- Henri Fcssu, peintre d'histoire, en dernier lieu directeur de l'Académie royale de Peinture de Londres ( où on avait coutume d'écrire son nom Fuseli ) , né à Zurich, en 1742, étudia à Berlin sous Sulzer, voyagea, en 1791, avec Lavater, et se rendit ensuite en Angleterre, où les conseils de Reynolds le déterminèrent à s'adonner exdnsivement à la peinture. Après avoir profondément étudié l'œuvre de Michel-Ange à Rome de 1772 à 1778, il revint en Angleterre, où on le regarda comme le plus grand peintre après West. Il mourut à Puttney-llill, près de Londres, le 16 avril 1325, et fut enterré dans l'église Saint-Paul, à côté de son ami Reynolds. Parmi ses tableaux, on estime surtout L'Ombre de Didon, le Combat d'Hercule contre les chevaux de Diomide, et sa galerie miltonienne, composée de soixante figures pour le poème de Milton. Il fit paraître, en 1801, des Leçons sur la Peinture, dont on critiqua avec raison le style peu convenable, et où on releva les jugements par trop tranchants qu'il se permettait à l'égard de quelques chefs-d'œuvre généralement admirés.
Jean-Rodolphe Fcssu le jeune, né à Zurich , en 1709; mort en 1793, se forma à Paris, sous Loutherbourg atné , et parvint à être un remarquable peintre en miniature. On a aussi de lui quelques dessins d'après Rapuad t< autres grands maîtres, et un Dictionnaire universeJ des Artistes (Zurich, 1763), Iruit de trente ans <te travail. Son fils, Jean-Henri, mort à Zurich, en 1832, en a "