‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 541 sur 614 · HALLER · texte numérisé non relu

HALLER

m and , cl il s'opposa à ce qu'elle* fussent traduites tant que- Voltaire et lui seraient tous les deux de ce monde. Voltaire ne comprenait pas l'allemand. Sa réputation d'universalité était si bien établie, que le prince de Radziwill trouva iugénieux de le nommer général-major dans son armée de confédérés polonais. La Tille de Berne, pour mieux se l'attacher et lui complaire , créa pour lui seul expressément des magistratures qui devaient s'éteindre après sa mort. Qu'on di.se donc que les républicains n'ont ni courtoisie , ni munificence, ni gratitude envers le génie! Mais le témoignage d'estime auquel il fut le plus sensible, ce fut la visite que lui rendit l'empereur Joseph II, celui-ci n'ayant point fait le même honneur à Voltaire : Marie-Thérèse avait eu effet détendu au jeune prince d'aller à Fer ne y, qu'elle considérait comme te théâtre de l'irréligion.

Ualler mourut le 12 décembre 1777. Il avait si parfaitement conservé sa connaissance jusqu'à l'heure suprême, qu'il continua d'étudier son pouls jusqu'à sa dernière puisation, ayant soin de marquer par un signe de lète le moment précis où il devint insensible. Joseph II acheta pour l'université de Pavie, qui les possède aujourd'hui , les vingt mille volumes composant la bibliothèque de Haller.

Dr Isidore Bourdon.

HALLER ( CBARiEft-Lorjis ne ), petit-tiUdu précédent, né à Berne, en 170», fut nommé en 179S secrétaire du petit conseil à Berne : plus tard il entra dans l'administration autrichienne; pais il revint, en 1806, se fixer dans sa ville natale, où il obtint une chaire d'tiistoire à l'université, et où, en 1814, il fut admis membre du grand et du petit conseil. Pour se venger de l'esprit révolutionnaire , qui l'avait forcé à abandonner sa patrie, il conçut te projet de l'attaquer dans &e* principes et ses idées. Il composa à cet effet sa ifest aurai ion de la science politique (tomes I à IV, Winlertbur, 1816-1820; tome V, 1822; tome VI, 1834 ), ouvrage qui n'est que le mélange indigeste d'un prétendu système territorial, des doctrines de Hobbea et de fantaisies théocratiques, mais qui n'en eut pas moins un grand retentissement, grâce aux circonstance» au milieu desquelles il parut. La sainte- alliance s'occupait alors de reconstituer l'Europe et d'y détruire à jamais le germe du venin révolutionnaire que la littérature et ensuite les victoires des Français avaient successivement inculqué à toutes les nations. Lois, lorrurs, institutions, sciences, idées, on prétendait alors tout renouveler; ou du moins on se proposait de les faire rétrograder de quelques siècles. De là une lutte dont te résultat linal ne devait pas élre douteux, mais au début de laquelle les partisans de la rénovation monarchique et religieuse des idées ne laissèrent pas que de développer beaucoup d'activité. Haller, avec son lourd galimatias, se trouva là à point nommé pour que la réaction le proclamât le Montesquieu monarchique. Il voulut être conséquent avec les principes qu'il préconisait, et abandonna le protestantisme , religion de la révolte, pour embrasser le catholicisme. Sa cuovcrs;on lit encore bien autrement de bruit que son livre, ut devint de la part des prolestants l'occasion des plus vives attaques. On reprocha amèrement au néophyte la dissimulation qu'il avait apportée dans cet acte si solennel de sa vie, accompli dès 1820 et rendu public une année seulement après; délai pendant lequel il avait cauleleusement conserve ues loiiciions reinbuee» ii]compaiioie> avec sa nouvelle religion, et dont force lui fut de se démettre enfin en 1821. Le parti clérical, qui gagnait de pins en plus la haute main en France, crut s'assurer d'un puissant moyen d'action sur l'opinion eu enrôlant à sa solde le restaurateur de la science politique. On attira donc à Paris Haller, qui y fut choyé par le parti dominant comme ne l'avait encore jamais été aucun étranger, et à qui on donna tout aussitôt une sinécure de 12,000 francs au ministère des affaire-* étrangères. De 1824 à 1830, Haller enrichit périodiquement de sa prose plus allemande que française les colonnes du Drapeau blanc de Martainville et du Mémorial catholique de l'abbé de Lamennais, et lut nommé au

- H ALLE Y 711 , commencement de 1830 professeur a l'hcoledea Chartes; car il était de ces hommes chers à la congrégation que celleci avait à cour de fourrer partout, et surtout de roux eua- ! bleraent nantir d'emplois grassement rétribués. La tourmente de Juillet n'eut qu'à souiller sur cette fortune, aussi éphémère que la réputation qui en était le prétexte, pour J la faire crouler ; Ualler s eu retourna eu Suisse, ou H devint l'un des meneurs du parti ultramontain, toujours d'autant plus choyé dans les jésuitières et les sacristies qu'il était protestant converti. 11 est mort à Soleure, le 20 mai 18bi.

HALLE 1 (Fujio.xd), célèbre astronome et naturat - te, né te 2» octobre Itoo, à liaggerslon, hameau voisin de Londres et aujourd'hui englobe dans cette capitale, se consacra d'abord à l'étude de la littérature et des langues anciennes, mais plus tard exclusivement à celle de l'astronomie, pour laquelle il se sentit pris tout à coup d'un entraînement | irrésistible. Après avoir, à l'âge de dix-neuf ans, résolu I le difficile problème de ("excentricité des plans, il reçut, en i 1676, du gouvernement la mission d'aller à l'Ile de Sainte- Hélène faire des observations relatives à l'hémisphère austral). Son Cafafo^tuS/e/i'aruM Auslraliuni(lAtnùrcs, ic79) fuite fruit de ce voyage, au retour duquel la Société royale de Londres et l'Académie des Sciences de Paris s'empressèrent de l'accueillir dans leur sein. l<a première de ces compagnies savantes, qui l'avait nommé son secrétaire, l'envoya a Dantzig, à l'effet d'y remplir les fonctions d'arbitre à propos d'une discussion scientifique survenue entre Mooke et Hevelius. Plus tard , elle lui confia encore des missions scientifiques en France et en Italie. Entre Calais et Paris, il dt'couvrit une comète qui, d'après lui, a été nommée comète de Halley, et qui cette année là fut deux fois visible. Il l'observa ensuite à l'Observatoire royal, dont ut construction était toute récente. En 170J il fut nommé professeur de géographie à Oxford, et en 1720 astronome royal à Grcenwich en remplacement de F'Iamsteed. C'est là qu'il remania sa théorie de la lune, afin de la perfectionner assez pour la faire servir, autant que possible, à la détermination des longitudes en mer.

Halley mourut le 1 4 janvier 1742, à l'âge de quatre-vingt-six ans. Sesprincipaux écrits, composés les uns en latin , les autres en anglais , sont : Catalogus Stellarum Australium. Théorie des Variations de F Aiguille Aimantée et Carte des Variations de l Aiguille Aimantée. (Ces deux ouvrages, fruit de longues et pénibles observations, furent publiés dans toutes tes langues dès qu'ils parurent, à cause de leur grande utilité pour la navigation : joints aux travaux du même auteur sur les venu qui régnent dans les mers placées entra les tropiques, ils lui ont mérité le nom de grand capitaine, titre que lui donnèrent les marins au retour de ses expéditions lointaines); Miscellansa curiosa, mélanges composés d'un grand nombre de discours lus à la Société royale de Londres, et renfermant la description des principaux phénomènes de la nature; Tabulx astronomicx, qui ne parurent qu'après sa mort (Londres, 1749), et dont Irlande publia une nouvelle édition dix ans plus lard. Il faut encore ajouter à cette liste les mémoires imprimés dans les Transactions philosophiques, et diverses traductions d'ouvrages anciens.

Signalons maintenant les plu* importantes découvertes de Halley. Nous placerons en première ligne le calcul du mouvement des comètes. Pressé par les sollicitations de notre savant, Newton avait publié son livre des Principes, qui anéantissait le système tartésien. Pour lui porter le dernier coup et établir d'une manière invincible la nouvelle philosophie de son illustre compatriote, Halley résolut d'appliquer la méthode de Newton à la détermination des orbites paraboliques des comètes. Le travail était immense, mais il ne l'effraya point. Il calcula la carrière fournie par 24 comètes qui avaient été assez exactement observées depuis 1347 jusqu'à 1693; et ce travail lui fitdécouvir que la comète de 1682 avait déjà paru en 14 W, 1531 et 1607, et il en conclut que sa révolution devait être de soixante-quinw ans. Il pré-

Page 1