HAMILTON
tes nombreuses persécutions dont la famille Ilaruilton fut victime.
Un certain James Hamilton, qui avait été fait prisonnier à la bataille de Langside et, dont les biens avaient été confisqués, tua en guet-apens le régent Murray, en 1570, et s'enfuit en France. A I» sorte de ce meurtre, les Hamilton étirent encore un instant la prépondérance jusqu'au moment où I appui de l'Angleterre permît au comte de Lennox de se saisir de la régence et de recommencer une violente persécution contre les membres de cette famille. L'évêque de Saint-Andrew-;, entre autres, fut pendu sans jugement par son ordre, en Ib71 , à Stiriing. A ce moment, le lâche duc de Châlelleraull se mit entin à la tête de son parti ; avec un grand nombre de seigneurs , il se déclara en faveur de la reine retenue captive en Angleterre, s'empara de la capitale, et prit d'assant Stiriing. Dans cette affaire, le régent Lennox fut tné an milieu de la mêlée. En 1571, le comte Mnrton, allié de la famille Hamilton, ayant pris la régence, le duc de Châtellerault se retira de la lutte, et mourut en
Son fils James Hamilton, que sa beauté et son esprit rendaient le favori des dame; , visa à obtenir la couronne avec la main de la reine. Mais les Guise le poursuivirent à outrance, comme protestant, et lui enlevèrent le duché de ChAteHerault, dont il héritait de son père. A la snite d'excès physiques, et affaibli encore par de rigoureuses pratiques religieuses, il perdit l'usage de ses facultées intellectuelles longtemps avant de mourir. Morton étant mort sur Péchafaud, en 1581 , sous le règne de Jacques Vf, qui fut plus tard le roi d'Angleterre Jacques 1", la puissance de la maison d'Hamilton se trouva presque complètement anéantie par des exils et des confiscations. John et Claude, frères de James l'insensé, s'enfuirent en Angleterre, mais revinrent en Ecosse après la chute de lenr principal ennemi , James Stuart ; le roi les accueillit comme de fidèles amis de sa mère, et leur fit rendre une partie de leurs biens. John, mort en 1604, fut créé en 1599 marquis d'Hamilton. Claude devint la tige de la ligne cadette des Hamilton, la famille des comtes d'.4oera>rn, qui subsiste encore aujourd'hui en Kcosse.
lie fils de John, James Hamilton, comte de Cambridge en Angleterre, homme d'État et favori de Jacques 1*% mourut en 1675, empoisonné, dit -on, par son rival le duc de Buekingham. Son fils atné et héritier, James Hamilton, compagnon d'enfance et favori de Charles Ier, alla rejoindre, pendant la guerre de trente ans, le roi de Suède Gustave- Ado I plie à la tète d'un corps auxiliaire anglais considérable, et contribua au gain de la bataille de Leipzig. Rappelé en Angleterre , il se montra l'un des plus fidèles partisans «le Charles I", qui en 1643 le créa duc d'Hamilton; et le 1C mars 1649, peu de temps après le supplice du roi, il suivit son maître sur l'échafaud.
William Hamilton, frère du duc, comte de Lanarck et secrétaire d'État pour l'Écosse , était tombé en disgrâce auprès de Charles 1", parce qu'il blâmait la guerre civile; en conséquence il rejoignit l'armée du parlement avec un nombreux corps auxiliaire. Mais il ne Arda pas à revenir au parti du roi , et , après la mort de son frère, Charles II lui conféra le titre de duc. En 1651 , il fut fait prisonnier par Cromwell à la bataille de Worcester, et à quelques jours de là mourut de ses blessures. La descendance mâle de la ligne principale s'était éteinte en la personne de ce second duc d'Hamilton.
En 1660 Charles II conféra le titre de duc et les autres dignités de cette maison a William comte de Sclkirk, fils cadet du marquis de Douglas, qui avait épousé Anna, la tille et héritière du premier duc d'Hamilton, dont il prit le nom et les armes. Il mourut en 1694, laissant une nombreuse |K)stérité. Son lils aine, James, quatrième duc d'IlANiLTON, fut créé en 1711 duc de llrandon et pair d'Angleterre. Il fut employé dans de nombreuses misions diplomatiques le règne de la reine Anne ; jacobitc zélé, il travailla
ardemment dans les intérêts de la dynastie expulsée, et fut tué en duel en 1711, par lord Mobun.
Charles , troisième fils de William Douglas , reçut le comté de Selkirk , et en transmit le titre a son frère John, qui devint de la sorte la tige des comtes à' ffamilton-Selkirk. Georges, cinquième fils de William Douglas, qui se distingua comme général pendant les guerres de la reine Anne, et mourut en 1737, fonda la branche des comtes d' HamUton- Orkneg, qui s'est continuée jusqu'à nos jours en ligne fémimine. ArcMbatd, septième (ils de William Douglas, mourut en 1737, avec le titre d'amiral ; c'est son fils qui se distingua comme antiquaire ( voyez d-après"), et qui plus tard ternit l'éclat de son nom en le donnant a une vile prostituée.
James, sixième duc d'Himi/ron, mort en 1758, avait épousé la belle Elisabeth Gmming, devenue plus tard duchesse d'Argyle. Son fils, James-Georges, septième duc d'HAniLTON, hérita à la mort du duc de Douglas ( 1761 ) des titres de marquis de Douglas et decomte d'Angus. Lui et son frère, Douglas Hamilton, moururent sans laisser d'héritiers mâles; leurs titres et leurs domaines firent en conséquence retour à leur oncle Archibald, neuvième duc <f Hamilton et sixième duc de Brandon ( 1799). Son fils, Alexandre Hamilton , né le 3 octobre 1767 , connu jusqu'à la mort de son père sous le nom de marquis de Dovgla* et de Clgdesdale , entra a la chambre des communes en 1802, et y vota avec les whigs, qui lorsqu'ils arrivèrent aux affaires, en 1806, lui donnèrent l'ambassade de Saint- Pétersbourg. La paix de Tilsltt le ramena en Angleterre, et depuis lors il ne fut plus question de lui en politique, quoique du vivant même de son père il eût eu entrée à la chambre haute. 11 hérita de ses titres en 1819, reçut l'ordre de la Jarretière sous le ministère de lonl Melbourne, et mourut le 18 aoOt 1852. On le regardait comme le plus insolent aristocrate des trois royaumes. H y a une vingtaine d'années, étant venu à Paris pour la santé de sa femme, deux médicastres étrangers, les docteurs Koreff et Wolowski, auxquels il s'adressa , loi réclamèrent judiciairement 400,000 francs pour honoraires. Ce chiffre n'eût évidemment eu rien d'exagéré s'il s'était agi d'un mémoire d'apothicaire. Le tribunal n'alloua aux demandeurs que 24,000 francs.
De son mariage avec Sutannc-Euphéraie, Mie de William Beckford de Fonthill-Abbcy, le célèbre autenr de Vathek, et petite-fille d'Anthony Beckford , lord-maire de Londres , il a laissé un fils , Willtam-Alexandrc-Anthony-Archibald , onzième duc d'HAMiLTON et huitième duc de Brandon , né le
10 février 1811, qui a épousé en 1843 la princesse Marie Amélic-ÉHsabeth-Caroline de Bade.
Lord Claude Hamilton, fils cadet du feu vicomte d'Hamilton et petit-fils du premier marquis d'Abercorn, né en 1813, entra en 1839 au parlement comme représentant du comté deTyrone en Irlande, oh depuis le règne de Jacques ICT sa famille possède de grandes propriétés. Il s'y fit remarquer comme l'un des champions do parti conservateur et de la hante Église, et à partir de 1848 il s'y créa pour spécialité d'y défendre, d'accord avec Baillie Cochrane, les gouvernements autrichien et napolitain contre les attaques des libéraux. Quoiqu'il eût roté en faveur du libre échange,
11 accepta, en 1852, le poste de trésorier de la maison de la reine ( treasurer qf the household) dans le ministère de lord Derby.
HAMILTON ( Sir William ) , antiquaire distingué , né en 1730, remplit k partir de 1764 les fonctions d'ambassadeur d'Angleterre à liaples, où il prit une part active aux découvertes dont Herculanum et Pompéï devinrent le théâtre. Le déroulement d'un rouleau de papyrus carbonisé l'ayant vivement intéressé , il chargea de ee soin le père Antonio Piaggi, et rétribua royalement son travail. Aidé par sa*m>ndc lemme, iady Emma Hamilton ( voyez ci-après ), il réussit, en 1703, à amener la conclusion d'un traité d'alliance offensive et défensive entre la cour de îfaples et le gouvernement anglais , traité dirigé contre la France républicaine. En 1790 une armée française ayant envahi le
royaume de Naples, sir William Hamillon suivit en Sicile le monarque auprès duquel il était accrédité. Lors de sou retour en Angleterre, en 1800, un naufrage lui 6t perdre la plus grande partie des richesses artistique» qu'il avait amassées. 11 avait vendu déjà auparavant au Br'Uish Muséum une précieuse collection de vases antiques , que le* deux [ quarante dessins de Tischbein ont fait connaître ( 4 vos, Londres, 1791 ). Il mourut à Londres, le 6 avril 1803. Ses Observations onmount Vesuvius , etc. ( 177?), et se» Cawipi Phlegrxi ( 1776 , 1777 ) , contiennent les résultat* de ses recherches sur le Vésuve et sur l'Etna. On peut dire aussi que ce fut lui qui créa la science des vases antiques. Consultes sur ses collections l'ouvrage de Kirk, intitulé : Gravures au trait d'après les tableaux, etc., de vases étrusques, grecs et romains, recueillis par /eu sir William Hamillon (Londres, 1806).
HAMILTON (Lady Emu), non moins fameuse par la part qu'elle prit aux sanglantes réactions dont la ville de Naples (ut le théâtre, en 17»», que par les scandaleux dé|K>rtements de sa vie privée , naquit Ter» t761 , dans le comté de Chester, et était la fille d'une servante du pays de Galles , appelée Harte , et d'un père inconnu. A l'Age de treire ans, elle entra en service, comme bonne d'enfants, à Hawarden, et se rendit trois ans après à Londres, où elle devint fille de cuisine ches un marchand de la cité , puis femme de chambre d'une grande dame, qui ne tarda pas a la renvoyer, à cause de sa passion pour la lecture «les romans et pour le théâtre. Elle entra alors comme tille de salle dans une taverne du plus bas étage , où pour racheter un sien cousin, qui Tenait d'être pressé comme matelot, elle se livra à son capitaine, tir John Willet Payne, par la suite amiral, dont elle devint alors la maîtresse déclarée ; et cet officier, après lui avoir fait donner une teinture d'éducation, la céda a un certain chevalier Featherstonhaugh, qui vécut pendant quelque temps avec elle , dans son domaine du comté de Sossex , puis la mit un beau jour h la porte. Après s'être pendant quelque temps livrée à Londres à la prostitution du plus bas étage, elle fit la connaissance d'un charlatan appelé le docteur Graham, qui se disait inventeur d'un philtre inspirateur de l'amour, et qui prodiguait sa compagne à ses clients comme sujet d'expérimentation. Il la nommait sa déesse Hygie, et la faisait voir voluptueusement couetiéc sur ce qu'il appelait son lit céleste , dans nn état de nudité complet , mais assex mal dissimulé par une gase diaphane.
C'est à une de ces singulières exhibitions que le spirituel Charles Grevllle, de la famille de Warwick, s'éprit de cette aventurière. 11 l'enleva à son protecteur médicastre, et la rendit mère de trois enfants. Il était même sur le point de l'épouser, lorsque sa complète déconfiture, arrivée en 1789 , vint mettre obstacle à fa réalisation de ses projets. Dans l'espoir d'exercer sur son oncle, sir William Hamillon, alors ambassadeur a Naples, un genre de fascination analogue à celui que le docteur Graham pratiquait sur ses libidineux clients , et de le déterminer ainsi à venir à son secours, Charles Greville lui dépêcha à Naples son Emma ; et , comme il l'avait prévu , le diplomate ne tarda pas à devenir si éperduement amoureux de la maltresse de son neveu, qu'il lui proposa bientôt un marché également ignominieux pour tous trois, et aux termes duquel le vieux débauché s'engagea à payer les dettes du jeune prodigue moyennant la cession pleine et entière de 1a Vénus vénale qui avait su réveiller chez lui des leux depuis longtemps éteints. Le but de Charles Greville était atteint; et en 1791 sir William Hamillon épousait à Londres, en légitime mariage, au grand scandale de la société aristocratique, une femme dont les nympliea habituées de certains trottoirs de celte capitale avaient conservé le souvenir. A son retour à Naples, il présenta lady Emma Hamillon à la cour ; et , grâce a la conformité de leurs maurs et de leurs goals, une étroite liaison ne tarda pas à s'établir entre la reine Marie-Caroline et l'ambassadrice. Ce fut par les confidences de Marie-Caroline a lady lfamilton que l'Angleterre se trouva prévenue des dispositions hostiles