HANAU
on la comprit dans le territoire do Grand-duché de Francfort; mais eo 1813 elle fit retour a Hesse-Cassel.
HANAU, chef-lieu de la province, est une Tille de 16,690 habitant*, située dans une contrée sablonneuse, où U patience et la -persévérance du cultivateur ont su créer de riants jardins, de fertile* vergers. Elle se divise en vieille vitleel ville neuve; celle-ci a des rues droites et régulières. L'une et l'autre ont beaucoup gagné a ce qu'on en rasât les fortifications. A reitrémilé nord-est de la ville s'élève le château de l'électeur. On trouve à Hanau trois églises protestantes, un gymnase, auquel est ajouté la Bibliothèque de Wettéravie, un hôtel des monnaies, un arsenal et un théâtre. C'est la cité la pins industrieuse de toute la Hesse, et il règne beaucoup d'activité dans ses fabriques de tabac, de cigarres, de soieries, de camelot, de cuirs, de gant*, de bas, d'articles de bijouterie, etc. Il s'y fait aussi un commerce considérable en planches, articles de bot* sculpté et brut. Non loiu de Hanau on trouve Philippsruhe, château de plaisance appartenant à l'électeur, rétablissement thermal <lc Wilhelmsbad et liumpen/ttim. Cette ville est célèbre dans l'histoire par 'e siège qu'elle soutint à l'époque de la guerre de trente ans, en 163â et 1636, contre les Autrichiens, et par la bataille qui ait lieu sous ses murs le 30 octobre ihi3. C'est la dernière victoire que Napoléon ait remportée en Allemagne.
[ Vaincu à Le i pzig , Napoléon évacuait l'Allemagne à marches forcées avec les débris de son armée, par les villes d'Erfurt et de Gotha. Les princes et les peuples sur lesquels avait pesé son joug de fer se soulevaient au bruit de ses défaites, et cherchaient à se venger d'une lâche obéissance par une lâche défection. Le 16 octobre, le comte de Wrède, 'général bavarois, partit des bords de l'Inn avec son armée, renforcée par les divisions autrichiennes du prince de Reuss, et se présenta le 24 devant Wurlxbourg à la téte de 60,000 hommes. Le général Turreau ne put défendre celte ville contre des forces aussi considérables ; il se réfug'a dans la citadelle, et laissa passer le comte de Wrède , qui vint prendre position autour de Hanau, sur la route de Gelnhausen, par où devait déboucher l'armée française. Napoléon, chassé le 1S des (atibourgs de Leipzig, avait passé la Saale le 20 à Weissenfels. Il était arrivé le 24 a Erfurt, théâtre de l'un des plus grands incident* de sa vie, et laissa une garnison dans la citadelle de cette ville, sous les ordres du général Dation. Son arrière-garde, attaquée de nouveau, le 26, par les troupes de Blucber, entre Kisenach et Gotha, avait laissé 2,000 hommes aux mains de ses ennemis. Il sentit la nécessité de presser sa marche; car il connaissait la détection de la Bavière, et se flattait de gagner le Rhin avant le comte de Wrède. Il fit donc tous ses efforts pour obtenir une ou deux journées d'avance sur le* armée; qui le talonnaient. Mais il ne réussit qu'à leur échapper. Au sortir de la forêt de Thuringe, il n'était p:us suivi que par les cosaques de Platow, d'Orlow, de Czernichef et de Kowaski. Ses colonnes, harcelées par cette cavalerie légère, s'affaiblissaient à chaque instant, et laissaient après elle une longue trace de blessés, de malades, de traînards et de déserteurs. Ce fut enfin â Schluchtern qu'il apprit, le 28 octobre, que le passage lui était fermé par les troupes de «on ancien vassal.
Il était urgent do le rouvrir; le moindre retard pouvait causer sa perte. C'était, au froid près, une nouvelle Bérésina qu'il fallait franchir. Une avant-garde de deux ou trois mille hommes déboucha le 20, à huit heures du matin , de la foret I de Lamboy, combattit toute la journée contre les Bavarois de la division Lamntte, et les força, vers le soir, à te replier eur Ruckingen. Napoléon bivouaqua autour de Langenselboden, et le lendemain Macdonald, à la téte do 2" corps, lançi ses deux divisions et la cavalerie de Sebastiani sur le* six bataillons bavarois que Lamotte avait laissés la Teille à Ruckingen ; la prompte retraite de cette avant-garde permit à N;q>oléou d'observer et de reconnaître la position de *.on nouvel ennemi. L'armée du comte de Wrède était
rangée en avant de Hanau, sur la rive gauche de la Kinzig. Sa droite s'appuyait au pont de Lamboy ; son centre s'étendait entre ce pont et la chaussée de Gelnhausen , sur était établie une batterie de 60 pièces de canon, et sa | commandée par le prince de Reuss , avait pris position au delà de cette chaussée. Un corps de réserve bordait la rivière et se liait à une brigade autrichienne laissée dans la ville , tandis que Czernichef observait avec ses cosaques la chaussée de Friedberg. Napoléon, dont l'artillerie n'était pas encore arrivée, fit attaquer la droite de l'armée bavaroise par le général Du breton à la tète de deux mille tirailleurs, tandis que dnq mille autres, dirigés par Macdonald et Cliarpentier, marchaient vers le centre de la ligne ennemie , sur la formidable batterie qui en défendait les approclies. Ce fut pendant trois heure* une fusillade inutile. Elle ne servit qu'à déguiser l'impuissance où était encore Napoléon de faire autre chose.
Cependant, aussitôt que. le général Drouot eut pu mettre en ligne 50 pièces d'artillerie, l'attaque devint sérieuse. Deux bataillons de la vieille garde, commandés par le général Curial, fondent sur les Autrichiens qui forment l'aile gauche; ils sont soutenus par l'artillerie de Drouot. Les tirailleurs ennemis sont débusqués, ia plaine de Hanau est envahie. Les batteries françaises se développent au sortir du dehlé. A leur droite viennent se former les corps de cavalerie dont Napoléon dispose, les grena tiers à cheval et les dragons de la garde, que Nansouti commande, les cuirassiers du général Saint-Germain, la division Sébastiani, et deux escadrons de gardes d'honneur. Tout* cette cavalerie s'ébranle vers les quatre heures, charge les cavalier* autrichiens et bavarois, et le* nu l en déroute au premier choc. Les flancs do l'infanterie ennemie sont découverts et menacés par cette charge vigoureuse. La cavalerie ennemie cherche en vain à se rallier derrière les cosaques de Czerniclief. Ceux-ci sont écrasés à leur tour par la mitraille, chargés par nos cuirassiers et nos dragons , et rompus de tous les cotés , ils entraînent toute l'aile gauche dans leur fuite. Le comte de Wrède ne songe plus qu'à replier en bon ordre son centre et son aile droite, et couvre ce mouvement par un effort sur le pont de Lamboy. Mais deux bataillons de la vieille garde, dirigés par Friant, arrêtèrent cette lausse attaque. Toute l'armée ennemie se hâta de repasser la Kinzig, et se rallia sous le canon de la place, près de la ferme de Lehrliof. Ce n'était point assez pour les Français : il leur fallait se I rayer la route de Francfort et de Mayence, et cette bataille, quoique gagnée par Napoléon, n'avait pas eu encore ce résultat.
L'empereur s'avança donc lui-même à la faveur de l'obscurité pour reconnaître si le passage était ouvert. Une vive fusillade lui répondit, et le força de regagner son bivouac. Son avant-garde fila |iendant la nuit sur Wilhemsladt, d'oil elle se dirigea sur Francfort par llochstaedt , avec l'empereur lui-même. Marmont resta devant Hanau, à la tète des 3*, 4* et 6* corps, pour protéger la retraite des 1 8,ooo hommes qui formaient l'arrtère-garrie, sous les ordres de Mortier, et qui étaient encore à Gelnhausen. De Wrede s'était replié de son coté sur Aschaffcnbourg , et n'avait laissé dans Hanau qu'une division autrichienne. Ella y fut assaillie des l'aurore du 31 par une grêle d'obus, qui la forcèrent deux heures après à évacuer la place. Marmont ne 6t que la traverser à la tête des 3« et 6e corps, qu'il porta vivement sur U route d'Aschaffenbourg, pour attaquer la droite des alliés ; mais ce n'était qu'une démonstration dont il était facile de deviner le but. Après les avoir éloignés de sa ligne de retraite, Marmont suivit le mouvement des première* colonnes de Napoléon. Bertrand et le 4« corps restèrent seuls pour assurer le passage de Mortier et de l'arrière-garde. La division Guilleminot garda les ponts de la Kinzig, celle des Italiens occupa la ville, el Morand se plaça avec la sienne en réserve sur la chaussée. Le comte de Wrède, encouragé par le repos qu'on lui laissait, ne supposa dans Hanau qu'un faible détachement, il fit attaquer