‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 561 sur 614 · HARAS · texte numérisé non relu

HARAS

ooop d'État du 2 décembre 1851 . H n'existe plus aujourd'hui qu'un seul haras en France, celui de Pompadour, et 24 dépôts d'étalons, à Abbeville, Angers, Arles , Aurillac, Blois, Braisne, Charleville, Cluny, Jussey , Lamballe, Langonnet , Le Pin , Liboume, Montier-en-Der, Napoléon- Vendée, Pau, Rodez, Rosières, Saint-Lô, Saint-Maixent, Saintes, Strasbourg, Tarbes et Vllleneuve-eor-Lot. Ce haras et ces dépôts tiennent, à l'époque de la monte, leurs étalons à la disposition des propriétaires, qui viennent , moyennant une rétribution de cinq francs par tête, y faire saillir leurs juments. Souvent les éleveurs ne se sont pas trouvés bien de ce service, et quelques-uns , dégoûtés, ont ou cessé d'élever, ou bien recommencé à faire saillir leurs juments par des étalons du pays. Mais ce n'est point an système suivi qu'ils doivent s'en prendre; c'est à eux-mêmes, c'est à la liberté aveugle que la rétribution reçue force de leur laisser à tort dans le choix des étalons , car souvent ils n'ont point égard aux défauts qu'il faudrait corriger dans leurs juments , et ne voient que les beautés qui brillent dans tel ou tel étalon ; aussi les plus mauvaises juments se trouvent-elles trop souvent-saillies par des chevaux admirables et ne donnent-elles que des produits sans valeur. Le choix de l'étalon est donc beaucoup plus important qu'on ne le pense ; car de lui dépend l'amélioration ou la conservation d'une race.

Quant aux haras particuliers, on cite en France ceux de la Bastide (Haute-Vienne), Cognat-l'Yonnc (Allier ), Copens ( Haute-Garonne) , Courteuil (Oise) , Enveight ( Pyrénées - Orientales), Saipt-Jcan-de-Ligonne (Haute-Vienue), Vcauce ( Allier ) et Viroflay (Scino et-Oise ). Aucun ne peut être comparé à ceux que possède l'Angleterre.

J. Oooi.ANr-Dusîtos.

HARATSCH. Voyez Ciuradj.

HARBOURG ou HAARBOURG, ville du royaume de Hanovre, dans le gouvernement de Lunehourg, sur les bords de l'Elbe, qui y est encore navigable pourdes navires d'un fort tonnage, compte une population de 6,000 ames. On y voit un château fortifié suivant l'ancien système, cl qui de 1524 a 1622 servit de résidence à la branche de Harbourg de la maison de Lunebourg; un collège, un |*énitencier, un moulin à poudre, des raffineries de sucre, des fabriques de toile à voiles et des blanchisseries de cire; et elle est en outre le centre d'un commerce d'expédition et de transit des plus actifs, dont la construction du chemin de fer qui relie cette ville à Hanovre, ta création d'un port pour les bâtiments de long cours, et en 1848 l'érection de la ville en port franc, n'ont pas peu contribué à accroître l'importance. On passe de quatre à six fois par jour de Harbourg à Hambourg au moyen de bateaux à vapeur. Le transport des marchandise* entre ces deux |K>rts a lieu au moyen de grands bateaux à voiles, dits ever.

IIARCOURT (Famille n'). Cette maison, l'une des plus anciennes de la noblesse de France, fait remonter son origine à l'un des parents ou compagnons de Raoul ou Roi- Ion , Bernard le Danois, qui l'accompagna dans ses expéditions contre les Anglais et les Neustriens en 876. Quand Rolktn eut achevé la conquête de la Neustrie , il donna à Bernard le Danois la terre d'Harcourt , située dans ses nouveaux États, pour le récompenser de ses services. Dès le règne de Philippe le Hardi , nous trouvons un Jean II, seigneur d'Harcourt , maréchal de France. En 123» , Philippe de Valois érigea en comté, en faveur de Jean IV, la haronnie d'Harcourt, qui comprenait les terres d'tlbeuf et de Lillebonne. En 13*0, Jean V épousa Blanche de Pontldeu, comtesse d'Aumale et princesse de Castille. Les trois enfants maies issus de cette union formèrent autant de branches différentes. L'alné, Jean VI, épousa, en 1374, Catherine de Bourbon, sceur de la femme de Charles V, roi de France ; sa branche s'éteignit avec Marie d'Harcourt, fille de son fils Jean VII, qui, en 1440, épousa Antoine de Lorraine, comte de Vaudetitont. Jacques d'Harcourt, fils puîné de Jean V, épousa, en 1 374, Jeanne d'Enghien ; sa descendance s'éteignit en la |»ersonnede Marie d'Harcourt, sa petite-fille, qni épousa .Jean d Orléans comte de Dunois et de Longucville. La troi-

KICI. M I \ fORVf.KS. — T. X,

îAKCOURT 73 7

sième branche de la maison d'Harcourt, fondée par le troisième lils de Jean V, Philippe, se subdivisa en deux lignes, celle d'Harcourt d'Ollondc et celle d'Harcourt Beuvron. Dans le grand nombre de personnages célèbres à titres divers que la famille d'Harcourt a fournis à l'histoire, nous citerons les suivants.

| Geoffroy ou Godefroy, frère de Jean IV, inécoutent de Philippe de Valois, passa au service d'Édouard III, roi d'Angleterre , et devint l'un des chefs de son armée. En 1340, Edouard, ayant vainement tenté une descente sur le* côtes de Guyenne , s'en retournait en Angleterre, lorsque, cédant aux instances et aux conseils de Geoffroy d'Harcourt, il se décida à prendre terre sur les côtes de Normandie. Après avoir ravagé la Normandie et la Picardie, il remporta sur l'armée de Philippe de Valois la fameuse bataille de C réc y, si fatale à la monarchie française. Geoffroy d'Harcourt y commandait un corps considérable de l'armée anglaise , tandis que Jean IV d'Harcourt, son frère, y trouvait la mort avec deux de ses fils. Il revint pourtant à son souverain légitime après cette désastreuse journée; mais il repassa à l'ennemi pour venger la mort de son neveu Jean V, qui avait eu la tète tranchée par ordre et en présence du roi Jean , lequel punissait en lui l'instigateur de la résistance générale apportée dans la provincede Normandie a rétablissement des gabelles. Geoffroy envoya aussitôt un défi au roi Jean , en lui annonçant une guerre mortelle. Après s'être rendu de nouveau en Angleterre, il reconnut solennellement Edouard I 11 pour roi de France, et lui prêta foi et hommage pour les domaines qu'il possédait dans le Cotentin, et qui furent immédiatement saisis et confisqués par le roi Jean. Geoffroy débarqua peu de temps après en Normandie, ravageant tous les pays où il portait ses pas. Surpris près de Saint-Sauveur par un parti français supérieur en nombre aux force» qu'il avait en ce moment à sa disposition, il périt dans la mêlée.

Raoul d'Harcourt, docteur en droit et chanoine de l'église de Paris, archidiacre des églises de Rouen et de Coutances, chancelier de celle de Bayeux , conseiller du roi Philippe le Bel, fonda à Paris , en 1280 , \e.collége d'Harcourt en faveur des diocèses de Coutancea , de Bayeux, d'Evreux et de Rouen. Son frère, Robert d'Harcourt, évèque de Cou tances en 1293, mort en 1313, se chargea de le terminer. Supprimé à l'époque de la révolution, »i» fut rétabli en 1820, sous le nom de collège royal de Saint-Louis.

Dans les temps modernes , c'est la branche de Beuvron qui a fourni les personnages les plus célèbres de la famille d'Harcourt. En 1593, les baronnies de Lamothe, Thury, Clé vil le et Varaville , érigées d'abord en marquisat , sous le nom de Lamothe-Harcourt , en faveur de Pierre , baron de Beuvron, mort en 1627, furent érigées en duché-pairie en faveur de Henri d'Harcourt. Cette laveur était la récompense du cèle et de l'habileté dont il avait fait preuve comme ambassadeur de Louis XIV à Madrid , en déterminant Charles 11 à tester en faveur du duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, au détriment de la famille de Habsbourg. Henri d'Harcourt, né en 1654, et qui prit d'abord le titre de marquis de Beuvron, avait commencé sa carrière en 1673, comme aide de camp deTurennc. L'année suivante, il assista aux affaires de Sentzheim, de Saint-Frauçois et do Turkhciin. En 1675 il fut nommé colonel d'un régiment d'infanterie, et en 1677 il prit part aux opérations des sièges de Valeuciennes, Fribourg et Court ray, à la tête du régiment de Picardie. Brigadier d'infanterie en 1683, il fut promu an grade de maréchal de camp en 1688, et servit en cette qualité au siège de Philipsbourg. C'est en 1697 qu'on lui confia l'importante ambassade de Madrid , poste dans lequel il fut admirablement secondé par sa femme , Marie- Anne-Claude de Brulard , et par la comtesse de Berlepsch , l'une des dames d'atours de la reine d'Espagne. Il mourut en 17 Ift, laissant onze enfants , sept garçons et quatre filles. I)eu\ de ses fils, François et Anne-Pierre d'Harcourt, ont !a:<*é une |>o«térUé aujourd'hui existante; tous deux furent

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marécbtui de Prence. Ua «cal a continué la descendance i

A une- François d'Hajwxhjrt , second fils d'Anne - Pierre, | né en 1727, connu d'abord tous le nom de chevalier, puis j de marquis de Beuvrvn, colonel en 1748, maréchal de camp en 1761, lieutenant général et cordon bleu en 1770, ' duc à brevet en 1783, prit le tHre de duc de Heuvron, défendit bravement Louis XVI à la journée do 10 août, et mourut en 1796, à Amiens, où il s'était retiré arec sa famille.

Son fils, Marie- François, né en 1755, porta d'abord le titre de comte d'H.vhcoiht , commanda un des corps de l'armée de Condé durant l'émigration, devint, a la Restauration, gentilhomme de la chambre du duc de Berry, prit en 1831 le titre de duc d'Harcourt, à la mort de son oncle, François-Henri, quatrième duc d'Harcourt, décédé à Londres, nommé pair de F ance, ai<res la Restauration, et considéré en 1830 comme démissionnaire pour refus de serment. Mort en 1839 à Marseille, il a laissé quatre enfants, dont le puîné, François- Eugène-Gabriel, comte d'Harcoort, né à Jouy, le 22 avril 1786, fut élu député par le collège départemental de Seine-et-Marne en 1827, réélu à Provins après la révolution de Juillet, fit partie de la majorité gouvernementale et se distingua à la tribune. Louis-Philippe l'en récompensa I en lui confiant l'ambassade d'Espagne , et en l'élevant en 1837 a la pairie. Dans la chambre inamovible , il devint le champion du libre échange, et finit par tourner à l'opposition de la nuance la plus tranchée. Le défunt national couvrit de fleurs et d'éloges cette recrue nouvelle de l'idée démo eratiqne, à qui la republique de 1848 , si elle lui enleva ses titres féodaux, donna du moins pour fiche de consolalion , l'ambassade de Rome , avec mission de travailler en Italie à la propagation des principes qui Tenaient de triompher en France. Marié depuis 1807 , il a plusieurs enfants , qui marchent sur ses traces et ne laisseront pas périr son nom.

Nous avons dit qne l'héritière de Jean VII d'IUrcocrt avait porté à ta maison de Vaudemont les biens et domaines de cette branche de la maison d'Harcourt. Née en 1398, et mariée a Antoine de lorraine, comte de Vaudemont, Marie d'Harcourt mourut à Page de soixante-din-hu.it ans, en 1478. Claude de Lorraine , petit-fils d'Antoine de Vaudemont, ayant eu en partage les comtés d'Harcourt et d'Anmaie, devint la souche d'une autre maison d'Harcourt, qu'il ne faut pas confondre avec Ja première. Le personnage le plus célèbre de cette maison fut Henri de Lorrain», comte bIIarcovrt , né en l«0t, et surnommé Cadet la Perle, parce qu'il était le cadet de la maison de Lorraine-Elbeuf et qu'il portait une perle à l'oreille. Après avoir servi comme TolonUire dans les guerres contre les huguenots, et a'étre distingué aux sièges de Safnt-Jean-d'AngeJy, de Montauhan, de La Rochelle, et au Pas de Su», H fut investi par Louis XIII de commandements importants, et ne tarda pas à compter parmi le* bons généraux de son siècle. Commandant de l'armée du Piémont en 1639, il battit devant Quiers le prince Thomas de Savoie et l'année suivante força Turin à capituler. Il ne se distingua pas moins en Espagne et en Flandre. Dans les guerres de la Fronde, il suivit d'abord, le parti de la cour, et fui chargé de conduire dans les prisons dn Havre le prince de Condé. Cette mission, dont il n'apprécia pas la portée, Ini valut dans le peuple le surnom de recors de Mazarin ; et la mortification extrême qu'il en ressentit le poussa bientôt à se Jeter dans le parti des princes. Après avoir combattu en Alsace arec avantage les troupes royales, il finit par être défait par le maréchal de LaFrrté, et donna alors une nouvelle preuve d'inconstance politique en embrassant encore une fois le parti de la cour. On l'en récompensa par le gouvernement de l'Anjou. Il mourut subitement, en 1666, à l'abbaye de Royanmont

I1A.RDENBEHG, famille noble originaire de Nierten, en Hanovre, et qui compte aujourd'hui des branches établies en Hanovre, en Saxe, en Holatein, en MecVIeroboorg , en Bavière, en Prusse et en D.tncntark.

HARDKNBERG

HARDENBERG ( Charles- Ai cvsTfc, prince ne), homme d'État prussien, était né le 31 mai 1750 à E*senroda , dan» l'électoral de Hanovre. En 177$ il obtint un emploi dans l'administration de l'électorat, et fut créé comte. Marié à uni' femme aussi distinguée par sa naissance que par sa beauté, il eut le désagrément de la surprendre un jour en flagrant délit d'adultère avec le prince de Galles, fils du roi Georges III, qui était venu étudier à Gtettingue, et témoigna à celte occasion d'une suceptibilité par trop démonstrative. Après avuir vengé sans façons et en galant homme l'affront fait à son honneur, il quitta le service de Hanovre pour celui du duc de Brunsw ick. Déjà, lors de la mort de Frédéric le Grand, char* de remettre à son successeur le testament de ce prince, oVposé entre les mains du duc de Brunswick, il avait attiré l'attention du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, qui plus Uni le désigna au choix du margrave de Baireuth et d'Auspadi pour ministre. Les principautés d'Anspach et de Baireulii ayant été réunies l'année suivante à la Prusse, Hardenbwt conserva sa position, et eut même siège au conseil. En tTvj il fut envoyé à Bâl e, ou, à la mort du comte de Golti, il fut chargé de conduire les négociations ouvertes pour la pu\ avec le gouvernement français. En 1797 , à t'axeuemeol ar. trône de Frédéric-Guillaume III, il fut rappela Berlin et placé à la tète des affaires de Franconie, tant iaUrieures qu'extérieures. Quand M. de llaugwilx, ministre dont les dispositions étaient toutes favorables A la France, vit son système compromis à la suite de l'occupation du Hanovre par les armées françaises et dot en conséquence donna sa démission, ce fut Hardenberg qui, en août 180i, fut appelé à le remplacer. Quoique sous son influence le rabiaet de Berlin cherchât à se rapprocher davantage de F Angleterre, il ne s'en efforça pas moins pendant longtemps <ie maintenir la plus stricte neutralité, et ne changea de système que lorsque les troupes françaises eurent violé le territoire d'Anspach. La Prusse se préparait donc à la guerre, kjwp* la victoire d'Auste rli ta vint la forcerà suspendre s» armements, et Hardenberg dut alors céder son portefeuille i HaugwiU.

Des événements imprévus ne tardèrent pas A entraîner Je nouveau la Prusse dans le parti de la guerre , et Hardenberg assista, en 1 806, à Charlottenbourg, aux conférences qui précédèrent la déclaration îles hostilités. A la paix de TUsill, il abandonna de nouveau le ministère, et se retira peskiaat quelque temps sur les frontières de Russie. Puis il revint se fixer dans son domaine de Terapelhof , près de Berlin -, et i la rentrée de Slein aux affaires, le roi lui conféra Le litre àt chancelier d'État. C'est de cette époque que date l'influence décisive exercée par Hardenberg sur le» afbirea de l'Europe et les destini-es <lu monde.

Après avoir dû graviter pendant quelque temps dans l'orbite de la politique française, il saisit l'occasion favorable qui se présenta à la suite de la campagne de Rn&sie , pe* dès les premiers jonrs de 1813 embrasser la politique op posée. Il rut l'un des signataires de la paix de Paria, et saa souverain, par une ordonnance datée de Paris, 3 juin lit*. Féleva à la dignité de prince de Hardenberg. Après avoir accompagné les souverains allies à Londres, il prit une part importante aux actes du congrès de Vienne, et figura eao» dans les négociations qui précédèrent les nouveaux Irait"* conclus à Paris en 1815. En 1817 le roi de Prusse le chargea de l'organisation du conseil d'État, dont il fut nouamr « outre président. Il assista ensuite aux congrès d'Aix-U Ou pelle et de Carisbad, puis organisa le nouveau système*"»» pots de la Prus.se ainsi que l'administration de m*s arcln' Dans les dernières années de sa vie, il prit part arec te ttistre comte de BernstorfT aux congrès de Troppan, * Laybaeh et de Vérone. De Vérone, il entreprit de tnrwer le nord de l'Italie , tomba malade à Pavie, puis s'en «m mourir à Gènes, le 26 novembre 1827. Ses restes awrtefc fnrenl transférés au château de Lietnen.

Hardenberg rendit de grands et incontestable* kto» * la Prusse. C'est en partie I ses efforts qu'elle fut rede*abr.

HARDBJNBERG

des modifications essentielles apportée* dan» la constitution de suii année, qui lui permirent de prendre sa revanche des désastreuses journées d'iéna et de Friedland ; et c'est par son influence toute puissante que Turent opérées dam le mécanisme administratif intérieur de la monarcliie des réformes qui doublèrent ses forces. Au nombre de ces réformes accomplies d'une main ferme et hardie, en dépit des clameurs égoïstes des classes privilégiées, il faut signaler notamment la mesure qui abolit les exemptions dont les membres de la noblesse avaient Jusque alors joui en matière d'impôt personnel ; celle qui mil a la charge des domaines du clergé le remboursement d'une partie de la dette publique, relie qui supprima toutes les corporations d'arts et de métier* et proclama la liberté illimitée en matière d'industrie, celle qui fit disparaître les dernières traces de la féodalité, en abolissant les corvées et eu rendant les |>aysans libres propriétaires du sol qu'ils fécondaient de leurs sueurs, celle qui proclama l'égalité des citoyens devant la toi, quels que fu*seul leurs dignités et leurs rangs. 11 laissait en mourant des Mémoires manuscrits sur les événements survenus depuis l'année 1801 jusqu'à la paix de Tilsilt, et les avait con» liés au conseiller d'État Schœll. Le feu roi Frédéric-Guillaume IV les a fait déposer aux archives du royaume, en défendant qu'ils vissent le jour avant Tannée 1850. Il n'en a jusqu'à ce jour rien paru. C'est a tort qu'on lui a attribué une assez mauvaise compilation publiée à Paris sous le titre de Mémoires (Pun homme (Vtïtat.

11 ARDENBERG ( Frédéric, baron de ) , connu comme écrivain sous le nom de Aovalis, naquit en 1772, au château de Wicdersledt, dans le comté de Mansfeld (Saxe), et reçut dans la maison paternelle une excellente éducation première. Plus tard, il étudia la philosophie à téoa, le droit à Leipzig et à Wiilcnberg; puis fut attaché, en 1795, à l'administration des salines de Weisseufels. I.a mort lui ayant inopinément enlevé, en 1797, une femme qu'il aimait tendrement, et avec laquelle il s'était fiancé, il alla à Freiberg entreprendre le |>erfeclionnement pratique «le ses études minéralogiqueset métallurgiques. Dans Pété de l'année I7U9, il revint à Weissenfcls, et y fut adjoint comme assesseur à la direction des salines. C'est à cette époque qu'il fit la connaissance des deux frères Schlegel et de Louis Tieck, avec qui il ne tarda pas à se lier d'une étroite amitié. 11 venait d'être nommé grand-bailli, lorsqu'il mourut chez ses parents, le 25 mars 1 SOI, dans les bras de son ami F. Schlegel.

Hardenberg était sans contredit poète dans l'acception sainte de ce nom. Le sentiment mystique dominait en lui, et son intelligence, si profondément sagacc, s'y subordonnait quelquefois complètement. Il entrait tout à fait dans la nature de son esprit de ne point terminer son Henri d'Ofterdingen, roman conçu avec originalité et riche surtout en figures créées par l'imagination la plus tendre, mais qu'il aima mieux léguer à la postérité sous forme de torse énigmatique. Le mystère chrétien est le fond de la plupart de ses poésies ; aussi ses cantiques , qu'il destinait à entrer dans un livre de prières à l'usage de l'Église réformée, appartiennentils aux plus belles créations qu'on possède en ce genre. De toutes se* u>uvrcs poétiques, ses Hymnes à ta nuit étaient relies qu'il prisait le pins sous le rapport de l'exécution. Sa vie fut tout à fait la vie pure et sans tache du poète; L. Tieck et Fr. Schlegel ont publié ses œuvres complètes (2 vol., 1802, 5'édit.; Berlin, 1838).

Il ARDES* en termes de vénerie. Voyez Cerf.

HARDI, poète dramatique. Voyez Hardy.

HARDIESSE. L'Académie la définit la qualité de celui qui e4 entreprenant, assuré. Flic lui donne quelquefois pour synonymes témérité , insolence , impudence , licence. Le liardi est suivant elle l'homme qui se Itasarde conrageuseinent, qui ose beaucoup, l'homme ferme, intrépide, assuré, insolent, impudent, effronté, etc. A «.•» définitions La veaux répond : Le liardi n'est pas précisi-ment un homme courageux, assuré. La hardiesse est une confiance do l'âme qui nousproaenle comme faciles des entreprises qui étonnent les

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hommes ordinaire* et les arrêtent. La différence d« la témérité et de la hardiesse consiste dans le rapport qu'il y a entre la difficulté de la chose et les ressources de celui qui la tente; d'où il sud que tel homme ne se montre hardi que dans une conjoncture où un autre mériterait le nom de téméraire. »

La plupart des étymologiste* font dériver le mot hardiesse de l'ancien mot tudesque hart , qui signifie dvr, et qui se retrouve en allemand avec la même acception. La hardiesse est toujours opposée à la timidité. Or, comme on peut être timide de plusieurs façons, ou quand on a nne entreprise dangereuse à tenter, ou quand il s'agit de faire bonne contenance devant certains» personnes , ou quand , dans les sciences et les arts, on songe à quitter les sentiers battus pour tenter des voies nouvelles, la hardiesse a également à s'exercer dans ces trois catégories distinctes. Dan* la première , elle ressemble au courage; mais celui-ci est opposé à la crainte, la hardiesse ne l'est qu'à la timidité. L'homme hardi a confiance en lui l'homme courageux brave le péril, sans le mesurer; avec trop de hardiesse on s'expose, avec trop de courage on se livre ; sans hardiesse on hésite , sans courage on recule. Dans ses trois sphères d'action, la hardiesse peut devenir audace; elle s'élance , se précipite et sauve parfois de grands malheurs.

La hardiesse irréfléchie et hautaine devient de l' effronterie quand elle supprime tonte pudeur et viole les mœurs et les devoirs. L'excès de la hardiesse est un vice, fruitd'une éducation mauvaise, compagnon ordinaire d'une présomption insupportable, ou d'une odieuse dépravation. La hardiesse peut faire valoir certaines qualités; l'audace et l'elfronterie surtout, par leur suffisance et leur insolence, les annihilent souvent toutes.

HARDING (Ciurlbs-Lous), célèbre astronome, né à Brème, vers 1775, mort en 1834, était en 1803 inspecteur à l'observatoire de Lilientbal, lorsqu'il découvrit la planète Jun on. On n'était pas encore blasé comme de nos jours sur cet découvertes de planètes téleseopiques , et Harding vit s'ouvrir devant lui les portes d'un grand nombre d'académies. L'Institut de France lui décerna, en 1805, le prix d'astronomie fondé par Lalande. En même temps il était appelé à la direction de l'observatoire de Grcttingue. On trouve quelques mémoires de Harding sur des questions de mathématiques dans les Mémoires de la Société royale des Sciences de Gattingne.

HARDIXGE (Hksri, vicomte), général anglais, est né le 90 octobre 1785, àSUnhope, oit son père remplissait des fonctions ecclésiastiques. Entré dans l'armée dès l'Age de treize ans, il ne tarda pas à se distinguer et à s'élever en grades ; et en 1808 il fut attaché à l'état-major générai de la nouvelle armée qu'on organisa en Portugal. Les campagnes de la péninsule lui fournirent l'occasion d'accomplir de nombreuses action* d'éclat ; il franchit les Pyrénées en 1814 avec l'armée de Wellington, et contribua à la victoire que celui-ci remporta sous les murs d'Orlhez. Dans la campagne de 1815, il fut promu au grade de lieutenant-colonel et attaché au corps d'armée de WOclter ; et à Ligny il eut le bras gauche emporté. A quelque temps de là il passait colonel. Cinq ans plus lard , à la recommandation des tories, avec lesquels il était entré en d'étroites relations par suite de son mariage avec une sœur de Casllereagh, il fut élu membre de la chambre des communes pour le comté de Durtiam ; et en 1823 on le nomma secrétaire général du dépôt de la guerre (clerkof the ordnanct ). Quand, en 182», Wellington devint premier ministre, il lui donna dans son cabinet le poste de ministre de la guerre ; et en 1830 il passa général major. La dissolution «lu ministère Wellington lui lit |>erdre son portefeuille, qu'il reprit encore sous l'administration Pecl, de décembre 1834 à avril I83à, et |>our la troisième fois en 1841. Kn thin il passa lieutenant généraljel en IS4U il alla remplacer lord hllenborough en qualité de gouverneur général dans les Indes, où il arriva au moment où éclatait la guerre du Pendjab. Il assista à la bataille de Subrouu

HARDINGE — HARELLE

10 février 1846), et quoique le commandement en chef I fût exercé par sirHugh Gough, en sa qualité de plus ancien en grade, on ne lui en attribua pas moins généralement le mérite de la victoire qui ce jour-là couronna les armes anglaise*. La conclusion du traite de Lahore montra en lui le négociateur modéré ; et lors de la ratification de ce traité,

11 fut créé pair , vicomte Hardinge de Lahore, en même temps «jue la Compagnie des Indes lui votait une pension de 5,000 livres sterling. En 1*4» il revint en Europe, et reprit son siège à la chambre haute. A la mort du duc de Wellington, ce fut lui qui lui succéda dans le commandement supérieur de l'armée anglaise. En 1SS4 il a été élevé au grade de général, grade au-dessus de celui de lieutenant général eu Angleterre.

HARDOUIN (Jean), célèbre philologue et numismate, naquit à Quimper, en 1640. Fils d'un libraire, il se voua de bonne heure a l'étude, et entra fort jeune cliez les jésuites, dont il devait porter la robe pendant soixante-sept ans. Il laul bien qu'il ait eu un mérite des plus distingués, puisque les paradoxes qu'il soulevait ne l'ont point couvert de ridicule, et que Ton vénère toujours en lui l'éditeur de Pline et de Themistius. Dans sa Chronologie restituée d'après les médailles, et dans ses Prolégomènes sur la critique des anciens auteurs, deux écrits publiés en très-bon latin, Hardouin soutient que nonseulement la plupart des médailles que nous tenons pour anciennes sont de fabrique récente , main encore que les moines du treizième siècle ont forgé tous les ouvrages des auteurs sacrés et profanes de l'antiquité, a l'exception des œuvres d'Homère, d'Hérodote , de Cicéron , de Pline l'ancien, des Géorgiques de Virgile, des satireset des épltres d'Horace. C'est un bénédictin qui a composé V Enéide , laquelle n'a d'autre signification qu'une allégorie sur le voyage de saint Pierre à Rome, où il n'est jamais allé ; l'incendie de Troie, c'est la destruction de Jérusalem , c'est la victoire du christianisme sur le judaïsme. Les odes d'Horace ont le même sort aux yeux du père Hardouin. Lalagé aux doux sourires, c'est encore la religion chrétienne. On s'est beaucoup moque de lui à raison de tant d'extravagances; et comme il prétendait un jour que toutes les médailles étaient récentes, on savant très-spirituel lui répondit qu'on pourrait même soutenir que les bénédictins les avaient tontes frappées, et qu'au lieu d'interpréter l'inscription Con. ob. par les mots Constantinopoh obsignatum (marquée à Constantinoplc), il convenait de prendre chaque lettre pour une initiale , et de lire : Cusi omnes nummi officina benedicta, c'est-àdire. Toutes les médailles ont été frappées dans râtelier des bénédictins. Hardouin ne respectait pas plus le moyen âge: il contestait jusqu'à l'existence de Philippe- Auguste , et ne voyait dans la bataille de Bouvines qu'une allégorie aux traductions de la Bible. Quelqu'un lui disant un jour que le public était fort blessé de ses rêves oiseux , il s'écria : • Eh ! croyez-vous donc que je me serai levé toute ma vie à quatre heures du matin pour ne dire que ce que d'autres avaient dit avant moi? »

Hardouin, qui recherchait tant la singularité en matière d'érudition, était résiliable par la simplicité de ses mœurs. Il faisait, nous l'avons dit, un grand abus de sa science; mais elle était si vaste, si solide, que, selon l'expression do docte Huct , •• il a travaillé quarante ans à ruiner sa réputation, sans en pouvoir venir à bout ». L'édition de Pline fait encore la base de tous les travaux dont cet auteur a été l'objet. Outre les ouvrages et les éditions que nous avons cités , le père Hardouin avait été pensionné par le clergé pour publier une édition des Conciles; ce qui est d'autant plus surprenant, qu'il prétendait qu'il fallait regarder comme autant de chimères tous les conciles antérieurs à celui de Trente. On lui demandait un jour comment cela se faisait : « 11 n'y a que Dieu et moi qui le sachions, » répondit-il. L'édition , imprimée à grands frais, tut arrêtée par le parlement, comme contenant des atteintes aux libertés de l'Égallicane. On a du père Hardouin des Opuscules puaprès sa mort, pins :vn ouvrage intitulé Commentaire

sur le nouveau Testament, qui ne fut imprimé qu'en 1741. H y prétend que les apôtres prêchaient en latin, et, setoa son habitude, il s'abandonne à une foole d'autres paradoxes. 11 mourut le 3 septembre 1729, au collège LouU-le-Grand, à Paris, âgé de quatre-vingt trois ans. P. diGolbIht.

HARDY (Ai.ex anime), Parisien, ainsi qu'il s'est luimême intitulé au frontispice de ses drames , fleurit sous le» régnes de Henri IV et de Louis XIII ; mais l'époque de sa naissance est ignorée , comme celle de sa mort, qui a dû néanmoins arriver entre les années 1618 et 1637. Ce poète, d'une immense fécondité, suivait une troupe de comédiens ambulants , et s'était obligé à lui fournir six drames chaque année. 11 s'engageait à moins qu'il ne pouvait tenir, car deux tragédies ou deux comédies à composer loi coûtaient à peu* un mois. Il eut le titre de poète du roi , et fut le premier des dramaturges qui reçut des honoraires pour ses ouvrages. Cependant, la vélocité de sa plume , réunie à ces avantage , ne réussit jamais à le retirer d'une profonde misère. Aosn , en dédiant ses Amours de Théagène et de Charielee, écrivait-il dans son épttre : « Entre cinq cents poèmes dramatiques, tout ne peut marcher d'un pas égal : la nature humante y contredit, jointe que ma fortune se peut apparier l'emblème d'Alciat, où les fers de la pauvreté empêchent l'esprit de voler dans les cicux. ■ 11 ne s'arrêta point là , et porta le nombre de ses œuvres à huit cents ; mais il fit modestement m choix, et mit à part pour l'impression cinquante quatre pièce», qu'il édita lui-même en 6 gros volumes io-8° ( Paris , Jacques Quesnel , 1623 ). Marianne est la meilleure de ses tragédies; peut-être a-t-elte servi de modèle à la Marianne de Tristan , dont le succès balança dans son temps les triomphes de Corneille. Cette fécondité , merveilleuse au pmnirr aspect, semblera moins étonnante si l'on observe que h rime et la mesure étaient alors les seules entraves dn vers, et que l'hiatus n'avait pas encore été proscrit de la poes* Le goût n'avait pas distingué non pins jusque là en diverses tribus les idées et les mots, renié les uns, parce qn*ùs sont lias ou communs , adopté les autres comme élégants on nobles. L'intrigue n'avait (tas alors ces mille combinai*** ingénieuses qui sont dans cet art le point difficile à saisir. L'unité de lieu était foulée aux pieds avec l'unité de temps. Ainsi, dans sa tragi-comédie .empruntée de l'espagnol, La Force du Sang, Léocadie, victime de la violence, ressent au premier acte les symptômes de la grossesse; et l'enfant, devenu jeune homme , reconnaît son père au dénouement. Cependant, à défaut des richesses, les éloges n'ont pas manqué au poète Hardy : jamais Corneille et Racine n'excitèrent plus d'enthousiasme : il fut célébré en vers français , latins et grecs. Là il est dit un nouvel Orphée, ici l'A polka français , ailleurs le premier des tragiques. Ce n'est pas encore assez; on lit dans une ode de Lamy, avocat au parlement , à sa gloire :

On laitte cei vieux monument!

D'Eschyle, Sophocle, Euripide;

Et l'on permettra que tu dics Qu'a peioe il* ont ftitUot de vers Que tu as fait de tragédie».

Hippolyte F viens.

HARELLE, vieux mot français, synonyme de rassemblement, révolte. Sous le nom de harelle de Rouen. on a conservé le souvenir d'une sanglante sédition qui édita dans la capitale de la Normandie au mois d'octobre \*%\, et qui coïncida avec celle desmai/lofinsà Paris. L'augmeotation des Impôts, suite des dilapidationsdu trésor pobfac, leur donnèrent naissance à tontes deux. A Rouen oo proclama roi , dérisoirement et malgré qu'il en eût , un rid* marchand de draps , surnommé le Gras à cause de sa excessif embonpoint. On fit rendre à ce mannequin des semblants d'ordonnances et d'arrêts, en vertu desquels !a populace se livra aux derniers excès et n'oublia pas ànt< sa fureur de se venger des collecteurs de taxes non phu que des religieux de certaines abbayes. Cette révolte n'eut

HARKLLE •

d'autre résultat que de provoquer de la part de l'autorité royale de cruelles répressions, et ne valut au pauvre peuple qu'un surcroît d'exactions. Dés le mots de février 13&2 , le roi CharlesVI, accompagné de ses oncles et d'une escorte imposante, fit son entrée à Rouen, dont les hommes les plus compromis dans le mouvement d'octobre avaient un instant essayé de lui fermer les portes. En passant près du beffroi de la ville , il fit enlever la cloche qui servait à réunir la commune, et enjoignit à tous les bourgeois de porter en personne leurs armes au château royal ; ce qu'ils (irait avec mécontentement et regret, ajoute la Chronique de Saint- Denis. Le lendemain, les principaux coupables, condamnés a mort par arrêt du conseil , subirent leur peine en vue du peuple. Ces supplices ne parurent pas suffisants pour effacer la faute des habitants de Rouen, et plus de trois cents d'entre cnx furent encore arrêtés quelque temps après la victoire rcm|>ortée à Rosebecque sur les Flamands par les troupes du roi. Les uns turent condamnés a mort , les autres n'évitèrent le dernier supplice que par le sacrifice de tout ce qu'il* possédaient.

Il A REM. Les Orientaux désignent par ce mot, d'origine arabe, et qui signifie dans cette langue sacré ou inviolable, l'appartement séparé des femmes, où nul autre ne pénétre que l'époux. On le nomme encore odalik, par opposition au xrlamiik ( appartement des hommes). Ce dernier, ouvert à tout venant, offre toujours la plus grande simplicité; les musulmans réservent pour le harem l'ameublement somptueux et tout le luxe de leur intérieur. La vie des femmes dans ces mystérieuses retraites n'est pas aussi misérable et pleine d'ennuis qu'on se l'imagine généralement. Toutes les Européennes qui ont pénétré dans les harems ^'accordent à vanter le sort fait par l'Islamisme à la plus belle moitié du genre humain. ■ Je suis persuadée , dit lady Montague, que le» femmes seules sont libres en Turquie. » Ceci , bien entendu , ne doit pas s'appliquer aux femmes esclaves , mais seulement aux femmes libres , a celles qui ont le titre d'épouses (kadincs). Elles sortent quand elles veulent, accompagnées de leurs eunuques noirs ou de vieilles matrones , seules même parfois , mais toujours voilées d'une mousseline épaisse, qui laisse voir seulement leurs yeux ; elles reçoivent, quand il leur plaît, les visites de leurs amies. Quand un harem en visite un autre, ces dames passent toute la tournée A mander des confitures ou des pâtisseries, à fumer le narguilé parfumé, à boire du café ou des sorbets; elles babillent , se montrent leurs atours, leurs parures, et cela suffit a leur amusement. Le maître du logis lui-même ne peut alors entrer dans l'odalik , à moins d'une affaire trèspressante ; et dans ce cas il doit se faire annoncer, afin que les étrangères aient le temps de se voiler. W.-A. Dcckctt.

HAREM ( Willem vas ), poète hollandais, né en 1710, a Leeuwarden, dans la Frise, mourut en 17&S, après avoir rempli divers emplois supérieurs. Quand, en 1741, on agita en Hollande la question de savoir si, aux termes des traités, il (allait prêter scours à l'impératrice Marie-Thérèse contre ses ennemis, il composa, tout entier a son enthousiasme pour la liberté, un poème lyrique intitulé Léonidas, dont le succès fut grand, et qui ne laissa pas que d'influer sur la politique' adoptée par ton pays. Ses odes sont une production encore plus distinguée; dans le nombre, on remarque surtout l'O/e à la Fortune et l'Ode j«r la vie humaine. Malgré ses nombreuses imperfections, son grand poème épique, Friso (17*1), est demeuré son principal titre de gloire.

Son frère, Onno Surter vais Harem, né en 1713, à Leeuwarden, plus estimé comme poète lyrique que comme homme d'Etat , rut ainsi que lui partisan zélé de la maison d'Orange, et remplit plusieurs fonctions éminentes. Mais à la mort d'Anne, veuve de Guillaume IV d'Orange, il quitta la cour (1759) pour se retirer dans se* terres. Il mourut en 1779. Son principal poème, /.« Gueux, où il célèbre l'origine de l'indépendance et de la liberté de la Hollande, parut pour la première fois en 1767, sous le litre de La Patrie.

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