‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 562 sur 614 · HARENGS · texte numérisé non relu

HARENGS

Dans la 4* édition ( 2 vol.; Amsterdam, 1785 ), publiée par BiWerdyk et Feith, les éditeurs ont fait subir au texte original lies modifications beaucoup trop arbitraires.

HARENG. Tout le monde connaît la physionomie du hareng : qui n'a pas remarqué ses flancs aplatis, sa tête mince, son nez pointu, et la couleur bleu -noirâtre de son dos, et les écailles argentées de son ventre ? Les glaces du pôle sont sa patrie; mats chaque année il les abandonne par bandes innombrables, et vient parcourir les rivages de l'Europe. C'est vers le commencement de l'année que ces peuplades voyageuses se mettent en marche : au mois de mars , leurs têtes de colonne apparaissent sur les cotes de l'Islande, qu'elles enveloppent de toutes parts ; d'autres myriades descendent la mer du Nord , le long des côtes de Norvège, pénètrent dans la Baltique, et couvrent pour ainsi dire toutes les plages de la Hollande , de l'Angleterre et de la France. La Manche semble être leur rendez -vous de départ ; de la elles plongent dans l'Océan , et sans doute regagnent leurs contrées glacées , car ces poissons, qui pendant une saison affluent en bancs pressés comme les sables de la mer, disparaissent tout à coup sans qu'on en trouve la moindre trace. Quel instinct les appelle donc ainsi chaque année dans nos mers? Sans doute celui de la conservation de l'espèce. L'âpre climat des régions polaires arrêterait le développement du germe de la vie dans leurs œufs. Ils viennent jeter leur frai sur les sables plus doux de nos rivages , puis ils repartent dès que la génération nouvelle est éclose. Us sont remplis d'eeufs quand ils arrivent dans nos parages , ils n'en ont plu» quand ils nous quittent

L'idée de pêcherie poisson, ou plutôt de le ramasser comme une manne céleste vint de bonne heure aux peuples riverains des mers qu'ils fréquentent; il leur offrait pendant plusieurs mois une nourriture abondante : seulement , l'art encore grossier ne savait pas le conserver sain d'année en année. Mais à l'aurore de notre civilisation , l'industrie trouva le moyen de l'expédier dans tous les marches de l'univers ; elle en fit une riche branche de commerce : quelques villes, quelques nations même, lui ont dû leur grandeur; car au moyen âge le hareng figura sur la table des souverains, des princes , des seigneurs ; il fut compté au nombre des approvisionnements des années, des villes, des monastères; il constituait le mets fondamental du carême et de l'a vent. Le peuple, qui dans ses traditions a toujours besoin d'individualiser les grands événement* historiques, attribue à un simple pêcheur d'un petit village de Flandre , à Beuckcls , né à Biervlict, vers 1340 , la grande découverte de saler en caque le hareng. Sans doute cet usage était pratiqué avant lui ; mais comme ce fut vers cette époque que l'esprit de commerce des Hollandais prit l'essor qui les a rendus célèbres, la tradition populaire en lit honneur au pauvre patron d'une barque. Cette découverte , qui devait réagir sur les destinées des nations, consistait à arracher les entrailles du hareng , et à se servir de saumure au lieu de sel pour le conserver ( voyez Encaqckr ).

Le hareng saur a besoin d'une saumure plus forte que le hareng blanc : on le laisse vingt-quatre à trente licures dans la sauce; on lui passe ensuite dans la téfe de menues brochettes de bois, au moyen desquelles on le pend dans des cheminées appelées roussables , où il reste exposé pendant vingt-quatre heures à un feu qui jette des torrents de fumée et peu de flammes ; ensuite , il est encaqué.

Le nom du hareng nous a été transmis par les peuples du Nord : de hering nous avons fait hérenl , puis hareng. Les ichtliyologistes le rangent parmi les clupes.

Théogène Pack.

HARENGS (Roi des). Vogez Cmutue {Ichthyologie).

HARENGS (Journée des). Au mois de février 1423, pendant le siège d'Orléans par les Anglais, le duc de Bedlort fit partir de Paris un grand convoi de vivres et de inunitionsque les bourgeois avaient été contraints de fournir, et qu'on avait chargés sur des charrettes exigées des pauvre; pen* de la campagne. « Le comte de Clennont , dit M. de Baraule , résolut

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dVtfnpfvher ce convoi d'arriver aux ennemi*. Il était à BloU, et marcha, le 12 lévrier Use, pour lui couper la route de Taris, tandis que la garnison d'Orléans était sortie aussi de son coté pour venir se joindre à lui. Elle arriva la première près du village de Rouvray , et peut-être aurait-elle surprit les Anglais en marche et en mauvais ordre de défense, mais il fallait attendre le comte de Clermont. Durant ce délai , le convoi se disposa à soutenir l'attaque. Les charriots formèrent une ligne par derrière , et le front et les flanc* furent retranchés avec ces pieux effilés que les Anglais portaient toujours avec eux. Les arbalétriers de Paris et les arrhors anglais, placés aux deux ailes ainsi fortifiées, étaient difficiles à entamer. Les Ecossais formaient l'avant-garde du comte de Clermont. En arrivant , ils s'étonnèrent que l'attaque ne mt pas encore commencée ; on avait réglé que les hommes d'armes ne descendraient point de cheval. Cet ordre ne convint pas aux Ecossais; ils refusèrent de s'y soumettre , eux et leurs capitaines mirent pied à terre. Le bâtard d'Orléans , Xaintrailles , ïji llire et tous ceux de la garnison suivirent cet exemple. Le combat commença avec désordre , sans nulle obéissance. Avant que le comte de Clermont fût à portée de seconder l'attaque , avant que les coulcvrincs eurent suffisamment rompu le rempart de l'ennemi , les Écossais se lancèrent en toute l»4te et vinrent tomber en grand nombre sous les traits serrés des archers anglais , couverts par leurs chariots et leurs pieux. Pendant ce temps, les Gascons, qui étaient restés à cheval, se lancèrent à toute course contre les arbalétriers parisiens, mais sans pouvoir pénétrer dans leur enceinte ; ils furent repoussés après un vif combat. Le trouble s'etant ainsi mis parmi l'armée de France, sir John Palstaff, capitaine des Anglais, commanda à ses gens défaire une sortie hors de leur enceinte. Alors commença le carnage. Le bâtard • l'Orléans avait déjà été blesse et fut À grand'peinc tiré de la presse. John Stuart, connétable des Ecossais , William , son frère , furent tués l'un près de l'autre, avec beaucoup de leurs geos. Les sire* de Rochechouart, Guillaume d'Albret, de Chabot et d'autres vaillants chevaliers y périrent awwi. Les attaques des Gascons n'avaient pas mieux réussi ; la milice de Paris, sous le commandement' de Simon Morbier , que les Anglais avaient fait prévit, avait continué a tenir ferme , bien qu'elle fit de grandes pertes. Cependant le comte de Clermont était arrivé avec le gros de son armée. L'on s'attendait qu'il allait faire quelque prouesse pour sauver l'honneur des Français ; mais il vit sans y porter nul secours la déroute et le carnage. On avait désobéi a ses commandements. L'attaque avait commencé avant son arrivée; on avait combattu à pied, et non point a c heval, ainsi qu'il l'avait voulu. Courroucé de ce désordre, il ni; se risqua point a en réparer le triste effet. Il reprit sa route vers Orléans , où sa conduite fut jugée bien peu honorablement par tant de braves gmsqui se devouaieot avec un tel courage. Il ne resta que peu de jours , et les laissa , leur promettant , |>our les apaiser , des secours en vivres et en munitions, qui même n'arrivèrent pas. » Cette bataille de Rouvray, qu'on appela fajottrne'e des harengs, parce que le convoi des Anglais était en grande partie composé de barils de poisson salé pour nourrir leur armée durant le carême, fut un nouveau sujet de honte et de désespoir pour lu royaume. Une armée de h, 000 hommes s'était laissé vaincre par t, 500 Anglais et s'était dispersée devant eux.

11 ARFLEUR, ville de France, dans le département de la Seine-Intérieure, sur la Lézarde, à 1 kilomètres de son embouchure dans la Seine, avec. 1,417 liabitants, un entrepôt réel des douanes, des blanchisseries, une fabrique de produits chimiques, des fours à briques et à plaire, uno huilerie, une radinerie de sucre et un commerce de cabotage. Cet une station du chemin de fer de Rouen au Havre. Harfle ir prenait autrefois le titre de souverain port de la Normandie-, c'était une des villes les plus importantes de la province Elle fut prise en 14 1 5 par Henri V d'Angleterre, qui en c is .i 1rs habitants. En IV.O Somerset s'en empara de n»n eau; mais bunois la rendit à Charles VII, en 14 il). Pen-

— HARIRI

dant les guerre* de religion, elle fat prise et saccagée par io» huguenots. Harfleur perdit de son importance à mesure qut grandit et prospéra le H a v re ; la mer, qui se retira de mo port, jadis ai fréquenté , est la principale cause de sa déca- I dence.

Il ARIA DAN. Voyez Barbuous» II ( Kuaireddin).

| HARICOT, genre de la famille des papuioaaoées M Jussieu, de la dinde) phie décandrie de Linné. Le haricot est en général une plante herlncée, annuelle, volubile, a tige

1 dressée et grimpante, mais rarement munie de Trille* : ««s

. feuilles sont alternes, leroôes, munies de stipule* à la baie de leurs pétioles : ses fleurs, disposées en grappe*, et offrant toutes les variétés de nuances comprises entre le blanc et l< rouge écarlate, sont portées sur un pédoncule commun ; leur calice e»t monophylle et bilabié , à lèvre supérieure échaacrée, a lèvre intérieure trifide; la corolle est papîtionjiw . son étendard , orbicuiaire, émarginé et réfléchi , est muai vers l'onglet d'un double lobule, et se* ailes, égales à l'éteadard, sont adhérentes A la carène, qui se roule en «pirak avec le* organes de la reproduction : des dix étanum», neuf ont leurs filaments soudé* ensemble : l'ovaire, presque sev silc, est supère, et surmonté d'un style contourné, tenoiat

i par un stigmate simple : le fruit est une gouate obton7n- , ïalciforme, bivalve, comprimée sur les cotés, et renfermait un nombre variable de graines, séparées l'une de l'autre

elle-même est réaiforme et marquée d'un bile oblong ou arrondi.

genre haricot renferme une multitude A 'espèces toutes originaires de l'Amérique centrale ou de* Indes occidentales ; nous citerons: l° le haricot commun (phaseolas vulgaris, Lin.}, dont la tige rameuse s'élève a la hautes ; d'un mètre environ, et dont les graines sont aussi connu* ' sous les noms de phaséoies ,faséoles,favrolcs, Jereroies, ; petites fèves, fèves peintes , fèces à itsuoe, etc : cette espèce est originaire de l'Inde; c'est celle que l'on cul tut presque exclusivement dans les vaste* champs de* départements de la Côte-d'Or et de Saône-et-Loire ; 2° le Avancer mttltiflore (phaseoitis muttiflorus, Laraarck ) , dont la tipt herbacée et grimpante s'élève à une hauteur de 5 mètres, et dont les fleurs écarlate* sont disposées en grappes sur des pédoncules axillaires allongés : cette espèce est originaire de l'Amérique méridionale ; on la cultive dans le nord de u France comme plante d'agrément ; et cependant, au dire de Miller et de Rouer, sa graine c*t aussi saine et aussi nourrissante que celledu haricot vulgaire ; 3° le haricot <f £ spagne ( phaseoltis coccineus, Lin. ) , dont les liges, haute* de 3 à 4 mètres, sont chargées tout l'été de belles grappe de fleurs rouge écarlate (blanches dans une variété, tricolores dans une autre), qui concourent à l'ornement «le* berceaux et dos tonnelles; 4" le haricot caracolle [phaseoltis caracolla, Lin. ), de l'Amérique méridionale, propre aux même* usages que le précédent, mais inoins rustique, <V.

BKLFUùLO-Leriv&f .

HARIRI, c'est-à-dire le marchand de soie, l'un e^s poètes cl des grammairiens le* plus célèbres qu'aient et* if- Arabes, et dont le véritable nom était Abou-Mohamaied ■ h asem-Ben-Ali, naquit à Bassorali , en I0&4, et mourut dat la même ville, l'an 112t. Tout ce qu'on sait de lut, c'est qu'il était fort laid de sa personne, et qu'il joua un rok politique de quelque importance, tantôt sous le* ordres èe> impuissants khalife* de Bagdad, tantôt pour le compte sultans seldjoukides. 11 était de sang arabe, de la tribu de> Beni-Haram , et , au milieu de la révolution «le n*omr> '» s'opérait de son temps, resta fidèle aux liabitude» de sa raor Sa manière libre et toute profane le faisait regarder d'asso mauvais œil par les musulmans rigides. 11 arriva cependant^ son vivant a une immense renommée. , et quand il allait * '*dosser à sa colonne de prédilection, dans la masquée de Rcni-IlarAui, un cercle nombreux se réunissait autour oY hn C'est la qu'il lut successivement ses 50 Nakdmdt ou Séant e>. ouvrage qui à première vue peut paraître lidarre à on Européen, mais dans lequel l'auteur nous apprend lus- ro^*.

HARIRI

qu'il a voulu renfermer tous le» mots île la langue, sérieux et plaisants, les terme* légers et graves, les perles et les brillants de l'élocution, certains passages du Coran, des proverbes arabes, des questions grammaticales , des cas lexitolugiques, des nouvelles qui n'avaient pas encore été racontées, des exhortations qui peuvent faire pleurer le pécheur, et des plaisanteries capables de faire oublier au malheureux *e* chagrins. Les Su Séances racontent la série d'aventures d'un mendiant lettré, appelé Abou-Zeld, deSarong ou Saroiigsch ( ville voisine d'Édesse), qui a été riche autrefois, mais dont lus croisés ont pris la ville natale, pillé les biens et réduit la famille en esclavage, et qui pour subsister s'est fait grammairien nomade, rhapsode ambulant. Le récit est place dans la bouche d'un homme honnête et sensé, Harelh-Ucu-llammara , qui, voyageant pour son instruction et ses affaires, rencontre partout sur sa roule, sous un nouveau déguisement, AbouZeid, tour à tour boiteux, aveugle, maître d'école, improvisateur, prédicateur , faux deiviche, médecin, dévot, libertin; ici transportant son auditoire et arrachant des larmes aux pécheurs; là se livrant à la débauche dan» un cabaret avec les aumônes qu'il a recueillies de la piété des croyants. Une des plus bizarres Séances est la 30*, où Abou- Zetd est roi d'un peuple de vagabonds et bateleurs, et qui du haut de son trône de bohème rend au monde les mépris qu'il eo a reçus. Sur la lin de sa vie, il se convertit et devient imam.Harelb-Ben-Mammam le rencontre une dernière (ois, redevenu tout à fait houuéte homme. De cet étrange canevas, il est résulté une suite de tableaux, tantôt en vers et tantôt en prose, où, à travers des scènes piquantes, encore bien que le fond en soit fort léger, apparaissent tour à tour les expressions les plus recherchées de la langue arabe, ses tournures les plus élégantes, ses proverbes les plus estimés. Cet ouvrage fut tout aussitôt considéré comme un cours de haute littérature, et depuis ce moment il n'a pas cessé d'être dans tes mains des Arabes qui veulent se mettre au courant du beau langage. Il leur tient tout à la fois lieu de dictionnaire des synonymes, de traité des tropes ; et la lecture en est souvent des plus attrayantes. Le texte, en raison de la nature du plan adopté par l'auteur, a cause de Min style souvent extravagant, tout cousu d'allusions, d'énigmes, de calembours et de puérilités de versification, est liérissé de diflicultés; elles indigènes eux-mêmes ont besoin d'un guide qui les lixe sur le sens de certaine* expressions. De bonne heure donc il devint l'objet de nombreux commentaires de la part des critiques arabes, parmi lesquels on c ite surtout Motarezzi et Clierichi.

L'admiration dont les Séances d'Hariri sont l'objet en Orient a produit de nombreuses imitations arabes, syriaques, hébraïques, dont quelques-unes ont paru de nos jours même. Le Juif espagnol AlCharizi, connu aussi sous le nom d'Harizi, auteur d'une traduction en hébreu des Séances, les prit pour modèles dans un ouvrage original auquel il donna le litre de Thahkemoni ( Constantinople , 1540-78; dern. édit., Berlin, 1845 ).

La meilleure édition qu'on possède des séances d'Hariri, est celle qu'en a donnée Sylvestre de Sacy ( in-folio, 1822 ). La préface, écrite dans l'arabe le plus pur, le commentaire, composé en grande partie, il est vrai, d'après ceux de Motarezzi et de Chérichi, enlevèrent les suffrages des lettrés les plus exigeants d'Egypte et de Syrie. Ce magnifique volume in-folio de 660 pages, tout arabe d'un bout à l'autre, devint promptement classique dans tout l'Orient; aussi, maigre son prix nécessairement élevé, fut-il bientôt épuisé. Une seconde édition du travail de M. de Sacy a été publiée, un 1853, par MM. Reinaud et Dcrenbourg, à l'usage des écoles européennes. Il en a paru aussi une nouvelle analyse critique, avec des commentaires arabes, au Caire (1850).

Abou-Mohammed-Kasem-Ben-Ali est en outre auteur de nombreux ouvrages relatifs à la grammaire. Sylvestre de Sacy a publié, dans son Anthologie grammaticale ( Paris l»3l ) des fragments assez étendus de son Molhatalirab, traité en vers sur la syntaxe arabe, destiné à être

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