FUTÉ
FUTÉ, lin, rusé, adroit. En termes 4e blason, fûté se dit du bois d'une javeline, d'une lance, d'une pique, d'un arbre on d'une foret, lorsque le fer ou les feuilles sont Liasonnés d'un émail, et que le tronc ou le fût l'est auliement : D'or à trois javelines de gueules, fûtées de sable.
FUTILE» FUTILITE. Suivant \ Encyclopédie, nés mots nous viendraient de la langue des Romains , ou futile aurait été le nom d'un vase, à large orifice, à fond très-étroit, dont on se servait dans le culte de Vesta. Il se terminait en pointe, afin que l'on ne pût le poser a terre sans répandre la liqueur qu'il contenait. Ainsi, futile, en français, deviendrait une sorte de terme allégorique. L'homme futile serait donc celui qui aurait peu de fonds et qui ouvrirait une large bouche pour ne dire que des niaiseries on des choses frivoles. Une partie de notre existence se passe à s'occuper de futilités. Remarquons cependant que ce mot a souvent un sens relatif, détermine par la direction d'esprit de celui qui l'emploie. Ainsi, le géomètre, le physicien trouvera futiles les occupations du puete, tandis que le banquier, l'agent de change regardera comme très-futiles les calculs et les recherches du savant. H est cependant des futilités sur lesquelles il n'y a qu'un» opinion : dans la science, par exemple, ces laborieuses recherches de quelques érudits sur des questions historiques tans intérêt pour nous; dans la poésie, ces acrostiches, ces buuts-rimés , etc., tours de force, n'ayant que le mérite très-mince de la difficulté vaincue. Oi'iuiv.
FUTUR, tout ce qui est dans l'avenir. On appelle communément futur, ou future, celui ou celle qui se trouvent liés par une promesse ou plutôt par nn projet de mariage. Les choses futures peuvent être l'objet d'obligations et de conventions. Néanmoins la loi interdit comme immorale toute stipulation faite au sujet d'une succession luture.
Futur, en termes de grammaire, sert à désigner le temps du verbe qui marque qu'une chose se fera. Ainsi, dans ces phrases : La victoire sera pour nous , nous triompherons de nos ennemis, les deux verbes itre t\ triompher sont employés au futur, parce qu'ils ont à Indiquer simplement que tel ou tel événement arrivera dans un temps qui n'est pas encore. Ou distingue dans les conjugaisons deux sortes de futurs, le futur simple ou absolu et le futur passé, que des grammairiens appellent aussi futur antérieur.
Nous avons d^jà cité des exemples du futur simple
Le futur passé ou antérieur marque l'avenir avec rapport au passé, c'est-à dire qu'il (ait connaître que dans le temps qu'une chose arrivera une autre chose, qui n'est pas encore, sera consommée. Ainsi , l'on emploie le futur passé quand on dit : Lorsque /aurai fini ma tâche, f irai vous voir, ou J'aurai fini tua lâche ; lorsque je vous irai voir; de Pune et de l'autre façon , la tache à finir est considérée comme étant au passé par rapport à la visite qui est aussi à faire. Il est des cas où le présent tient la place du futur, comme dans ces expressions : Je reviens tout à P heure : Je pars demain pour la campagne ; ce qui veut dire évidemment : Je reviendrai tout à l'heure; Je partirai demain, etc. L'indicatif présent a encore la signification du futur quand il est précédé de la conjonction conditionnelle si, comme dans cette phrase : Nous sommes prêts à combattre, si nous rencontrons r ennemi. C'est comme si l'on disait : Nous sommes prêts à combattre quand nous rencontrerons l'ennemi. Le prétérit indéfini se prend quelquefois pour un futur passé; on dit de cette manière : Avezvous bientôt écrit votre lettre? pour : Aurez vous bientôt écrit votre lettre? Quelquefois le futur simple a la signification de l'impératif. Ainsi, dans te Décalogue : Vous aimerez Dieu de tout votre cœur ; vous ne tuerez point, etc., signifient : Aimez Dieu de tout votre cœur; < ne tuez point, etc. Ciuupacimc.
FUTURS CONTINS EN TS. Vouez Costi.vcmt.
FUYARD, nom dont on flétrit les soldats qui après un
— FYT
| combat désavantageux abandonnent en désordre le champ | de bataille, cherchant leur salut dans une fuite honteute. Si, pressée par des forces supérieures , une armée bat en retraite avec ordre, elle impose toujours k l'ennemi par son attitude. La fuite, au contraire, a pour conséquence inévitable une déroute complète; le soldat se précipite de (oui cotés, se jette dans une rivière, dans un marais, dans nn défilé, dans un bois, d'où il se tire plus difneik-inent que d'un combat en règle qull aurait eu à soutenir contre reanemi.
Chez les nations çctmaniqucs, les fuyards étaient noyés et étouffés dans un bourbier. La loi salique imposait une amende à quiconque, sans preuve, accusait un Franc d'avoir jeté son bouclier pour fuir et te traitait de lièvre. Les cnpitulaircs déclarent infâme celui qui tourne le dos â l'ennemi et refusent son témoignage en justice. Au temps de la féodalité, le fuyant descendait dans la classe des geostafllabtes et corvéables!» merci. Les ordonnances de François V et de Ucsri 11 le font pisser par les ptqu.es. La loi dn 21 bru maire an v punit de trois ans de fer celui qui jette ses armes et frappe de mort celui qui abandonne son poste devant l'ennemi. S'il s'agit d'une troupe entière, les six plu* anciens soldats subissent le même sort.
FUZELIER ( Louis), né à Paris, en 167), mort le 19 septembre 1752, travailla pour tous les théâtres, et se distingua plus par sa fécondité que par le mérite de ses pièces. Il donna au Théâtre-Français : Cornélie, en société arec le président Hénault; Momus fabuliste; Les Amusements de l'automne; Les Amazones modernes ; Les Animant misonnabtes; Le Procès des Sens. L'Opéra représenta de lui ■ Les Amours déguisés; Arion ; le Ballet des Ages; Les Fêtes grecques et romaines ; Les Amours des Dieux; In Amours des Déesses; Les îndes galantes; V École des A mours ; Le Carnaval du Parnasse ; Les A mours de Tem]* ; La Reine des Péris; Jupiter et Europe; Les Romans, opéra en trois actes, mis en musique par Garnborf ; et le billet de Phaétuse. F atelier composa, en outre, pour le Théâtre- Italien beaucoup de pièces, notamment : L'Amntr maître de langues; Le Mai; La Méridienne ; La Mode; Ia Rupture du carnaval; Le Faucon; Mélusine ; ffercidf filant; Arlequin Persée; Le Vieux Monde; Les Noces dt Gamache; Les Débrisyies Saturnales; Amâdis cadet; la Bague magique; enfin, il fit nn grand nombre d'ouvrage pour l'Opéra-Comique et même pour les Marionnettes de la Foire, tantôt seul, tantôt avec Le Sage, d'Orneval, etc., etc ; tels que Arlequin grand-vizir; Arlequin défenseur d'Homère ; Le Réveillon des Dieux; La Matrone eVEphèse- Il fut rédacteur du Mercure, conjointement avec La Broère, autre faiseur «Top -r »- ; <-t sa collaboration a ce recueil dura depuis novembre 1744 jusqu'en septembre 1752. Il était petit, trapu, avait le cou très-court, se faisait rouler daa* une brouette, et appelait l'homme qui la tirait son chevalbaptisé. Quoi qu'en ait dit La Harpe, il ne manquait ni d'imagination ni de talent poétique. CnuiPAcmc.
FYEN. Voyez Fionre.
FYT ( Jkai ) , peintre, né à Anvers, Ter* 1615 , peignit beaucoup de toiles en collaboration avec Rubens, Jacob Jordaens et Th. Willeborl. La fécondité de son pinceau était telle qu'il est aujourd'hui peu de galeries de quelque importance qui ne possèdent de ses tableaux. Il excellait dan» les sujets de chasse, de même qu'a représenter les quadrupèdes à l'état sauvage ou à l'état de domesticité , les oiseau i, les fruits , les fleurs et les bas-reliefs. Son dessin , tout en reproduisant la nature avec une grande fidélité, est toujours noble; son coloris a du feu et de la force, et il sait si bien assortir ses couleurs aux effets de lumière , qu'a cet égard il rivalise avec de Voes et Snyders. Il excellait aussi dans la gravure à t'eau-forte. On ignore l'époque de sa mort. David Kouing lu! le plus célèbre de ses élèves.
G , septième lettre de l'alphabet latin que nom avons
adopta, e»t en même temps la cinquième des consonnes; c'est la troisième de l'alphabet des Orientaux et des Grecs. Le G était appelé gamma par les Grecs, oimri par les Hébreux et les Phéniciens, gomel par les Syriens, et gvm par le* Arabes. Le sanscrit possède un G simple et un G aspiré. Dans les langues slares , G, tantôt quatrième lettre de l'allitiabet, comme en rosse, en serbe, tantôt septième, comme en polonais, etc. , est toujours la gutturale douce du grec. Dans quelques-unes seulement elle reçoit une légère aspiration. En allemand, cette aspiration est beaucoup plus fréquente , surtout devant des syllabes finales. Cependant, dans certaines parties de V Allemagne, on prononce les deux g comme dans le mot français gué. Souvent aussi cette lettre s'y confond avoir l't. En italien et en anglais, le g devant e et i se prononce comme djt, dji ; mais cette règle pour r anglais ne s'applique qu'aux mots d'origine romane. Le g espagnol est une gutturale moins douce qu'en français.
Il y a ane affinité bien prononcée entre le G et le C. Avant que le G prit place dans l'alphabet latin, le C seul représentait les deux articulations, la forte et la faible, que et que. Mais, pour dissiper tous les doutes à • v id de l'exacte prononciation, les Latins donnèrent à chique ai ticolation un caractère particulier. Alors on prit pour exprimer la faible le signe même de la forte C, en ajoutant seulement à l'extrémité de sa partie inférieure une petite ligne verticale , indiquant que l'expression du C devait être ailaiWie ■. de là le G tel que nous l'avons reçu des Latins. X Vrastar de ce peuple, nous avons conservé dans l'orti^rapW de quelques roots le signe de l'articulation forte, eotmiw p«jur retenir la trace de l'étymologie , tandis que dans b prononciation nous ne faisons sentir que l'articulation faible. Ainsi, noos écrivons second, et nous prononçons second . Il est d'autres cas, au contraire, on. tout en employant le G, caractère de l'articulation faible, nous prononçons la forte, comme lorsque l'on écrit rang émincn! , qui doit se prononcer rank éminent.
Notre lettre G s'appelle aujourd'hui ge, parce que réell. ment elle exprime plus souvent l'articulation je que l'articulation gue , qu'on lui donnait primitivement. Du reste, ce changement dans la prononciation n'en a point amené dans I orthographe. Nos règles relativement à cette lettre sont awi capricieuses. G devant les voyelles a , o , n , conserve h valeur de l'articulation gue; devant les voyelles e, * , il prend toujours la valeur de l'articulation je. Dans Vélition, il ne prend Jamais un son dur. Quand le g final se Ile avec une voyelle, il prend quelquefois l'articulation forte du k. Avec la lettre n, leo forme une prononciation mouillée, comme dans ces mots digne, agneau, signal; mais dans quelques i&ots dérives du grec on du latin, ces deux lettres ont une prononciation plus dure ou plus sèche : gnomonique, ognation.
Le G chez les anciens était une lettre numérale, qui signifiait quatre cents ; lorsqu'il était surmonté d'un tiret , '1 avait la valeur de quarante mille. Le y grec représente le nombre trou, «t le nombre trois mille s'il est précédé <l'un petit trait, y. Dans les avait différentes significations
fis, on gens , ou gaudntm ; accompagné, il était sujet ans mêmes variations : G. V. était pour Gento ttrHs ; G. P. R. Gloria populi romani. Dans te coraput ecclésiastique, tt G est la septième et dernière lettre dominieale; dans les anciens poids, il signifie on gros ; sur les monnaie ses il indique la ville de Poitiers, Genève sur les suisses, etStettin sur les prussiennes.
En chimie, Gl désigne un équivalent de glncynium.
OnAuncasc
G ou G sol ré ut (Musique). Cette lettre sert à designer , dans l'ancien système de notation , la cinquième note de la gamme naturelle d'ut ou de sol. Ce système n'est plus employé aujourd'hui que par quelques compositeurs allemands ou Italiens, pour indiquer le ton d'an morceau de musique ou d'un instrument .
GABARE. Cemot, d'origine hébraïque (habarah, bateau de passage 1, apparaît de bonne heure sur les rives de la Loire. Quand Nantes fut devenue une ville de commerce
le G
seul, il signifiait, ou gra-
au bas «le leur rivière des bateaux pour recueillir les cargaisons des navires étrangers, qui n'osaient remonter dans l'Intérieur des terres , soit que le Ht du fleuve n'eût pas asset d'eau pour leur navigation , toit qu'ils craignissent que les franchises de la ville ne fussent pas pour eux une suffisante protection contre l'avidité féodale des soigneurs riverains. Ces bateaux , larges et plats , d'une vaste capacité , et portant un seul mât, forent appelés gabarrs. C'était aussi le nom qu'on leur donnait sur la Bidatsoa : nuncupatas gabarras, dit un titre fort ancien de la Bibliothèque Impériale, daté de Fontarabie. Les Hollandais qui trafiquaient sur nos cotes transportèrent cette appellation dans leur langue maritime, ils en firent een gabaar. Le mot s'est conservé ; la marine militai™ l'a adopté, et lui a donné une importance inespérée. La gabare est essentiellement un navire de charge ; elle désigne à la fois ces lourdes et vilaines barques pontées et non pontées dont on se sert dans nos ports pour porter a bord des navires en rade les objets de consommation , et ces énor- , aux flancs larges, anx murailles droites . a la vaste et profonde, qui vont dans nos colonies, dans les mers de l'Inde, et par delà le cap Hom jusqu'au Chili et au Pérou, ravitailler nos garnisons, nos escadres ou nos stations. Définis Foccirpativn d'Alger, nos gabares sont fort employées dans la Méditerranée; elles font un continuel transport de troupes, de vivres et de munitions.
On appeHe gabare à vase, on Marie Snlopt, un gros bateau qui sert à récolter la fange que les machines à curer tirent du fond des ports.
En termes de pèche, on nomme gabare une espèce de filet pins petit que la seine ordinaire; on en fait usage sur nos cotes «le l'Océan , a l'embouchure de nos rivières ; des morceaux de liège le tiennent suspendu à la surface de l'eau ; son propre poids, augmenté de quelques balles de plomb, loi donne une position verticale; on le tire à terre avec des cordes. Les poissons qui se trouvent dans l'espace qu'il embrasse s'efforcent en vain de rompre cette barrière; les gros descendent dans le sac , les petits s'engagent dans les mailles , et sont arrêtés par les ouïes. La pèche est d'autant plus abondante qw le |ioisson s'approche plus de la surface de