GABARE — GABIER
l'eau : od la (ait de préférence pendant la nuit ; le tissu du filet disparaît dans les ténèbres ; le poisson ne distingue \w le danger. Enfin, l'on appelle aussi quelquefois gabare le bateau plat qui sert à cette pêcbe.
Théogène PiCfc, capitaine de vai*M*u.
GABARIT. On désigne ainsi, daus les constructions maritimes, le modèle sur lequel les charpentiers Ira vaillent, en donnant aux pièces de bois qui doivent entrer dans la composition du bâtiment la même forme, les mêmes contours et les mêmes proportious. Par suite, on entend par;a£artf la forme même d'un vaisseau. Le mettre gabarit d'un narire n'est autre que le maître coup le.
GABELLE. Ce mot vient de l'allemand gobe , impôt, tribut Le mot gabelle fut d'abord appliqué en France à diverses sortes d'impôts. On lit dans plusieurs Coûtâmes : gabelle de vin, gabelle de draps, gabelle de tonlieu. Mais ce mot s'applique spécialement A l'impôt du sel. L'origine en remonte à Philippe IV (1286). Philippe VI établit les greniers à sel en 1331. Cet impôt était d'un double sous Philippe le Long : il ne devait durer qu'une année. 11 fut de six deniers sous le roi Jean ; il avait été renouvelé pour payer la rançon de ce prince. Charles V l'établit à perpétuité, et porta la taxe à huit deniers; elle s'accrut encore sous les règnes suivants. Elle était de 12 deniers sous Louis XI et Charles VIII. François 1er l'éleva h 21 livres par muids ( ordonnance de 1&42 ). Henri II, en 15&3, vendit a haut prix l'exemption de l'impôt du sel à quelques provinces : au Poitou , à l'Aunis , à la Saintonge, à; fAngoutnois, au Périgord, an haut et bas Limousin. |Le chiffre général de l'impôt ne fut point diminué par ces aliénations ; le tarif fut successivement augmenté de. puis.
Louis XTV organisa sur une plus grande échelle cette partie de l'administration fiscale; le faux-saunage lut classé an rang des crimes : des tribunaux d'exception furent érigés, et des offices de juges, de régisseurs, d'employés de tout grade, furent créés et vendus. Cette opération fut la plus remarquable de la fin do ministère de C o I bert L'ordonnance royale de mai 1680 divisa la France en pays de grande gabelle et de petite gabelle, etc. Tous les produits des salines furent livrés aux fermiers généraux, qui employaient à l'exploitation de leur monopole une année de commis et de gardes, et en retiraient encore des bénéfices énormes ; les juridictions de» greniers a se), les cours supérieures, et surtout les juridictions prévôtales, se faisaient lesauxiliaiie* des fermiers généraux. Cet impôt, qui pesait surtout sur les masses, avait souvent excité les plus graves désordres. En 1548, Bordeaux et toute la population de la Guienne s'insurgèrent contre les préposés de la gabelle. Le chef de l'administration, Tristan de Moncins, fut assommé, dépecé et salé. Il fallut faire marcher une armée contre cette province. Le connétable de Montmorency la commandait, et la province fut hérissée de gibets. Année commune, il y avait 4,&00 saisies dans l'intérieur des maisons, plus de dix raille sur les roules ou les lieux de passage, et trois cents condamnations aux galères pour crime de contrebande de sel ou de tabac. Le nombre des prisonniers variait de dixsept à dix-huit cents, de tout âge et de tout sexe. On avait imaginé, pour intéresser les magistrats à la poursuite des faux-sauniers, d'assigner le payement de leur gages sur les produits de la gabelle.
Le chiflre de cet impôt variait de province à province, et même de ville à ville. Quelques localités en payaient peu, d'autres beaucoup, d'autres n'en payaient aucun. Quelques provinces n'étaient point taxées pour leur consommation, et dans d'autres chaque famille était obligée de prendre au magasin, ou grenier à sel, une quantité de sel déterminée.
Les pays de grande gabelle étaient ceux qui supportaient le maximum de cet impôt, à savoir : l'Ile-de- France, l'Orléanais, le Maine, l'Anjou, la Touraioe, le Berry, le Bourbonnais, la Bourgogne, la Picardie, la Champagne , le Perche et la plus grande partie de la Normandie. Le chiffre de la vente obligée s'élevait annuellement à 700,000 quin-
taux , et le prix du quintal à 62 francs. On y était taxé à neuf livres de sel par tête.
Les pays de petite gabelle étaient ceux qui ne payaient qne le minimum de cet impôt : le Maçonnais, le Lyonnais le Foret et Beaujolais, le Bugey, la Bresse, le pays de Combes, le Dauphiné, le Languedoc, la Provence, le Ruussillon, le Rouergue, le Gévaudan, quelques cantons de r Auvergne. La consommation obligée ne pouvait être au-dessous de 640,000 quintaux ; le prix du quintal était 33 livres lo sous, on y était taxé à 1 1 et 12 livres par tète.
Les pays rédimés étaient les |<rovinces qui avaient ad télé et payé l'exemption entière du droit ; leur entière libération de l'impôt de gabelle leur avait coûté 1,750,000 Dr. sous Henri) II ; mais elles n'en furent pas moins assujetties à une partie de cet impôt, au sixième à peu prèsda cens fixé pour les grandes gabelles. La quantité imposée aux consommateurs était de 830,000 quintaux. Le prix du quintal variait de 10 à 12 francs. La catégorie des pays rédimés comprenait le Poitou, l'Aunis , la Saintonge , l'Angoumois, le Limousin, une grande partie de l'Auvergne, le Périgord, le Querci , la Guienne, les comtés de Foix, Bigurre et Comminges.
Les pays de quart- bouillon étaient ceux qui avaient U faculté de s'approvisionner par des sauneries particulières, où l'on faisait bouillir un sable imprégné d'eaux salines, a la charge de verser, à leurs frais et gratuitement, dans les greniers du roi le quart du produit de leur fabrication. Ce versement en nature avait été depuis converti en un droit pécuniaire équivalent. Le débit était d'environ 115,000 quintaux ; le prix du quintal était de 16 livres. Ce droit n'appartenait qu'A une partie de la basse Normandie.
Les provinces franches de gabelle étaient moins imposées que toutes les antres. Elles devaient cet avantage au voisinage des marais salants;' un prix trop élevé y eût provoqué une contrebande plus active et plus étendue. Cette catégorie se composait de la Bretagne, de l'Artois, de la Flandre, du Hainaut, du Calaisis, du Boulonnais, des principautés d'Arles, de Sedan, du Béarn, de la Basse- Navarre, du pays de Soûle et de Labourd, d'une partie de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou. Le prix du quintal y variait de 8 à 9 livres.
Les provinces de salines exploitées pour le compte (fit roi étaient la Franche-Comté, la Lorraine , les Trois-f.vcclirs (Metz, Tout et Verdun), le Rethclois, le duché de Bar, une partie do l'Alsace et du Clerroontois. Les ventes de sel pour compte du|roi s'y élevaient par an à 275,000 quintaux, >• prix du quintal étant de 21 livres 10 sous.
En 1789, le vœu pour la suppression de la gabelle fut répété unanimement dans tous les cah iers des trois ordres. Elle fut en conséquence supprimée par la loi du 10 mai 1790. Mais un Impôt sur le sel n'en fut pas moins) rétabli sous l'empire ( 1806). Dcrev (de l'Yonne).
GABELOlî, commis et employé des gab el 1 es. Celle expression n'est d'usage que dans le style familier, et se prend toujours en mauvaise part. On l'emploie encore, surtout dans le midi de la France, à l'égard des douaniers des employés de l'octroi et des commis des contributions indirectes.
GABIAN (Huile de). Voyet Pétrole.
GABIER, nom que l'on donne aux premiers et au» meilleurs matelots de l'équipage d'un grand bâtiment de gnexre. Us sont choisis par le commandant pour le service des h" une s, préposés à la surveillance du greément, et chargés d'y faire les réparations nécessaires. Dans les travaux de gréementet dégrèvement, de prise des ris, etc., ce sont les gabiers qui dirigent les matelots sous les ordres d'un chef de hune, officier marinier inférieur, qui obéit lui-même à l'officier de quart. Ils prennent le nom du mat au service duquel ils sont attachés : ainsi, on distingue les gabiers de misaine, de granit1 hune, d'artimon et de beaupré. Le mot de gabier n'est que le nom d'un emploi , et non relui d'un grade ; il cesse d'être porté lors du débarquement.