‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 572 sur 614 · HARPAGON — HARPIE · texte numérisé non relu

HARPAGON — HARPIE

dramatique de l'avarice et de l'amour; ensuite, ce rapproehcmeut ai vrai , si profond , entre le père avare et le fils dissipateur ; ce sont, enfin, ces rapport* si variés d'Harpagon avec ses valets et tout ce qui l'entoure. HARPAYE. Voyez Bis.vnn.

HARPE, instrument de musique de grande dimension et de forme triangulaire , monté de cordes de boyaux disposées verticalement , qu'on pince avec les deux mains pour en tirer des sons. L'origine de la harpe est plongée dans une obscurité profonde. Tous les instruments a cordes pincées dont il est fait mention dans l'Écriture Sainte et dan» les ouvrages des anciens, tels que le chinnor des Hébreux, la cithare des Grecs, le cinnara des Romains, le nublum, la sambuque, et enfin la harp ou hearpa des Celtes et des Cimhres , ont uue certaine analogie générique avec la harpe , telle qu'on peut se la figurer dans son état de simplicité primitive. Chacun sait que le roi David chantait les louanges du Seigneur en s'accompagnant de sa harpe; mais le texte sacré dit aussi que David dansait devant l'arche en jouant de la liarpr, ce qu'il n'aurait certainement pu faire avec un instrument de la forme et de la dimension des nôtres. Tout ce qu'on peut dire sur l'origine de la harpe, c'est donc qu'il est fait mention d'un instrument de ce nom en tous temps , en tons lieux , mais que nul ne sait au Juste d'où il vient ni qui l'a inventé.

La harpe est composée de trois pièces principales , assemblées en forme de triangle , savoir : la console, la colonne et le corps sonore. Ces deux dernières sont réunies dans leur partie inférieure par une quatrième pièce, appelée cuvette , qui (orme la base de l'instrument. I<e corps sonore est une caisse convexe faite de bois d'érable, plus large à la base qu'au sommet, et recouverte d'une planche de sapin, qu'on appelle table (T harmonie , sur laquelle sofct fixés les boulons qui servent à attacher les cordes. La console est une lande légèrement courbée en forme d'«, et garnie de chevilles au moyen desquelles on monte les cordes fixées à l'extrémité opposée sur la table d'harmonie. Elle (orme la partie supérieure de l'Instrument. Enfin, la colonne est un montant solide ou creux , selon que la harpe est simple ou à mouvement. Dans le premier cas, Il ne parait devoir servir qu'à l'assemblage des deux pièces précédemment décrites; mau dans le second cas, Putilité en de-4 vient indispensable , comme on le verra tout à l'heure.

La harpe ancienne n'avait dans l'origine que treize cordes , qui étaient accordées selon l'ordre nature) de la gamme diatonique. On en ajouta successivement plusieurs autres; mais, malgré toutes ces additions, il était impossible de moduler avec un instrument qui n'avait que les demi-tons naturels de la gamme. Luc-Antoine Eustache, gentilhomme napolitain et chambellan du pape Pie V, imagina , pour obtenir tous les demi-tons de l'échelle, de mettre à la harpe soixante dix-huit cordes disposées sur trois rangs. Le premier comprenait quatre octaves , le second faisait les demi-tons, et le troisième était à l'octave du premier. Les difficultés insurmontables qui s'attachaient à l'exécution de la musique avec un instrument aussi compliqué le firent bientôt abandonner.

On inventa ensuite la harpe double , qui était vraimen t un instrument composé de deux harpes jointes ensemble , mais qui n'eut pas plus de succès que la harpe triple ou à trois rangs du chambellan napolitain. C'est alors qu'un Tyrolien, dont le nom m'échappe, imagina, vers la fin du dix-septième siècle , d'ajouter des crochets à l'instrument simple, pour hausser à volonté le son des cordes. Ici encore d'autres difficultés se présentaient : comme on était obligé de laire mouvoir les crochets avec la main , il s'en» suivait que lorsqu'il rencontrait des dièses, l'instrumentiste n'avait plus qu'une main pour pincer, tandis que l'autre mettait les crochets en jeu. Enfin , au commencement du dix -huitième siècle , Hochbrucker inventa une mécanique qu'on faisait mouvoir avec les |>icds, et qui de là prit le nom de pédale. C'est cette mécanique qui a été perfectionnée

par Nadermann , luthier et célèbre harpiste de Paris. Les pédales , au nombre de sept ( une pour chaque note o> la gamme), sont placées dans la partie de l'instrument appelée cuvette , d'où elles correspondent aux crochets placés sur la console , en traversant la colonne , qu'on avait préalablement creusée à cet effet. La harpe ainsi organisée est dite à simple mouvement. Elle est montée de 43 cordes, disposées sur un seul rang et accordées en mi-bémol , c'està-dire qu'en pinçant successivement toutes les cordes de l'instrument, on fait entendre la gamme naturelle de mibémol , sans autre» demi-tons que ceux de l'échelle diatonique. L'étendue de l'instrument comprend six octaves de mi en mi. Si le morceau est dans un autre ton , l'exécutant dispose ses pédales d'avance. Si dans le courant du morceau il se présenlc un dièse ou un bécarre, l'instrumentiste (ait alors jouer la pédale corres|iondant à la note qui dut être haussée, et à l'instant toutes les corde» qui sonnent cette note et ses octaves se trouvent surtendues de la valeur d'uu demi-ton.

La harpe à simple mouvement, toute parfaite qu'eht semblait à Nadermann , reçut un nouveau perfectioiiiuïn.Ti de Sébastien É r a r d , qui imagina de remplacer te» crochet* par des fourchettes à double bascule : chaque corde peut alors recevoir trois intonations , le bémol , le bécarre et le dièse. Les pédales , toujours au nombre de sept , peuvent se mouvoir de deux manières et se fixer à volonté dam des crans pratiqués à la cuvette. La liarpe est alors dite à do*** mouvement. Elle est accordée en ut bémol ou si naturel, et son étendue est la même que celle de la harpe à »nit>) mouvement. Cette dernière est actuellement presque geoe ralcment abandonnée.

On accorde la harpe comme le piano, c'est-a-dire par tempérament, en adoucissant les quintes de ta partition. Les gammes chromatiques sont impraticables sur h harpe. La harpe est sans contredit un instrument fort agréable ; mais en dépit des perfectionnements connus et de ceux qn'on pourra découvrir encore, il aura toujours à lutter contre la monotonie des sons et le manque d'énergie dans l'expression. Il est , du reste , difficile d'en obtenir une grande variété d'effets. On emploie la harpe principalement pour le solo , rarement à l'orchestre. Cependant, elle peut produire beaucoup d'effet dans ce dernier cas, en raison surtout de la difléreuce de son timbre. Cet cikt sera plus sur encore si, au lieu d'une harpe, on veut « employer plusieurs. ticcai*.

HARPE (Architecture). On appelle ainsi les pierres d'attente que l'on fait sortir hors du mur, pour servir de liaison quand on veut joindre à la maison déjà e\t>lank une maison nouvelle. On appelle aussi harpe, dans les r tt« f-

pierres plus longues que les carreaux qui doivent s*- lier avec la maçonnerie de moellon ou de brique. On »(>f--4k également harpe de fer les morceaux de fer coudes «ni servent à retenir les poteaux-cornière des pans de boa avec les murs mitoyens. Pour ces sortes de harpes , ea les fait aussi de bronze , parce qu'alors elles sont moins snjeûB à la rouille , et durent plus longtemps.

HARPE ( Malacologie), genre de mollusques uùTata créé par Lamarck. On la reconnaît à la coquille ovale «a bombée, munie de côtes longitudinales , parallèle» et tranchantes , à l'ouverture échancréc in férieu reruent et sans ranal ; columelle lisse , et dont la base est terminée ea pointe. Linné rangeait ce genre dans les buccins. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces , qui a Y«< vivant ne se rencontrent que dans le grand Ocvaa et h* mers de l'Inde.

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