‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 573 sur 614 · HARPIE · texte numérisé non relu

HARPIE

ayant l«s bords dilatés ; narine* oratoires , transversale* ; tarses très-gros , réticulés , à moitié emplumés ; ongles longs; ailes très-courte*. Leur bec et leurs serres ont une force ex» traordinaire. Les harpies sont d'une grande férocité; elles rivent solitaires dans les lieux les plus retirés et les plus obscurs des forêts, où elles nichent sur les grands arbres La grande harpie d'Amérique est d'une taille supérieure à celle de l'aigle royal. Des voyageurs prétendent qu'elle attaque des mammifères d'une grande taille, qu'elle enlève des faons , et qu'elle peut fendre à coups de bec le crâne d'uu homme.

HARPIES ou HARPYES ( du grec 'Apjtuiot, dérivé de dfitiÇw, ravir ), monstres fabuleux, dont le nombre est inronuu. Leurs noms varient dans les divers auteurs qui eu ont parlé. Hésiode, qui leur donne Thaumas pour père et Electre, fille de l'Océan, pour mère, ne les appelle qu'eûxôpou; ( aux beaux cheveux ). Iris est leur sœur, et le poète les nomme "Ae&s ( la tempête ) et 'Ûxuirtrn ( au vol rapide ). Tout ce qu'il en dit, c'est que les vents et les oiseaux n'ont pas plus de rapidité que leurs ailes, et que l'air est leur domaine. Dans Homère, Podarge, l'une d'elles, est l'épouse de Zéphyre, ce qui ne l'empêche pas de les qualifier toutes de chiennes de Jupiter et de les accuser d'enlever ceux que les dieux veulent taire disparaître.

Lorsque les A r gon a u t es arrivèrent chex le vieux Phinéc, roi de Thrace, ils le trouvèrent tourmenté par les harpies, monstres allés, couverts d'écaillés, avec des bras puissants, munis de redoutables serres, terminées en queue de dragon ; le front armé de cornes menaçantes, avec les traits et le sein d'une femme horrible. Ces monstres infestaient le pays, et troublaient les festins du bon roi. La présence des guerriers alliés les repoussa dans leurs repaires.

Les harpies ne représentent-elles pas mythologiquement ces brigands que le langage moderne nomme forbans, corsaires , pirates, ou écumeurs de mer? Leurs ailes ne seraient-elles pas des voiles? Leurs écailles de poisson et la queue qui leur sert de gouvernail n'indiqueraient-elles pas que les vents et les eaux favorisaient leurs incursions? Leur face et leur sein ne (ont-ils point allusion à ces figures qui couronnent la poupe des embarcations de guerre? Enfin, leurs cornes et leurs griffes, aux moyens d'attaque et de rapine usités par les brigands qu'amenaient des flottes poétiquement représentées? C'est l'avis de Ban ter, qui nous semble plus conforme à la vraisemblance que celui de Leclcrc, de Vossius et du bonhomme Pluche, lesquels prennent les harpies pour des sauterelles.

La fable ajoute que Zétèa et Calais, beaux Hellènes, fils de lioréc et d'Orythie, lesquels avaient également des ailes, ce qui indique qu'ils voyageaient aussi à l'aide des vents dont ils étaient provenus , poursuivirent les harpies jusque dans les Iles Strophades, où elles se réfugiaient, et sur lesquelles plus tard Énée et ses Troyens fugitifs les rencontrèrent avec des troupeaux qui leur appartenaient. Virgile leur donne des traits de vierges allées, un flux de matières félidés, de* mains crochues, et des fronts toujours plies de faim. Elles ravissent ou infectent les mets des Troyens ; et Célèno , l'une d'elles, fait entendre, du haut d'un rocher, des prédictions sinistres.

Harpie se dit figurément de tout ravisseur du bien d'autrui, et plus souvent encore, familièrement, d'une femme acariâtre «t criarde.

BOBÏ OE SAINT-VlNCCItT, de t'Ac*di-mic des grimées.

HARPOCRATE , divinité égyptienne, qui sur la Table isiaque ne figure que comme un tout petit enfant nouveauné , ayant les mains rapprochées vers la bouche, ainsi qu'il devait être physiologiquement au sein de sa mère, qui le mit au jour avant terme; son maillot est un filet, symbole sous lequel les hiérophantes représentaient le soleil naissant et faible à l'époque du solstice d'hiver. Les prêtres d Osiris avaient donné à cet enfant, à peine né viable, le nom symbolique d'Arphochrat (en cophte, celui qui boite du pied). Les vainqueurs, sous le règne de Ptolémée III, se hâtèrent

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