G0 HAUSER
instruit de tous ces détails , voulant soustraire le jeune homme au poignard de ses persécuteurs secrets, se déclara son protecteur, et te plaça à Anspach, où Feuerbach prit surtout soin de lui. Gaspard Hauser demeura sans crainte , et en apparence sans danger dans la Tille et chez les gens où on l'avait conduit et recommandé. Mais le 14 décembre 1833 il fut attiré à un rendez-vous solitaire par un personnage inconnu, qui devait, lui disait-on , remettre en ses mains des papiers de la plus haute importance et propres à l'éclairer sur son obscure destinée. Là il se trouve en face de celui qui l'avait précédemment frappé, veut fuir, est atteint, et reçoit le coup mortel dont il expire en pardonnant à son meurtrier. Il avait, après un long évanouissement , recouvré assez de force pour se tramer jusqu'à sa demeure, et ce fut en vain que, sur le peu de mots qu'il put proférer, l'on chercha à poursuivre l'assassin; il avait disparu sans laisser de traces. Une active et sérieuse enquête aurait dû avoir lieu pour découvrir la cause, l'instigateur et l'instrument du crime; il n'y en eut point, ce qui ajouta aux soupçons déjà conçus.
Pour effacer jusqu'aux moindres vestiges de ces soupçons, l'on a répandu que Gaspard Hauser n'était, comme on lie crut au premier abord, qu'un rusé fripon. Mais eût-il alors inspiré promptement le plus vif intérêt à ses geôliers , gens à qui la fréquentation des criminels donne une si lumineuse facilité à les juger? eût-il pu tirer un impénétrable rideau entre la perversité de son coeur et l'esprit investigateur du bienfaisant et éclairé Daumer? La culture d'une aine fangeuse eût-elle dans un sol ingrat fait s'élaborer si rapidement les fruits les plus précieux de la morale et du savoir? Enfin, pourquoi le surveiller, le poursuivre, l'assassiner, si ce n'était qu'un inconnu , un misérable , un être sans aveu ? Certes on devait avoir un intérêt puissant et uourri d'inquiétudes pour le persécuter, pour l'arracher à un opulent protecteur, pour l'immoler au moment où on le sait disposé à écrire ses pensées sur la plus obscure des existences sociales ; pour calomnier ensuite la mémoire de celui qu'on assassine ! N'osa-t-on point pousser l'absurde jusqu'à répandre l'idée que ce malheureux s'était frappé lui-même pour exciter l'intérêt! Mais cet intérêt déjà lui était généralement acquis ; mais un protecteur riche et puissant allait le soustraire à tous les dangers. Quoi ! sans nul motif présumable, il se serait donné la mort au moment où il prévoyait n'avoir plus rien à craindre de son impitoyable et secret ennemi ! Cette assertion incroyable, inconséquente, comme l'est souvent le crime qui se persuade ne s'être jamais assez voilé, devient une nouvelle et indiscrète preuve de l'importance que les bourreaux mettaient, en faisant disparaître leur victime, à prévenir des révélations qui eussent jailli peut-être de la coïncidence de ses vagues souvenirs, rendre plus lucides par le développement de ses facultés morales , avec tel ou tel événement connu , qui blessa au ca-ur une tendre et infortunée mère. Au reste, le nom que peut-être il dut porter fut et demeure une énigme dont le mot ne sera véritablement jamais livré à la publicité ; car celui qui croit le deviner se taira, non-seulement faute de preuves légales , mais pour ne point rouvrir une source de larmes amères que le temps , que des intérêts chers et consolateurs ont pu contribuer à tarir dans les yeux affaiblis d'un être émlnemmeut adorable et généralement adoré. C" Armand d'Allonvilli:.
HAUSSE* HAUSSIERS. Voyez Bourse (Opérations de). HAUSSE-COL. Ce terme et le mot hausse-cou se sont d'abord pris indifféremment l'un pour l'autre; mais la langue des ordonnances modernes s'etant approprié 2a première de ces expressions, les antiquaires ont conservé le mot hausse<ou, pour exprimer la pièce d'armure, la parue supérieure de l'ancienne cuirasse de 1er pleiu qui entourait le cou et recouvrait le gorgerin. Lorsque le casque n'avait pas de gorgerin, on entourait la gorge d'un col ou collet en fer, nommé aussi luiusse-cou. On peut en principe que le hausse-col est un vestige