HEBERT
Quand les Poéties alémaniques parurent pour la première fois, ce fut Gorllie lui-même qui se t Largos d'en rendre compte dans la Gazette littéraire universelle de léna ; et il ne contribua pas peu à faire apprécier ce poêle par ses contemporains. En 1835, un monument a etééJevé à la mémoire de Hebel dans la ville de Carlsruhe.
HÉBEKCiE. Voyez Mitoybwetb.
HËBERT (Jxcouts-RExé), dit le Père Duchesne, né à Aicncon, en 17J>5, dans la condition la plus obscure, vint de bonne heure chercher fortune à Paris. Sa jeunesse eut à lutter contre toutes les souffrances et les humiliations de la misère. Jeté sans parents, ni appui, ni éducation, dans U masse dédaignée du peuple, il souffrit comme elle. Doué de l'intelligence rapide et de la persévérance des gens destinés à faire leur chemin , il exerça plusieurs métiers précaires, et se donna lui-même quelque instruction. La révolution pressait sa marche. Comme il s'efforçait de percer, il la prit pour guide, parla dans les groupes, les clubs, et vécut alors des produite de son zèle d'adepte. Quand les jacobins devinrent puissants, ils lui tirent rédiger Le Père Duchesne. Poussé ainsi dans le mouvement révolutionnaire, Hébert se montra de plus en plus audacieux. « La masse est engagée, disait-il, je m'y associe ; je suis le mouvement, je le suivrai toujours, et je ne tomberai pas. » Les bénélices de son journal l'affranchirent du besoin, et il travailla, quoique sans conviction, avec plus d'ardeur que jamais à la propagation de» idées et des déliauecs démocratiques. Dans la nuit du 9 au 10 août il courut à l'hôtel de ville, et fut nomm substitut du procureur général de la Cotninuue, C ha u mette Les royalistes et les mécontents lui assignaient déjà mie port notable dans tous les crimes : lui, peu soucieux de ces accusations, ne chercha jamais à s'en laver; le temps de la lulle n'était pas d'ailleurs celui des explications.
Accusé d'avoir conçu le projet d'égorger la majorité girondine dans la Convention, il fut arrêté avec Dohsenl, présidait d'un comité qui s'était installé à l'arclievà-l* pour surveiller la marche des section». Cette arrestation souleva aussitôt le peuple de Paris ; la Commune se coos tilua en permanence , et fit réclamer ses deux membres a la barre de la Convention. Celte assemblée céda, et Hébert, rendu à la liberté , c'en retourna siéger à la Commune. Il était jeune, spirituel; il parlait facilement, bien que privé d'instruction positive; mais les inlormes et grossières analyses des feuilles du temps ne sauraient donner une idée ik sou genre d'éloquence. Au milieu des siens, il était induirai et aimable; en public, c'était un orateur violent el iiuamr, toujours dénonçant, et comme journaliste, un furieux, uu logicien plat el ivre de sang. Il était gai et cauH-ur, «-nneini de toute cafarderie privée, sans jalousie; il parut contrant quelquefois, son affaire une fois faite, de voir que la rëvolntiou ne trouvât pas de terme ou d'arrêt, et ses vœux à ce sujet n'étaient pas toujours des confidences.
Le 4 juin, après la victoire de la Commune sur la C taxent ion , il repoussa avec force plusieurs propositions sanguinaires, et lit prendre un arrêté qui déclarait mauvais citoyen quiconque pousserait à l'assassinat. Quelques jour» après, il lança un réquisitoire terrible contre des femmes qai avaient pillé une voiture de savon ; mais l'histoire a consacré avec horreur le souvenir des abominables questions qu i adressa daas la prison du Temple au lils de Louis XVI. U fut également un des accusateurs «le la reine et des grroodus^ et décida les jacobins à se porter en masse à la Convenu* pour y demander le supplice des proscrits dans les vin^l-quab ■ heures. Il se montra enfin le digne émule de Ctiauraette daas les profanations dont fut le théâtre la cathédrale de Paris, transformée en temple de la Raison. Puis il s'allia aux généraux de l'armée révolutionnaire, à Ronsin, à Mazuel, à Laumur, à Vincent, secrétaire général du ministère de la guerre, à Montmoro, imprimeur, à quelque hum mes de main et d'audace, et à des orateurs de clabs, qui se voyaicut menacés par Robespierre et par les dan twuistes. Les hostilités commencèrent sourdement an