‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 601 sur 614 · HECTOR · texte numérisé non relu

HECTOR

U Troade , dont il devint la gloire. Les oracles avaient prédit a Ilion que sa ruine suivrait «le près la mort de ce béros, a la vie duquel les destinées du florissant empire du Phrygie étaient liée*. Investi , dès la descente des Grecs sur les rivages de l'Asie , du commandement général de Tannée troyenne et de celle des alliés, son premier exploit lut d'immoler le jeune Protésilas, qui le premier, parmi cette ligue de rois européens, avait rais le pied sur la plage dllion. En tout, ce fils de Priara At mordre la poussière troyenne à trcnle-et-un capitaines grecs. Son combat corps à corps avec Aj at , l'embrasement de la flotte grecque, les amies d' Achille ravies à Palroclc, tombé sous ses coups, sont dans l'Iliade la part brillante de sa gloire. Que servirait après ces trio m plies de nommer d'autres victimes de sa valeur, Schcdius, le plus vaillant des Phocéens, Coraïnus de Lycie, auquel le fier Mérion avait confié les rênes de ses chevaux, Menesthès et Anchiale, deux amis montés sur le même char, et Assaeu*, Autonous, Opite , Dolops, OpheN tius, Agelaus, /Esumne, Orus, Hipponoûs, Eionéc, chefs plus ou inoins obscurs, sauvés des ombres de l'oubli par Homère. La verUi, la douceur, la franchise, la piété d'Hector contrastent sur le tliéalre de la guerre d'Ilion avec la cruauté d'Achille, l'orgueil d'Agamemnon, la fourbe d'Ulysse, l'impiété des deux Ajax. Dans cette fumée de sang , qui | tendant près de neuf années s'exliala des plaines de Troie, la bonté d'Hector et son respect pour les dieux ne purent être un instant étouffés. Ce prince magnanime avait mérité au plus liaut degré la vénération et la confiance de ses ennemis. Sur le champ de carnage même, Ajax fit avec lui un échange d'armes : celui-ci donna au lils de Priara un baudrier d'une pourpre éclatante . et le fils de Tétamon en reçut une riche épée et son baudrier. C'est le pieux Hector qui, avec le fourbe Ulysse, fut choisi pour tirer les sorts du casque avant le combat singulier de Ménélas et de Paris.

Époux non moins fidèle que tendre, comme le roi des rois, l'indigne père d'Iphigénie, il ne ravit point à un prêtre une fille chérie : la chaste fille d'un roi de Cilicie, A n- «Iromaq ne, épouse infortunée, recueillit seule tout son amour, tous ses malheurs et ses cendres. Rien de plus foupliant dans l'antiquité que leurs adieux aux portes Scées. Quel tabh-au plein de grâces et de larmes que celui de ce petit Aslyanax qui baise son |»ère , hélas ! du dernier baiser , et qui, effrayé du panaclie terrible do héros, se rejette et se cache dans le sein de sa mère ! Hector ne larda pas à accomplir dans la mêlée le plus illustre de ses exploit*: il lit mordre la poudre a Palrocle, l'ami d'Achille, oisif alors, qui avait prêté à son ami ses armes célestes ; Hector en dépouilla le fils de Ménœtius, et, enivré d'un telle victoire, se revêtit sur le champ de bataille même de ces armes célèbres. Mais Achille avait rompu son repos; furieux, désespéré, couvert d'une armure d'une trempe divine, il joint répoux «t'Androinaque à l'endroit où les deux sources du Scamandre fournissaient deux lavoirs de pierre où les princesses troyennes allaient laver leurs robes , dit Homère; et non loin de là, après un combat terrible, dont tout l'Olympe fut spectateur, Achille enfonça le fer de sa pique dans le cou d'Hector, qui tomba , et qui avant d'expirer eut encore le temps d'entendre les terribles imprécations de son ennemi. L'implacable fils de Péléc perça les talons d'Hector , et y ayant passé une courroie, l'attacha à son dur, et traîna par trois fois autour de Troie ce corps dont • les Grecs , selon le* expressions d'Homère, ne pouvaient se lasser d'admirer la taille et la bcauti merveilleuse». Coiffé dn bonnet phrygien, insigne royal, Priant sortit de la ville désolée, se jeta aux pieds d'Achille, et lui baisant les mains, qu'il mouillait de ses larmes, le supplia de lui rendre le corps de son fils, au prix de 12 talents d'or et d'un long amas d'étoffes et de vases précieux. A l'aspect du vieux monarque, le plus puissant de l'Asie alors , embrassant ses genoux, Achille sentit mollir son coeur ; il lui rendit Hector, et, mettant sa main robuste dans la raaiq débile du vieillard, U lui jura et ac-

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corda une trêve de onze jours pour les funérailles. Ce célèbre épisode de la guerre troyenne termine Y Iliade. > Le jour même, dit Homère , on descendit l'urne qui contenait les cendres du héros dans une fosse profonde , qu'on remplit ensuite d'une quantité prodigieuse de grosses pierres, et on éleva un tombeau par-dessus. » Et cependant, lcsThébains se vantaient, du temps de Pausanias, de posséder les cendres d'Hector, quoique Hécube, dans le sac de Troie , les eût avalées pour les soustraire aux outrages des vainqueurs. Troie en cendres , Priara, son père, égorgé , Cassandre, sa sœur, violée, Andromaque et Hécube, son fils, son épouse et sa mère traînées captives , et Astyanax brisé sur la pierre par le cruel et politique Ulysse, accumulèrent sur Hector toutes les infortunes humaines. Tant de vertus , tant de malheurs sur la terre, lui méritèrent les honneurs divins dans cette Troie même, que les Phrygiens rebâtirent dans la suite. Demnk-Babos.

HÉCUBE, épousede Priam, fils de Laomédon, le plus puissant monarque alors de l'Asie Mineure, était fille de Dy mas, selon Homère, et selon d'autres, de Cisséis, tous doux , rois de Thracc.et sœur deThéano, prêtresse de Minerve a Troie, celle qui trompa les Grecs en leur livrant le faux palladium ou statue de Pallas. Virgile, fidèle à la tradition d'Euripide, la fait mère de cinquante enfants. Laissant de coté l'exagération des poètes, croyons avec plus de sens qu'elle fut a la Tois mère et belle-mère de cette nombreuse lignée ; car il est probable que l'Asiatique Priam, le Salomon phrygien par ses mœurs, son luxe et sa sagesse, avait, comme ce roi de Jérusalem , un supplément an lit conjugal. Hécube donna â sou époux treize enfants légitimes, Hector, Pâris, Déiphobe, Hélémis, le devin Politès, tué par Pyrrhus, Anliphus , immolé par Agamemnon, Hipponoùs, l'infortuné Polydorc, égorgé par son bote, Troile, auquel Achille arracha la vie , C r é u s e , femme d'Ênée, à jamais disparue, enlevée par les Parques dans l'embrasement d'Ilion , Polyxène, Laodicé, et Cassandre, violée sur l'autel même île Pallas.

Dans Les Troyennes d'Euripide , Hécube est l'esclave d'Ulysse, à qui elle est échue ; elle s'est cachée parmi les tombeaux de ses enfants , dont la plupart sont tombes sous le fer des Grecs. Euripide, dans la tragédie d' Hécube, nous la montre suppliant les dieux delà réunir à Polyxène , sa fille, que Néoptolème vient d'égorger de sa main pour satisfaire aux mânes d'Achille, son père, et se vengeant de Polymneslor, roi de Thrace, à qui Priam, se méfiant de U fortune, avait confié un trésor et son fils Polydore, longtemps avant la chute d'Ilion. Polymneslor avait égorgé ce fils chéri ; Hécube l'attire dans sa tente arec ses deux enfants, devant lesquels (Ile dissimule d'abord sa rage; puis tout â coup elle se jette sur le roi Di race, avec toutes ses Troyennes , et pendant que celles-ci lui crèvent les yeux , à l'aide de leurs fuseaux et de leurs aiguilles , elle égorge de sa main forcenée les faibles cnlants de ce prince. Teint de leur sang et du sien , qui jaillit de ses prunelles à demi pendantes de leurs orbites, le malheureux pousse des hurlements, et sa langue, confuse et rapide comme celle d'un Insensé, jette a Hécube, qu'il ne voit plus, cette admise imprécation : ■ Daccbus , l'oracle de Tbèbes , a déclaré que tu serais changée en une chienne furieuse aux yeux élincelants de rage. On appellera le lieu de ta sépulture Cyno*sème , tombeau du chien ; il servira de signal aux nautomers.» Agamemnon dit à ses gardes. ■Saisissez ce furieux! cntralnez-le loin de ma présence! qu'on le jeté sur le rivage de quoiqu'il sauvage, et vons , infortunée Hécube, allet mettre au tombeau les corps de ces deux enfants. »

Les uns veulent que cette reine, décrépite et désespérée , triste butin écho â Ulysse, qu'elle fatiguait de ses injures, de ses pleurs et de ses hurlements , comme une chienne à laquelle on a ravi ses petits, ait été précipitée par ce prince dans la mer, et qu'elle ait donné le nom de Cpneum au lieu de sa chute. Ce nteurtre indigne, dont l'antiquité accuse Ulysse, parait avéré par an sanctuaire que ce héros, pour-

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suivi dans ses songes par sa victime, lui fit élever en Sicile, prés du temple d'Hécate. D'autres prétendent qu'en rabsenee d'Ulysse, les Grecs, outrés des menace» et des imprécations de cette mallteureuse , l'écrasèrent sous un amas de pierres, et firent courir le bruit qu'elle avait été changée en chienne; allusion a ses nocturnes hurlements, ou, selon d'autres, à l'état d'abjection ou elle était tombée, enchaînée qu'elle était comme une chienne à l'entrée de la tente d'Agamemnon. Du temps de Strabon on montrait encore sa sépulture dans la Thrace ; le Tombeau du Chien était son nom. Un promontoire de la Troade portait aussi ce nom de Cynosshne.

Dexite-Baro!».

HEDJAZ, l'une des divisions territoriales et politiques actuelles de l'Arabie , bornée au nord par le désert de Syrie, a l'est par le Nedjed, au sud par l'Yémen, et à l'ouest par la mer Rouge, dont il iorme fit grande partie la cote orientale ; pays presque entièrement dépourvu de sources et de cours d'eau, et dont le sol n'est guère cnltivé que sur une profondeur de 12 myriamètres. L'Hedjax , placé sous l'autorité nominale du sultan de Conslantinople , comprend les villes sainte* de La Mecque et de Médine, prodnit peu de grains et de ru, mais en revanche beaucoup de baume dit de La Mecque.

IIEDLINGER ( Jian-CnAmLEs ), célèbre graveur de poinçons né en 1691 , àSchwytx, apprit les premiers éléments de son art dans l'atelier de Crauer, qu'il suivit à Lucerne et a Pruntrut, où il s'essaya d'abord dans les médailles-portraits. Il se rendit ensuite à Nancy, puis à Paris, on il obtint un engagement pour la cour de Suède. Pendant les années 1726 à 1728 il visita l'Italie; et en 1735 il fut appelé en Russie pour y graver le portrait de l'impératrice Anne Iwanowua. De 1739 à 1744 il résida en Suisse, pour rétablir sa santé délabrée, et il revint pins tard encore s'y fixer, quand il eut obtenu sa retraite. 11 y mourut , le 14 mars

Hedlingcr peut a bon droit être considéré comme l'un des plus grands maîtres que l'art du médailleur ait comptés depuis son origine, et sous le rapport de l'habileté technique il est peut-être l'artiste le plus remarquable qu'on ait vu depuis l'extinction de l'art antique. Ses têtes, sans avoir rien de dur, sont pleines de caractère, et sont a celles de la plupart des médailleurs ce que les toiles du Titien sont aux œuvres des inaniéristes. Il excelle a reproduire avec une facilité et une habileté incomparables les chairs, les costumes, les cheveux. Ses défauts sont ceux de son époque: des allégories peu heureuses et des emblèmes sur les revers.

HÉDONISME, HÉDONISTES ou HÉDONIQUES (du grec j^ovri, plaisir ). On a donné le nom à' hédonisme à la doctrine des philosophes qui, ainsi que ceux de l'école cy rénaïque et les épicuriens, considéraient la volupté ou le plaisir comme le principe de l'activité morale, et par conséquent comme le souverain bien.

Il ÉUOUVILLE ( GAimiEL-MAniE-TiiéoooRB-JosEPii , comte de), lieutenant général, pair de France, naquit à Laon, en 1755. Page de la reine à sa sortie du collège , il passa sous-lieutenant de dragons en 1780, devint lieutenanlen 1789, et était général de brigade * l'armée du nord en 1793. Il se distingua aux affaires de Warvrick , Gommer , Menin el à la bataille d'Hondschootc. Destitué peu après, et traduit, avec son collègue Mouchard , devant le tribunal révolutionnaire , il fut acquitté et envoyé comme chef d'état-major dans la Vendée, où il seul remarquer. Hédou ville, promu général de division , prit le commandement en chef de l'armée de l'ouest en 1797; envoyé à Saint-Domingue en I79H, le Directoire le rappela l'année suivante, pour l'opposer de nouveau, en I KOI, aux royalistes de l'ouest. Sa douceur el ses ntoyens conciliateurs y furent efficaces. Le premier consul lui confia , a la lin de celle cain|tagne, I ambassade de Saint Pétcrshourg. De retour en juillet IS04, il devint chambellan du l'empereur, sénateur et grand -officier dt- la Légion d'Honneur, to lsor>, U assistai la prise de

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' possession de la principauté de Piombinoet fit la campagne I de 1806, en Prusse, comme chef d'état-major du roi de Westphalic. H n'en vota pas moins la déchéance de l'empereur, fut envoyé a Francfort en qualité de ministre de France , et élevé à la pairie |Mir la Restauration. Il ne parut, J du leste, que rarement à la chambre, et mourut en 1*25. HEDWIGE ou AVOYE (Sainte), née en 1174, était fille du duc Berthold de Méran, margrave de Bade, et épousa dès l'âge de douxe ans le duc Henri de Silésie. Ce lot dlc qui introduisit en Silésie les mœurs et II civilisation allemandes. Après avoir eu six enfants, elle et son mari fin-nt voeu de chasteté. A partir de ce moment Henri laissa croître sa barbe, d'où son surnom de Barbu ; quant h Hedvrige, elle renonça désormais nu monde, et se consacra entièrement à des actes et a descxerciccs.de piété. A sa demande, ' Henri fonda, en 1203, à Trebnilz, un monastère de l'ordre ; de Clteaux. Sécularisé en 1810, ce monastère a depuis été | transformé en manufacture. Hedwigc, morte le 15 octobre \ 1243, fut canonisée en 1268. Un tombeau de l'église «te Trebnitx, aujourd'hui encore objet de nombreux pèlerinages, renferme ses ossements.

HEDWIGE, en polonais Jadviga, reine de Potogs*, née en 1370, était la plus jeune des Mies dn roi Louis <fr Hongrie et de Pologne. Elle fut élevée en Hongrie et fiancé* de bonne heure avec le duc Guillaume d'Autriche. Apres la mort de son père, les Polonais l'élurent pour leur reine, à la condition qu'elle résiderait en Pologne. En conséquence, elle se fit couronner à Cracovie, en 1384. Le duc de Uthuanic Jagellon ayant alors demandé sa main, et pour I l'obtenir ayant promis de réunir ses États a la Polosjse | ainsi que d'embrasser le christianisme avec ses sujets, Hedvrige, quelque regret qu'elle en éprouvât, renonça â «a fiancé, qui fit inutilement le voyage de Cracovie et tenta | même de l'enlever. En 1380 elle épousa Jagellon, le lendemain du jour où il eut reçu le baptême, et mourut en roches, en 1399. Hedwigc, qui n'avait rien de plus a «unir q* de propager la civilisation parmi les populations r»*»naises, obtint du pape Bonifacc IX une bulle qui assim'Uit 1 l'université de Cracovie à celle de Paris. Elle fonda at*« plusieurs bourses il l'université de Prague, en laveur détudiants polonais et lithuaniens. Favorablement disposé en faveur des doctrines de Jean Huss, elle fit célébrer ) Cracovie le service divin en langue polonaise par des ecclésiastiques bohèmes.

HEECKEREN (Gborces, baron »e ) , diplomate fraaçais, né en 18 13, i SuIU en Alsace, est le fils d'un riche propriétaire des environs de Cotmar, nommé d'Amies. Neveu du prince de Hatzf eld. il entra an service de la Russie, et devint au bout de deux ans capitaine dans U garde à cheval. Le chargé d'affaires de la Hollande auprès de U coar de Saint Pétcrsbonrg.le baron de Heeckeren, rayant adoflr, il prit le nom de son père adoplif, el épousa la sœur du porV russe Pouschkin. Forcé de revenir en France, à la sut. d'un duel où il avait tué son beau-frère , il entra au conseil départemental du Bas-Rhin, et se mil, mais sans succès, sur les rangs pour la députation aux élections de 1946. Apre» la révolution de Février, lé Haut-Rhin l'envoya comme représentant h l'Assemblée constituante et à la Législative, dont il devint secrétaire et où il vota avec la majorne On dit qu'au 16 mai il ne dédaigna pas de faire le coup de poing avec les envahisseurs de la salle des séances de r Assemblée nationale. Membre de la commission consultative <* décembre 1851, il fut chargé par le gouvernement d'une mission extraordinaire a Vienne durant le séjour qu y M l'empereur de Russie dans l'été de 1852. Nous i gnomes « I celte mission a eu quelque succès ; mais ce que nous sa> ans c'est que la France était en guerre avec la Russie dcu\ an* après, et que M. Heeckeren depuis s'est doucement reprer dos orages de la politique dans un fauteuil du sénat

HEEM \ Jea.x-D.vvio i>e ), le plus célèbre, pciulr* fruits et de nature morte qu'ait produit "école hoHawLiise, naquit en 1*00, à Utrecht, apprit son art dans l'atelier de

HEEM -

son père, et M tarda pas a gagner des tommes immenses j

arec ses tableaux de fruits. Vers la fin de sa vie, il vint •'établir d'Utrechtk Anvers, où il mourut, en 1674. La plupart de ses toiles représentent îles vases magnifiques rem- |4is de fruits ou bien des consoles de marbre chargées de joyau*, de montres et d'autres objets de ce genre. Une riche draperie verte forme d'ordinaire le fond du tableau. Il avait aussi coutume de peindre de superbes guirlandes de fruits et de Heurs, servant surtout de cadre à un ostensoir, à une madone, ete .à la manière de Daniel Seghers. Chez lui le coloris et le clair-obscur atteignent les dernières limites de la perfection ; et il est inimitable pour l'art avec lequel il reproduit certains détails, par exemple le An duvet des fruits, les draperies, les tapit de Turquie. Malgré le cadre essentiellement restreint de ses sujets, Heem est toujours gracieux et intéressant, et il n'y a pas do galerie bien composée où l'on n'attache do pris a posséder de ses toiles.

Cornélius ne Hsxx,son fila, s'est aussi distingué dans le même genre de peinture.

HEEMSKEHK ( Jacob van), célèbre marin hollandais, né a Amsterdam, vers le milieu du seizième siècle, se rendit «nrtrnit célèbre en 1596 et dans les années suivantes , par les deux tentatives qu'il fit pour trouver une route plus courte conduisant aux Indes orientales, en doublant le nord de l'Europe et île l'Asie; expéditions qui échouèrent également toutes deux, et pendant lesquelles il fut forcé d'hiverner k la Roovelle-Zemble ' ( Novaja-Semlja ). Les succès qu'il remporte, en 1601, dans les mers de l'Inde contre tes Portugais furent récompensés par le grade d'amiral. Envoyé en 1607, avec le titre de vice-amiral, à la tête d'une flotte hollandaise contre la flotte espagnole commandée par Davila, et de beaucoup supérieure en forces, il l'attaqua le 26 avril devant Gibraltar, la battit et la détruisit roiMptétement. Cette bataille navale présente celte circonstance singulière , que les deux généraux qui la livrèrent y périrent. Des tableaux, des médailles sans nombre ont perpétué le souvenir do Jacob van Heemskerk, anquet ses concitoyens reconnaissants élevèrent un monument magnifique, dans la vieille église d'Amsterdam.

HEEMSKERK (Martim van), peintre hollandais, né en 1 498 , k Heemskerk, près de Harlem, dont il prit le nom , était le DU d'un maçon, nommé Van Veen, qui le mit d'abord eu apprentissage cites un peintre de Harlem, et qui le fit ensuite travailler de son métier. Heemskerk ne revint qu'arec répugnance dans la maison paternelle, et saisit la première occasion delà quitter. Il s'en alla à Ddft, chez nn peintre , appelé Jean Lucas, qui avait une certaine réputation. Mais n'étant bientôt aperçu que ce maître ne lui enseignait rien , il passa dans l'atelier de J. Schoorct, artiste célèbre, qui avait rapporté de nombreuses études de Rome et de Venise. A cette époque il exécuta un tableau représentant Saint Luc faisant le portrait de la sainte Vierge et de l'Enfant- Jésus. 11 alla ensuite passer trois années en Italie, où il se forma le goût à l'étude de l'antique et où il profita des leçons de Michel-Ange. A son retour en Hollande, il compta bientôt de nombreux élèves, et gagna ainsi une fortune considérable. Il mourut en 1574. Plusieurs de ses tableaux furent détruits lors de la prise de Harlem par les Espagnols. 11 y a encore aujourd'hui de loi à Stockholm un tableau de maitre-autel. Malgré nn grand et incontestable talent, Heemskerk partagea le sort de bon nombre de ses camarades d'école, qui hésitèrent constamment entre les vieilles traditions du génie de l'école hollandaise et leurs études faites en Italie. Celles-ci lui ordonnaient notamment «le développer la forme , le nn , d'une manière plus complète et plus riche, tendis qu'il loi fut impossible de s'affranchir de la timidité des artistes dn Nord en ce qui concerne l'expression et le costume. Son coloris souffre aussi le plus souvent de ces deux directions contraires d'idées.

HEEHKN ( ARNOLn-HcnnANN-Louis ) , célèbre historien allemand , naquit le 25 octobre 1760, a Arbergen, près de

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Brème , on son père était minisire de l'Église réformée. Il reçut son éducation première à Brème, et termina ses éludes à GaHlingoo. A sa sortie de l'université, il visita l'Italie, la France et les Pays-Bas. Déjà, en 1787, 11 était professeur suppléant de philosophie k l'université de Gcettingue : ce fut en 1794 qu'il occupa cette même chaire comme professeur en titre. En t SOI il fut nommé professeur d'histoire dans la même université. Il ne tarda point ensuite à faire («artic de la plupart des sociétés savantes de l'Europe , et mourut a Gcettingue, le 7 mars 1842. Voici ses titres principaux à une gloire durable : son Mémoire sur les Croisades , qui partagea dans le temps le prix décerné par l'Institut de France aux meilleurs discours sur l'influence de ces fameuses expéditions ; et son Jfltloire du Commerce et de la Politique des Peuples anciens. Ce dernier ouvrage, que doivent avoir lu maintenant tous ceux qui s'occupent en France d'études sérieuses, suffit pour placer l'auteur à l'un des premiers rangs parmi les historiens que recommandent à jamais la science et la conscience. Aucun ouvrage historique n'est supérieur à celui-ci par la patience et l'étendue dans les recherches, non plus que par la sagacité qui en interprète les résultats ; aucun ne donne plus de lumières sur la marche du commerce et snr les constitutions politiques des nations illustres de l'antiquité; aucun, enfin, n'est plus dégagé de l'esprit systématique. Dès 1783 il avait publié un essai sous le titre À'idées sur le Commerce et la Politique des Peuples anciens, i petits vol. in- 12. Heerenest aussi l'un des écrivains allemands qui se sont le plus occupés de reclterchcr les sources où ont puisé les historiens anciens les plus célèbres. Aubert de Vrmv.

HEGEL ( GtoncES-GtiiXAtmE-FatoÉRic ), né a Stuttgard, en 1770, un des plus profonds penseurs de l'Allemagne, est incontestablement celui de tous qui, après Fi dite et S c h e 1 1 i n g , a fait faire le plus de chemin a l'école de Kant. 11 commença ses éludes de philosophie àTubingue. A àdix-hoit ans, il flottait encore incertain sur la carrière qu'il pourrait suivre ; cependant il ne tarda pas à comprendre son génie et à se livrer exclusivement k la philosophie et aux sciences qui en éclairent le plus l'étude, la physique et les mathématiques. Schelling, encore plus jeune que lui, se trouvait à la même université, et les deux futurs réformateurs de l'école de Fichte se lièrent d'amitié. Trop jeunes l'un et l'autre pour débuter dans la carrière de l'enseignemeut, la seule qui leur convint, ils se séparèrent bientôt pour se retrouver à léna , où le moins Agé devait remplacer Fichte. Hegel se chargea successivement de deux éducations particulières, l'une en Suisse, l'autre à Francfort. A l'âge de trente ans, il se présenta k l'université de léna, où était Schelling. Il y demanda l'autorisation d'enseigner, qu'il obtint, k tilre de maître particulier [privat-docent [1801]). Pendant quatre ans il n'eut que cette précaire position , k laquelle n'est attaché d'autre traitement que les rétributions payées par les élèves. En 1805 il obtint le titre de professeur extraordinaire; mais un an après, la bataille d'Iéna lit suspendre les cours de l'université, et obligea Hegel de cliercher un autre asile. Il se rendit à Bamberg, où il trouva de l'emploi dans un journal politique. De 1808 à 1816 il remplit à la fois les fonctions de professeur et de directeur au gymnase de Nuremberg. C'était une position qui lui permettait plutôt de déployer son mérite que de satisfaire ses goûts, et il chercha plusieurs fois k en sortir. L'université de Hcidelberg lui ayant proposé une chaire de philosopliie, il venait de l'accepter quand celle de Berlin lui adressa la même proposition. La Bavière, qui jusque là avait peu fait pour son avancement, le nomma aussitôt k une chaire do philologie k Erlangen. Son amitié pour Daub et sa parole donnée décidèrent son option pour Heidelberg. Cependant , deux ans après il accepta une chaire à Berlin, où il est mort, le 14 novembre 1831 , des suites d'une attaque de choléra.

La chaire qu'il acceptait, c'était celle de Fichte. Singulière destinée pour les deux plus grands adversaires de ce philosophe; l'un, Hegel, le remplaça k Berlin ; l'autre, Schelling,

HEGEL

Patalt remplacé à Itoa. Cest de cette dernière ville que, dëa 1802, Ils avaient porté ensemble les coups les plus rudes à son système. L'un et l'autre avaient commence par le professer ; l'un et l'autre s'étaient persuadé que Ficlite avait fait faire un grand pas au problème principal de Kant. Ce

i tait (le distinguer

ce qui, dans nos con-

naissances, vient du sujet pensant de ce qui vient de Vobjet pensé, en d'autres termes, de légitimer la réalité de ce que le sujet pense de l'objet. Ce problème, Kant avait fait d'inutiles efforts pour le résoudre; nulle solution ne lui avait réussi, et sur le point de tomber dans l'idéalisme, il avait fui a l'aspect de ce fantôme. Ficbte, moins sage que son maître, avait précisément embrassé ce fantôme ; mais, par la puissance de sa parole et le savant entraînement de ses déductions, il avait cacbé l'abîme au-dessus duquel il le tenait suspendu. Hegel fut fiebtien avec Sclielling, son ami et son maître. Cependant il s'aperçut le premier que ce maître, plus jeune que lui, comme nous l'avons dit, s'écartait du successeur de Kant et le dépassait. Pour en convaincre Sclielling et Ficbte, aussi bien que le public, il composa son célèbre ouvrage de la différence entre le système ne l-'ichte et celui de Sclielling. Nous l'appelons célèbre, non qu'il soit d'une grande supériorité, il est au contraire une des plus faibles productions de Hegel , mais parce qu'il fit éclater une des plus fameuses scissions dans les annales de Técole kantienne.

. Pour soutenir leur défection, Hegel et Sclielling fondèrent an journal spécial de philosophie ; et pendant quelque temps ces deux puissantes intelligences marchèrent parfaitement d'accord. Cependant Hegel ne tarda pas à s'éloigner un peu de son ami. La formule qui résumait le schellingianisme de cette époque, car Sclielling a eu plusieurs époques, était alors la parfaite identité de l'objet et du sujet , ou la nondifférence de deux choses si différentes en apparence et si nettement distinguées dans les systèmes antérieurs, surtout dans celui de Kant. La non-différence ou V identité, disait Sclielling, est la nature même de l'absolu, c'est son essence la plus pure ; et cet absolu , qui n'est autre que l'Être suprême ou Dieu, est counu par la raison absolue, qui est précisément aussi une non-différence ; car elle est l'identité du sujet et de l'objet. Absolue, la raison connaît; elle ne pense pas, elle voit. Or, ce fut précisément cette intuition intellectuelle qui soutenait tout le système de Sclielling que Hegel reconnut tout à coup pour une h)potbèsc, hypothèse qui pouvait être la vérité, mais qui n'était ni justifiée ni établie par la science. Hegel résolut de l'établir et de la justifier, et sa prétention, plus que sa doctrine, le détacha de Sclielling. Comme son ami, il trouva dans l'unité du subjectif et de l'objectif, de l'idéal et du réel, la vérité absolue, et la philosophie fut pour lui la science de la raison qui a conscience d'elle-même, en tant qu'elle est Vitre dans l'idée. L'idée pure est Vitre pur : telle c l la base de tout le système.

Sa base jetée, Hegel réduit à ces trois brandies toute la philosophie spéculative : logique, ou science de l'idée considérée en elle-même ; philosophie de ta nature, ou science de l'idée dans son union avec l'objet, son état de éléron einai ; philosophie de Vintclligence, ou science de l'idée qui revient de l'objet sur elle -même. Science de ridée pure, de l'idée considérée en clle-n ême.de l'idée analysée comme élément de la pensée, la logique a pour objet cette pensée et ses modifications; mais elle n'est pas pour cela une science purement formate; elle ne se borne pas à examiner l'activité du sujet pensant; elle embrasse, au contraire,

sa réalité; car la estW mi

cet li- activité dans toute sa pu

cl dnn^ toute son éten-

due ; die occupe la place de l'ancienne mélaphysique. De l'idée considérée en elle-même, qui est l'objet de la logique, la science passe à l'idée considérée dans le étéron einai, qui est l'objet de la philosophie de la nature. Celle étude complète la logique, mais a besoin, à son tour, d'être complétée par une autre. Kn effet, quand ridée s'est

ressaisir dans l'être, l'absolu.

On le voit, entre Hegd et Scbdling, la différence n'était pas à cette époque dans les conclusions, elle était dans l« prémisses et dans la démonstration. Puis tard, Sdiellin» gantant le silence, et Hegd enseignant dans la plus célèbre des universités d'Allemagne, publiant une série d'outrages remarquables, le sdiisme devint à la fois plus éclatant nrtrt eux et plus favorable au second de ces penseur», l>eti<iaiil les quinte dernières années Hegd fut considéré comme le premier métaphysicien de l'Allemagne, et ses disciptei appliquèrent sa doctrine à toutes les études, à l'histoire, à la littérature, à la jurisprudence, à la tliéologie, aux scieows naturelles. Hegel était sans doute un 1 tomme d'osé hante intelligence ; mais, comme Sclielling et Ficbte, il I aussi l'école de Kant, que tous trois prétendaient continuer, en mêlant i l'esprit de critique d d'analyse qui la distingue je ne quelle audace de poésie mystique d de conception orknlaV qui a fait sans doute la fortune, mais qui fait aussi la condamnation de leurs systèmes. En effet, ce même nithoasiasnw qui domina les trois philosophes, et qui les porta tous Iruù à déclarer leur doctrine le dernier mot de la science, ta vérité absolue, leur a fait sans doute un grand nombre d'adeptes dévoués ; mais en leur inspirant aussi une sorte de mépris pour les intdligences vulgaires, il a donné à km langage quelque diose de dur d de mystérieux , qui leur i beaucoup nui auprès de leurs contemporains, d qui leur nuira bien plus auprès de la postérité. Hegel sens ce rap port est même inférieur à Ficbte, que déjà on a ces* * lire, et à Sclielling.

Avant de se rendre à l'université de Heidelberg, Bepd avait annoncé à Voss, le traducteur d'Homère, le deuni de populariser la philosophie (en Allemagne san» Jouir . comme Voss et Luther y avaient popularisé Homère et b Bible. Jamais dessein plus noble n'a plus compleUm«[ éclioué. Hegel écrit non-seulement sans grâce, mais us* clarté, et les éditeurs de ses œuvres reconnais.*** su* hésitation ce défaut; seulement, ils l'attribuent a la haskw de la pensée d aux licences de ponctuation que preuM' naturel lement les esprits supérieurs. Hegd lui-même l'ignorait pas et ne déplorait pas celle obscurité; il caawW ses auditeurs du chagrin de ne pas le comprendre pv in difficultés de la matière et l'intelligence qui leur vieaén/i plus tard. L'événement le justifiait, H faut leaoirt-.esrt eut des disdples nombreux et des partisans fanatiques, 9 lui attribuèrent dans leur enthousiasme tout le génie tésn des plus grands philosophes de l'antiquité.

Hegd eut aussi de violents adversaires ; I e\agérâtioa*f la haine ne fut pas moins grande à son égard que cette ori* mour. On lui reprocha d'ensdgoer le spinostsme et éep*fesscr les opinions les plus illibérales et les plus désoUt' pour l'humanité. 11 n'en était rien. Il disait en euet : Tvi ce qui est raisonnable est réel et tout ce qui est réel m raisonnable. Mais dans ces mots il combattait d'ibairfa rêveries et de vaines conceptions sur co qui pourrait métaphysiqiiement ; il ne parlait ni politique ni morale Oc a pu abuser de sa philosophie pour recommander cert*»' doctrines politiques ; il n'a pas posé sa philosophie posr «* doctrines. En général, Hegd n'a pas trouvé d'adrent* dignes de lui; Jacohi et Krug, qu'il avait le plus maîtrisé étaient l'un d l'autre hors d'état de le combattre de s* nière à lui nuire , quelque envie qu'ils en cassent Vm * l'autre.

Sept des amis les plus distingués du philosophe de D** se sont constitués les éditeurs de ses œuvres. Cette e»"*tion, dont la publication commença peu de mois après & mort de Hegd, se compose de 18 volumes in-S4. On > remarque surtout les ouvrages suivants : Foi et St***ou analyse critique des systèmes de Kant, toctèt tt Fichte; Différence entre le système de Fickte tt * celui de Schilling ; De la Philosophie de la m""1

o cire complétée par une mitre. Kn rtlel, quand l'idée s'est celui tle Sclielling ; De la l'fiilosopntc de la analysée dan» le sujd d dans l'objet, elle a besoin de se 1 (c'est le système de Scbdling qu'on désigne nW»*

HEGEL

magne) dans ses rapports avec la philosophie en général; Phénoménologie de r esprit, après V Histoire de la Philosophie du même auteur, celai de se» ouvrages qui mérite le plus d'attention ; Logique ; Science du Droit , l'un de ses meilleurs ouvrages, et c'est celui de tous dont le style est moins négligé ; nuis c'est aussi celui de tous qui a soulevé le plus d'objections contre l'auteur. On lui reprocha d'y avoir précité le servilisme. Cependant Hegel, loin d'y enseigner l'absolutisme, demande la publicité des débats politiques et judiciaires. Il y soutient même en quelque sorte le droit d'insurrection. L'insurrection dans un pays conquis n'est pas un crime à ses yeux, et cela par la raison que les sujets n'y sont pas des sujets véritables ; ils ne sont pas avec le maître dans la communion de Cidée; il n'y a pas entre eux liaison d'état, il n'y a que contrat. Chose bizarre, c'est sur une parole de Napoléon que le philosophe appuie son raisonnement; c'est sur ces mots dits aux députés d'Erfurt : « Je ne suis pas votre prince, je suis votre maître » ; /Esthétique : c'est un cours de Hegel. Il ne s'y borne pas à l'analyse du beau dans les ouvrages d'art et de littérature, il y présente sur la symbolique de l'Inde, delà Perse, de l'Egypte, ainsi que sur la poésiedumahométismeetlc mysticisme chrétien, des vues fort curieuse*, quoique très-hasardées ; Philosophie de la Religion : c'est une des compositions les plus remarquables de Hegel, quoiqu'elle ne soit publiée que d'après les cahiers de se* auditeurs ; ,Histoire de la Philosophie : très-incomplète , surtout pour les derniers temps ; mais il ne faudrait pas essayer de nous en donner une traduction : on ne traduit |«s Hegel. Matter. IIÉGÉMOXE. Voyez Grâces.

I1ÉC.É.MOYIE (d'j)Yt|u2v, chef, conducteur ) , mot grec indiquant un commandement supérieur, ou la puissance suprême : ainsi Mercure , conducteur des Ames , est qualifié à'hégémon ; mais c'était surtout le nom qu'en Grèce on donnait à la prééminence politique que des peuples confédéré* accordaient volontairement à l'un d'entre eux en raison des preuves de prudence , de bravoure et d'habileté à la guerre, qu'avaient données ses citoyens ; par suite de quoi, ce peuple était investi de la direction suprême dans toutes les entreprises relatives aux intérêts communs. Ce fut la guerre des Perses qui, vers l'an SOO avant J.-C., fit sentir le besoin d'une hégémonie. En présence des dangers dont l'invasion des Perses menaçait les Grecs, TWmistoclc leur conseilla de former une étroite confédération et de placer Sparte à sa tête. Sparte ne sut pas longtemps conserver sa prééminence. Athènes eut l'hégémonie après la bataille de Sala mi ne. Sparte ne regagna la prééminence que lorsque la guerre du Péloponnèse eut porté un coup mortel à la puissance d'Athènes. Sparte abusa encore de Y hégémonie. Thèbes prit les armes pour sauver l'indépendance de la Grèce , et humilia l'orgueil des Spartiates dans les journées de Leuctres et de Maiilinéc. Au milieu des discordes intestines, il ne fut pas difficile a Alexandre, après la bataille de Chéronéc 133* avant J.-C.), de se décerner à lui-même ['hégémonie. On trouve aussi des exemples d'hégémonie dans PÉtrurie, le Latium et Jusque dans la Gaule.

H K(i LSI AS, philosophe grec, qui florissait vers l'an 370 avant J.-C., était vraisemblablement originaire de Cyrène, disciple d'Aristippc et contemporain de Platon. Au rapport de Cieéron, il peignait avec de si vives couleurs et tant d'éloquence toutes les misères de la vie humaine, où la somme des maux l'emporte de beaucoup sur celle dos biens , qu'on le surnomma le Pisithanate, ou V Avocat delà mort, et que plusieurs de ses disciples furent conduits par son enseignement à se débarrasser d'une existence qui ne leur promettait que des souffrances et des privations. Aussi le roi d'Egypte, Ptolémée, fit-il fermer son école et finit-il par bannir Hégésias de ses Etats. A la différence d'Aristippe, fondateur de la secte cyrénaïque , a laquelle il se rattachait, et qui enseignait I qu'il était indiffèrent de vivre ou de mourir, parce qu'il est impossible de savoir si la somme des plaisirs sera à la ûn de la vie plus grande ou plus petite que la somme des 1

WCT. DE LA COXVF.RS. — T. X.

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peines, Hégésias prétendait qu'il faut mourir, parce que, encore qu'on ne puisse démontrer que la somme des peines sera à la fin de la vie plus grande que celle des plaisirs, il y a cent mille à parier contre un qu'il en arrivera ainsi, par conséquent qu'un insensé peut seul s'exposer à une chance pareille. Mais s'il était de bonne foi, comment se fait-il donc qu'il consentit à jouer lui-même un semblable jeu?

Hégésias, orateur grec d'une époque postérieure, était de Magnésie ; l'affectation maladroite du style attîque l'avait mis en mauvais renom parmi ses contemporains.

Le même nom fut aussi porté par un poète sceptique, deux statuaires, et un tyran d'Éphèse, protégé par Alexandre.

HÉGESIPPE , célèbre orateur athénien, qni florissait vers l'an 350 avant J.-C, fut l'un des adversaires de Philippe de Macédoine et contemporain de Démosthène, dont le discours De Haleneso a été dans ces derniers temps reconnu pour être l'œuvre d'Hégésippe.

Un autre Hégésippe, qui vivait au troisième siècle de l'ère chrétienne, est regardé comme le plus ancien des historiens de l'Eglise. Juif de naissance , il se convertit à la foi chrétienne, et devint, en 177 , évêque de Rome. Eusèbc nous a conservé quelques fragments de son Histoire de l'Eglise et ! de ses Commentaires sur les Actes des Apôtres.

ÛÉiwllVE. Tel est le nom de l'ère chronologique des l mahométans , c'est-à-dire des Arabes , des Turcs , des Persans, etc. L'époque d'où ils partent est par eux nommée hedjra, mot arabe qui signifie fuite, et dont, par corruption , nous avons fait hégire. Cette fuite est celle de Mahomet, qui, pour se soustraire à ses ennemis , quitta furtivement La Mecque pour se retirer à Fatrib, nujour- ' d'hui Médine. L'époque de l'hégire est précisément un vendredi, le 16 juillet, 621 ans 196 jours complets après naissance de J.-C, Tan 622 de l'ère chrétienne. Comme les ! musulmans ne comptent que par années lunaires de 354 jours 8'heures 48' 38' il'", il s'ensuit que 33 de leurs années équivalent a 32 années solaires, plus 4 j. 18 h. 48' : c'esl sur cette règle qu'on opère les réductions suivantes. 1

Pour réduire une année de l'hégire en une année après J.-C, si l'année de l'hégire donnée ne passe pas 32 , on y ajoute 621 ; la somme est l'année de J.-C. Exemple : An de l'hégire 20 = 20 X 621 = 641 après J-.C. Si l'année de l'hégire passe 32 . on la divise par 33 ; le quotient sera soustrait de l'année donnée ; le reste sera ajouté à 622 ; la somme sera l'année après J.-C. Exemple . An de l'hégire 1257 =

1227 X 622 = 1812 après. J-C.

Observez cependant que cette réduction n'est pas d'une exactitude rigoureuse. Quand il s'agit d'événements qui se sont {tassés les 11 premiers jours de l'année musulmane, il faut les imputer à l'année solaire précédente , puisque celle-ci a 11 jours de plus que l'année lunaire.

Pour réduire les années de notre ère en années de l'hégire, on opère d'une manière inverse en ayant soin de distinguer si l'année donnée est plus petite on plus grande que ft il.

Charles Do Rosoir.

HEGYAUA, nom d'nn magnifique vignoble de 42 a 50 kilomètres de long sur 22 à 30 kilomètres de large, situé dans le comitat de Zemplin en Hongrie , et comprenant les Vignobles de Tokay, de Tarczal, de Keresitur, etc., dont les produits sout célèbres dans le monde entier. La couche supérieure du sol consiste généralement en porphyre de différentes formations, circonstance qui, jointe aux soins et à l'habileté des vignerons, contribue puissamment à l'excellence des vins (THegyalja. La vendange a lieu très- tard ; elle ne commence guère que le 20 octobre, au milieu des réjouissances et des fêtes. La récolte annuelle s'élève, en moyenne, à environ 12,000 hectolitres, dont les deux tiers s'exportent et se vendent quelquefois a des prix fabuleux. Les vins de Tallya et de Maad sont les plus doux ; celui de Tokay a le plus de feu ; aussi est-il recl»crcl»é de préférence par les étrangers et a- t-il donné son nom aux pro-

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duits de tous les vignoble*. On le falsifie pourtant souvent, malgré la sévérité des lois rendues à plusieurs reprises en Hongrie, depuis le dix-septième siècle , contre ceux qui le frelatent.

IIEI11KRG ( PifcRHE- André) , écrivain danois , qui s'est fait un nom justement célèbre comme poète dramatique, comme satirique et comme publiciste, naquit en (758, à Wordinborg. Après avoir terminé ses études universitaires, ilpass. trois anuéesà Bergen; et plus tard, à partir de 1788, il vint s'établir comme traducteur à Co|ienhague. Banni en 179U du Danemark, à cause de ses opinions politiques, entièrement conformes à celles au nom desquelles s'était opérée la révolution française, il se rendit en 1800 à Paris, où, sous l'Empire, il obtint un emploi de chef de bureau au ministère des relations extérieures. Il accompagna à diverses reprises M. de Talleyrand à Berlin , à Varsovie , à Erfurtet à Vienne. En 1817 le gouvernement de la Restauration le mit à la retraite, avec pension. Il mourut à Paris le 30 avril 1841.

Comme poète dramatique, Heîbcrgesl, après Ho Iberg, l'écrivain danois qui a le plus composé d'ouvrages originaux ; et la plupart des pièces de son théâtre sont restées au répertoire. Elles se distinguent par une grande connaissance du cœur humain, par beaucoup d'esprit et par une parfaite entente de la scène. Mais sa satire est plutôt mordante que comique. Il vise aussi beaucoup trop à l'effet. Il a paru deux éditions de ses œuvres complètes.

Heiberg lut pendant plus de dix ans l'un des collaborateurs les plus assidus de la Revue encyclopédique, recueil auquel il a fourni une foule de notices intéressantes sur l'histoire , l'arcl urologie et les arts du nord de l'Europe. Il s'était aussi beaucoup occupé de travaux politiques et philosophiques. C'est à cet ordre d'idées qu'appartiennent ses dissertations .Sur la peine de mort ( Christiania , 1820 ) , «4 Sur l'introduction de la souveraineté en Danemark (Drimmen, 1828), toutes deux écrites en danois, ainsi que son Précis historique et critique de la Constitution de la Monarchie Danoise (Paris, 1820). Ses Lettres d'un Norvégien de la vieille roche (Paris, 1822), imitées de celles de Junius, exposent de la manière la plus saisissante les dangers qu'il y aurait à modilier la constitution norvégienne. On trouve d'intéressants renseignements pour l'appréciation de sa vie et de ses opinions dans deux fragments autobiographiques qu'il a publiés lui-même en danois : Trois années à Bergen (Uraminen, 1829) et Souvenirs de ma vie politique, sociale et littéraire en France ( Christiania, 1838).

Nous avons dit que Heiberg, par suite de son attachement aux principes de notre révolution de 1789, avait dû s'expatrier, au moment même où ses succès dramatiques popularisaient son nom dans son pays. Bernstorlf, politique habile et profond, avant de recourir aux menaces et aux persécutions à l'égard de quelques écrivains et savants , tels que Cramer de Kiel , Malte- Brun et Heiberg , dont il redoutait les tendances libérales , essaya de les gagner par des caresses et des grâces. Ayant rencontré Heiberg dans un salon, quelques jours après la première représentation dune de tes comédies, dont le succès avait été très-grand, il lui adressa les compliments les plus flatteurs sur son talent , exprimant le regret que le gouvernement du roi ne se fût pas depuis longtemps recruté d'une capacité d'élite dont le concours ne pouvait être que si utile au pays. Heiberg parut ne voir dans ces avances si flagrantes que des politesses banales et n'en pas comprendre le but. Le ministre insista , et, poussé A bout par la force d'inertie que lui opposait son interlocuteur, huit par lui Uclter la phrase traditionnelle : « Voyons, que puis-je faire |>our vous être agréable ? Je n'ai rien a *©u* reluser 1 * — « Alors j'oserais prier Votre Excellence , répondit Heiberg au comte, qui à ce moment laisait rouler entre ses doigts sa talialiere d'or garnie de diamants , de me donner... une prise de tabac. »

HE1UEHC (Jean-Louis), fils du précédent, directeur

HE1DELBERG

du théâtre de Copenhague, né en 1791, commença en 1*09 des études médicales, que, entraîné par une irrésistible vocation , il ne tarda pas à abandonner pour la littérature et la poésie. Dès 1SU il débutait comme poète par une imitation de Don Juan et par un drame romantique intitulé : Le potier Walter ; et il se livra ensuite à une étude approfondie «les littératures du midi de l'Europe. La pièce de théâtre intitulée : Dristig vovel hait et vundet { 1817 ), et la dissertation : De poeseos dramaticx genere hispanien, et pnrsertim de Petto Calderone de la Barca (IbPJ, qui lui valut le titre de docteur, témoignent des travaux sérieux dont Calderon fut l'objet de sa part. Dans sa Psyché's Indtielse, drame mythologique (1817 ) , il a cs«ajé de traiter poétiquement le mythe célèbre d'Amour et Psjché. Un séjour de trois années qu'il fit à Paris, de 18t9 1 1822 , lui fournit l'occasion d'étudier a fond le théâtre français. Nommé à son retour en Danemark professeur de langue et de littérature danoises à l'université de Kiel, il pobfLi une grammaire danoise (Altona, 1825), ainsi que ces leçons sur la mythologie du Nord d'après PEdda , et les poésies mythologiques d'Œhlenschtagcr (Schlesvvig, 18?"1 En 1825, il fit représenter sur le théâtre de Copenhague *<« premier vaudevile. Kong Salomon og Jœrgen Ifaftemager, qui obtint un grand succès ; et depuis lors il n'a pas cessé d'être l'auteur dramatique favori du public danois, qui wu: le triple rapport de la fécondité, d'une rare entente de la scène et d'un habile emploi des ressources et des effet* dramatiques, le compare à notre Scribe. Comme lui, il s'est essayé aussi dans la comédie de caractère et dans IV péra , et avec non moins de succès.

IIEIDELBERG, ville du cercle du Bas-Rhin , d*n« le grand-duché de Bade, et jusqu'en 1720 résidence de* Moteurs et comtes palatins du Rhin, est située dans Time <V< plus ravissantes contrées de l'Allemagne, au point où abont* la Bergstrasse , et sur la rive gauche du ilecker, qu'on y traverse sur un pont en pierres de 2.11 mètres de longueur, et orné do la slatue équestre de rélecteur palatin Charire- Théodore. Encaissée entre le fleuve et la montagne , 11*4delbcrg se compose de trois parties bien distinctes : la viu> proprement dite, un faubourg, et la partie qu'on apprite Bergstadt. Au sud s'élève le Kœnlgstuhl , hauteur q»r«a appelle Kaisers tuhl depuis que l'empereur François lt r* gravie, et de laquelle on jouit (Time vue magnifique, surtout de la tour de trente mètres de hauteur qu'on y a eonstruitf en 1830. Le châtean électoral, bflti sor la partie du Gei<berg qu'on appelle le Jettenhugel, édifice dont t'archifcrture appartenait au style gothique et à celui de la reoat* sance , a beaucoup souffert des dévastations des Prançven i «89, et est devenu complètement inhabitable en 170 1. par suite des ravages qu'y exerça la fondre à la suite d'un affreux orage. Mais ses ruines ont toujours conservé m caractère grandiose et pittoresque, qui les rend dignes <T«rc visitées , et le plus grand soin est apporté a leur cousffvation. C'est dans Tune des caves de ce château que se truv" le fameux tonneau de Heidelbtrg, qui peut contenir î> foudres , ou 283,000 bouteilles de vin. Les électeurs p» latins se faisaient gloire de l'avoir toujours rempli (tu «ro leur vin du Rhin.

La population lixede Heldelberg est d'environ 14,00* hi bitants, dont 6,000 catholiques et 8,000 protestants. De* en*, églises que possède Heidelberg, celles du Saint-Esprit et de Saint-Pierre sont les plus remarquables. Il y a dans ce» ville, indépendamment d'une université, une société pe» les sciences naturelles et la médecine, une école forert*'-et agricole, un muséum (depuis 1827) annuel est ad>w* nn cabinet de lecture parfaitement assorti , un ayniu^ commun à la jeunesse catholique et protestante , et drvrr«einstitutions particulières. La navigation du Necker bxtwt* beaucoup l'activité commerciale de Heidelberg , ville Mt* au point de partage de plusieurs grandes routes Unportantrs. notamment de celle de Francfort à Bâle , et de cette qui # Manheim, va d'une part en Souabe et de l'autre ea Fra?-

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