HEIDELBERG - HEIM
eonie et en Saxe. Les chemins de fer de Carlsruhc à Manheim et de Baie à Francfort ne peuvent qu'ajouter à ces éléments de prospérité. Heidelberg fait uft grand commerce en huiles, tabac et graines de lin ; elle possède de nombreuses brasserie* , plusieurs manufactures de tabac et une fabrique dé bougies. Dans ces derniers temps, des dépenses considérables ont été faites pour son embellissement et pour ajouter encore à l'attrait de ses environs. C'était autrefois un fief des évêqncs de Worms. L'électeur palatin Kuprecht 1" y élablit le premier sa résidence. Dans la guerre de trente ans, après que îilly s'en fut emparé , elle tomba au pouvoir des Suédois en 1634, et fut reprise par Gallas en 1635. Les Français, qui la prirent en 1688, la livrèrent au pillage et détruisirenten grande partie son château. En (693,11s s'en emparèrent encore une lois, et y commirent de nouveaux excès.
L'université de Heidelberg, la plus ancienne de l'Allemagne après celles de Prague et de Vienne , lut fondée en J3S6, par l'électeur Ruprecht If. Marsilius d'Inghen, son premier recteur, et Conrad de Gelynhausen , son chancelier, réussirent à la mettre bientôt en renom. Elle déclina après la prise de Heidelberg par Tilljr , en 1622; mais une fois la guerre de trente ans terminée, elle se releva, grâce à la protection éclairée de l'électeur Charles Louis. Laurent Beger, Êzéchiel Spanhdm, Freinsheim etPuffendorf contribuèrent alors particulièrement à son illustration. Mais les successeurs de l'électeur Charles-Ix>uis , de la maison palatine de Neubourg et de Sulzbach, la négligèrent complètement. Dépouillée par la paix de Lunéville de tous ses revenus, elle eût infailliblement péri si le grand-duc de Bade, Charles-Frédéric, aux États duquel Heidelberg fut alors ajoutée, ne l'avait soutenue par les plus nobles libéralités. Ce fut ce prince qui, en 1803, lui donna l'organisation qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. Ses revenus, qui ont encore été augmentés depuis, furent portés à 103,000 florins, dont R4,000.fournis par les caisses de l'Klat. En i s52 on y comptait 718 étudiants, dont 509 étrangers. Le nombre des professeurs et agrégés s'élevait à 78. La bibliothèque de l'unlversilé est riche d'environ 150,000 volumes et de 2,000 manuscrits.
IIEIDÏÎQUES ou HEIDOUQUES. Voyez. Haidoicks.
HEILBROXN, siège d'un grand bailliage, dans une des plus belles et des plus fertiles vallées du Wurtemlierg, avec une population de 12,000 habitants, qui ap|>artiennent en majorité à l'Eglise évangéUquc. Beaucoup d'entre eux s'occupent de la culture de la vigne, d'agriculture et de jardinage; d'autres se livrent au commerce ou à l'industrie. L'établissement de la navigation à vapeur sur le Necker, en 1841, et celui du chemin de fer w urtembergeois ont donné un nouvel essor an commerce de cette ville, qui était déjà le point central où venaient aboutir un grand nombre de routes. Les fabriques de papier, de cérusc , d'acétate de plomb et autres produite chimiques, de savon, de bougies, de plâtre, de matières colorantes, de plomb de chasse, de coutellerie, d'orfèvrerie, de fonte, de vinaigre, de tabac, de tapis, elc, fournissent une foule d'objets d'exportation. La ville possède en outre un atelier de construction de machines, une douane, un port libre , un entrepôt, etc. Parmi ses monuments les plus remarquables on cite l'église de Saint Kiliam , élevée de 1013 à (529; la maison de l'ordre Teutonique, où Oxensticrn signa, en (633, le traité de Hcilbronn; la Fontaine aux sept tuyaux, la tour ou Gcoll de Berlichingen fut enfermé en 1529, l'hôtel de ville, avec une belle horloge construite en 1580, les archives municipales. Comme lieux de plaisance dans les environs, on remarque VA cliengarlen de Braunhard, le Wartt/iurnt, d'où l'on découvre le plus magnifique panorama, ef le Jœgerhaus, près d'une grande carrière de grès.
Le maire du palais Carloman donna, en 741 et en 747, l'église de Saint-Michel de IleilSrotm à l'evédié de Wurlzbourg, et dès 1225 celte cité devint ville impériale. Défendue par un grand nombre de tours, de hautes murailles et de profonds fosses pleins d'eau , elle repoussa toutes les atta-
ques de ses ennemis dans le moyen âge ; mais pendant ta guerre des paysans, en 1525, dans la guerre de Stnalkalde , dans celle de trente ans et dans toutes les guerres contre la France, elle eul beaucoup à souffrir. Le Wurtemberg en prit possession le 7 septembro twL
IIEILSBERG, ville du cercle de Kceuigtberg , dans la province de Prusse, 6ur l'Aller, avec un palais épiscopal , cinq églises évangéliquès , une église catholique, et une population de 5,000 habitants s'occupant de la fabrication du drap, dé l'apprêt des cuirs, et du commerce des fils, des toiles et du drap. Hcilsberg est devenu célèbre de nos jours par la bataille que les Français sous les ordres de Soult y livrèrent, le 10 juin 1807, aux Russes commandé* par Beunigsen. Nos troupes culbutèrent plusieurs divisions russes sans remporter d'avantages décisifs. A neuf heures du soir on se battait encore avec acharnement sur toute la ligne. Le lendemain, l'empereur ayant pris ses dispositions pour une bataille décisive, les Russes se retirèrent sur la rive droite de l'Aller. Le 12 juin l'armée française entra dans Heitsberg.
Il MI M ( François-Joseph j, peintre d'histoire et membre de l'Institut, est né à Belfoit (Haut-Rhin), en 1787. Il fit ses premières études dans l'atelier de Vincent , el . disciple précoce, il remporta en 1807 le grand prix de peinture. L'Académie avait choisi pour sujet du concours Thésée vainqueur du Minotaure. Des lors les succès du jeune peintre se multiplièrent, a**ei peu retentissants, mais rapides. Il exposa en 1819 la Résurrection de Lazare, la Clémence de Titus , Vespasien distribuant des secours au peuple, et le Murtyre de sainte Juliette et de son Jils. Cette composition , acquise par le gouvernement de la restauration , orne maintenant une des chapelles de l'église Saint- Gervais. Aux expositions suivantes, M. Heint envoya le Rétablissement des sépultures royales à Saint-benis , le Martyre de saint Hippolyle (1822), la Délivrance du roi d'Espagne, Sainte-Adélaïde, et le Massacre des Juifs ( 1824 ). Ce tableau , qui fit la réputation de Fauteur, occupe une des meilleures places du Musée du Luxembourg. Le Massacre fut suivi d'un saint Hyacinthe ( 1827 ), dont le succès fui beaucoup moins brillant. Lorsque Charles X entreprit au Louvre la décoration des galeries qu'on désigne quelquefois encore sous son nom, il fit appel aux célébrités de l'époque, et il n'eut garde d'oublier M. Heim. Au plafond de la grande salle où sont exposés les vase* étrusques, l'artiste peignit le Vésuve personnifié recevant de Jupiter le feu qui doit consumer Herculanuin , Stattia* el Pompci. Les six pendentifs qui ornent les voussures, et où sont représentées des scènes de désolation, sont également de sa main ; il en est de même des huit médaillons à fond d'or, où l'on voit de petits génies chargés d'objets précieux, qu'ils semblent vouloir préserver de l'incendie. Ces génies ne manquent ni de mouvement ni de grâce. M. fleim a peint en outre, dans la galerie française , le plafond de la salle qu'enrichissent aujourd'hui les marines de Joseph Vernet. Des personnages symbolique*, sans attributs distincts, y figurent, dit-on , la Renaissance des arts en France. Div ers sujets historiques ornent les voussures et complètent l'allégorie du plafond. L'ensemble est singulièrement guindé et emphatique; mais tel était alors l'égarement du sens public, que tout ce faux style réussitsans encombre. Aussi J.-B. Re^nault étant mort en 1829, M. Heim fut appelé à le remplacer à l'Institut.
Le gouvernement de 1830 utilisa, comme l'avait fait la Restauration , le pinceau de M. Heim. Cest lui qu'on chargea de représenter Louis-Philippe recevant au Palais-Royal Us députés qui lui apportent son brevet de roi. Lors du salon de 18 J4 , où fut exposé ce lableau, on jugea que les principales ligures étaient ressemblantes; mais à pari ce mérite vulgaire. Pieuvre parut d'une faiblesse cïtréme. Le musée de Versailles, qui la possède, en ■ peu d'iussi mrdioerc*. M. Heim sembla alors vouloir se reposer sur ses lauriers, et il resta plusieurs années sans rien produire. On l'a vu tout à coup reparaître au salon de 18Î7, avec deux