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et c'est ce que tout le monde ici, à l'exception peut-être de l'honorableM. Cousin, a parfaitement compris. On s'imagine bien qu'après ce mauvais tour les Allemands doutent qu'il y ait beaucoup des ouvrages de Heine qui aillent à la postérité; qu'importe? s'ils concèdent qu'il y en arrivera bien quelques-uns. Aussi bien, Heine lui-même ne s'en soucie guère. Ch. Nuuhd. )
IIEL\ECC1US ( J ean-Gotti.ieb ), célèbre jurisconsulte, naquit le II septembre 1681, à Eisenberg, dans le duché d'Altenbourg. Après avoir commencé à Leipzig l'étude delà théologie, il y renonça pour celle du droit, a laquelle il vint se livrer à Halle, où, en 1713, il fut nommé professeur de philosophie, puis, en 1721 , titulaire de la chaire de droit, lieux ans après il acceptait des fonctions analogues à Franeker, puis, à Francfort-sur-l'Oder; mais après dis ans d'absence il revint occuper sa chaire à Halle, et mourut dans celle ville, en 1765. Préparé par une étude approfondie de la philosophie et secondé par des connaissances aussi vastes que rares dans les langues anciennes, l'archéologie et l'histoire des nations, il )>énctra avec une grande sagacité dans toutes les parties de la jurisprudence, et fit du droit romain et du droit allemand l'objet principal de ses recherches et de ses études. Ses manuels de droit et de philosophie, tels que ses Elementa Juris civilis secundum ordinem inst Uutionum (1725, dern. édit. 1815), Elementa Juris civilis secundum ordinem Pandectarum (1728); Historia Juris Rom. et Germ. (Halle, 1733), ne se distinguent pas moins par leur élégante latinité que oar leurs rigoureuses déductions logiques; aussi ont-ils toujours été réimprimés Jusque dans ces derniers temps.
IILIXSIUS (Dasikl), Tut avec Scaliger et Casaubon un des types de ces commentateurs savants qu'a produits en si grand nombre le seizième siècle. Né à Gand , en 1580, il eut dès son plus jeune âge la passion du grec. A seize ans, les travaux deScaliger lui causèrent tant d'émulation, qu'il passait uoe partie des nuits sans dormir, comme 'i héuiistocic pour Miluade. Tour a tour professeur de l'univcrsilé de Leydc et secrétaire de l'académie de cette ville, Heinsius publia des éditions annotées de Théocrite , d'Hésiode, de Sénèque, d'Horace, de Térence, d'Ovide, de Tile- Live et d'une foule d'autres classiques ; ses Poésies grecqjes et latines, pleines de pureté et de grâce eurent autrefois un grand succès. Sa tragédie *YHèrotle, son poème De Conlemplu Morlis , dans lequel il développe avec talent les idées de Platon ; ses querelles avec Balzac et jaumaise, ses liaisons avec Gassendi et les principaux grands hommes de son siècle, donnèrent à Heinsius une tres-liaute réputation. Parmi ses ouvrages publiés, nous recommandons un traité Tort curieux, intitulé An viro litterato ducenda ait uxorl 11 est intéressant de comparer la solution négative d'Heinsius avec une dissertation analogue de Juste-Lipse. Cela n'empêcha pas Heinsius «le se marier. Les biograpltes modernes, qui lui donnent tous un caractère grave , bien qu'enclin à une plaisanterie amicale, ne parlent pas de son goùl assez caractérisé pour le vin. Nous trouvons dans un livre du temps : « Heinsius disait qu'une page de Platon l'enivrait autant que s'il avait avalé dix verres de vin. » C'était pour lui le dernier terme de comparaison. - 11 mourut à Leyde eni665, laissant un lils, NicolasUtissus, qui, tour à tour en voyages, à la cour de Christine , ou en procès avec une courtisane qui voulait l'épouser, trouva pourtant le temps de publier, comme son père, des éditions classiques, et des poèmes latins qui ne manquent ni d'élégance ni de pureté. Charles La bitte.
IIEIXS1US (Antoine), grand-pensionnaire de Hollande, qui, avec Marlborough et le prince E-u gène de Savoie, forma le redoutable triumvirat dont l'action sur l'Europe, dans les dernières années du règne de Louis XIV, fut si fatale a la France, était né vers 1640, a Délit, et débuta dans la vie publique par les fonctions de membre du conseil mude sa ville natale, dans l'exercice desquelles il se à diverses rejiriscs adversaire assez déclaré delà po-
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litique qui se résumait dans la cause du stalhoudérat. Mais ses idées se modifièrent peu à peu ; et en 1678, après la paix de Nimègue, le prince d'Orange, dont il était devenu la créa- •ture et dont il finit par être plus tard le confident iutimeeo même temps qu'il restait l'instrument de la grande autorité que ce prince s'était acquise et conservait dans les Provinces- Unies; le prince d'Orange, disons-nous, lui confia une mission particulière près de la cour de France a l'occasion de certaines réclamations relatives à la principauté d'O range qu'il fut chargé d'y suivre en son nom. Louvois, impatienté i des représentations de l'envoyé de l'ennemi personnel de son maître, prit le parti de mettre un terme aux obsessions de cet agent en le menaçant un jour, sans plus de façons , de J le faire jeter à la Bastille s'il persistait; et Heinsius dut son i retourner en Hollande sans avoir pu atteindre, le but des néj gocialioiis qu'il avait entamées. Il y rap|>orta une rancune personnelle contre Louis XIV et ses ministres, qu'explique suffisament l'insulte gratuite dont il avait été l'objet de la part de Louvois, et qui, jointe au désir bien naturel de venger les humiliations et les malheurs dont le grand r«i avait abreuvé sa patrie en 1672, le porta plus tard, au déchu de la | puissance de ce monarque, à rendre a la France, et avec usure , calamité pour calamité, humiliation pour humilialiou, grâce à l'appui de l'épée constamment victorieuse de Marlborough et d'Eugène.
Il avait été élu grand-pensionnaire en 1689, el il gaïua ce titre el ces fonctions par des élections quinquennales jusqu'à sa mort, arrivée le 3 août 1720, au moment où il atteignait sa quatre-vingt-unième année. Il avait alors encore la tête et le sens comme à quarante ans, et la santé tout aussi ferme. Il succomba à une maladie de peu de jours. Torcy, qui avait eu occasion de négocier avec lui alors qu'il était l'âme de la coalition, nous le représente dans ses Mémoires comme d'un abord froid, poli dans la conversalion, s'écbauffant rarement dans la discussion, et de l'extérieur le plus simple. Nul faste dans sa maison : tout son domestique était composé d'un secrétaire, d'un cocher, d'un laquais et d'une servante. Har e n nous apprend, dans une note de son poème des Gueux, qu'il fut le dernier des magistrats et des ministres hollandais qui ait porté le sévère costume du manteau cl du rabat qu'on retrouve reproduit dans quelques gravures du dix-septième siècle.
« Heinsius, nous dit encore Saint-Simon, succéda non pas aux charges du prince d'Orange et à l'autorité qu'elles donnent, mais à tout son crédit sur les esprits el à son art de gouverner et de devenir le premier mobile et le maître de toutes les délibérations importantes de la république. Entraîné par son grand objet, d'humilier la Franc* et la personne du roi, flatté par la cour rampante que lui faisaient sans ménagement le prince Eugène et le duc de Marlborough, jusqu'à attendre quelquefois plus de deux heures dans son anUcliambre, il ne voulut jamais la paix, et tous trois ne visèrent pas moins, au milieu de leurs énormes succès, qu'à réduire la France au-dessous de la paix de Ven ins. » La bataille de Ucnaiu, gagnée par Villars, sauva notre pays des humiliantes destinées qu'on lui préparait et amena la conclusion du traité d'Ulrecht. Quelque temps après la signature de ce traité, Heinsius éprouva, dit-on, une allaquc de peste, à La Haye même. 11 y avait là de quoi justement effrayer la population de cette ville; mais le secret en fut parfaitement gardé entre le comte de Staremberg, ambassadeur de l'empereur, son médecin et lui; et s'il fut assez heureux pour échapper au fléau, on ne saurait non plus trop louer la tranquillité d'Ame et la stotque prudence dont U fit preuve en celte occasion.
HEINSIUS ( Othon-Frédéiuc -Théodore) , né en 1770, à Berlin, mort dans la même ville, le 19 mai 1849, est l'auteur de divers ouvrages de lexicographie et de grammaire à l'usage des écoles qui ont obtenu un grand et légitime r uccès. 11 fui longtemps professeur , puis recteur d'un des gymnases ou collèges de Berlin.
HEKLA ou HECLA (Mont) ,1
TOO HEKLA — HELENE
de 11 si a ode, situé au sud-ouest de 111e, a 1,000 mètre* de hauteur et m compose presque entièrement de marnée de lave refroidie et de sédiments. Les premiers qui en atteignirent le sommet furent OUfsen et Paulsen, savant* naturalistes danois, dont l'ascension eut lieu en 1750. Depuis lors d'autres ascensions ont été successivement effectuées , en 177* par Troll, Ban ci a et Solandcr; en 1793 , par Ptelsen, jeune médecin chargé d'une mission d'exploration par la Société d'Histoire Naturelle de Copenhague , et qui y revint encore quatre ans plus tard , en 1797, en compagnie de Thoriacius; en 1810, par Mackensie; enfin, en 1830, par nofre savant compatriote M. Paul Gaimard; et les uns comme les autres n'en vinrent pas à Iront sans courir de sérieux dangers.
Le mont Hékla se termine en trois pics , chacun avec un cratère. Le plus grand des trois a 38 mètres 40 de profondeur et 7« m. 80 de diamètre. Il s'en dégage constamment des vapeurs sulfureuses. La première énqition de ce volcan remonte, dit-on , a l'année 1004. Depuis lors on en compte en tout vingt-huit; les plus violentes furent celles «le 1760 et de 1818. La plus récente a eu lieu en 1H4G. Le hameau de .\ctfurholl, dont les habitants servent naturellement de guides aux explorateurs qui viennent visiter ces contrées désolées, est le lieu habitable le plus voisin du volcan. On n'aperçoit pas d'ailleurs la moindre trace de végétation sur la montagne même et a plus de trois myriamclres à la ronde.
IIEL ou HELLIA, la déesse du monde souterrain dans la mythologie Scandinave et germanique. Fille du méchant Ln-ki , sa ur du loup Penrix et du serpent qui enserre notre glotte, elle trône au plus profond delà terre, dans la région des ombres, tantôt avec l'apparence d'un être annidétemeiit noir, tantôt avec celle d'un être moitié homme , pour y recevoir tout ce qui meurt de vieillesse ou de maladie. Mie retient impitoyablement tout ce qui lui estime fois échu , et attend toujours avidement l'arrivée de nouvelles âmes.
HÉLÈNE , héroïne grecque non moins célèbre par sa beauté, son époux , ses ravisseurs et 5 es adultères, qu'illustre par sa naissance, était fdle de Jupiter et de Léda, et sœur de Cl y t em ne s tre, de Castor et de Fol lux. Son origine fut une merveille; sa mère, séduite par Jupiter, caché sous la forme d'un cygne, pondit un œuf, d'où sortit une trinité d'enfants : une fille, qu'elle nmiuna Hélène, ou la lune, et Castor et Pollux. Le col d'Hélène eut par trausmis» sinn l'admirable blancheur de l'oiseau-dleu qui lui avait donné le jour. D'autres disent Hélène fille de Jupiter et de Némésis, et lui donnent seulement Léda pour nourrice. Déjà grande, elle fut ravie par Thésée, tandis qu'elle dansait dans le sanctuaire tle Diane. Pendant l'absence du héros, qui avait couru en Ëpirc enlever Proserpinc, Castor et Pollux ayant envahi l'Attaque à main armée, reconquirent leur sœur dans Aphidnes, où Thésée l'avait laissée sous la garde d'Elhra, sa mère, qui toujours depuis l'accompagna jusque dans Troie. D'Aphidnes elle passa à Argos, à la cour d'Agameinnon, près de Clytemnestre , sa sœur, et là mit clandestinement au jour une lille, dont le père fut à jamais inconnu. Avec son incomparable beauté, Hélène, recherchée de plus de cent prétendants , tous princes, donna encore |»our dot à l'é|)oux qu'elle choisit , du consentement du bon Tyodare, la couronne de Sparte : ce malheureux époux était Ménélas.
La torche de cet infernal hymen fumait encore, que P à ri s, fils de roi et berger illustre , auquel Vénus avait promis la plus belle femme du monde, violant les lois de l'hospitalité, enleva Hélène avec ses trésors et ses Wjoux. Durant le trajet de Sparte à 1 lion, le vaisseau qui portait le berger ravisseur, ayant relâché en Arcadie, Hélène n'y put résister aux charmes du jeune Peritanus, qui, sous la main même du jaloux Paris, paya de sa virilité cette iaslgne laveur. A peine installée dans les palais de son ravisseur, elle céda aux instances amoureuses du jeune Corythus, fds de Paris et J d'Œnooe, non moins beau que son père. Enfin, dix années après , sur les cendres de celle Troie dont elle fut , par son crime, la première incendiaire, Péris étant mort, elle re-
posait aux bras de Déipbobe, le frère de ce pâtre-béros, quand Ménélas vint l'en arracher et la replacer dam sa eoul che royale. Elle fut, en outre, accusée d'avoir livré nu et désarmé l'infortuné Déipbobe à Ménélas, qui, l'ayant massacré, aurait jeté ses membres aux oiseaux. On va jusqu'à raconter qu'amoureuse d'Achille , elle descendait des murs de Troie pour l'aller trouver dans sa tente, qu'elle en eut un enfant , et bien mieux , qu'elle avait parmi ses suivantes une maîtresse de voluptés. Elle eut plusieurs rotants , entre autres, de Paris, une fille, qu'elle appela de son nom funeste, Htlène, et de Ménélas, la violente n e r m i o n c. A près la mort de ce prince, elle fut honteusement cliassée de Lacédéiuone par deux bâtards de son mari. Kéfugiéeà Rhodes rhea Polyxo, cette princesse la fit pendre, déjà vieille et débile, à un arbre par deux de ses femmes , vengeant ainsi la mort de son mari Tlépotème , tué sous les remparts d'Ilion. D'autres racontent que Thétis la fit périr pendant le rembarquement des Grecs ; d'autres encore, qu'elle fut immolée par Ipliigénie, dans la Cbersonèse tauriqne, lorsque avec Ménélas elle y allait à la recherche d'Orcste, son neveu. Son collier, de l'or le plus pur, faisait partie des trésors du temple de Delphes.
Toutefois, Homère, Euripide et Hérodote ne etiargent pas la vie d'Hélène de toutes ces sales corruptions. Homère la peint belle, voluptueuse à la vérité, mais victime plutôt de la fatalité que cle ses passions ; il la présente pleine de tendreHse et de larmes pour sa patrie et son époux , quoique, laible femme , se laissant aller aux caresses de Paris, le pins beau des hommes. Il lui donne un fonds de mélancolie, qui ajoute à ses charmes ravissants. Euripide bâtit son drame il' Hélène sur un incident merveilleux : Il feint que Jun«n, irritée du jugement de PAris, pétrit avec de l'air un fantôme parfaitement ressemblant h Hélène , et que c'est cette image fantastique, douée d'une certaine vie, que le ravisseur emporte à Troie , apparence qui le déçoit près de dix années durant, tandis que la vraie, la belle Hélène, cueillant des roses , est enlevée par la déesse et cachée dans Pile de Phare* en Ëgypte , ou Ménélas, trompé aussi par ce rapt, la reçoit après la chute d'Ilion, pure et vertueuse , des mains du roi Protéc. Platon a ses raisons pour admettre cette fable. D'antres veulent que l'âris et Hélène , faisant voile vers les entes de Phrygie, aient été jetés par la tempête sur les plages d'Egypte ; que là Uéiène, avec ses trésors, ait été retenue par Prêtée, son roi, et l'âris classé comme un sacrilège ; et qu'après la ruine du royaume de Priam , Ménélas , convaincu de b guerre inutile qu'il avait faite à ce vertueux monarque , -l ias la ville duquel n'était jamais entrée Hélène , soit allé U tro«ver à Memphis , où on lui avait assuré qu'elle résidait, ce que jusque alors il avait regardé comme une table ironique. Le sage Protée, ajoutent-ils, lui aurait rendu ses trésors utU.t> et son épouse toute fraîche d'une chasteté de dix ann> «s. C'est l'opinion d'Hérodote. Quelques-uns veulent qn'Hriéne n'ait pas épousé Ménélas ; qu'elle ait préféré Paris à tous ses prétendants, et que Ménélas , son rival , soit venu les armes a la main, avec la Grèce soulevée, pour ravir cette princesse à son heureux possesseur. Hélène, en tant que vertueuse, fut divinisée : elle eut des temples, où les femmes venaient l'implorer pour mettre au monde de beaux enfanta, t vudivinité susceptible aveugla le poète Slésictiore, qui avaù mal parlé d'elle, puis lui rendit la vue, lorsqu'il sa fut rétracté. DExne-Banon.
HÉLÈNE (Fl&vivJuux Helcu, connue sous le nom Sainte), mère du grand Constantin. Son pays et sa coédition sont encore un problème : les uns, et Nkepuoce ed du nombre, la font naître à Drépanum en Bitbynie ; Eotmr* la dit femme de basse extraction, et saint Aatbroèse ni fait exercer la profession de cabaretière ; les autres, au coav traire, la mandent comme tille <tu roiCœlus, de I tle Butasnique, où ils la font naître. Quoi qu'il en soit de l'obt^-unu de son origine, les charmes de son esprit et sa beauté Usèrent l'attention de Constance Chlore, alors garde prrt.»rea, qui i épousa ; mais, élevé par Dioctétien à la o^tuU de Ce