HÉLICE
système des roues à aubes par celui de l'hélice. Ce nouveau propulseur est ainsi nommé parce que, de même qu'une vis, la ligne qui termine son arête est une hélice géométrique. Sans remonter à 1699, ni même à 1743, époques ou deux Français, Duguet et Dubort, employaient l'hélice à faire mouvoir des moulins, qu'il nous suffise, pour établir la propriété des inventeurs français, de citer les lignes suivantes qu'écrivait en 1768 le mathématicien français Paneton : « Je suis étonné que personne n'ait songé à ctianzier la forme de la rame ordinaire, qui n'est pas évidemment parfaite. En effet, outre que l'action du rameur n'est pas calculée pour faire avancer le vaisseau uniformément, puisque la rame décrit des arcs de cercle dans son mouvement, il est obligé d'employer la moitié de son temps et de sa force à retirer la rame de l'eau et à la porter en avant. Pour remédier à cet inconvénient, il serait nécessaire de substituer à la rame ordinaire un instrument dont l'action fût, si c\=4 possible, uniforme et contiuuelle, et je pense qu'on tr ornera parfaitement ces propriétés dans leptérophore (révolution du filet d'une vis autour d'un cylindre). On pourrait en placer deux horizontalement et parallèlement à la longueur du navire, un de chaque coté, ou un seulement devant. Uo immergerait entièrement le ptéropborcou seulement jusqu'à l'axe. Ses dimensions dépendront de celles du navire, et l'incliuaison de l'hélice de la vitesse avec laquelle on \eu\ ramer. » Restait à trouver la force motrice de ces propulseurs : c'était à la vapeur a résoudre le problème. Au*t dès 1323 l'idée de Paucton fut-elle reprise par le capitaux du génie belisle ; mais elle serait peut-être restée longtemps encore à l'état de théorie, si les Anglais Smith et Ericsson ne s'en étaient emparés. La vis Delisk était évioVe ■ en 1832, M. Sauvage, alors constructeur de navires À Boulogne, inventa l'hélice pleine, et c'est la vis Sauvage qui, convenablement modifiée, estemployée aujourd'hui. Ucti-bo vieux et infirme, et n'ayant pour toute ressource qu'un modique pension, M. Sauvage a vu tout a coup, vers La un de 1854, sa raison s'affaiblir ; il a été recueilli par les scias du gouvernement clans la maison de Picpus.
L'axe de l'hélice étant fixé parallèlement à la quille <k vaisseau , lorsque cet axe tourne, les filets se frayent us chemin dans l'eau, comme la vis dans une pièce de bot*. Seulement il faut bien remarquer que l'hélice agit dans ua fluide, et non dans un solide. Cest alors au calcul à s'emparer des divers éléments de la question pour déftnnmer les dimensions les plus favorables , le pas, l'inclinaison diverses parties de l'hélice. Au point où en sont les chose*, on peut ainsi résumer les avantages du propulseur hettçoidai 1° la vis est à l'abri du boulet et des avaries qui peinent résulter des abordages ; la machine peut être entiêrcm-ol placée au-dessous de la flottaison, dans les vaisseaux de ligne ; 2° on peut établir des batteries dans toute la tonguew du bâtiment ; 3° les bâtiments à vis ayant environ droi cinquièmes de moins de largeur que les bâtiments à roues, peuvent pénétrer dans les bassins et docks qui ne saur»-* recevoir ces derniers ; 4° la vis étant toujours immerge, quels que soient et les mouvements de roulis et de Uiçast et l'inclinaison du navire, fonctionne toujours avec la même régularité ; tandis que dans le système a roues, ceUc-ci étant souvent émergées, la machine acquiert dons ce us une si grande vitesse, qu'on est obligé, pour préserver k bâtis, de fermer les registres de la vapeur; 5° cette iran et sion constante permet de faire de la toile par le veat do travers et au plus près, ce qui donne la faculté «le gréer le» bâtiments à hélice à peu près comme les bâtiments à vo;tr-, 6° le navire pouvant marcher à la voile, La machine pe*t être plus puissante et l'appnn jalonnement de eliartv. moins considérable; 7° Quel que soit le cliargnik-nt <!n bâtiment, la marche est régulière, tandis que les ba tintâtà roues perdent une |*artie de leur marche par suite de h trop grande immersion des roues, au moment du depjr! lorsque le chargement de charbon est complet; 8* ent»\ par un bon vent, lorsqu'on peut se servir de la mtte, «
VJ s
peut désembrayer la machine, et le bâtiment peut marcher comme les bâtiments à Toile» oïdinaires, sous lesquels il n'aura qu'une infériorité de vitesse d'un vingt-cinquième, par l'eflet du propulseur que le navire traîne en ce cas ; mais si on soustrait entièrement la vis à l'action de l'eau, ce qui est possible en la remontant à boni, il n'y a plus de différence dans la vitesse de la marclie.
HÉLICE (Malacologie), de Du5, spirale, genre do mollusques gastéropodes univalvcs, voisin du genre bulime. La coquille des hélices, de forme très-variable, est le plus souvent globuleuse ou orbiculaire, a spire convexe ou conoide, à ouverture entière, plus large que longue, érhancrée su]>érieurcment par la saillie convexe de Pavant-dernier tour. Ce genre coui|irend toutes les coquilles terrestres analogues* Vescargol , ou hélice commune, ou hélice des vignes, ou limaçon, que nous nous contenterons de décrire.
La tète de l'hélice commune attire d'abord l'attention par les quatre tentacules qu'elle supporte, caractère commun a tout ce genre; les deux premiers, et les plus grands, supportent chacun un œil, ce qui ne veut pas dire que l'on puisse affirmer que les hélices éprouvent la sensation de la lumière. Ces animaux paraissent en effet complètement insensibles au changement brusque de la lumière dont on 1rs frappe ; ils ne voient jamais un obstacle placé devant eux, et il faut qu'ils le touchent pour s'apercevoir de son existence. Les grands tentacules jouent alors, comme les petits, le rôle d'organes du toucher, organes rétract iles et très-délicats. Le pied d'une Itélice, lorsqu'il est étendu sur une surface plane, prend une forme qui approche de celui d'une ellipse allongée, tronquée en avant, terminée eu pointe en arrière. Le dos de l'animal cri convexe, et toute sa surface est chargée de granulations irrégulières diversement disposées, selon les espèces ; mais toute cette peau sécrète constamment une quantité notable de mucosité Uès-tcnue, dont l'usage est de favoriser l'adhésion de l'animal au corps sur lequel il marche. Si l'on casse la coquille et que l'on en débarrasse complètement l'animal , on voit que tous ses organes principaux font au milieu du dos une véritable hernie, et que la coquille est destinée à la protéger. On peut dire en effet que les organes contenus dans le corps d'une limace, par exemple, sont ici répétés en dehors et contournés en spirale, pour être contenus dans une coquille d'une forme semblable.
Mais, des différents organes des hélices , les plus singuliers sont ceux de la génération. On trouve d\et ces animaux l'hermaphrodiMneincomplet. Dans la cavité commune des organes qui nous occupent s'ouvre une poche metnbra neuse, au fond de laquelle est placé , sur un mamelon, un dard calcaire fort aigu. Cette bourse du dard a la figure d'une cloche allongée; sa cavité intérieure otfrc quatre sillons longitudinaux , et c'est le mamelon qui est au fond dont la surface sécrète une matière calcaire qui se cris tallisc en se moulant dans les quatre sillons, ce qui donne au dard la forme d'une pyramide quadrangulaire. « C'est avec le dard, dit Cuvier, que les colimaçons préludent à l'acte reproducteur. Lorsque deux individus se rencontrent ils commencent par se loucher, par se frotter l'un contre l'autre par toutes les parties de leurs corps. Après être restés plusieurs heures dans cette occupation, on voit la bourse commune sortir et se gonfler ; bientôt après se ma nifeste !a bourse du dard, et celui des deux individus qui la renverse le premier cherche à piquer, s'il peut, quelque endroit du corps de son camarade. Je dis, s'il peut, parce qu'à peine celui-ci aperçoit-il la pointe du dard qu'il se réfugie dans sa coquille .im*c une promptitude que ces ani maux n'ont guère accoutumé d'avoir. Il n'y a point de lieu particulièrement destiné à cette sorte de blessure. Ordinal rement le dard se rompt aussitôt qu'il a effleuré la |ieau quelquefois il y reste Ikhé, mais le plus souvent il tomlie è terre. Le deuxième colimaçon ne Unie point à faire sortir le sien et a l'employer de la même façon. » Ce n'esl qu'après ces cérémonies préliminaires que la conjonction sexuelle de ces animaux hermaphrodite* sachève, par une
HÉLICE — HÉLIOCENTRIQUE
insertion réciproque des organe; excitateurs. Ce dard, qui a été considéré comme un moyen propre à réveiller par sa liqnre l'énergie de ces animaux apathiques , manque dans limace et dans beaucoup d'autres mollusques, qui n'ont guère plus de vivacité. Ce dard, étant le résultat d'une sécrétion de matière calcaire, coulée plus ou moins lentement lans un moule, est susceptible de reproduction, eu tout ou en partie, quand il a été perdu on casse.
L'accouplement des hélice - a lieu pendant toutes les époques de la belle saison, principalement lorsque la terre a été mouillée depuis peu. Les œuf», habituellement arrondis et enveloppés d'une couche calcaire que l'on a reconnu être formée de petits cristaux de carbonate de chaux, sont déposés par l'hélice sous les feuilles, au pied des végétaux, ou même sur les troncs des arbres. I^es petits ne tardent pas à éclore ; ils sortent avec leur coquille encore très-fragile, mais peu à peu celle-ci te durcit; leur accroissement, qui est d'abord assci rapide, le devieut moins ensuite. Les hélices vivent plusieurs années cl passent l'hiver dans un état de nnolence, après avoir touché leur coquille avec une sécrétion qui lui lorme une sorte d'opercule.
Toutes les hélices vivent d'herbes et de feuilles d'arbres : rien n'écliappcà leur voracité; et malheur a l'amateur d'horticulture qui ne saurait reconnaître les fleurs rares de son parterre qu'au moyen d'étiquettes écrites sur dus cartes ! a la première pluie , les hélices dévoreraient ses étiquettes, dont plusieurs exemples de ce genre oui montré qu'elle» étaient très-friandes, et son érudition se trouverait en «léfaut. Les dégâts causés par les hélices ont fait rechercher une foule de moyens pour les détruire; mais le meilleur consiste à leur faire la chasse après des journées pluvieuse et a les écraser.
I1ÉLICON, aujourd'hui Zagara, ou Lkona, est une montagne célèbre de l'ancienne Béolie, aujourd'hui /.ivailie. Son vieux nom hellène vient sans doute de fXtou tixûv (l'image du soleil), parce qu'elle était particulièrement consacrée à Apollon» qu< 7 avait *a statue, ou de Dit, vis tournante, «lont ce mont a la figure. Voisin du Parnasse et du Cithéron, qui cacha les douleurs d'Œdipe, il s'élève, près du golfe de Corinthe, de 1,400 mètres au-dessus du niveau des deux mers, qu'il domine de son plateau fertile, où jamais, dit le poète, herbe vénéneuse ne servit les nocturnes forfaits des magiciennes de Thessalie. C'est sur celte cime sacrée qu'Hésiode place le chœur des Mnscs. Le long des spirales de ce mont, dans le bois sacré des Muses, se dressaient les statues des principaux dieux, exécutées par les plus habiles statuaires de la Grèce, en bronze ou en marbre. Dans ce bois enchanteur, peuplé d'illustres morts, m) célébraient des fêtes annuelles en l'honneur des Muscs et de Cupidon. Des prix y étaient distribués aux athlètes cl oui musiciens. De nombreuses sources rafraîchissaient ce mont, séjour du Soleil. L' 11 i p po c r è n c tombait à vingt stades audessus du bois sacré. L'Aganippc, dont fait mention Pâma mas, sortait du roc à la gauche de ce bois, et le l'ermesse, aujourd'hui Permeso , baignait de son onde argentée le pied verdoyant de cette cime fameuse, à laquelle les Muses durent le surnom V Htliconides. Dkxni>Bakon.
HÉLICOSTÈGUES ( de GtJ, hélice, et «tut*!, toit ), famille de fo rami n i I è ros, ayant pour caractères : Animal
en spirale; loges empilées ou
superposées sur un seul axe formant une volute spirale. IIKLK.OLAM). Voyez IIkuiolanu.
HÉLIOCENTRIQUE (du grec nXioc, soleil, etwvrpov, centre). On appelle, en termes d'astronomie, latitude fiélioeentrique, l'inclinaison sur le plan de l'écliptique d'une droite menée do centre du Soleil au centre d'une planète. La même épHhètc s'applique an lieu d'une planète vue du soleil, c'est-à-dire au lieu où paraîtrait la planète, si notre œil était dans le centre du Soleil; en d'autres termes, le lieu hétioccntrlque est le point de l'écliptique auquel nous rapporterions une planète «I nous étions places au centre du Soleil.
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Il É MO DORE, au leur des Éthtopiqua, on Amours de Théagine et de Char idée, est plus connu comme romancier que comme évêque de Triera en The&salie. En sa qualité de prélat, il Qt défense aux prêtres de son diocèse, sous peine de déposition, de continuer à vivre avec la femme qu'ils avaient épousée avant leur ordination. Au surplus, on sait peu de chose sur sa vie. Il florissait au temps de Théodose et de ses fils ; mais on ignore la date de sa naissance et celle de sa mort. Lui-même nous apprend qu'il était Phénicien, natif d'Émèsc, et de noble race. On a prétendu qu'il aurait composé son roman dans sa première jeunesse, vers l'an 390 de de notre ère, avant d'être éveque ; qu'un synode aurait voulu l'obliger a le brûler lui-uièiue, ou bien à quitter son évêclié, et qu'A aurait pris ce dernier parti, historiette qui a été réfutée du reste par Valois, Vavasscur, Pélau et Bayle. Suivant d'autres, lléliodore aurait été un rhéteur païen. Les partisans de cette opinion ont cité à l'appui ces mois d'il éhodore lui-même : « Je suis de la race du Soleil. » A cela, l'on a répondu : « La qualité de chrétien devait-elle empêcher lléliodore de parler de la noblesse de son extraction, et de la désigner suivant les termes consacres, de temps immémorial, dans sa patrie, sans qoe cela tirât à conséquence pour ou contre sa croyanre religieuse ?» Au surplus, dans le roman de Théagène et Charicléc, il n'est pas un mot qui puisse donner mauvaise idée des mojurs de l'évoque de Tricca. Rien de plus chaste que ses deux amants : on ne trouve point dans leur histoire de ces peintures trop naturelles, qui ont valu an roman île Longus l'honneur d'être enrichi de gravures lascives dessinées et burinées de la main de
Ce bon rcgcul 41Ù gtta tout en Fraucc ( Voltaisk). Les Ètlttopiques, pour la variété des aventures et des situations, ne le cèdent en rien aux œuvres de nos romanciers modernes; mais on y chercherait en vain ces développements passionnés, cette observation des caractères , qui relèvent le prix de ces sortes d'écrits , et en rachètent quelquefois la frivolité. Le roman d'Héliodore abonde d'ailleurs en détails curieux sur l'état de l'Egypte à celte époque. Le style en est clair et naturel. Les Èthiupiques ont été traduites en I54u par Amyol; cette version, très-rare, a été aliaiidoiinée pour des traductions modernes, assez médiocres.
Cliarles Du Rozoïa.
IlÉMO<;ABALE ( Yshiiis-Avrris-BAssiANts, dit), empereur romain , de 218 à 222 de J.-C. Macrin l'indolent, soldat de fortune , occupait déjà depuis quelque temps le tronc impérial, lorsque tout à coup éclate une révolte. On vient lui apprendre qu'un prêtre de llalgah-Baal, un enfant élevé à Emèse, et que les légions disent fils de Caracalla, aspire à la royauté ; que déjà son général Gannys marche contre lui. L'empereur Macrin s'inquiète peu de ces nouvelles : il envoie contre son compétiteur son lieutenant Didius, lequel est mis à mort par ses propres troupes, qui passent à l'ennemi ; Macrin lui-même est tué à Archelaïs. Les prétoriens, passés du coté d'Avitus, le proclament empereur : arrivé à Rome avec sa mère Soumis et sa grand'mère Mn*sa, il commence, à l'âge de quatorze ans, le règne le plus bizarre et le plus extravagant qui se soit vu dans la grande ville, si habituée aux cruautés les plus inouïes. Prêtre du llalgah-Baal, U veut introduire le culte de ce dieu dans Rome; llalgali-Uaal, divinité syrienne, était représentée par une grande piene noire, de forme conique. Avitus, qui ne se fait plus appeler que MarC'Aurèle-Antonine, introduit pour l'adorer un rile inconnu jusque là; il lui élève un temple magnifique, et fait venir de tous les points de l'empire les dieux les plus renommés pour l'adorer. Cette conduite étrange et despotique lut aliène l'esprit de* populations, qui tiennent surtout à leurs dieux ; l'Afrique s'émeut grandement de ce qu'on lui enlève sa mystérieuse divinité, qu'on dit être la Lune. « C'est bien ! répond Hétiogabale, qu'on a surnommé du nom de son dieu ; voire déesse la Lune épousera mon dieu Le Soleil. ■
Le règne de cet empereur lot de courte durée ( moins de quatu ans ) ; mais il futeucore trop long pour ceux qui eurent
• HELIOPOLIS
à le subir. Il n'est sortes de caprices et de folies que ne m permit le jeune empereur, le plus beau et le plus voluptueux des Romains; mais ses folies étaient souvent cruelles : un jour, par exemple, il invite à dîner les patriciens de Rome, et au milieu du repas il lance dans la salle des tigres et des ours apprivoisés, aûn que la peur achève ceux qu'épargneront ces bêtes féroces. Un autre jour, il fait tuer un sénateur romain |»our se donner le plaisir d'épouser aussitôt sa veuve. Un soir, il ensevelit ses convives sous une pluie du (leurs, puis il institue un. sénat de femmes, que préside Sorr-mis, sa mère, et qui décrète les modes qui doivent rire suivies dans tout l'empire. Ennuyé du rôle d'homme qu'il a joué jusque là, il déclare publiquement qu'il est femme, et épouse, en cette qualité, un de ses affranchis. Tant de folies tirent murmurer les soldats : une sédition était près d'éclater lorsque sa grand'mère Mœsa lui fit adopter son cousin Alexandre-Sévère. La conduite d'Alexaudre contrasta singulièrement avec celle de son père adoplif ; Alexaudre était de mœurs rigides et tenait aux antiques usages de Rome; il était chéri de la multitude. Ileluigabale voulut le (aire périr; mais Muesa veillait à sa sùrelc; Alexandre alla trouver les prétoriens dans leur camp avec Hëliogabale : ceux-ci se divisèrent et en vinrent aux mains; les partisans d'iléliogahale furent vaincus; le prêtre-empereur, b'élant sauvé dans un lieu immonde, fut mis a utort avec sa mère Soœmis, cl son corps, traîné dans les rues de Rome , fut jeté dans le Tibre.
liÉMOGRAPllI^LE (Gravure). Vofd Guavum, tome X, page W3.
I1ÉMOMÈTHE (de tttoe, soleil, et pirpov, mesure) ou ASTROMETRE , instrument propre à mesurer avec la plus grande exactitude les diamètre» des corps célestes. Le second de ces noms (dérivé de iony, astre) est donc plus eaact que celui à' héliomètre, que lui imposa son inventeur, le savant Uouguer; il est vrai qu'alors cet astronome ne s'en servit que pour la mesure du. diamètre solaire. ti«ui qu'il en soit, l'héliomètre de Bouguer est composé de deux objectifs d'un très-long foyer, places à coté l'un de l'autre, et combinés avec un seul oculaire ; il faut que le tuyau <W la lunette ait une forme conique, et que ce soit son extrémité supérieure qui soit la plus grosse, à cause de la largeur des deux objectifs qu'elle reçoit. Quant à l'extreuùlé inférieure, elle doit être munie, comme à l'ordinaire, de sou oculaire et de son micromètre. Lorsqu'on dirige linOnum-iil vers un astre quelconque, le soleil par exemple, il se tonne à son foyer deux images à cause des deux objectifs. Chacune de ces images serait entière, si la lunette était atscx larg< par en bas; mais il n'y a réellement que deux espèces de segments ou comme deux croissants adosses ; ce ne tuât que deux portions d'images , et on doit remarquer que les deux parties qui sont voisines, et qui quelquefois se toud«-*t et même se recouvrent, représentent les deux bonis opposés de l'astre , par la propriété qu'ont les de» objectifs «k renverser les apparences. On a donc sous les yeux les deux extrémités d'un même diamètre. La mesure, faîte à l'aide <in micromètre, de l'intervalle de ces deux extre mites, mM pour connaître le diamètre apparent de l'astre.
C'est en 1747 que Bouguer imagina l'hélio mètre. La priorité de son invention lui fut contestée par Sen ington Saver y, qui établit l'avoir soumise dès 1743 à la Société royale d« Londres, laquelle ne parait pas s'en être occupée, cl ce se fut que Sdix ans après qu'elle fut connue. Vers la même ujmque, Dollond modifia l'héliomètre de Bouguer eu parU^Âuxl l'objectif un deux moitiés d'objectif fixées dans deux coulisses, s'êloignact ou se rapprochant a volonté; système qui se recommande par l'égalité des foyers de deux moitié* J« verre et la possibilité d'arriver de la sorte à une pcoxu,.^ plus grande du centre des deux verres. Dans ces uWbmt* temps, Fraunhofer a singulièrement perpytiouae ta construction de l'héuomètre.
IIÉLIOPOMS ( c'est-a-dire vUU du *>:•■», de soleil , et néUç , ville ). C'est le 1
HÉLIOPOLIS — HÉUOTROPK
de l'antiquité consacrée» au Soleil. La plu* célèbre, située dan* la Basse- Egvpte, est connue rous le nom de Matnriéh. Son nom primitif était On, qui signifie $oleU dans l'ancienne langue égy plienne. C'est ainsi qu'elle est désignée dans le teile Itébreu de la Oeneseet de V Exode. Ézéchiel la nomme Aoen. Jérémie rappelle Beth Chémèi, maison du soleil. Celle ville e*t en effet célèbre par son magnifique temple du dieu de la lumière, par les débris du sphinx dont a parlé Strabon, et par son superbe obélisque, qui peut être coro- |iaré à celui <le Luxor. Sa hauteur est de 70™, 77 ; ses quatre fera ont l"\&0 de largeur à la base, et 1"',I7 * l'extrémité supérieure. C'est dans le temple d'Héliopolis qu'on nourris- Hit le bmuf Mnevis, symbole du soleil; il y était, comme le IhfuI Apis à Metnphis, l'objet d'un culte particulier. Là aussi le P b éo t x , prenant son vol de l'Orient, après une vie de quatorze cent soixante-un ans, venait mourir sur un huilier de myrrhe et d'encens, et renaître de ses cendres. Lors de l'expédition française en Egypte, l'enceinte de briques de l'ancienne liéh'opolis, encore fort reconnaissable, avait 4 à & mètres de hauteur sur 18 à 20 d'épaisseur, et entérinait un espace d'environ 1,400 mètres de loug, sur 1,000 mètres de large. Avec ses démolitions, Ibrahim- Pacha a fait construire, tout près de là, un mur autour de se» jardins.
En Algérie, on a donné le nom d'Uétiopolu à une section de (t bel ma.
IIKLIOI'OLIS ( Bataille d' )• Kléhcr s'était engagé par In convention d'EI-Arich a abandonner l'Egypte, à condition que son armée rentrerait en Franco avec tous les honneurs de la guerre. 11 avait déjà rendu plusicurt places fortes, quand le commandant des forces anglaises, litrd Keitli, lui notifia qu'il avait ordre de ne consentir à aucune capitulation, si l'armée Irancaise ne mettait bas les armes. Kleber y répondit |iar une victoire. Il r.ippela a la hâte de la Basse-Egypte et du Saïd toutes ses forces disponibles. Il y avait urgence : l'insurrection gagnait du terrain, et le grandvizir, avec Ibrahim-bcy et ses mameluks, approcluùt du Caire, à la têln de K0.000 hommes. L'armée française, qui n'en comptait que 10,000, prit position dans la plaine «le lloulac. r riant commandait la droite; Bégnier, la tanche; Leclcrc, In cavalerie, qui formait le centre. Le 10 mars I hoo, à trois heures du matin, Bégnier se dirigea sur Matariéh ( Ifeiiopobs ) , où s'étaient retranchés, avec une artillerie lonoidable, les 6 à 7,000 hommes de l avant-garde turque. Huit compagnies de grenadiers marchèrent, au pas de charge, à l'attaque des retranchements, sous les boulets et la mitraille. En ce moment, les janissaires tentent une sortie ; mais, arrêtes par un feu vif et soutenu, il* jonchent la terre de; cadavres ; ce qui échappe (<érit sous la baionuetle. Quand Je* redoutes sont emportées, l'infanterie turque se jette, en |tartie dans les maisons, où die est massacrée, en |>artie tlaus la plaine, où elle est fusillée par la division F riant, ou sabrée par la cavalerie. Le gros de l'armée ennemie, pressée de soutenir son avant-garde , prend position entre le* villages de Serikhaurt et d'FJ-Marck, d'où, après quelques engagements partiels, dans lesquels notre artillerie fait taire la leur, ils s'ébraulent en masse, et se précipitent sur le carré de droite de Friant, qui le* laisse approcher à demiportée de mitraille. Arrêtés par les premières décharges, ils s'éparpillent en tirailleurs ; mais, écrasés par le feu continuel de notre artillerie, ils prennent la fuite. Le vizir, qui attendait au village d'EI-Marck le résultat de celle première attaque , fractionne sa cavalerie, qui enveloppe l'armée française. Cependant, le feu de nos carres tient partout l'ennemi en respect, et le vizir, à son tour, s'enfuit vers son camp cl'Kl-Khanka. Nos troupes s'y em|>arèrent de tous ses bagages, et reioulèreut les vaincus jusque dans les profondeurs du de*ert.
I1EL10S, citez les Romains Sol, le dien du soleil, ancienne divinité grecque, d'origine orientale , Mis du Titan Uy|terion et de Tltéia ou Eurvpha:***, conducteur du char du soleil, attelé ùe quatre chevaux (Pyrous, tons, /Elhon,
et Phlegon), dont le palais est situé à l'est, derrière la Colchlde. Après avoir fourni sa courue journalière , un char ailé et d'or massif le ramène en Colchide, le long de* rive* septentrionales de l'Océan. A une époque postérieure , mais cependant pas avant Eschyle, il se confondit avec Apollon ou Phwbus. On l'appelle souvent Titan ou Hypérion, à cause de son origine. Son culte était très-répandu. Il avait des temples à Corinthe, à Arços , à Trézène, à Élis , etc , mais surtout à Rhodes, où chaque année on lui sacrifiait un attelage de quatre chevaux qu'on précipitait dans la mer. On lui offrait aussi des agneaux blancs. Parmi les autres animaux , le cheval , le loup , le coq et l'aigle lui étaient consacrés. A part le Sol-Phcrbns de l'époque romaine, c'est à Rhodes seulement que l'art s'occupait de multiplier son image; la plupart des pièces de monnaie frappée* dans cette Ile représentent sa tète vue de face , avec des (orme* anondies et des cheveux épars , semblables à des rayons. Quand il est représenté en entier, il est le plus souvent velu , placé sur son char et conduisant ses chevaux lin louct à la main.,
IIÉLIOSCOPE (de V«k, soleil, et emstiv, regarder), instrument dont on se sert pour regarder le soleil et affaiblir sa lumière, de façon que l'eeil puisse la supporter. Il y en a de deux espèces : ceux avec lesquels on regarde directement h; soleir au moyen de verres colorés, soità l'oculaire, sort a l'objectif, on bien encore au moyen de glaces cpie l'on enduit d'une mince couche de noir de fumée; et ceux où on reçoit l'image du soleil dans une chambre obscure. Les premiers sont préférables jwur toutes le* observations qui exigent une rigoureuse exactitude.
IIÉLIOSTAT (de TjXtoç, soleil, et oratà;, qui t'arrête), instrument propre à observer le soleil et les autres astres, et à les fixer pour ainsi dire dans la lunette, de manière que le mouvement diurne continuel d'un astre n'apporte point d'obstacle à l'observation. A cet effet, il est nécessaire que la lunette soit montée sur un axe parallèle à l'axe du monde, ainsi que les lunettes parallactiques, et que l'axe •oit, en outre, conduit par un mouvement d'horloge qui lui fasse décrire un cercle en vingt-quatre l>cures.
HÉLIOTROPE ( IManique ), defjlioc, soleil, et tf*'™, je tourne. Les héliotropes ap|«rtiennent à la famille des borraginées de Jussieu, a la pentandrie monogynie de Linné. Ce genre présente un calice monosépale , à cinq divisions profonde»; une corolle niono|>étale hypocraterlfornie , à limbe dépourvu de dents , et divisé peu profondément en cinq partie» ; cinq étamines courtes, situées dans la gorge de la corolle, et deux à quatre nucules non |N>rtée* sur un réceptacle (gynophore). Le genre héliotrope est formé de plantes herbacées , ou d'arbustes à feuilles entières , alternes, a fleurs disposées en épis terminaux; presque toutes sont exotiques, deux seulement sont Indigènes. De ces deux espèces, l'une, Yhéliotrope couché {heliotropium tupinum, Lin. ) , se trouve dans le midi de la France , et n'offre aucun intérêt; l'autre, l'héliotrope d'Europe (heliotropium Europcrum, Lin.), croit dan* les lieux sauvages et incultes, et n'offre pas plus que l'espèce précédente de propriétés marquées, bien qu'on lui ait octroyé le nom de herbe aux verrues. Pline a longuement disserté sur les propriétés médicinales de la plante qui nous occupe. • Quatre grains de l'héliotrope, dit-il, guérissent de la fièvre quarte; trois de la fièvre tierce. » Vers l'époque où vivait ce célèbre naturaliste, on citait généralement l'héliotrope comme souverain contre la piqûre du scorpion. Mais notre héliotrope est-il celui des anciens? Rien ne peut le faire penser, car aucune espèce de ce genre n'a droit au nom qu'il |K>rte ; chez aucune, on n'a remarqué que les fleur* fussent constamment tournées vers le soleil, ainsi que l'affirmaient Pline et Dioscoridc. De toutes les espèces exotiques , et elles *unt nombreuses, V héliotrope du Pérou (heliotropium PcruvUinun:, Lin.), remarquable par la suave odeur de vanille que répandent ses fleurs, est presque exclusivement cultivé ilans nos jardins. On donne le nom à'héliotroft fkiixr au