GAGERN
toi valut de part et d'autre que les plus cruelles el les plus décourageantes accusations. Rejeté complètement an dehors de la direction des affaires par la formation du ministère Grasvell-Detmold-Wittgensteln, il s'efforça tout aussi inutilement avec ses amis de combattre les resolutions extrêmes de l'Assemblée nationale, et jugea devoir cesser dès lors de prendre part à ses délibérations ( 20 mai 1849 ). Quand la Prusse , lors de l'alliance des trois rois , sembla vouloir prendre en main la cause de l'assemblée nationale , ce fut encore M. de Gagera qui, avec ses amis, aida à amener un accord sur ce point ; et élu membre de la diète d'Erfurt ( mars 1850 ) , il fut dans cette assemblée le chef du parti qui fit accepter le projet de constitution. Mais la Prusse avait compté sur l'insuccès de la combinaison politique imaginée sous le nom d'Union : et a partir de ce moment M. de Gagera et ses amis furent rejeté* sur l'arrière-plan de la scène politique. Lui-même comprit que son rôle était fini , et il se retira plein d'amères tristesses dans; son asile champêtre, qu'il ne se décida à quitter que lorsque la guerre éclata de nouveau dans le Schleswig-Holsteio. Après la bataille d'idstedt, il accourut se mettre à la disposition du gouvernement national des duchés, et fit le reste de la campagne avec le grade de major dans les rangs de l'armée schleswig-holsteinoise. La lutte une fois comprimée, M. de Gagera revint à sa charrue. Depuis, il a vendu son domaine de Monsheim pour se retirer à Heiddberg. Il est sorti pur et sans tache de cette révolution dont il eût pu être le chef, pour peu qu'il eût eu d'ambition. Si les patriotes allemands peuvent lui reprocher d'avoir trop partagé, au début de la crise révolutionnaire, les illusions et la confiance des optimistes, du moins ils lui rendent la justice de reconnaître qu'il ne s'est point rallié à la politique du désespoir et du pessimisme , qu'il n'a pas renié un seul des principes qu'il avait professés toute sa vie et qui, à un moment, avaient fait de lui le digne interprète des aspirations et des espérances de la grande patrie allemande.
GAGES ÙE BATAILLE. On appelait ainsi le chaperon ou gant jeté à un adversaire en signe de provocation au combat judiciaire, et aussi la caution exigée de celui qui demandait on acceptait cette espèce de duel. Elle entraînait en effet certains frais, certaines dépenses; l'aide du chirurgien et de l'armurier, par exemple, pouvaient devenir nécessaires. Le gage de bataille pourvoyait à ces dépenses. On le déposait entre les mains du seigneur justicier. Consultez Cérémonies des gages de bataille, Paris, Crapelet 1830 (un vol. iu-folio).
GAGK17HK, promesse que les personnes qui gagent se font réciproquement de se payer ce dont elles conviennent en gageant. Ce mot a la même signification que part, et Ton se sert indifféremment de l'un ou de l'autre. Un célèbre législateur indien a prétendu que dans toute espèce de gageure il y avait un fou et uu fripon. Les gageures de nos voisins d'outre-mer dégénèrent souvent en folies. Courses de chevaux, combats de coqs, boxeurs, etc., etc., tout leur est un prétexte de satisfaire ce penchant favori. Des sommes énormes sont souvent engagées , et 11 n'est pas rare de voir In ruine d'un gentleman suivre de près une course k New-Market. Les Anglais ont exporté ce goût effréné jusqu'aux Indes , et nous commençons nous-mêmes à partager leur travers.
GAGUIN (Roboit), supérieur général des mathurins, naquit a Colines, diocèse d'Arras, vers 1440. Entré de bonne heure dans l'ordre des tri ni taire», il fut envoyé par ses chefs dans la maison des mathurins de Paris pour y étudier la théologie, et s'y distingua tellement, q 'en 1463 il fut choisi pour remplacer Guillaume Frischcr comme professeur de rhétorique, et élu en 1473 supérieur général de l'ordre. Louis XI. Charles VIII et Louis XII l'employèrent dans plusieurs négociations importantes. En 1477, le premier l'envoya en Allemagne pour mettre obstacle aux projets de mariage entre Marie de Bourgogne et Maximilien, •Lsde l'empereur Frédéric III. Charles VIII le nomma son