FRESQUE
4e Pujol; la coupole «Je Sainte-Geneviève, par Gros, etc.
DucncKiE aîné.
FRET. Ce mot dérive des roots fraiçhi,frqçht, tracht, qui signifient charge dans les langues du Nord. On nomme Fret le prix de la location d'un navire et aussi le transport de la cargaison d'un armateur ( voyes Kmttuum ).
FRETIN , roenu poisson. C'était proprement et originairement la morue, qui se divisait en quatre qualités : meilleur fretin, grand fretin, fretin de rebut, et mm» fretin. Par extension , ce root a été appliqué à tout petit poisson Étang), puis a tout rebut, à toute chose de bas prix, de minime valeur. Enfin , on s'en est servi autrefois dans le style grivois comme injure ou terme de mépris. Iluet , évéque d'Avrancbe , dérive ce mot de l'anglais farthing , petite monnaie du pays.
FREYBERG. Voye* rsxnumc.
FREYCINET ( Locis-Clacbe ne SAULCES m), navigateur célèbre, capitaine de vaisseau, membre de l'Académie des Sciences, commandeur de la Légion d'Honneur, né en 1775», à Montélimart, mort à Paris, en 1842, servit tour à tour en qualité d'aspirant, d'enseigne, et de lieutenant de vaisseau. En 1803 il commandait la goélette La Casuarina, qui) quitta pour la corvette Le Géographe, à bord de laquelle il fit son premier voyage de découvertes sous les ordres du commandant Nicolas Baud in, chargé d'aller cumpléter la reconnaissance des côtes de la Nouvelle- Hollande. De 1804 à 1805, Freycinct monta la corvette Le VolttffKr. En 1811 il lut nommé capitaine de frégate. En 1817 il obtint le commandement de la corvette VUranie, destinée au grand voyage auquel il doit sa réputation, et qui dora plus de trois ans et demi. Cette mission avait pour principal objet la recherche de la figure du globe dans l'Iiémkpuere du Sud, celle des éléments dn magnétisme terrestre dans ces parages et la solution de plusieurs question» météorologiques proposées par l'Académie des Sciences.
LUranie partit de Toulon le 17 septembre 1817. A bord *e trouvaient le capitaine Duperrev, célèbre depuis par ion voyage de La Coquille ; Bérard, aussi excellent marin qu'habile observateur; Quoy, savant modeste, que bénissent le» hôpitaux de Brest ; Gaudkbaud, de l'Académie des Sciences; (jaiiuard, plus tard président do la commission scientifcque chargée d'explorer le Spitzberg, et Jacques Arago, qà devait livrer au public une esquisse de ce voyage, qu'il » réimprimée depuis. C'était la première fois qu'une femme b"aît partie d'une semblable expédition : M™* de Freyciad, récemment mariée, toute jeune, toute dévouée, avait auvi à bord son mari, à son insu, sons un costume de matelot. Lorsque cette violation flagrante des lois maritan» fut racontée à Louis XVIII , » pensa qu'il fallait la juger avec indulgence, un pareil exemple ne lai paraissant pis devoir être contagieux.
Apres avoir relâché à Gibraltar et à Sainte-Croix de Té- ■ériftr, où M"" de Freycinct reprit les habits de son sexe, sso» lesquels elle fut aimée et respectée de tout l'équipage , VUranie gagna Rio-dc-Janciro, se dirigea vers le Cap de Bonne Espérance, mouilla a Maurice, à Bourbon, à la baie des Chiens, à l'Ile de Timor, que Freycinet avait déjà visitée avec Baudin, a l'Ile Ombay et à Dilli, chef-lieu des étabussements portugais de cette cote. De Ceram on pénétra dans le détroit qui sépare Atnbome de Bourou, on mit le cap sur Gassa, on rectifia plusieurs erreurs géographiques entre Guebe et Vaigioo, on établit un observatoire sur l'Ile de Ra*v*ak, sons l'éqnateur, d'où l'on partit le 5 janvier 1819; puis, en passant, on vit les lies de l'Amirauté, on traversa Parclnpel des Carolines et l'on arriva aux Iles Marianne». Là celles de Guham, Bottai et Tinian furent successivement explorées ; et ce n'est qu'après avoir recueilli de nombreux matériaux sur les mœurs, l'histoire naturelle et la géographie de cette contrée, qu'on fit voile vers les Iles Sandwich, ©à les études scientifiques de l'expédition se poursuivirent sur trois d'entre elles : Owhyhi, témoin des malheurs de Cook, Nowlit et >Vbahou. Ce fut dans la traversée de cette
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. dernière Ile au port Jackson que la corvette fit la découverte I de la petite Ile Rose, qui fut ainsi nommée du nom de la I patronne de M"** de Freycinet.
En coupant les Iles de la Polynésie australe , on essaya • de rectifier la position de celles du Danger, Pylslar, Howe | et des Navigateurs; on doubla, en laissant sur sa route la I terre de Van-Diémen , l'extrémité méridionale de la Nou- } velle-Zélande ; on reconnut le 5 février 1820 les côtes de la Terre-de-Feu, près du cap de la Désolation, et l'on s'arrêta à la baie de Bon-Succès, dans le détroit de Lcmaire. Un épouvantable ouragan en chassa bientôt la corvette : l'équipage se félicitait déjà d'avoir échappé à sa furie, quand une roche des Malouines vint le punir de sa joie. Ce fut le dernier élan de ce navire.
Dans cette circonstance périlleuse, le sang- froid de Freycinet ne lui fit pas défaut un seul instant t tout fut sauvé, | et pendant le long séjour qu'on fit sur cette terre inhospitalière, les opérations magnétiques ne discontinuèrent pas, quand on ne savait pas le matin si l'on aurait des vivres la soir : fort heureusement un mauvais navire mexicain La Pas, que les vents contraires et une voie d'eau contraignirent, sur ces entrefaites, à relâcher aux Malouines, vint arracher l'équipage aux angoisses d'une mort horrible : on l'acheta, on le nomma La Physicienne, et, après une rude traversée jusqu'à Montevideo , on regagna Rio-de-Janeiro , dernière relâche de l'expédition. Trois mois plus tard, on débarquait, le 13 novembre 1820, au Havre, après avoir sauvé les collections précieuses recueillies avec tant de xèlc durant cette longue campagne scientifique. De retour à l'aris, Freycinet présenta le résultat de ses travaux à l'Académie des Sciences. Le rapport d'Arago fut un éloge sans restriction de l'état-major de la corvette, de l'équipage et de l'infatigable commandant. Le conseil de guerre , séant à Brest , en l'acquittant pour la forme, lui prodigua les louanges les plus honorables pour sa conduite avant et après le naufrage. La relation de son voyage, Imprimée avec luxe aux frais du gouvernement, a pour titre : Voyage autour du monde entrepris par ordre du roi sur les corvettes de S. M. L'Uranie et La Physicienne, pendant les années 1817 à 1820 (s vol. in-4°, 1824-1844, avec atlas).
La large part de Freycinet dans ce magnifique travail lui ouvrit les portes de l'Académie des Sciences en 1820; il faisait déjà partie 'du Bureau des Longitudes, dont il était devenu l'un des membres les plus actifs. En 1 820 il avait été nommé capitaine de vaisseau; en 1833 il obtint sa retraite. Son nom a été donné à une contrée de la Nouvelle- Hollande, découverte par Baudin en 1802, et à une Ile de l'archipel Dangereux, découverte en 1823 par Duperrev. Freycinet a été en 1821 un des fondateurs de la Société de Géographie.
Son frère aîné, le contre-amiral baron Henri m Sault.es ne Fueycinet, né en 1777, mort en 1840, servit avec dis» tinction dans la marine militaire sous l'empire, administra l'Ile Bourbon en 1820 et la Guyane en 1827, fut nommé contre-amiral en 1828, et préfet maritime de Hoche/or t en
FREY4A. Voyes Fbicca.
■ FREYR, fils de Niord, admis avec son père parmi les A se s, qui lorsqu'il fit sa première dent lui donnèrent le château céleste d'Alfheim, est appelé Vanagod, en raison de son origine. 11 est le dieu de la paix et delà fécondité, dispense la pluie et les rayons du soleil, et est invoqué quand on veut obtenir de bonnes moissons. 11 a pour épouse Gerda, fille du géant Gymer. Freyr l'avait entrevue un jour qu'il était monté à Hlidskialf, le séjour d'Odin, du haut duquel on aperçoit tout sur la terre. Gerda était si belle, que l'éclat de ses bras éclairait l'atmosphère et la nier. Épris de l'amour le plus passionné, Freyr chargea Skirner de demander sa main, après lui avoir donné pour prix de ce service sa bonne épéc, que celui-ci perdra en combattant contre le crépuscule des dieux. La fetc de Freyr se célébrait en automne. Il se peut qu'antérieurement ii ait été hçrmaphro-
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ditement uni a Frcya ; comme celle-ci, il était invoqué par
les fiancés.
Freyr était l'objet d'une vénération particulière , notamment en Suède, où on le considérait comme une des divinité* nationales, et aussi eu Islande. Il avait son teiu,p|e principal à Upsal, en Suède, ou chaque année on lui offrait en sacrifice un grand nombre d'honanes et d'animaux- Lois de la fête de Jul, qui lui était consacrée, et à l'occasion de laquelle le dieu était solennellement promené «|aiu lç pays, toute discussion restait suspendue. Comme le Frauja des Colin, appelé par contraction Fro chez les Saxons, est us nom qui se conserva longtemps, même après l'introduction du christianisme, pour désigner le Seigneur, il est à présumer qu'il ne représentait pour ces peuples qu'une idée abstraite.
FREYRE ( DonMANCEL ), général espagnol, né en 1765, à Ossuîîa, en Andalousie, fut nommé en 1798 major dan$ un régiment de hussards, et venait de passer lieutenantcolonel au moment où éclata la guerre de l'indépendance ( IS0S-l8l4).»Les services distingués qu'il rendit à son pats à relie époque le firent successivement monter de grade en grade jusqu'à celui de lieutenant génital. Kn 1S20, Ferdinand VII l'ayant choisi pour l'opposer a lïusurrecltou victorieuse de l'Ile de Léon, il adressa de Séville, le t4 janvier, aux troupes placées sous ses ordres un ordre du jour, a l'effet de les préparer à marcher contre l'insurrection. Toutefois, appréciant les difficultés de la situation, Freyre sembla Toiiloir obtenir par la voie des négociations un résultat qu'il regardait comme impossible avec le seul emploi de la force; et ses mesures eussent peut-être été couronnées de succès, si de nouveaux mouvements insurrectionnels n'étaient point survenus en Calice- et ailleurs. Pendant le mois de février, il avait bloqué l'Ile de Léon du coté de la terre et fait poursuivre le général Riégo dans les montagnes de la Ronda, lorsque, le 7 mars, des députes se présentèrent à son quartier général de Puerto Santa-Maria pour le sommer, au nom d'un grand nombre d'officiers de marine et d'arlillrrie en garnison à Cadix , d'avoir à faire proclamer la constitution. Freyre se rendit de sa personne le surlendemain à Cadix, afin d'y juger par lui-même du véritable état des choses; et alors, contraint par la force des choses et aussi par la nouvelle de l'arrivée prochaine du comte de l'Abishal , il promit d« lalrc proclamer la constitution le jour suivant. Lorsqu'il revint, le lo, à Cadix, des scènes de carnage, dont les causes sont demeurées un mystère, éclatèrent dans cette ville. Aussitôt que l'ordre fut rétabli, les ofliciersde la garnison vinrent le trouver, réclamant de lui l'arrestation immédiate des officiers d'artillerie, corps dont les opinions |K>Iinquesétaient devenues suspectesaux partisans de la constitution. Freyre y consentit, et compléta celte mesure de conciliation en faisant sortir de Cadix le* bataillons compromis dans Péchaiiffourée. Le 1 4 il reçut enfin l'ordre royal, daté du 7 , en vertu duquel la constitution fut solennellement proclamée à Cadix ; mais à quelques jours de. là, il se voyait enlever son commandement, et il fut même mis en état d'arrestation, comme accusé d'avoir 'lé le principal instigateur des massacres de Cadix. Remis en liberté lors du retablisscment du régime absolu . Freyre vécut jusqu'à la mort de Ferdinand Vil dans la plus profonde retraite. Kn 1833, il se déclara en faveur de la reine Isabelle, fut créé pair du royaume , commandant en chef de la garde royale et capitaine général de Madrid ; mais il mourut dès les premiers mois de 1834. *
FREYTAG (GeoKGES-Guiu.JttinE-FitenrRic), professeur de langues orientales à l'université de Bonn, l'un des plus célèbres arabisants qu'il y ait aujourd'hui en Allemagne, est né le 19 septembre 1788 , à Lunctaorg; et c'est surtout par les études toutes spéciales qu'il a faites à Paris, dans les années iris et suivantes, sous la direction du savant Sylvestre de Sacy, qu'il a pu parvenir au rang distingué qu'il occupe aujourd'hui parmi les orientalistes. Le premier résultat de ces études fut la publication de ses Sclesla ex Uis-
FRIBOU&G
| toria Haltbi ( Pari» , 1 s 1 9 ). L'année suivante il fut appelé
à la chaire qu'il occupe encore aujourd'hui à Bonn. Parmi ses ouvrages les plus importants nous citerons sa Grammaire abrégée de la Langue Hébraïque ( 1835 ), sa çhresiomatie Arabe, el son grand Lexicon Arabicum Latinum ( 4 vol. iu-.- , 1830-37 ) , dont il a été publié on abrégé ( 1837, in- » ). Nous mentionnerons encore de lui : Arabum Proverbia{2 vol., 1838-44); Caabi Ben Sohair, Carmen in laudem Muàamuudis dictum ( 1833, in-4°) ; Uamasx Carmina , collection des plus anciens poèmes arabes d'Abou-Teramim , avec des scolies arabes (im, ln-4°); Exposition de la versification arabe ( 1830); enfin l'Anthologie Fakihat Alcholafa d'Ibn-Arabjali ( 1837 ).
FRIABLE, épitliète qu'on applique aux corps tendres et fragiles, qui se divisent ou se réduisent aisément en poudre sous les doigts : tels sont le plaire, les pierres calcinées en général, etc. En physique, la friabilité est la propriété qu'ont certains corps de céder à l'action d'une puissance quelconque tendant à en isoler les molécules. Cet état provient du peu de cohésion des partie* de ces corps, cohésion tellement laible qu'elle s'oppose a peiue à leur désunion .
FRIAND, FRIANDISE. Les mots friand , friande , s'appliquent également aux personnes qui aiment le» choses délicates et recherchées, et à ces choses elles-mêmes, quoique ces dernières soient plus spécialement désignées sous le nom de friandises ( cupedix ). La Fontaine dit dans une de ses fables :
Il te rrjoDuult à l'odeur de la viande, Mite eo menus morceau*, el qu'il croyait Jr'miule.
C'est i) tort que quelques personnes attachent à l'idée rie ce mot celle d'un vice , et le définissent un appétit désordonné pour les choses délicates. C'est sans doute faire contracter aux enfants une mauvaise liabitude que de les gorger de sucreries, de friandises, mais ce défaut est moins honteux que la gourmandise. Le gourmand recherche en général la quantité, le friand la qualité.
Friand se dit, au Gguré, d« choses qu'on aime avec passion, quoiqu'elles ne tombent pas sous le sens du goût, comme friand de nouvelles, de musique', de louanges, etc. Le mot friander était jadis en usage pour exprimer l'action de manger d'une manière friande. Ce proverbe : avoir le ne s tourné à la friandise, a été aussi très en vogue autrefois. Ce qui y avait donné lieu était l'image de saint Jacques de l'Hôpital , peinte sur la porte de l'édifice de ce nom , près de la rue aux Ours (au plutôt aux Oies ), dans laquelle se trouvaient les premiers rôtisseurs de Paris. De ce que le visage du saint regardait cette rue , on avait fait le proverbe : Il est comme saint Jacques de l'Hôpital, il a le nez tourné à la friandise. Billot.
FRIBOFRG, un des vingt-deux cantons suisses, le neuvième dans l'ordre de la Confédération , présente une superficie de 20 myriamètres carrés, et confine aux cantons de Berne, de Yaud et de Menfchatel. D'après le recensement de 1850, sa population s'élevait à 99,891 individus, dont 87,753 catholiques et plus de 12,000 réformés. Ces derniers habitent surtout l'arrondissement de Moral. Au point de vue de la langue, celte population se divise «a 75,857 individus parlant français, et 24,034 individus parlant allemand. Le français est la langue officielle du gouvernement ; mais toutes les lois et décrets du grand-conseil, de même que tous les arrêtés obligatoires sur toute l'étendue du canton, sont rédigés dans I les deux langues. Le sol de ce canton se compose en général de collines et de montagnes bouées, dont les plus élevées, continuation de la clialne alpestre de l'Oberland, sont situées dans la partie méridionale et la plus froide du canton, sans toutefois atteindre les limites de la région des neiges éternelles. La majeure partie du lac de Moret , de même que le lac Noir ( Schwansee ) et celui de Seedorf appartiennent a ce canton. Ses cours d'eau les plus importants, la plupart affluents du Rhin, sont la Saane ou Sarine, la Broyé et le Ciundon. La population a pour principales