GALE — GALEN
GALE (Thomas), savant philologue et
est allèrent. Aucun de
la vésicule même ( Alibert ni Piett ), ne l'ont trouve. Si une main imprudente se met en contact avec celle d'un galeux, aussitôt quelques-uns de ces insectes quittent leur ancien maître pour le nouveau, et voila la gale transmise. Cet insecte a été minutieusement décrit par quelques observateurs ; • C'est un ver, disent-ils, dont la figure approclte de celle d'une tortue, de couleur blanchâtre, le dus d'une couleur un peu plus obscure, garni de quelques poils longs et trèstins; le petit animal montre beaucoup de vivacité dans ses mouvements; il a huit pattes, la téte pointue et ornée de petites cornes ou antennes a l'extrémité du museau. L'insecte s'introduit d'abord sous la peau par sa tête aiguë, il s'agite ensuite , rongeant et fouillant comme une taïqie , jusqu'à ce qu'il soit entièrement caché sous l'épidémie, où il sait se creuser des espèces de chemins couverts, et des routes souterraines d'un point à un autre. » Voila une description bien complète, et qui n'a pu être faite que d'après nature. Ce n'est pas tout encore; on a surprit l'insecte à sa naissance; on a vu l'acarus poudre un œuf blanc de figure oWongue conuue un œuf de pigeon. Voilà ce que de» naturaliste* dignes de foi affirment avoir vu, de leurs propres yeux vu ( avec un microscope toutefois ). Si d'autres médecins ou naturalistes tout aussi dignes de foi n'ont pu trouver l'acarus; s'ils l'ont cherché dix, vingt ou cent fois sans apercevoir même le bout de ses cornes, nous avons dit à quoi tenait l'insuccès. Au reste, peu importe le fait ou le doute, car l'acarus ne change rien au traitement de la gale ni à ses danger*. Rien de plus certain toutefois que l'existence de Vacnrus , puisqu'on sait que les nègres de la luiadelou|»o et quelques femmes corsts ont le don «le l'extraire de son sillon, avec la fine pointe d'une aiguille.
Quant au traitement de la gale, on la guérit presque immanquablement avec les topiques soufrés : pommades, savons, bains, fumigations, etc. La pommade citrine, dans laquelle intervient l'acide nitrique, est aussi un excellent moyen. Le soufre, les alcalis, le mercure, des corps huileux ou graisseux les essences aromatiques de myrte, de lavande, etc. , voilà les bases principales de tous les traitements efficaces. Or, de pareils succès saut conlirraalifs de l'existence de l'acarus. Ce petit animal en effet ne saurait vivre sans respirer, sans respirer par des trachées, comme les insectes : il est dès lors fort naturel que le mercure lo lue, que le soufre l'asphyxie, comme il asphyxie tant d'autres animaux ; naturel que les corps gras lui coupent la respiration comme aux cotirtilières ou taupes-grillons. Dupuytren guérissait la gale avec des lotions faites avec une solution de M grammes de potasse dans 760 grammes d'eau, avec addition de Ifi grammes d'acide sulftirique.
Dr Isidore Bourdon.
Qalf se dit aussi d'une maladie des végétaux, caractérisée par des rugosités qui s'élèvent sur l'écorce des branche*, tur les feuilles et sur les fruits (raye; Gut>: ).
né a Scurton, dans le Yorkshire, en I63«, avait tait d'excellentes études yrecqu'-s : il débuta dans l'enseignement comme professeur royal à Cambridge. Appelé à la direction de r<-cote de Saint-Paul à Londres, qu'il garda vingtcinq ans , H y forma quelques-uns des nommes les plu distingués de l'Angleterre. Le mérite de Gale le fit recevoir membre de la Société royale de Londres, dont il devint plus tard un des secrétaires honoraires. Dès l'an 16*6 on lui avait donné une prébende à l'église de Saint-Paul, ta 1697 on lui confia le doyenné d'York.
Histoire, philosophie, poésie , rhétorique , son Bénie UL«> rieux embrassa tout avec la même ardeur et la même s*»cité. Parmi ses ouvrages , estimés encore, le premier M publié sous ce titre : Opvstvta tnythologica, «fAico, physica (Cambridge, 1671, in-»°). Il contient les fragmesl< des pythagoriciens , la vie d'Homère et les allégene» Itomériqoes. Puis vint me édition d'ApoUodore, deCoutm, de Ptoiémee, de l'art lienius, etc., sous ce litre : HMvhtt Poettc* Scriptorts aniiqw. Publiée h Paris en 1676 , cette collection fut réimprimée a Londres îles 1676. La nirtiwannée parurent à Oxford les Khr tores stlecli, qui ne sont pas précisément des orateurs célètires. Mais cette des publications de Gale qui exerça sur les études philoso^n^ la plus grande influence fut l'ouvrage d'IamWique, />< Mijitnns j-tgypttorum. A ces monuments de l'auliquik sut cédèrent des monument* du moyen âge : d'abord, le recueil Hutorist Anglican a- Scrtptores quingue (Oxford, 1067) ; puis un second recueil, plus curieux encore : Untorix Britannivv, Saxon te*, Anglo- Uanica> ftnnfertu gutndtctm (Oxford, léttl ). Épuisé |»ar tous ces travasi d'enseignement et de critique, le doyen d'York mourut, ea 1702, dans un âge peu avancé, pleuré de ses i>ouil>reu\ disciples et de tout le monde savant. Marrea.
GALEASSE, nom d'une espèce de navire à an sent pont, à troi-s mats, et a 2a ou 30 bancs de rameurs, <y* était en «sage dans l'Adriatique, la Méditerranée, à l'époque de la renaissance, et que dans les bataille* navale» un mettait à l'avant-garde, parce qu'an raison de leur tara on les considérait, nous dit un historien de la ssaiiM, comme y»chani[Hons de l'arme/; C'étaient eu efletlesplu* grands des vaisseaux latins. Longues et étroite» en proportion de leur longueur, les galéassesavaient les mêmes partie» et lf» mêmes membres que les galères, mais étaient d'un u>« plus longues , plus larges et puis hautes. A la poupe et à la pruur étaient disposées deux ^raiides places ou étaient postés les soldats et l'artillerie. Il y avait, en outre, une espèce de rue ou de coursive entourant tout le navire à l'Intérieur, et on se tenaient aussi les soldats pour combattre; les bords ialérienrs étaient garais de meurtrières par lesquelles on déchargeait mousquets et arquebuses sur l'ennemi en rettaal à l'abri de ses coups. Inutile d'ajouter sans douta qa on ae rencontre plus aujourd'hui de gaiéasses que dans les vient recueils d'estampes consacrés k l'histoire de la marine. U mot gateasse s'est maintenu cependant, quoique corrompu ; et dans les mers du Nord on appelle encore aujourd'hui ou/tasse l'espèce de bâtiroento que nous nommons g»'lette. Théogène Pack, capitaine ém ■
GALBAS SFORZE. Voget Spo«xa.
G ALEAS VISiONTI. Voyet Viscom G A LÈCHES- PoyesCviNASSB.
GALÉE, terme,d1mprlmerie, espèce de planche i avec un rebord où le compositeur met les lignes i i qu'il les compose (vnges Composition). Pour les grande» pages, comme celles des journaux, les grands tableaux, etc., on se sert de galées k coulisse, qui ont trois rebords sous lesquels s'engage une petite planchette nvee poignée, que l'on peut retirer k volonté.
GALEN (CnaiSTOMir.-BiuiMAJtn ne), évêque de Mansl« de 1660 k 1678 , et en même temps l'un des capitaines le* plus en renom de son époque, personnage qu'on pourrait
mhis certain* rapports con p;Ter a
notre
OALEN -
(ameux cardinal de Retz, et dont, avec no* mumrs et nos idées artueiles, nous avoua peine k nous expliquer les en- Irepr iscs et le> habitudes belliqueuses, mais dont la vie, les tcy* ri les prouesses font parfaitement comprendre l'état politique 6e l'Allemagne en même temps qoe le rôle joué l*r le haut clergé catholique allemand pendant la seconde mou* du du- septième siècle, naquit a Bispink en M'estwhalie, le I» octobre 1600, d'une famille noble, qui s'est [«rprtuee jusqu'à nos jours, et fut pourvu dès l'âge de '■qA in* d'un canooicat dans le chapitre de Munster. Après des études coimneDciec» chex les jésuites de cette ville, puis tueuntiers Mircrasivement à Colonne, à Mavence . à Lieue et a Bordeaux, ti participa a la direction dos «flaire* de son p*)s, tantôt dans tes ambassades, tantôt dans l'administration iakrieure. Le siège de Munster étant venu a vaquer, par suite de la mort de Ferdinand , électeur de Cologne et évoque de M un, ter, le chapitre s'arrangea cette fois de façon que l'é- WrtM/n rut lieu dam son propre sein ; et ce fut sur Bernard de (lilro , protnu tout récemment au x. fonctions de trésorier, que «t tixèreot les suffrage» ; 14 no vendue 1650). Saisissant wmM le» r«>nes du pouvoir avec vigueur, Beroartl de Galen pourvut d'abord au rétablissement de la discipline ecelé- ***li*i»e, qui, en raisin des malheurs de l'époque, s'était «yaiieretw-iït relâchée. Lnsuite il avisa aux moyens de wetuv un terme a la disette qui allligeait le pays , d'y faire re
troupe* étrangères qui en occupaient encore diverses parties.
A peine eut-il réussi à obtenir ces divers résolut*, qu'il eut» tnorntdier de difficultés sans nombre que lui suscitèrent k doyen Mallingkrotl, qui avait protesté contre son élection,
de reconnaître l'autorité de son évèque, mais même de l'ade mettre dans ses murs. Au moment ou llernard de Galen se disposait k l'investir, ceUc-ei entama avec lui des pourparlers (pu amenèrent, en 1655, la conclusion d'une convention. Cetendant, loin de s apaiser, l'irritation des habitants contre leur évô«pie-so«veimn s'accrut, au contraire, k tel point •s'AHxesna, leur agent à La Haye, s'écriait on jour en pré- Knee de I envoyé de l'empereur, que ses concitoyens aimeraeat mien se soumettre aux Turcs, voire au diable en personne, plutôt qu'A leur évéque. U Hollande prit lait et tauv pour la ville de Munster, et lui consentit un prêt de ih,<VH florins , tandis que l'empereur la menaçait de te uwUrtau ban de l'Empire, pub faisait envahir, en 1660, I évèche par I ,->oo nom mes de cavalerie. Ce ne fut cependant que le ti mars de l'année suivante que put être conclu le traîte relatif a la reddition de la ville. Une fois qu'il en fui redevenu maltr.- , Bernard de Galen ne négligea rien de ce ■pn poovaH loi en assurer te paisible possession contre l'es- \uit fartaient des habitants.
EJo en 166? administrateur de la célèbre abbaye de Corvey, Berna ni de Galen fut chargé par la diète tenue ni i6W S Ra tU bonne de diriger conjointement avec le margrave Frédéric de Bade les affaires militaires de te ligne , et partit ensuite avec la plus gronde partie de ses troupes contre le Turc. De- retour bientôt après dans ses États , l'éveque de Munslér résolut de tirer vengeance des nombreuses insultes dont il avait été l'ohjet de la part des Holtendais. Il conclut donc, en 1666, avec l'Angleterre nn traité par lequel, moyennant on subside considératile, Il s'engagea a porter l'effectif de son année A 15,000 hommes; puis il attaqua les Provinces-Unies par terre, tandis que l'Angleterre les attaquait par mer. Aux termes du traité cuuclii le 18 avril 1668, non* la médiation de Louis XIV, tes Étatseetieraux s'engagèrent, H est vrai, a retirer tours troupes de toutes les parties de l'évèchéde Munster qu'elles occupaient; mais, de son coté, l'évéque dut renoncer a certains droits de uueraineté qu'il s'était arrogés sur de* portions de territoire en litige Far conséquent, le résolut final de te lutte téeut tes plans et tes espérances qn'H avait pu former.
Après avoir .nntahlemenl terminé, en 1671, un différend mrvenu vntiu te maison de Brunswick et lui relativement
GALÈNE as
à l'abbaye deCorvey, Bernard de Galen accéda a un nouveau
traité d'alliance que lui proposa la France contre les Pro vinoss-Untes. Déjà il avait remporté sur les Hollandais des avantages marqués, lorsqu'une menaçante diversion sur ses derrières l'obligea tout k coup k (aire vol te- (ace pour aller défendre ses propres Étals, envahis par tes Impériaux et par I électeur de Brandebourg. Mais bientôt, reprenant à son tour l'otlensive, il envahit te Marche de Brandebourg, el, agissant alors de concert avec Turenne, général en chef de l'armée française, U s'empara en Westpbebe de te plus grande partie des possessions de l'électeur. Mais obligé, en 1674, de lever precipiUnuueot le siège de Cœvorden, k te suite d'un violent orage qui inonda son camp, il prête l'oreille k des propositions d'arrangcmeul, et s'engagea a restituer tout le territoire qu'il avait enlevé aux Pays-Bas. En 167», il accéda k te ligue tonnée par l'empereur contre la France; et on vit alors ce condottiere mitré agir avec autant de vigueur pour le compte <k sesfnouveaux alliés , qu'il en avait déployé naguère au profit de la France. En août de cette même année , il conclut avec le roi de Danemark et avec l'électeur de Brandebourg uu traité dirigé contre la Suède, et par suite duquel ce fut k lui qu'échut te mission d'attaquer tes duchés de Brème et de Werden , alors dépendances de U Suède, et qu'il garda pour lui. Il envoya aussitôt une partie de ses troupes grossir l'armée impériale campée sur les bords «lu Rhin et de la Moselle, tendis que le reste allait prendre ses quartiers d'hiver dans la Frise orientale. En 1677 il signa an nouveau traité par lequel II mit 9,000 hommes h la dls- IKisilion dn roi d'Espagne contre la France, et 5,000 à celte dn roi de Danemark contre te Suède. L'occupation de la Frite orientale loi attira une guerre de plus sur les bras ; mais ilne consentit k l'évacuer, en 1678, que contre payement d'une forte indemnité. Pendant les préliminaires pour la paix ouverts à Nimègue, Bernard de Gaton tomba malade à Aimas, et il y mourut, te 19 septembre 1678.
GALENE. La galène, ou sulfure de plomb, est d'un gris métallique assez brillant ; sa texture est lamelleuse, ce qui lui donne la faculté de se cliver facilement; ses cristaux sont ordinairement des cubes très-réguliers; quelquefois ce|iendaiit on trouve la galène cristallisée en octaèdres, en cuho-octaédres, etc. ; mais Cf$ formes ne sont elles-mêmes que des modifications du cube, dont elles dérivent. Cette substance n'est point malléable : un cliOC assez léger suffit pour la briser; elle se distingue du tlac sulfuré ou blende, avec lequel on pourrait la confondre , par la propriété qu'elle a d'être rayée par une lame de couteau qui laisse sur la galène une trace brillante, tendis que cette trace est sans éclat sur le sine sulfuré. La plombagine, ou carbure de fer, peut aussi se confondre avec te galène, mais la différence de poids seule suffit pour la distinguer. La première est trois fois moins pesante que te seconde, qui ne forme pas de traits sur le papier, tandis que te plombagine y forme des traits d'un gris métallique. La galène, chauffée sur un charbon au chalumeau, se décompose; le soufre qui entre dans sa combinaison se dégage ; le plomb entre en Tusion , et se reconnaît aux caractères qui lui sont propres.
La galène n'est jamais pure, elle contient toujours des métaux étrangers : ce sont l'argent, l'antimoine et l'arsenic. La quantité du premier de ces métaux est ordinairement assez considérable pour que son extraction soit avantageuse. En effet, il suffit de 00 grammes d'argent par cinquante kilogrammes de minerai pouf compenser les frais que nécessite sa séparation. Les variétés qui en contiennent le plus sont celles qui ont te grain An et serré comme celui de l'acler.dont elles ont laeouleur; en général, le plomb tulfuré, dit itruf, doit cette propriété k l'antimoine qu'il renferme. La galène m: rencontre en filons on en couches considérables, dans les montagnes primitives et secondaires, formées le plus souvent de chaux carbooalée compacte. Sa gangue est tantôt le quartz, la baryte sullatée, la chaux carbonatée, la chaux floatée, et quelquefois le silex agate et le silex calcédoine, C'esl de tous les minerais de pl omb 1e seul qui soit cx-
gj GALÈNE -
ploité, parce que c'eut le seul qui se trouve en quantités suf- I lisantes. Ses principales mines sont en France celles de Poullaouen, dans le département dn Finistère, de Saint- SauTeur en Languedoc, de La Croix dans les Vosges, de Vienne dans le département de l'Isère ; en Angleterre, celles J du Derbyshire. Les filons qui les composent sont très-nombreux , et renfermés dans de la chaux carbonate* compacte qui contient des coquilles fossiles; dans quelques points, ces filons semblent n'avoir aucune adhérence à la masse de la montagne, et les surfaces en contact sont luisantes et même miroitantes. Quelques minéralogistes assurent qne dès qu'on met cette singulière substance à découvert, elle pétille et fait une explosion, qui détache de gros morceaux de filons ; ce fait, assez bien prouvé , n'a pu encore trouver d'explication. Ces mêmes filons contiennent aussi du pétrole et du bitume élastique. L'Espagne , la Silésie et la Carinthie sont également riches en mines de galène.
Sous le nom d' a 1 q n i f o u x , la galène a différents uwges dans l'industrie. C. Fav»ot.
GALE.XUS, GALÉNISTES. Voyez Anabaptiste».
GALÈOPITHKQtJE (de valfj, chat, et *i«eï, singe). Ce nom a été donné par Pallas à un genre de mammifères qui ressemble d'une part aux lémuriens, et de l'autre aux chauves-souris. Ce qui les rend surtout remarquables, c'est la membrane alifonne dont ils sont pourvus, membrane qui commence aux côtés du cou, s'étend dans l'angle que laissent entre eux le bras et Pavant-bras, |jalmc les doigts, est ensuite sous-tendue par les quatre membres, qui sont assez élancés, et passe de là entre les pattes de derrière pour envelopper la queue dans tonte son étendue. Cette membrane est pour le galéopithèque comme un parachute qui lui permet, non pas de voler (comme le croyaient les naturalistes qui l'avaient nommé maki volant ), mais de se soutenir assez aisément dans l'air quand il veut s'élancer d'nn arbre plus élevé vers un autre qui l'est moins. Les galénpitlièques appartiennent à l'Asie et à ses archipels, sont nocturnes , se nourrissent d'insectes et peut-être de fruits. On n'en connaît encore que deux espèces, le galéopithèque roux, et le galéopithèque varié.
GALÈRE (Marine). Les antiques nations de la Méditerranée se livraient d'immenses batailles navales. On comptait par centaines de mille les combattants qui se heurtaient en pleine mer : eh bien , noos ignorons complètement aujourd'hui la construction de leurs vaisseaux. Nous avons même appelé galère le premier type de leurs navires de guerre, sans songer que ce nom-là, inconnu aux anciens, est de la fabrique des sociétés du moyen âge. Les écrivains grecs du Bas-Empire et les historiens latins des croisades ont jeté dans les langues modernes les mots galéias (grec moderne), et gales ( basse latinité), dont nous avons fait galée et enfin galère. La seule trace , mais fugitive et douteuse, de cette apparition chez les Romains se trouve dans le distique d'Ovide :
Eal niihi, aitque. prrcor, flar* lutela Minmx, Naris, et » (licta ciuideonmen habet.
Ainsi, la galère tirerait son nom du casque (galea), qui servait quelquefois d'ornement à sa proue. Quoi qu'il en soit, pour nous coo former à l'usage, nous appellerons galères les x«T«?paxTot vf^« des Grecs et les navet longx ou rottratr des Romains. Les premières galères n'étaient que de simples bateaux découverts, portant vers la proue et vers la poupe des planchers on se plaçaient les soldats pour combattre. Les plus petits avaient de chaque côté dix rames ; la barque à laquelle César confia sa fortune dans la nuit orageuse qui précéda la bataille de Pharsale était de ce genre. Les plus grandit en avaient cinquante ; ils ne servaient que pour la guerre ; leur fond était plat, leur carène peu renflée, la longueur de leurs cotés en ligne droite, effilés et élancés à l'avant et à l'arrière, mais résistant bien au choc des lames. On mettait un soin particulier dans leur construction; ils allaient à la voile et * l'aviron, snrtout à Pa-
GALÊRE
viron, car jamais on ne combattait sous voile ; 'et pour les rendre* plus légers et plus maniables, on les construisait en pin et en sapin. Ils avaient en longueur sept on huit fois leur largeur, et leurs dimensions étaient déterminées par l'intervalle de* rames; leur mature était haute : elle portait de longues voiles à antennes, qu'on surmontait d'une voile légère quand la brise soufflait doucement sur les flots. Pour donner plus de toree à l'éperon, oo bec en bois ferré qui armait la proue, oo l'appuyait de deux grosses poutres on avant-becs nommés épottdes. Quelques-uns portaient deux gouvernails, l'un à l'avant, l'antre à l'arrière. Alors il suffisait de changer l'impulsion des rames pour qne la proue devtnt la poupe. Une ceinture entourait et renforçait la muraille; elle servait de point d'appui aux bancs des rameurs; pendant la nuit, ces bancs étaient leurs lits, et leurs ramei leur abri ; nous lisons dans Virgile :
... pUcida laurunt nembra quitte Sub remia, fusi per dura aedilia nanUt.
Telle fut la galère primitive. Les Thasiens la couvrirent d'un plancher, oo pont, sur tonte sa longueur; les rameurs furent à Cabri, et l'on put y combattre de pied ferme. Sur ce pont on disposa un second rang de rames, et l'on eut la birème, puis, un second pont d'un troisième rang de rames : ce fut la trirème on trière; ensuite la quadrirème, la quinquérème ou pentère, la sextirème. Enfin , ce principe, poussé jusqu'à l'absurdité par les Grecs, gens de parade, amena roetère de Memnon , la galère à 10 rangs de Démetrius Poliorcète, celle d'Hiéron à 10 rangs de rames , et le palais flottant de Ptolémée-Philopator, à 40 rangs de rames. Celte multiplication des étages de rameurs a été déclarée mathématiquement impossible par quelques savants, qui ont donné un démenti formel aux textes les plus clairs des auteurs anciens. Sans doute , si les murailles de ces gigantesques galères avaient été droites, ou rentrantes comme le sont celles de nos vaisseaux, le jeu des rames supérieures eût été impossible ; mais l'inspection d'un bas-relief de Palestrine fait voir qu'à l'extérieur de la muraille il y avait un écha fandage en saillie , où se tenaient les rameurs : ainsi devenait possible la manœuvre simultanée de toute lachiourme, sans que les rames les plus hautes fussent démesurées ; seulement on avait soin d'armer de plomb la poignée de ces rames pour faire équilibre à la pelle.
Mais toutes ces constructions colossales n'avaient pour but que l'ostentation ; quelques-unes furent démolies sans avoir jamais été à la mer. L'usage révéla les plus utiles, et les deux grands clutmpions de la Méditerranée, Romains et Carthaginois, peuples navigateurs et guerriers, donnèrent la palme h la trirème : l'antiquité l'appela le vaisseau «ie guerre par excellence. Essayons ici de ressusciter cette trirème antique, ce vaissean de ligne de Rome et de Cartilage. Immédiatement au -dessus de la plate-forme inférieure, qui servait de base à toute la construction, était la tentine (cale) : là, commode nos jours, s'entassaient les vivres, les munitions , les cordages et les voiles de rechange, et , comme tic nos jours encore, l'eau qui s'y infiltrait était vidée avec dos pompes , car presque toute cette partie plongeait dans la mer. Le premier étage de rameurs venait ensuite à quelques pieds au-dessus de la flottaison ; son peu de hauteur forçait les matelots à une position inclinée, d'où lui vint la dénotai natton grecque de thalamos, lit, et aux rameurs qui l'occupaient, le nom de thalamites ; quelquefois aussi on les appelait koloboi, rames tronquées, parce qu'ils avaient les rames les plus courtes. Mais dans les coups de roulis les «laloto, ou ouvertures pratiquées dans la muraille pour le passaitde ces basses rames , eussent été autant de voies d'eau : un manchon en cuir, cloué autour de la rame et contre le bon] . s'opposait aux envahissements de la mer. Le second éta^e, zygos, était occupé par lessygite* : leurs rames plus longues ne gênaient point la cltiourmc inférieure; et quand un naviguait à la voile, ils sautaient sur le pont supérieur po»«r aider à la maixruvre «les antennes et de cordages. Ils étaient
d'oie datte supérieure aux thalamitos : aristophane nous a trauMuis quelque* tenues méprisants dont ils apostrophaient ces dernier». Enfin , sur le troisième étage, ou le poet, tkranos, se tenaient les thranites, marins d'élite de l'antiquité, à la fois matelots, soldats , rameurs. S'il fallait (aire voguer La trirème, ils maniaient les plus longs aviroa» ; si l'on déployait les voiles, ils grimpaient le long des antennes; puis dès que le combat s'engageait, ils quittaient U rame et La corde , prenaient le casque , la pique et le bouclier, repoussaient l'attaque , ou, les premiers et les plus agrfc; a l'abordage, ouvraient, à coups de hache, aux soldats de la flotte, leurs frères d'armes, un chemin sanglant sur les pools de l'ennemi. De leur courage et de leur adresse dé- [<u<iait souvent le succès de la bataille ; aussi le thranite itait-d le matelot le mieux payé de tout l'équipage. S'il y avait quelque récompense extraordinaire a accorder, c'était à loi qu'on la réservait ; le république votait une couronne «rboaneur au thramte qui après ou pendant le combat iT»it ravitaillé sa trirème désemparée.
Sur le pont, vers l'arrière, était le katastrâmma, opéee de dunette, où logeaient les officiers, et par-dessus, un carras* «rti trùne, thrônot, souvent en drap d'or, d'où le générai dngeait la bataille, et d'où le pilote gouvernait le navire. Sur la proue s'élevait en outre une guérite, pour protéger le proreta, contre- maître chargé de la manoeuvre de l'avant ; ta aussi se tenait le matelot en vigie. La trirème réunissait toutes les conditions qui rendent un navire propre au combat : aucune de ses dimensions n'était exagérée; elle était Utile a manœuvrer et légère à la course; elle poKsédait tous les moyens d'attaque et de défense alors connus; sa pr^ue était année de l'éperon ferré et du rottrum tridens, ou bec a trois pointes, pour déchirer et entrouvrir les lanes de l'ennemi. Afin qu'une seule blessure ne l'exposât pas elle-même a s'abîmer sous l'eau, on avait partagé sa carène en un grand nombre de cases presque hermétiquement calfatées : ainsi, l'irruption de la mer dans sa cale ne pouvait être que locale. Le long de ses murailles s'adaptaient des tours mobiles pour les archers, des catapultes, des batiste», engins de guerre redoutables ; au sommet de ses mâts étaient des plates-formes ou bastions d'où les soldats (allaient pleuvoir une grêle de pierres; au bout de ses anten a» pendaient des crocs, des grapins, des masses de plomb pw accrocher l'ennemi et défoncer ses ponts; enfin, sur le* trirème* romaines, à la proue, presque dans le prolongement de fétrave, se dressait un mat ou style perpendiculaire; et ce mat portait le terrible corbeau de Duillius, espèce de pont-levis dont l'une des extrémités tournait aulour du pied du mAt comme sur un axe, tandis que l'autre était ■iflarl^-e \ la tète par une corde qu'on lâchait ou serrait a voioolé, selon qu'on voulait laisser tomber ou relever le corbeau ; cette même extrémité portait par-dessous une ♦ norme broche en fer bien acérée, qui clouait deux navires l'on a l'autre, et changeait ainsi le combat naval en un combat de pied terme, dans tm espace étroit, où la fuite était imposable. La trirème pouvait manœuvrer en « omhattant;
bri des traits, la faisaient marcher, car leurs rames, fort courtes et cachées sous les flancs ne couraient pas le danger d'être coupées ou brisées dans un abordage. Le seul avantage qu'eût sur elle la quadrirèroe était de la dominer de toute la hauteur d'un étage ; les coups de cette dernière étaient donc plus sûrs et plus dangereux , et l'abor- ■Uge presque impossible , ce qui détermina Carthage à 1 opposer a l'irrésistible valeur des Romains : mais son poids la rendait difficile a mouvoir, et la trirème finissait par la