‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 79 sur 614 · GALERE — GALERIE · texte numérisé non relu

GALERE — GALERIE

ciété chrétienne. ■ Né dan* las huttes des Daces, dit CliA- i teaubriand, ce gardeur de troupeaux a nourri dès sa jeunesse, sous la ceinture de cbevrier, une ambition effrénée. Tel est le malheur d'un État où les lots n'ont point fixé la succession au pouvoir... Galérius semble porter sur son front la marque ou plutôt la flétrissure de ses services; c'est une espèce de géant dont la voix est effrayante et le regard j horrible. Le* pâles descendants des Romains croient se ven- ! ger des frayeurs que leur inspire se César, en lui donuaut le ! surnom d Armentarius (gardeur de troupeaux). Comme un ! homme qui fut affamé la moitié de sa vie, Galérius passe les j jours à table, et prolonge dans les ténèbres de la nuit de basses et crapuleuses orgies. Au m&icu de ce* saturnales de , la grandeur, il fait tous ses efforts pour déguiser sa première ' nudité sous l'elfronterie de son luxe ; mais plus il s'enveloppe ; dans les replis de la robe de César, plus on aperçoit le sa) on du berger. • Galère cependant n'était pas sans mérite; du ! rang de simple soldat, parvenu aux premiers grades de la milice, il s'était distingué sous les empereurs Aurelius et Probits. Créé César par Dioctétien, l'an 292 de l'ère i chrétienne, il eut pour son département la Thracc, la Macé- J doine et la Grèce. N'ayant rien de grand à faire contre les j ennemis de l'empire, il fit défricher dans la Pannonie plu- ! sieurs forêts considérables, et fit écouler un lac dans le Da- j nube , créant ainsi une nouvelle province, qui fut appelée j Valérie, du nom de son épouse, laquelle était fille de Dioctétien. Mais il ne fut pas heureux dans son expédition contre Narsès, roi de Perse, et fut complètement défait entre Callinique et Cbarre». Dioctétien, qui était à Antioclie, le reçut avec toutes les marques du plus vif mécontentement ; et l'orgueilleux César fut forcé de marcher à pied derrière le char impérial, comme le dernier des soldats. Il se releva de I cette humiliation par une victoire tellement décisive que le monarque persan céda cinq provinces à l'empire pour obtenir [ une paix qui fut observée pendant quarante ans. Dès ce moment Galère, regardé comme le héros de l'empire et décoré des noms fastueux de Peratque, d'Arraénique, de Médique et d'Adiabéoique, se fit craindre de Dioclétien, et bientôt le força d'abdiquer.

Galère avait apporté sur le tronc une fureur aveugle con- : tre les chrétiens. La mère du césar, paysanne grossière et superstitieuse, émit livrée avec fanatisme à l'adoration des divinités des montagnes. Elle avait inspiré à son fils l'aver- i non qu'elle éprouvait pour les sectateurs «le l'Évangile. Galère ■ poussa d'abord le faible et barbare Maximien, collègue de I Dioctétien, à persécuter l'Église; mais ce ne fut qu'avec peine ! qu'il triompha de la sage modération de Dioctétien . Enfin, j Galère arracha cet édit de proscription qui a rendu son nom et celui de Dioclétien si odieux dans les annales du christianisme. Aucune persécution ne fut plus générale et ! plus savamment cruelle : commencée lan 303, elle dura dix j ans. Ce ut on baptême de sang que reçut le christianisme j au moment de triompher par l'adoption de Constantin. Après ! l'abdication de Maximien et de Dioclétien (an 305) , Galère, | dominateur de l'Orient, vécut en paix avec Constance J Chlore, son collègue, qui régnait en Occident II n'en fut i pas de même de Consta nt i n , fils et successeur de Cous- { tance Chlore : l'activité de os jeune collègue troubla la vieil- j lesse de Galère. Ce dernier avait ordonné un recensement I des propriétés, afin d'asseoir une taxe générale sur les 1 terres et sur les personnes ; il voulut y soumettre l'Italie, j Rome se soûlera, et appela à la pourpre Maxence, fils de l'ex-empereur Maximien. Maximien lui-même sortit de sa i retraite, reprit la pourpre en Gaule, et se ligua avec Cous- | tant in contre Galère. Cependant Galère, avec une forte année, ; vint en Italie pour assiéger Rome, qu'il n'avaitdamais vue. j Effrayé de l'aspect de cette ville immense, il se retira. Quelque temps après (310), Galère succomba dans Sardique, à tin mal affreux «t dégoûtant, pareil à celui qui avait enlevé Sylla. Les chrétiens attribuèrent cette maladie a la vengeance divine. Galère en jugea de même, car il fit publier, le l*r mars 311, un édit pour faire cesser ta persécution. Le j

ciel ne fitt point désarmé par ce tardif repentir : le i" mai

Galère n'était plus. Charles Du Rouis.

GALÈRES ( Peine des). Les chercheurs d'origines ont fait tous leurs efforts pour déterrer la trace ou la preuve de l'existence delà peine des galères chez les Romains: c'était se méprendre étrangement sur l'esprit de Rome. Roaw eut une trop haute idée du métier de matelot et de rameur pour «n faire un supplice ignoble; pour triompher de Cartliap et commander à l'univers , il lui fallait des héros, non <fe scélérats ; ce furent les classiarii milites, les «ocit natala, qui armèrent ses chiounues. Nul texte de ses lois ne porte I'empreinledun châtiment de ce genre. Peut-être pourrait-an conclure de quelques passages d'auteurs anciens qu'il existait à Athènes ; mats c'est dans le Bas Empire qu'il faut chercl«r le mot et le supplice. D'abord on nomma vatfsf«, galeahi en basse latinité , les matelots , puis les esclaves et les forçats , qui servaient sur les galères. Les français rapportèrent ce mot à la suite des croisades; ils appelèrent galié et galérien le forçat condamné aux galies et aux 9a lires, enchaîné et tirant la rame :

co w4p©bi (ses it rrt oc p*ir bicv Bien le* (Vrai a fftaiii'a garder.

Un arrêt du parlement qui défend aux juges d'église iW l'appliquer aux clercs en fait racntiou pour la p entière Ibis en 1&32. Les ordonnances de Charles IX ne firent que rendre cette peine applicable par tous les tribunaux séculiers du royaume. Ce même prince enjoignit aux parlements de ne pas condamner aux galères pour rooia» de dix ans. Un règlement de police de 1635 étendit cette peine à tous les vagabonds ramassés dans les rues de Paris -. l'ordonnance desgabelles de 1680 y condamna les faux-sauniers ; les délits de chasse et ceux de contrebande, furent punis des galères à temps et même a perpétuité jusqu'au règne de Louis XVI. En dettors des cas prévu» par les ordonnances , la peine des galères était appliquée pu la jurisprudence des cours et tribunaux à la plupart des crimes et délits ordinaires, tels que vols, faux , etc. C'était en réalité la peine la plus usitée , les juges ne se faisant aucun scrupule de l'appliquer, parce qu'elle offrait l'avantage de purger le pays des malfaiteurs en même temps qu'el'e les employait au service du roi et de l'État.

La chiourme, c'est-à-dire le nombre des galérien», était pour chaque bâtiment de 108, sans compter 80 mariniers de raines, 92 soldats et 30 mariniers dits de rambatt Cette chiourme était surveillée par un argousin,\in sous-urgotain, et dix compagnons ou gardiens qui exerçaient un pouvoir brutal sur les malheureux forçats. La partie du bitin^nt appelée la vague renfermait dans un espace d'environ îi mètres 2» bancs de part et d'autre, auxquels étaient enchaînés les forçats, qui passaient leur vie nuits et jours dans cet étroit espace. Aux jours de combat les boulets faisxient d'affreux ravages parmi les galériens. Ce fut sous Louis XI* , quand les ga I è r es cessèrent d'être en usage dans la marine française , que les galériens furent renfermés dans les bagnes.

La pénalité usitée envers les galériens était atroce. Tout condamué coupable d'avoir frappé un surveillant avec un ferrement était rompu ; s'il avait tué un camarade, pendu ; pour sodomie, brûlé vif; pour avoir juré le nom de Dieu ou de la Vierge, il avait la langue percée d'un fer rouge. A la première évasion, on lui coupait une oreille ; à la seconde, il était coudauiae à vie, et on lui coupait le nez.

GALERIE. Dans son acception la plus ordinaire, ce mot sert à désigner une pièce dont la longueur est au moins trois fois la largeur ; dans quelques palais, il y a des galeries qui servent de communication entre diverses parties des appartements; alors leur longueur est considérable -. telle est la galerie du Louvre. Les grands et vastes appartements ont souvent une galerie : c'est une pièce d'apparat dans laquelle on se réunit lorsque les salons ne sont pas suffisants. Lues sont dans ce cas décorées avec splcudcur : on y

pbr>? rueme de* objets précieux , des meuble» de luxe. Le» i sowv eni sont couvertes «Je peintures, divisées par coraformé* d'ornements , «oit en stuc, soit en peinture , et totuours dorée*. Le* trumeaux, d'abord recouvert* de tenteras en soie o j en brocart d'or et d'argent , ont aussi reçu des pr lares, de* tapisseries représentant <les personnage* ; ton y a introduit des tableaux originaux de diverses di- Le mot galerie stars a été employé pour désidm roiiections de tableaux appartenant a dus sonvc- ,àdr* princes, même à de riche* particuliers, quand ce» collections étaient trop considérables pour porter la ri nation de cabinet De pu» quelque* musée ou muséum *Tnc*i)-mes d«* galerie ; on emploie aussi maintenant le mot

ptnaeot kèq me.

Il y a pktaaeur* galeries célèbre* par leur ricliesse ou par témérité de* peinture* dont d'habile* maître* ont été chargé* 4e ha décorer. Non* citerons en première ligne la galerie 4o patins Farnàseà Rome , l'une de» plus petites par ses <l>nwRMoo* ; ettr jouit d'une grande célébrité, a cause de In rnbessede sa décoration. La imleriedu palais Favid Bologne, oa l'histoire <FÉnée; celle du palais Mau»*»» » Bo-

b«*e. représentant l'histoire de Romuhis, ciHin, le cloître Saint- ttîcl>ri-in- Bosco , aussi a Bologne, sont toutes les trois priâtes par tes Carrât h e. A Rome on voit aussi la galerie \tx<xpi, pteinle par François Albane et Badalocchi ; la pa-

Pierre Beretmi ; puis cette ebarîuveat désignée sous le nom dr Farm et i ma , et dan* laque He Raphaël a peint l*bistoire de l'Amour et Psyché ; enfin, la galerie du V a t ica n , a aquelle on donne en Italie le nom de loges • ses voûte* mante-déni sujets de l'Ancien et du tandis (pie les trumeaux et le* embrasures de* fenêtre* sont couverts d'aralicsque* où Raflum-\ a montre la grâce, la facilité et la diversité da son génie.

Hou» trouverons en France plusieurs galeries ce lèhre*. telles que la galerie du Louvre, la petit* galerie d'Apollon, l«Dte par Le Brun, et récemment restaurée ; la galerie peinte shj Luxembourg par Ruban*, et dan* laquelle cet habile artiste avait dorme l'histoire de Médias, maintenant détruite ; U gâterie Mncarine, a la Bibliothèque impériale; la galerie «m ambassadeurs, souvent dite galène de Diane, aux Tuilerie*-, la galerie de l'hôtel Lambert, à nie Saint. -Louis : la «note est teinte par Le Brun, et représente l'apothéose «niereuie; la galerie de l'hôtel de Toulouse , aujourd'hui i'botd de la Banque de France : sa voule, peiule en 1645, par Franco» Perrier, représente Apollon au milieu , et le* çaatre r'k-ments dâns les bouts. Non* ne devons point omettre h galerie du palais de Sahit-L'lood , peinte par Mignard ; m la salarie deVersailles, dans laquelle Le Brun a peint i~lù*torre de Louis XIV; ni enfin Fontainebleau, palais dont la construction est si singulière, dans lequel il a existé cinq paieries, dont trois sont abattues depuis -longtemps. Parmi tes galeries qui n'existent plus, il faut citer l'ancienne eal'-ria do Palais-Royal, la galerie Aguado. On sait de quelle richesse était la galerie du maréchal Soult.

îlotis parlerons encore de la galerie construite en Angleterre dans le palais d'iiampton Court par le roi Guillaume III et la reine Marie, exprès pour placer les sept grauds cartons priais par Raphaël, et que l'on croit avoir appartenu à Charles 1"; puis aussi de la galerie du palais Schleiasem en Bavière, égalesm-nt décorée de peintures et de plus 2,400 tableaux, ftous terminerons, enfin, en citant seulement le* noms des célèbres eotieetions de tableaux qui portent le nom de galerie, telles que la galerie de Florence ; à Vienne, la galerie impériale, au Belvédère, qui contient 1,230 tabieanx ; relies de* princes de Lkhtenstein et bstcrluwy, qui contiennent, la première 700 tableaux, et l'autre MO ; dans m reste de l'Allemagne, la galerie de Dresde, où se voient i; celle de Sans-Souei, qui en renferme 170; 1, de Brunswick, n'existent plus ; à Péiers»

bourg, la galerie de 1'F.nnitage ; en Angleterre, le* galeries de Marlhorough, Slaflord et Cleveland. Dccbesmb aine.

GALERIE (Forhjication). On distingue deux espèces de galeries souterraines, l'une servant à l'attaque, l'autre à la défense des places, la galerie dite de communication est construite par le* assiégé* pour communiquer du corps de la place ou de la contrescarpe aux ouvrage* détachés, afin de n'être point aperçu de l'ennemi. La galerie de mine est on fossé construit par les assiégeants pour aller, à l'abri de la mousquet erie, au pied de la muraille et y attacher le mineur. Cette galerie a 1", 30 de hauteur, sur I mètre environ de largeur ; elle fait partie de» travaux d'approche. La galerie de contre -mine consiste en une espèce de tranrltéa établie par le* assiégés pour interrompre ou détruire le* travaux de mine. Celle-ci, qui appartient au système de défense, est ordinairement maçonnée, tandis que la première est creusée en terre et étayée avec des planches à mesure que le mineur avance. On apiielle galerie d'écoute celle qui est pratiquée le long des deux côte* des galeries de communication pour y placer îles personnes chargées d'écouler et de découvrir l'endroit où travaille Pennemi.

L'origine de* galerie* souterraine* est fort ancienne : Enée le tacticien, qui écrivait vers le milieu du quatrième siècle avant J.-C, en parle comme d'une invention connue depuis long-temps. Cbet les Grecs et ci) ex les Romain*, elles étaient beaucoup plu* large* que les nôtres , et exigeaient par conséquent un travail plus long et plus minutieux Lorsque le* Komatns entreprenaient un siège, ils établissaient d'abord des tranchées, ou parallèles continues. De* sapes couverte* communiquaient, sans péril, du camp à a -s tranchées, et de ses ouvrages aux batterie* de jet D'autres sapes conduisaient au bélier lorsque le moment de faire manœuver cette machine était venu . Le* galeries souterraine* leur servaient de raine, mars ils ne faisaient usage de ce moyen qu'à l'instant où le bélier jouait avec le plus de force, c'està-dire lorsque le siège fouettait à sa 6n. Ces galeries se pratiquaient en établissant des étals sou* les murs et sous le* tour* desassiégés, lorsqu'elles étaient achevée*, ony apportait de* fascines goudronnées, auxquelles on mettait le feu. L'abaissement qu'occasionnait l'incendie des étais faisait crouler à la fois et la partie du terrain qui s'étendait au-dessus et la construction qui s'y trouvait placée. C'est aussi sou* l'abri des galeries qu'on faisait jouer le bélier. Une de* galeries les plus remarquable* était la vigne (vioée, vinea) ou treille, destinée à faciliter l'ap|>roche d'une place. Construite en bois de charpente, elle avait 5 mètres de long, 2m,M» de haut, et 2m,25 de large. La couveTturc était plate et se composait d'une double toiture, dont l'une en planche» , l'autre en clayonoage. Les côté* étaient revêtus, en dedans, d'osiers préparés pour cet usage ; en dehors, de cuir mouillé. On mettait ordinairement plusieurs vigne* a la suite les unes des antres pour en former une longue galerie.

GALERIE ( Mines ). Lorsqu'on s'est assuré, par un moyen quelconque, de l'existence et de la position d'un filon, et de la nature du minerai dont il est composé, on y parvient par des chemins souterrains, que l'on appelle puits ou ôurcj, lorsqu'ils sont perpendiculaire* ou très-oblique*. Ce* chemin* prennent le nom de galeries quand leur direction est horizontale ou du moins très-peu inclinée. Si la galerie est percée daus le sein d'une montagne, et si sa longueur est un peu considérable, on ouvre, au-dessus, des puits de distance en distance. C'est par ces puits ou soupiraux que l'air de la galerie se renouvelle. Tetssèdre.

GALERIE ( Marine ). C'était une espèce de balcon établi à l'arrière, au-dessus du gouvernail, faisant un peu saillie en dehors, décoré d'ordinaire d une balustrade, et servant de promenade au capitaine. Aujourd'hui la galerie est à peine saillante, iiarfois même elle n'est que simulée. Autrefois il y en avait souvent deux étages, et on les appelait jardins, à cause des fleura dont on le* embellirait. On les fermait avec des rideaux de soie ou de velours, garnis de

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