‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générale les plus indispensable à tousChapitre 9 sur 614 · FRIBOURG · texte numérisé non relu

FRIBOURG

qiic depuis la révolution de 1847 l'Inslilution du jury a été introduite dan» le canton, et fut mise pour la première fois en activité à Morat, en avril 1851 ; qu'un comité soutenu par le gouvernement a été établi pour perfectionner l'agriculture, et que l'industrie de l'horlogerie, dont le grand centre est à Lachaux-de-FonJs, a été introduite à Morat.

I niUOURG.chcf-lieuMu canton, ville de 8,120 habitant*, qni parlent français dan* la ville baute et allemand dana la ville basse, s'élève bâtie en terrasse* sur les deux me* escarpées de la Saane. Elle occupe une vaste superficie, est au total bien bâtie, et entourée sur presque tous les points d'une baute et solide muraille. Ponr épargner aux voyageurs arrivant à Fribourg la fatigue de descendre et de remonter les rives si escarpées et si élevées de la Saane, un pont en fd de fer de 272 mètres de développement a été en 1834 jeté d'une rive A l'autre, à une élévation de bl mètres au-dessus de la rivière. Parmi les quatre églises qu'on compte à Fri bourg, on remarque surtout celle de Saint- Nicolas, avec son immense orgue de M oser et sa tour de 1 12 mètres de hauteur. L'ancien collège des jésuites s'élève semblable a on chateau-fort , sur une hauteur, à peu de distance de la ville.

KRItiOlJRG EN BRISGAU, ci-devant capitale du Rrisgau , aujourd'hui chef-lieu du cercle du Haut-Rhin, dans le grand -duché de Bade, siège d'une université et depuis IMS de l'archevêché de Baden et llolwntollern, ou de ce qu'on appelle la province ecclésiastique du Haut-Rhin , est situé sur le Treisaro, qu'on y passe sur un beau pont , a 15 kilomètres du Rhin , au pied de la forêt Noire, dans une belle et fertile contrée , riche en vignobles , et avec les deux faubourgs Uerdern et Wiehre , compte une population de 1(1,000 Ames, non compris la garnison et les étudiants. La fabrication de la chicorée, du tabac, du papier et de la potasse, la tannerie, la librairie et la typographie constituent les principales industries de cette ville. Sa catl>édrale, avec sa> tour découpée à jour et haute de lift mètres, dont la construction, commencée en 1152, ne fut achevée qu'en 1513, est un chef-dVrnvre d'architecture gothique. L'intérieur en est magnifiquement orné , et on y voit un grand nombre de tombeaux, parmi lesquels on remarque surtout celui deBcrthold V , duc de Zahringen. En fait d'autres édifices remarquables, on peut encore citer la mai-uni de vente, le théâtre, le palais archiépiscopal, l'ancien bétel des états de la province, et l'hôtel de ville. L'université catholique fut fondée en 1157, par l'archiduc Albert d'Autriche, et possède encore de riches fondations dans le pays de Bade , en Wurtemberg et en Suisse, quoique la révolution française lui en ait fait perdre une bonne partie, qui étaient situées en Alsace. Au commencement de l»52 on y comptait six professeurs pour la faculté de théologie, six pour la faculté de droit, sept pour la faculté de médecine, et autant pour la faculté de philosophie, deux professeurs extraordinaires et dix agrégés. Le nombre des étudiants était a la même époque de 338 , dont 71 étrangers. A l'université est adjointe une bibliothèque de plus de 100,000 volumes. Fri bourg possède en outre un gymnase et un lycée. De son archevêché relèvent les évêchés de Mayence, de Fulda dans la liesse, de Rottcnberg dans le Wurtemberg, et de Limbourg dans le duché de Nassau. l*es souverains de ces divers États, de même que celui du grand-duché de Bade, professant la religion protestante , il n'est malheureusement pas rare de voir de graves conflits d'autorité et d'attributions éclater entre l'archevêque de Fribourg et tantôt l'un , tantôt l'autre des gouvernements dans les États duquel habitent les ouailles dont il a la direction spirituelle. Ccst ainsi, qu'à la fin de 1853 l'archevêque en est venu à lancer, comme il eût pu faire an moyen Age, une excommunication publique contre le grand-duc de Bade , en punition des empiétements qu'il reprochait a ce prince de commettre sur sa juridiction spirituelle.

La ville de Fribourg fut fondée en 1 1 18 par te comte Berthold IV de T-ehringeu, et élevée en 1120 au rang de ville libre, arec jouissance du droit de Cologne. Déclarée ville

libre impériale en 1218, elle passa dix ans plus tard par mariage en la possession des comtes de Furstemherg, dont elle secoua le joug en 1327, mais par qui elle ne fit reconnaître son indépendance qu'en 1300, moyennant une somme de 20,000 marcs d'argent, que l'Autriche lui avança ; et deux ans après , en 1368, faute d'avoir pu rembourser sa dette , die passa sous la domination de la maison de Hapsbourg. Devenue place forte importante, elle fut prise en 163ï, 1634 et 1638 par les Suédois, et eu 1644 par les Bavarois, qui , sous les ordres de Mercy, y battirent le 3 et le 5 août 1644 les Français, commandés par le due d'Enghiea et par Turenne. Ceux-ci la reprirent par trahison en 1677, sous ] tes ordres de Créqui; mais après y avoir construit drim- ' menées travaux de défense, ils furent obligés par la paix de ' Rysvrick de la restituer a l'Autriche. En 1713 et 1744 les Français s'en emparèrent de nouveau ; mais ils durent l'évacuer, aux termes des traités de Rastadt et d'Aix-la-Chapelle (1748), après en avoir rasé les fortifications. Le 24 , avril 1848 elle tomba au pouvoir des forces de la Confédé- ' ration germanique, qui la veille avaient battu sous ses murs ! l'armée insurrectionnelle; et le 7 juillet 1849, après avoir ! été évacuée par les autorités badoises et les débris de l'armée insurrectionnelle, elle fut occupée par les Prussiens.

FRIROURG ( Bataille et Sièges de ). En 1644 la situation de l'armée d'Allemagne était assez difficile : Turenne n'avait pu empêcher le général bavarois Mercy d'assiéger et de prendre Fribourg sous ses yeux. Le duc d'Eughien , I ( voyez Cosdé, tome VI , p. 234 ), qui amenait des renforts, n'arriva sur le Rhin que le lendemain de cet événement. I De concert avec les maréchaux de Turenne et de G r a m o n t , il résolut d'assaillir immédiatement avec ses 20,000 hommes > l'arrivée ennemie, dont la position dans les montagnes de la I forêt Noire, appuyée sur Fribourg, était formidable. L'at- I laque commença le 3 août; le duc d'Engbien conduisit et ramena plusieurs fois ses troupes à la change. Voltaire , dans son Siècle de Louis XIV, a prétendu qu'il jeta son bâton de commandement dans les lignes ennemies et marcha pour le reprendre, l'épée à la main, à la Icte du régiment de Conli ; c'est de la poésie. Ce qu'il y a de certain, c'est qne le prince, sautant à bas de son cheval, prit la tete de la colonne, que tous les généraux, tous les colonels, tous les officiers, tous les volontaires mirent également pied à terre, ce qui redonna du cœur aux soldats; qu'il franchit le premier l'abatis de sapins qui obstruait la route; que tout le monde le franchit après lui , et que ceux qui détendaient la ligne s'enfuirent , dans les bois à la faveur de la nuit, qui approchait.

Après un instant de repos, il attaque vainement sept fois un vignoble où l'ennemi s'est retranché. Enfin , Gramont supplie d'Enghien et Turenne de faire cesser une boucherie inutile, et protège la retraite avec sa cavalerie. On resta trois jours dans le camp au milieu des cadavres , dont les ; exhalaisons firent encore de nombreuses victimes. Enfin, on i se décida à attaquer les Bavarois, et la victoire qu'on rem- ! porta sur eux eut pour résultat immédiat la reddition de Spire, Philippshourg, Mayence, et quelque temps après celle* de Berghen , KreuUnach et Landau. Mercy abandonna au vainqueur son artillerie et ses bagages. La perte de l'ennemi fut de 9,000 hommes , la nôtre de 6,000. Cette terrible bataille ne finit que le o août.

Les remparts de Fribourg ont encore été plusieurs fois témoins de faits d'armes de l'armée française. En 1677 cette ville, vigoureusement défendue par le margrave de Rade, les comtes de Fortia et de Kaunitz, dut se rendre, le te novembre, après huit jours de siégé. Le maréchal de Créqui, y ayant laissé une garnison, repartit le 19, et alla passer le Rhin à Brissac. La nouvelle de cette protrqtte conquête jeta la consternation dans Vienne.

Villars, maître de Landau en 1713, attaqua Fribourg. Le baron de Harsch , gouverneur de la place, défendit tous ses ouvrages admirablement. Les instances do la population pour le déterminer a capituler furent superflues. Les Friliourgeuis, ' désespérés, craignant le pillage, vinrent processionncllement

FR1B0URG — FR1DÉRICIA

arec leurs femmes et leurs enfant* , précédés du rlerpé cl de la magistrature , le supplier de céder ; niais il demeura inflexible, et fit commencer le leu. Le siège durait depuis deux i«ois; loua les efforts du prince Eu gène pour le faire lever avaient été inutiles. Enfin, le comte de Harsch fit dire à Viuars qu'il lui abandonnait la ville et se relirait dans I» citadelle , en lui recommandant ses malades et ses blessés. Viflars les fit exposer sur le glacis de la citadelle. Des négociations s'ouvrirent dès lors entre le prince Eugène et le maréchal; elles aboutirent aux traités de Rastadt, des r. mars et ? septembre 17 14.

Enfin, le maréchal de Coigny Tint encore assiéger Fribourg en septembre 1744. Louis XV, convalescent , quitta Strasbourg pour aller le rejoindre. Le siège fut long et péà cause de l'abondance des eaux du Treisam, qu'il

fallait détourner. Le* assiégés, qui avaient reçu des renforts, se défendirent opiniâtrement sous les ordres de Oamibt, cl tentèrent plusieurs sorties. La France perdit 500 grenadiers à t'attaque d'an chemin couvert; presque tous les officiers du génie furent dangereusement blessés, ce qni n'empêcha pas que la ville ne se rendit le S> novembre, et que le 6 les articles de la capitulation ne fussent signés dans la tente même do roi. La citadelle ne se soumit que le 2% , et la garnison resta prisonnière de guerre.

FRICHE , terre sans culture, et qui porte naturellement quelques herbes peu abondantes. La plupart des friches qui existent en France pourraient être cultivées et produire des céréales , des fourrages , des bois , etc., selon la nature de chacune; mais le défrichement dans les pays où elles occupent plusieurs lieues, dans les communes qui en sont presque entièrement formées, est une entreprise impossible pour les habitants; la misère et l'ignorance dans laquelle ils vivent sont une double impossibilité. Il suffit de parcourir une partie de la Sologne, du Limousin,, du Berry, de l'Auvergne, de voir l'état des habitants, la natnre et l'étendue de leurs ressources , pour rester convaincu que les friches produisent la misère , celle-ci l'Ignorance ; que ces deux effets devenant la cause de la persistance des friches, ces malheureux sont ainsi places dans un cercle vicieux d'où ils ne peuvent sortir seuls.

D'un autre coté , considérer les friches , d'une manière absolue, comme la cause principale du peu d'abondance des produits de notre pays, serait une erreur grave : elles n'en *«nt qu'une cause bien secondaire ; nous le disons et nous eo sommes profondément convaincu, faire comprendre à ■os cultivateurs qu'ils ont plus d'aisance, de richesse a attendre de la culture de vingt Imjc lares de terre convenablement amendés et assoies, que de celle de quarante avec assolement triennal et jachère, est chose plus urgente, plus facile, plus utile à l'accroissement des produits de notre sol, que de prêcher à des malheureux , prives même des ressources nécessaires pour l'acquisition des instruments de travail , la culture incomplète de terrains qui mangeraient leor- semences. P. GavautT.

KB1CTION (de fricart, frotter). On appelle ainsi une opération qui se réduit à exercer sur la peau des frottements avec la main nue ou armée de divers corps , dans le but de déterminer une excitation plus ou moins vive, comme aussi pour faire absorber par cette surface diverses préparations pharmaceutiques : sous ces rapports , les frictions varient beaucoup.

Celles qu'on pratique avec la main nue excitent doucement la partie frottée et y élèvent la chaleur : il se passe dans cette opération une double action , une mécanique et une électro-dynamique. Cette dernière, admise par plusieurs médecins allemands , est analogue à celle qu'on produit par le magnétisme animal, et n'en est qu'une nuance. Ces frictions suffisent quelquefois pour calmer les douleurs dans des affections nerveuses , et pour provoquer au sommeil , surtout les enfants et les personnes très-excitables. Les frictions qu'on pratique avec les mains armées de i, ou de tout autre corps rude, déterminent sut. la

peau une excitation qu'on peut rapprocher à volonté de l'inflammation. Ce mode accroît la chaleur sur le théâtre de l'action, y appelle le sang et exalte la sensibilité : c'est une médication propre à dévier quelques affections internes , comme toutes les médications révulsives; elle est très-usitée par les personnes affectées de rhumatismes chroniques et de douleurs vagues. On les emploie aussi pour ranimer la vitalité sur les parties où elle est faible. Au lieu de brosses pour frotter la peau , on se sert souvent d'une étoffe rude, comme étoffe de laine, drap ou flanelle. Tant qu'on n'ajoute rien à ces procédés , les frictions sont simples et sèclies. Ce dernier moyen n'est pas sans valeur, soit pour prévenir ou guérir diverses affections qui proviennent de l'inertie de la ]*au , soit pour exercer une action dérivative ; mais il ne faut y compter que dans des affections légères et récentes : on peut cependant les tenter impunément.

Les frictions qu'on pratique avec des tissus de laine imprégnés de substances médicamenteuses sont très-variées , et leur mode d'agir devient complexe et plus énergique : non-seulement elles irritent ia peau, mais elles fournissent des matières qui peuvent se mêler aux fluides appartenant à la composition du corps humain et influencer l'organisme entier. Diverses préparations de pharmacie sont employées ainsi sous le nom de Uniment* : telles sont le baume opodcldoch, un mélange d'huile et d'ammoniaque liquide, auquel on associe le camphre, elc. Ces préparations, étant volatiles, no sont pas absorbées, ou du moins le sont peu, et leur mode d'agir est local : on s'en sert avantageusement dans des cas de douleurs qui ne sont point accompagnées d'inflammation. La propriété irritante des substances pharmaceutiques double l'action mécanique du frottement. On emploie aussi de la même manière des solutions de divers médicaments dans l'alcool ou l'éll>er, et celles-ci sont absorbées en partie. L'eau-de-vie camphrée , la teinture d'iode , celle d'éther, sont très-communément administrées par celle voie pour agir localement et généralement. On administre aussi l'huile ou des pommades par la voie des frictions , et la médication est alors ap|telee onction ; mais elle ne diffère des opérations indiquées ci-dessus que par la nature des médicaments. C'est par ce moyen qu'on trailc souvent des maladies graves; celles de la peau, si variées el si opiniâtres, sont peut-être plus curables par la voie des frictions que par toute autre. Les diverses préparations de soufre , d'iode , de mercure , parviennent ainsi sur les théâtres des combinaisons les plus intimes qui s'opèrent dans la trame des tissus animaux. On exerce aussi des frictions onctueuse* dans plusieurs cas pour calmer les irritations : à cet effet , on emploie fréquemment l'huile simple , dans laquelle on fait dbsoudre «le l'opium ou du camphre. Par exemple, on a fait un usage très- salutaire de ce moyen dans la petite vérole.

On donue aussi le nom de friction à un certain mode d'appliquer rélectricité au trailx-ment de quelques maladies.

Dr CnmDOfuUKB.

FRIDÉIUCIA, ville fortifiée du Danemark (Jutland), située sur les bords du Petit Belt, n'a d'importance que comme lieu de péage des droits de douane pour les vaisseaux qui franchissent le Petit Belt, cl aussi comme point d'embarquement pour passer en Fionie, où l'on prend terre à Middèffahrt. Fondée vers le milieu du dix-septième siècle, par le roi Frédéric III, Fridéricia compte 5,000 habitants, dont 700 environ descendants d'une colonie de Français réfugiés â la suite de la révocation de l'édit de Nantes. Ses fortifications sont insignifiantes, et ne sauraient résister quelque temps qu'à un ennemi qui ne disposerait pas en même temps d'une petite force navale. Le 3 mai 1848, à la suite du soulèvement des duchés de Schleswig-Holstein, un corps prussien, envoyé au secours du gouvernement national par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume I V, occupa Fridéricia, et y soutint cinq jours après un vif combat d'artillerie contre six chaloupes canonnières danoises, appuvéc* parle vapeur de guerre VHekla. Reprise ensuite par les Danois, Fridéricia fut investie et canonnée le b mai

FJUDÉR1CIA

— FRIEDLAiSD

1849 par l'armée nationale des duchés, commandée par le général Bonin. Le 6 juillet suivant les Danois, après avoir reçu par mer d'importants renforts, opérèrent a une heure du malin une vigoureuse sortie, par suite de laquelle l'armée ricô ducliés, après une longue et sanglante résistance, dut céder à la supériorité de lorces des Danois et battre en retraite, laissant sur le carreau ">,SuO hommes et une partie de leurs batteries armées. Ce désastre amena peu de temps après la réocrupalion du Schleswig par les forces danoises, et ne contribua pas peu à venir en aide au gouvernement danois pour comprimer le mouvement national des duchés.

FRIEDLAND (Duché de), situé en Bohême, fut érigé en 1023 par l'empereur Ferdinand eu faveur de Wallon str in, créé en même temps prince de l'Empire. Il se composait en partie de l'héritage laissé a Wallcnstein par un oncle fort riche, et en partie de domaines achetés de 1621 à 1621 avec la fortune de sa première femme, domaines provenant des nombreuses confiscations prononcées à la suite de la révolte de la Bohème, et payés alors 7 millions de florins seulement, tandis qu'ils en valaient au moins 20 (44 millions de francs). Aux termes des lettres patentes portant création du duché de Friedland, il comprenait neuf villes, à savoir : Friedland, Reichenberg, Arnau, Weissumsser, Munchengra-tz, Bahmish-Leippa, Turnau, GUsckin et Aicha, et cinquante-sept châteaux et villages, parmi lesquels nous ne citerons que ceux de Wdisch, de Kloster, de Neuschloss ( Punique débris de toute cette colossale fortune resté à la veuve de Wallcnstein ) , Widin et Neupcstcin. Après l'assassinat de Wallcnstein ( 1634) , tous ses domaines furent confisqués , et les débris du duché de Friedland servirent à payer la participation des divers auteurs et complices de ce meurtre. C'est ainsi que le comte Gal- I a s obtint pour sa part les seigneuries de Friedland et de Reichemberg; Leslie, celle de Neustadt, etc. On n'évalue pas à moins de cinquante millions de florins la valeur des domaines qui furent alors confisqués, tant ceux de Wallcnstein que ceux des gentilshommes assassinés en même temps que lui, comme ses complices.

La ville de Friedland, qui donna son nom au duché érigé en faveur de Wallcnstein, est située dans le cercle de Bwhinisb-Lcippa , en Bohème. Elle est le siège d'un tribunal de cercle, et compte 3.G00 habitants. Son immense château, remarquable par sa construction et par ses nombreuses antiquités, mais où Wallenstein ne séjourna que fort rarement , est situé tout près de la ville, sur un beau rocher basaltique , et joua un rôle important dans la guerre de trente ans et dans celle de sept ans. Parmi les portraits des différents propriétaires de ce manoir féodal qu'on voit dans la salle d'armes, il s'en troove un original et très-exact de Wallenstein.

FH1EDLAND (Bataille de), gagnée le 14 juin 1K07 |»r Napoléon, sur l'armée russe, à 32 kilomètres dEylau.

Friedland est une petite ville de la Prusse orientale, cheflieu de cercle dans l'arrondissement de Kœnigsbcrg, sur l'Aile, avec 2,300 habitants, des fabriques de lainage et des tanneries.

Depuis la bataille sanglante d'Eylau , les Français avaient poursuivi les Russes et leur avaient livré deux combats, l'un * Ostrolenka, l'autre à Braunsberg, le 26 février IS07, et depuis ce jour il ne s'était passé rien d'important entre les deux armées : chacune avait repris ses quartiers d'hiver. Sur ces entrefaites, Pune et l'autre, cependant, recevaient des renforts, et Pcmpereur Alexandre arrivait avec sa garde. Le 5 juin les hostilités recommencèrent : les Ru«ses attaquèrent les Français sur plusieurs points, au pont de Spandau, a celui de Lomitten, à Ackcndorf, mais partout ils furent repoussés. A leur tour, les Français attaquèrent les Russes à Heilsberg, leur firent éprouver de fortes pertes, et les contraignirent a la retraite : ils s'arrêtèrent à Friedland. L'armée française y arriva le 13 juin. Le 14, a trois heures du matin, les Russes débouchent par le pont de Friedland , et Napoléon de s'écrier, au bruit de la canonnade : ■ C'est un jour de bonheur ; c'est l'anniversaire de Marengo! - Les Russes furent, au reste , de moitié dans

l'accomplissement de cette prophétie, en «'obstinant à demeurer dans la position lâcheuse où le hasard les avait placés.

La rivière d'Aile, en tournant autour de Friedland, forme une anse triangulaire, dont l'ouverture peut avoir 2,340 à 2,925 mètres d'étendue. C'est dans cet étroit espace que Bennigsen laissait son armée, s'exposant a être refoulé dans un cul-de-sac, et n'ayant pour retraite qu'un pont de pierre et un ou deux ponts volants à peine établis. Tant qu'Û n'avait devant lui que deux corps d'armée, de la force d'uniron quarante mille hommes, le danger n'était pas immense; mais Napoléon arriva sur le champ de bataille à une heure après midi , et ne put concevoir la faute de son adversaire. Sa première pensée fut de temporiser, pour donner \e temps à Davoust et à Murât de revenir sur leurs pas. Il les supposait maîtres de Krcnigsberg, et ses aides de camp étaient partis pour les rappeler à la hâte; mais le corps de Ney étant arrivé à trois heures, et celui de Victor à quatre, Pempereur, après une étude plus approfondie de la position de Iknnigsen, jugea peut-être, à la mollesse de ses attaques, de l'infériorité numérique d'un ennemi qui résistait à peine aux charges de Gronchy et de Nansotity. Il prit donc la résolution d'en finir, et entama sérieusement la bataille à cinq heures et demie du soir. Noj, soutenu par les dragons de La Tour-Maubourg, prit la droite de la ligne. Lanoes demeura au centre, ayant derrière lui les cuirassiers de Nansouty. Mortier resta k I» gauche avec la cavalerie des généraux Espagne et Crouchy. Le corps de Victor, fatigué d'une longue marche, fut placé en réserve avec la garde impériale et tes dragons de La lloussaie. Mortier eut ordre de ne pas faire un pas, de servir de pivot aux neuf divisions qui étaient entrées en ligne, et de laisser à Ney et à la droite l'initiative des mouvements offensifs. Ney devait, par une attaque de flanc , refouler la gauche de l'armée russe , la pousser dans l'anse de Friedland, marcher droit vers cette ville, l'enlever et couper la retraite au centre et a la droite de Bennigsen.

Cet ordre fut suivi de point en point comme une manœuvre de parade. Ney déboucha des bois de Sortlach , qui avaient couvert ses dispositions. Vingt pièces de canon précédaient ses colonnes. Ses troupes avancèrent Parme au bras sur les quatre divisions russes de Bagration, dont les extrémités se replièrent en désordre vers l'anse fatale. Bagration rallia toute sa cavalerie , et la lança sur le flanc gauche de Ney. Les généraux BUsonel Marchand continuèrent leur marche, sans s'occuper de cette masse de cavaliers. Les dragons de La Tour-Maultoura avaient couru au-devant d'elle et l'avaient repousséc sur Ta ligne. Au même instant , le général Seuarroont se portait à quatre cents pas du centre et du corps de Lannes ; il déployait une batterie de trente pièces et foudroyait les troupes de Bagration. Le corps de Ney avançait toujours sans hésitation , forçant tous les obstacles , refoulant l'ennemi dans la ville ou le culbutant dans un ravin et un lac qui coupaient en deux le champ de bataille. Mais la apparaissent tout à coup les gardes russes, que Bennigsen y a déployées. Il sent trop l'importance de la possession de Friedland el de ses ponts pour ne pas redoubler d'efforts. Le choc imprévu des gardes russes, l'impétuosité de leur attaque, ébranlent la division Bisson. Celle de Marchand s'arrête et parait hésiter. Mais le mouvement de la réserve ennemie n'a point échappé à .Napoléon. Par ses ordres, la division Dupont s'est détachée du corps de Victor ; elle remonte le ravin , pour attaquer à son tour le flanc droit de la colonne russe; Dupont communique aux divisions ébranlées l'impulsion que l'empereur lui a donnée. Un eflort simultané leur rend l'avantage. Les Russes sont jetés dans le ravin , dans le lac, dans la ville. L'encombrement îles rues ot des abords est effroyable : s'il fout en croire un témoin oculaire, 60,0000 hommes y combattaient dans un espace de 585 mètres. Bagration s'efforçait de mettre de l'ordre an milieu de ces masses confuses, que mitraillaient les canons de Ney et de Senarmont. Bennigsen essayait de son col<> une diversion sur le centre et l'aile gauche de l'armec française.

FR1EDLAND — '

Mais Lunes , Ondinot et Verdier repoussaient toutes ses Attaques et foudroyaient ses colonnes.

Bennigsen ne songea plus dès lors qu'à sauver son matériel. Il fit repasser le» ponts de Fricdland à 120 pièces de son artillerie , que suivaient en désordre ses bataillons ronfe*. il eut un montent l'idée de placer ses canons en batterie sur la rive droite et de prendre à revers les divisions françaises, qui combattaient sur l'antre rive. Mais, soit que ses ordres fussent mal compris , soit que ses troupes ne «Migrassent qu'à loir, il lui fut impossible de réparer cedéustre. Resserré de plus en plus dans le coupe-gorge où il l'était laissé acculer, il se sauva enfin avec les débris de ses divisions , brûla les ponts qui avaient servi à leur retraite ; et la ville incendiée devint la proie du maréchal Ffcy. il restait un corps russe sur la rive gauche : c'était l'aile droite, qni , sous les ordres de GortsehakofT avait attaqué la positon de Mortier. Celui-ci , Adèle à ses instructions , était resté impassible et résistait froidement à cette attaque. Il céla même du terrain à son ennemi, pour l'éloigner du point ou se décidait la victoire. Il était alors dix heures du soir, et la nuit n'était pas tout à fait venue. Mais les flammes de triedland révélèrent à GortschakoiT les désastres du centre et de TaHe gauche. Des fuyards vinrent lui annoncer la prise delà ville et la retraite de Bennigsen. Séparé du gros de l'année , pressé par les attaques de Mortier et par celles de Satary, qui amenait un régiment de la garde , ne pouvant plus gagner le pont de Fnedlsrnd, il se vit au moment de mettre bas les armes. Mais des gués lui furent indiques et as premier ordre de retraite qu'il donna, tous ses régiments l'y jetèrent en mule ponr échapper à la poursuite des Français Le tiers de ses soldats périt dans les flots, ou sous le feu des nôtres.

Ainsi fut célébré l'anniversaire de Marengo , suivant la prédiction de l'empereur. La perte des Russes s'éleva h 30,000 hommes, tués ou pris; 25 généraux lurent de ce nombre, 7o pièces de canon , plusieurs drapeaux et une innombrable quantité de caissons devinrent les trophées d'une victoire que la moitié de l'armée française avait arrachée à près de 100,000 Russes. Deux divisions de Victor et les trois quarts de la garde impériale n'y avaient pris aucune part. C'est la plus belle journée du maréchal Ney : il s'y couvrit de gloire , et les résultats en furent immenses. Soult n'est plos qu'à se présenter devant Kœnigsbcrg pour s'en coffrer. Mnrat, désolé qu'on eût gagné sans lui une bataille 4wh décisive, tomba sur les arrière-gardes russes, qui aniirnl au delà de la Pregel. Il les accompagna jusqu'au flttneo, que Bennigsen et Lestorq passèrent le 19. Le soir aéuK Napoléon porta son quartier général à T i I s 1 1 1 , et le fcv, revenu de ses illusions, désabusé des promesses de l'Angleterre, désespérant d'entraîner l'Autriche dans "une coalition battue, vint lui-même, le 25 juin, signer la paix qw lai offrait le conquérant de la Prusse.

VlEN*rr, de PAcjirtVoiic Kr»nr»i»e.

FRIEDRICIISORT, petite forteresse du duché de j c b I e s m i g, dans la contrée qu'on appelle le Danischtcold, 9u la frontière dn Holsteip et à rentrée du golfe de Kiel, à sept Nombres de cette ville, présente une rade sûre, un phare, un arsenal, des magasins, etc. Elle fut fondée en 1 630 par le roi Christian IV, qui l'appela Christianpriis , nom qu'elle t ftseeva jusqu'au règne de Frédéric V et qu'elle reprend Vwtqne le souverain qui rogne en Danemark s'appelle ClirMian. Prise d'assaut par Torstenson en 1643, reprise l'anix-e suivante par les Danois , cette place fut rasée en iws par Frédéric III, puis reconstruite en 1663, Après avoir tté eanonnée le t» décembre 1813 par les Suédois, elle dut fenr ouvrir ses portes.

FRIEDRICHSTADT, tille du duchéde Schleswig, chef-lieu du pays qu'on appelle Stapelholm, bâtie au con- Hant de TEider et de la Trecn, sur une hautenr, est traversée et entourée par trois bras de la Treen ; circonstance qui • fait use place forte naturelle. Elle possède une église luthérienne, une église mennonite et une église de remon-

FRIGOKIFIQUES H

trants, une chapelle catholique et une synagogue, un port, un chantier de construction et environ 3,000 habitants, qui exploitent quelques fabriques. Elle fut construite eu 1621, sous le dnc Frédéric III, dans le style de leur pays, par des remontrants hollandais qui avaient obtenu le privilège de 1» liberté de concicnce. Le t i avril 17 00 les Danois, aux ordres du duc de Wurtemberg, s'en rendirent maîtres; le 12 février 1712, le roi Frédéric IV et le csar Pierre le Grand en chassèrent la garnison suédoise. Dans la guerre soutenue contre le Danemark pour la défense de leur indépendance et de leur nationalité par les duchés de Schleswig-Holstdn, la ville de Friedrichstadt , occupée par les Danois, eut beaucoup à souffrir dans la journée du 29 septembre 1850 du tir des batteries de l'armée nationale des duchés, qui le à octobre suivant l'emporta d'assaut.

FRIEXDLY SOCIETIES. Voyez, Secours «mets (Sociétés de).

FRIESLAND ou VRIISLAND. Foyes Frise.

FRIGANE. Voyez Piirmuxe.

FRIGGA et FRKYJA sont, dans la mythologie Scandinave, deux divinités distinctes , mais qui à l'origine n'en faisaient qu'une, et dont l'exislcnce se rattache à celle de Frcy r. Frigga, dans la doctrine des A ses , est la déesse suprême, l'épouse d'Od i n, la fille du géant Finergwyn, et préside aux mariages. Freyja est la fille de Niord, la sœur de Freyr et la déesse de l'amour. Elle se promène dans un char attelé de chats : c'est à elle que viennent les femmes mortes, de même que la moitié des guerriers qui meurent dans les combats ; de là son surnom de Val-Freyja. Sous ce dernier rapport, on peut la considérer comme la'IVrre. Frigga, l'épouse d'Odin, c'est aussi la Terre ; et lorsque Freyja est à la recherche d'Odin, comme Isis à la recherche de son Osiris, par Odin il faut entendre ici le Soleil. Les noms de Frigga et de Freyja sont aussi à peu près synonymes, et on les trouve souvent confondus dans les mythes. Chez les Anglo-Saxons et les Lombards, l'épouse d'Odin était adorée sous le nom de Frea.

FRIGORIFIQUES. Cette épithète se donne le plus ordinairement à des mélanges refroidissants.

Ces mélanges sont de deux sortes : les uns consistent dans la mixtion intime de la neige ou de la glace pilée avec des acides ou des matières salines ; les autres, dans la dissolution de certains sels dans un véhicule, tel que l'eau ou les acides. Mai* il est des corps qui sans aucun mélange peuvent donner, par le seul fait de leur évaporation, un abaissement considérable de température.

Gay-Lussac a fait voir que si après avoir comprimé de l'air atmosphérique on lui rend la liberté, et que l'on présente au souffle qui en résulte un corps de peu déniasse et mauvais conducteur du calorique, ce corps se recouvre de givre provenant de l'humidité atmosphérique relroidie et congelée par l'expansion de l'air. L'illustre physicien auquel est dû ce procédé le regarde comme applicable à la production de grands froids. De son coté, M. Bussy a moulré que lorsqu'on a Hquéfié du gaz acide sulfureux par un refroidissement artificiel déterminé par nn mélange de sel et de glace, l'évaporation de cet acide liquéfié donne lieu à un abaissement de température qui peut aller bien au delà de 39", point de congélation du mercure, puisqu'en augmentant la rapidité de l'évaporation au moyen du vide, on peut atteindre le 63e degré au dessous de zéro. On sait en eflet qu'un liquide quelconque absorbe du calorique pour arriver h l'état de vapeur (voyez Froid).

Quant à la méthode des mélanges , elle est due à Fahrenheit; elle a été singulièrement étendue et perfectionné par diverses personnes, au nombre desquelles Ggurenl M. I.owitz et notamment M. Walker. Fahrenheit déterminait un refroidissement d'environ 18° au-dessous de zéro en mêlant de la neige à du sel ammoniac. On obtient aussi fréquemment celle température en mêlant a parties égales de la neige et du sel ordinaire, pris l'un et l'autre a la température de zéro ( point de la glace fondante \ En substituant le chlorure de

1 2 FR1G0R1FIQU

calcium au sel de cuisine, de manière à mélanger 3 parties de ce chlorure et 2 de neige, on obtient 28° au-dessous de la glace fondante. La dissolution de 8 parties de sulfate de soude dans 4 d'acide sulfurique étendu abaisse le thermomètre crutigradc de-f- 10° à — 16", c'est-à-dire de 26°. La solution de partie de sel ordinaire dans 5 parties d'acide chlorhydrique l'abaisse de xérok — 18°; et eu prenant chaque élément du mélange à ime température plus basse, on obtient, en les ajoutant l'un à l'autre , un froid plus grand. C'est ainsi qu'en ajoutant 3 de chlorure de calcium à 1 de neige, en partant de — 40°, on arrive à — 58°, qu'en prenant à la température de —55° et dans le rapport de 8 à 10 , de la neige et de l'acide sulfurique étendu de moitié de son pouls d'eau et de son poids d'alcool , on peut faire descendre le thermomètre jusqu'à — 88e. Cour.

On donne le nom d'appareil frigorifique oucongélateur à un récipient cylindrique creux destiné à recevoir un mélange réfrigérant et enveloppé lui-même d'une capacité cylindrique où l'on introduit de l'eau qui, après y avoir séjourné de 20 à 30 minutes, devient, par l'action du réfrigérant intérieur, un cylindre creux de glace dont le poids varie suivant la capacité du récipient emplové.

FRIMAIRE (dérivé àefrîmas), troisième mois français du ralendricr républicain.

FRIMAS, globules d'eau congelée qui s'attachent aux murailles, aux végétaux, etc. Il ne se forme de frimas que dans les saisons où la température de l'air passe en trèspeu de temps du chaud au froid. Si par un temps humide nu de brouillard il vient tout a coup à geler , les gouttelettes aqueuses qui étaient suspendues dans l'atmospltère acquièrent eu s'agglomérant un poids relativement plus grand que celui de l'air , tombent sur les objets non abrités, s'y gèlent rt forment ce qu'on appelle des frimas. La rosée, le givre, sont produits par des causes semblables. Te* sstoitE.

FRIMONT (Jk*s-Pbiupmi, comte nu), prince d'Antrodocco, l'un des généraux autriclùens les plus célèbres de ce temps-ci , naquit en Lorraine, en 175» , émigra en 1791 , et servit dans l'armée de Condé. Après le licenciement de ce corps, U entra avec le régiment des chasseurs de Bussy, dont il était colonel, a la solde de l'Autriche, et fit dès lors toutes les campagnes de la coalition contre la France. Fcldinaréchal -lieutenant en 1812, il commanda l'année suivante une partie de la cavalerie autrichienne. En 1815, nommé commandant en chef de l'armée autrichienne en Italie, il prit si bien ses dispositions, que Rianchl, qui fut chargé de marcher contre Murât, termina la guerre de Naples en six semaines. Pendant ce temps, Frimont, qui était resté sur la ligne du Pô avec le gros de son armée concentré entre Casal-Maggiore et l'iadena, la divisa alors en deux corps, dont l'un, aux ordres du général Radevojewicz , fut chargé de franchir le Simplon et d'entrer dans le pays de Vaud, et dont l'autre, commandé par Bubna, fut dirigé sur le Rhône à tra- \rrs le mont Ccnis et la Savoie. Il réussit k s'emparer des défilés de Saint-Maurice avant que Sucbet, conformément aux ordres de Napoléon, eût pu occuper Monlrnélian. Les troupes françaises durent alors évacuer la Savoie, et les troupes autrichiennes, après avoir enlevé le fort de l'Écluse, franchirent le Rhône. Le 0 juillet Grenoble ouvrait ses portes a l'armée autrichienne, qui le 10 s'emparait de la tête de pont de Mâcon et entrait sans coup férir le 1 1 À Lyon, que Suchcl, instruit des événements dont Paris venait d'être le tltéàtre, ne chercha pointa défendre. Le général Osasca.qui, sous les ordres de Frimont, commandait une division de 12,000 Pïémontais, avait dès le 9 juillet conclu un armistice avec le maréchal Brune, à Nice. Frimont dirigea alors une partie de son corps d'armée, par ChAlona et Salins, sur Besancon, contre l'armée française du Haut-Rhin.

Aux termes du traité de Paris, le corps d'armée aux ordres de Frimont, qui établitsoo quartier général à Dijon, fut chargé de l'occupation d'une partie de notre territoire, occupation qui dura Juf qu'en 1818. En 1821, conformément aux décisions du congrès de Laybach, Frimont à la tête de 52 000

Page 1