GALLET
Edouard entra, en l'année «77, avec des iorces considérables dans le pays «le Galles, «t força Llewellyn à implorer la paix et a. reconnaître sa suzeraineté ; exemple que durent successivement imiter les autres barons du pays. L'excessive dureté avec laquelle les marchers ( marquis ) anglais traitaient les populations galloises détermina Llewellyn à déployer, en «81, Pétendard de la révolte ; mais il fut battu, et péril au moi» de décembre de la même année.dans un engagement avec des troupes anglaises. Son cadavre, retrouvé sur le champ de bataille, fut coupé en quatre quartiers et exiw>sé en sanglant trophée sur les murailles des quatre plus grandes villes d'Au- Kleterre. H existait une vieille prophétie de Merlin suivant laquelle un prince de Galles devait un jour venir à Londres cetnare in emuonne a argent. Pour réaliser uenxuremeni cette prophétie, qui continuait a exercer une puissante influence sur les populations galloises, le vainqueur fit aus- ! pendre au sommet de la Tour de Londres la tète du noble { insurgé au bout d'une pique et couverte d'une couronne { d'argent. Son frère David, qui tenta de continuer a Inttei pour l'indépendance de la patrie commune, tomba, au mois j d'octobre 1283, entre les mains du roi, et mourut de la main du bourreau, a Shrew sbory.
Le pays de Galles fut alors traité en province conquise. ! Edouard déclara que la principauté constituerait désormais ! un fief relevant de la couronne d'Angleterre , et ordonna en j outre qu'on y introduisit les lois et les coutumes anglaises. En 1301 le roi concéda sa conquête, à titre de fief relevant de la ' couronne, à son fils atné et héritier présomptif, qui prit dès lors le titre de prince de Galles, et qui régna plus tard sous le nom d'Edouard II. C'est depuis cette époque que le prince royal d'Angleterre, quand il est fils aîné du roi régnant, ou s'il vient à mourir, son fils atné, porte toujours ce titre de prince de Galles, qui cependant ne lui est accordé que quelques mois seulement après sa naissance et toujours par lettres-patentes spéciales. Pour en finir avec l'esprit d'indépendance et de nationalité qui caractérisait les populations galloises, les rois d'Angleterre s'attachèrent à extirper et anéantir la caste des bardes, personnages investis de divers privilèges particuliers, et qui en leur qualité de représentants du génie national continuaient par leurs citants à conserver dans le peuple des souvenirs et des traditions patriotiques et souvent même l'excitaient à se révolter contre ses oppresseurs. Owen Glendower, barde issu d'une ancienne famille de princes gallois, profita des troubles auxquels l'Angleterre fut en proie sous Henri IV pour lever, en l'an 1400, l'étendard de l'insurrection. 11 envahit l'Angleterre et dévasta les possessions du comte de La Marche à la tète d'une bande nombreuse, aux déprédations de laquelle les hommes d'armes de ce seigneur, non plus que les troupes envoyées a son secours par le roi d'Angleterre, ne purent mettre un terme. Ce fut seulement vers la fin du règne d'Henri IV que les Anglais réussirent à faire rentrer le pays de Galles dans le devoir. Les rois suivants instituèrent alors dans les divers districts de la province des seigneurs anglais ou marchers, [ cliargés d'exercer une juridiction particulière el arbitraire, et i réprimèrent désormais de la manière la plus sanglante toute i tentative de révolte de la part des habitants. Enfin, en 1536, pour mettre un terme a cet état de désordre el achever d'effacer les derniers vestiges de l'antique indépendance de ces I coutrées, Henri VIII, à la demande du parlement, réunit difiniti veinent la principauté de Galles à l'Angleterre; et en même temps les populations galloises furent admises à tons les droits, franchises et libertés, garantis a la nation anglaise par sa constitution politique. Consulter, sur les nombreuses antiquités du pays de Galles antérieures à l'époque chrétienne, The Cambrlon popvlar Antiqulties de Robert ( Londres, 1815 ).
G.VLLES (Nouvelle). Voyez Nouvelle Galles. GALLES (Ile du Prince de). Voyet Poulo-Pinaro. GALLET, né à Paris, vers le commencement du dixhuitième siècle, chansonnier plein d'esprit et de naturel, s'il | avait vécu de nos jours , aurait réhabilité la corporation des
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épicier», fort compromise sous le rapport intellectuel par les railleurs de notre époque. Il exerçait en effet cette honorable profession a U pointe Saint-Eustache, et c'est là qu'il recevait Panard , Pi ron , Col lé, dans de Joyeux banquets, qui furent l'origine de l'ancien Caveau. Cependant, ayant trop scandaleusement joint à son commerce .tYpic«riea celui des prêts sur gages, dits à ta petite semaine, H fut exclu de l'académie chantante, dont il était le fondateur. Insouciant épicurien, il s'en consola en faisant une chanson de plus, car sa fécondité était trèsgrande en ce genre : ces petites pièces toutefois, n'ont jamais été recueillies en corps d'ouvrage; mais on en trouve on assez grand nombre dans l'ancien Chansonnier/rançais. Gallet avait aussi composé, en société avec Piron , Panard et Collé, quelques vaudevilles, nommés alors ©péras-comiqoes, entre autres. Le Prêté rendu et La Précaution inutile. Sa gaieté, sa facilité d'improvisation, le faisaient rechercher dans beaucoup de cercles, où l'on était moins sévère que le Caveau sur sa moralité. Ce fut peut-être la cause de sa ruine. Quoiqu'il eût pour faire fortune, comme on vient de le voir, un moyen de plus que ses confrères (en épicerie bien entendu ) , il parait que le goût des plaisirs finit par lui faire tellement négliger ses affaires, qu'il fut contraint de faire faillite et de fermer son magasin. Pour échapper aux prises de corps, il se ré f uni a dans l'enceinte du Temple, qui était alors un lieu d'asile pour les débiteurs. Et quoique réduit à une situation peu aisée, à défaut de nouvelles dettes, il y fit de nouvelles chansons. On nous a conservé les trois couplets de celle qu'il adressa à Collé, au moment de succomber à sa dernière maladie, en 1757. En voici le dernier, sur un refrain alors en vogue :
Aotrefoi», preiqu'u même itulant, J'cu aurais pu rimer autant Que noua reconoaiaaons d'Apokre*.
Aujourd'hui j'abrège, «fautant Qu'à l'église un prêtre m'attend, Accompagné de plusieurs autres .
Aussi, après son décès, fit-on courir dans le monde cette épitaphe laconique :
Ci-gît le chanionnier Gallet, Mort en achevant un couplet.
Ot RRï.
GALLICANE (ÉgUse). Lorsque la doctrine du Christ commença à se répandre dans l'univers romain, les Gaules furent de toutes les provinces de l'empire celle où elle s'implanta tout d'abord. Les disciples même des apôtres y vinrent prêcher la foi, et scellèrent de leur sang leur courageuse et sainte mission. Les premiers martyrs dont on fasse mention sont Gatien, à Tours; Trophime, à Arles ; Paul , à Narbonne ; Saturnin, à Toulouse ; Austremoine, àClermont ; Martial, a Limoges ; Pothin, à Lyon ; Crescent, à Vienne. Mais comme le sans des martyrs est essentiellement fécond, ces deux dernières villes furent bientôt remplies de fidèles ; c'est ce que l'on peut voir dans la lettre authentique des églises de Lyon et de Vienne aux fidèles de l'Asie. Saint I rénée, qui mourut martyr delà foi dans les premières années du troisième siècle, ayant à combattre des hérétiques, leur opposa les traditions des églises des Gaules. Toutefois, la nouvelle religion ne se répandit guère d'abord que dans les provinces méridionales de cette contrée. Celles du Nord et de l'Occident languirent plus longtemps dans les ténèbres; cependant, elles-mêmes ne tardèrent pas à accueillir la bonne nouvelle : des évéques pleins de zèle se dévouèrent avec joie a la mission périlleuse de l'enseigner ; cl «léja vers la fin du quatrième siècle il n'y restait plus qu'un petit nombre de païens, que saint Martin convertit à la religion chrétienne. Pour mieux parvenir au but qu'ils se proposaient, les apôtres des Gaules formèrent divers établissements monastiques, d'où la religion chrétienne devait s'étendre au loin, comme d'un centre rayonnant. Saint Martin fut le premier qui, l'an 360, fonda près de Poitiers le monastère de Ligné, et plus tard, en