GALLICANE
372, celui de celui de Lérins.
Mais tout leur lèle ne put empêcher que l'arianisme ne vint à son tour envahir la Gaule : cette doctrine n'y fil cependant point d'abord de sérieux progrès. S'il y eut des ariens dans ce pays, ce ne fut que plus tard, lors de l'invasion des barbares , au cinquième siècle. Bientôt les Francs, conduits par Clovis, se jetèrent sur cette région ; en y pénétrant, ils étaient païens ; mais Clovis ayant, par une faveur céleste, remporté une grande victoire, se fit chrétien avec la plus grande partie de son armée. lies Gaulois orthodoxes, vovant un jeune prince chrétien, se soumirent à son pouvoir, et," au lieu de le combattre, l'aidèrent dans sa conquête. Ils se plaignirent à lui des cruautés des Wisigotiis ariens : Clovis ne tarda pas à les combattre, les vainquit entièrement et les obligea à se rejeter sur l'Espagne. Ce fut de celte manière que notre France fut délivrée du schisme d'Arius, de sorte que les traditions orthodoxes ne purent s'y altérer, et s'y conservèrent à l'abri de tout contact impur. Il est bon de remarquer en passant combien , à cette époque de désordre et de barbarie, les évéques de France furent utiles à la nation, combien ils contribuèrent à adoucir les mœurs de ces peuplades du Nord, qui conservaient encore toute la férocité de leur caractère. Les prélats, comme les dépositaires des traditions , comme les hommes les plus éclairés de l'époque, furent introduits dans les conseils des princes, et occupèrent la plus grande partie des charges de l'Etat. IN avaient la haute direction dans les assemblées nationales, et ne furent guère inquiétés par les hérésies qui tourmentaient la chrétienté au dehors ; jusqu'au onzième siècle, ils n'eurent à s'occuper dans leurs conciles que d'affaires d'administration intérieure; ils cherchèrent à réprimer la simonie, les brigandages des seigneurs, l'incontinence des clercs , etc. , et à protéger le faible contre le fort.
Mais en 1047 Bérenger, ayant publié ses erreurs sur l'Eucharistie, fut condamné, non-seulement à Rome, mais aussi dans plusieurs conciles tenus en France. A l'hérésie «le Bérenger succéda celle de Roscelin , qui faisait trois dieux des trois personnes de la sainte Trinilé. Roscelin, condamne dans un concile tenu a Soissons en 1092, abjura son erreur. Nous ne parlerons pas des hérésies semi-théotogiques, semipolitiques d'Arnaud de Brescia, de Pierre Valdo, d'Abé lard , do Gilbert de la Poréc, qui pendant le douzième siècle agitèrent l'Eglise et l'Europe, et qui furent si bien combattues par saint Bernard, Pierre le Vénérable, Hildebert, évéque du Mans, et Pierre Lombard. Nous passerons aussi sur celles des A I b i g e o i s et des Vaudois, qui, au treizième siècle, occasionnèrent tant de troubles en France et excitèrent des rigueurs que nous sommes loin d'approuver.
L'Église gallicane ne fut plus inquiétée par l'hérésie jusqu'au commencement du seizième siècle, époque désastreuse pour l'Europe, où se répandirent avec une rapidité prodigieuse les doctrines de Luther et de Calvin; tout le monde sait que la doctrine de la réforme, condamnée au concile de Trente , fournit aux souverains de l'Europe l'occasion de déployer leur zèle pour la foi catholique. Au dix-septième siècle, il y eut non pas une hérésie, mais des disputes sur la grâce et des discussions sur le quiéti sme qui ne furent pas de longue durée.
Dans le principe de rétablissement de la religion chrétienne, il s'était établi des chants, des rites et des coutumes différentes dansla liturgie des différents pays, et c'est ce qui arriva aussi dans les Gaules. Il y eut jusqu'à Charlemagne un chant gallican, une messe gallicane, qui n'étaient pas les. mêmes que le chant et l'office grégoriens, suivis à Rome, et que Charlemagne fit adopter aux églises de France; il n'est donc pas étonnant qu'il existât en France des coutumes, des mœurs, des constitutions propres a l'Église de ce paya, coutumes qu'elle conservait par tradition, et auxquelles ou a donné le nom de libertés gallicanes; c'est là un faut contre lequel on ne