GALLICIE
y rencontrait autrefois en grand nombre , sont devenu
aujourd'hui fort rares. La pèche donne des produits d'une certaine importance. Une espèce de kermès qu'on rencontre aux mois de mai et de juin sur les racines de certaiact plantes vivaces, telles que la fleur de Saint-Jean, fournil ce qu'on appelle la cochenille de Pologne. Sauf une grande quantité de terres et de pierres dont l'industrie sait tirer boa parti , le règne minéral offre peu de ressources ; toutefois la richesse de la province en sel est d'une importance extrême: ou le tire, soit de* puissantes couches de sel gemme situées ■ur le versant nord des Carpathes, notamment des célèbres mines de Bochnia et de Wielicika , soit de nombreuses sources salées. Dans quelque localités on recueille et on dittille m naptlie la pétrole qui découle aux approche* An couches de sel. Las sources minérales sont très-nombreuses, mais fort peu utilisées. Ainsi on ne peut guère citer que celle de Krynica, de Lubieuietde Krzeszowice (eaux sulfureuses), d'Iwoniec (riches en iode et en brome), et de Wielicza (eaux gazeuses).
On compte en Gallicie 4,875,200 habitants, dont 140,700 pour le grand-duché de Cracovie. Ils sont pour la plupart d'origine slave, et catholiques. lies Ruthène$ ( Rusniaques), qui sont les habitants primitifs du pays et forment une masse compacte dans le district de Ruthen , c'est-à-dire dans ce qu'on appelait autrefois les douze cercles orientaux de la Gallicie , forment la race la plus nombreuse. Les Polonais, au nombre d'environ deux millions, habitent sur tout les villes de Lemberg et de Cracovic et leurs environs; dans les Carpathes occidentaux, on les appelle Gorala, c'est-à-dire habitants des montagnes , et dans les versants nord-est de lamoutagne, Gorales orientaux ou Ilouzoula, c'est-à-dire nomades, par opposition aux Manuraki on habitants des plaines. Indépendamment de ces Slaves, on rencontre en Gallicie des Allemands, des Arméniens, dei Juifs et des Karaites, des Bohémiens , etc. En ce qui lonebe la religion, ou comptait en lft4», en Gallicie, 2,227,900 catholiques romains ( Polonais de race, et relevant d'un archevêque dont le siège est à Lemberg et qui a pour sutfragaots les évêques de Cracovie, de Przemysl et de Tamow) et Arméniens (relevant d'un archevêque siégeant à Lemberg), 9,201,700 Grecs unis, appartenant à la population rulhtnew rusniaque , relevant d'un archevêque dont le siège est 1 Lemberg et d'un évéque résidant 4 Przemysl, environ 20,000 protestants, placés sous l'autorité d'un surintendant ecclésiastique résidant à Lemberg, et environ 320,000 juifs, places sous l'autorité d'un grand-rabbin résidant 4 Lemberg. I La propriété foncière repose presque tout entière entre les : mains de la noblesse polonaise. La bourgeoisie, par suite I de la prépondérance commerciale qu'exercent les juifs, est ! réduite à un rôle presque aussi obscur et infime que celui du paysan. Celui-ci, 4 la vérité, a cessé d'être serf; mais il i se trouve presque toujours dans l'impossibilité de payer son fermage autrement que par son travail personnel, c'est-à-dire l en corvées.
Quant aux éléments civilisateurs, on doit reconnaîtra ' que l'industrie a fait dans ces derniers ternes de remarquables progrès ; mais elle manque toujours d'ouvriers capable* , et les grandes entreprises industrielles font défaut. Le fil«i#c et le tissage du lin etduchanvre sont assez répandus ; aussi k pays produit-il de grandes quantités de grosses toiles et de toiles mi-fines, qui en raison de la modicité de leur prix trouvent des débouchés 4 l'étranger. Le tissage du coton et la fabrication des draps donnent lieu à des produits moins importants ; b tannerie et la fabrication des cuirs sont à cet égard dans des conditions plus favorables. La distillation de* eaux-de-vie de grains se lait sur une large échelle. Us articles de bijouterie fausse que fabriquent les» juifs deRiesiow sont en grand renom et font l'objet d'un iuiportantcommeree de colportage. La production des pierres 4 feu qui jadis livrait chaque année à la consommation au delà de 200 million» de pierres 4 feu et qui en fournissait toute l'Autriche, née partie de la Pologne, la Prusse, etc., a beaucoup diminué
mais ne laisse pas que d'être encore considérable. Le commerce, jusqu'à présent peu actif, commence cependant à prendre quelques développements depuis qu'en 1850 on a supprimé la ligne de douanes qui existait a la frontière de Hongrie. Iacs principaui articles en sont le sel, le bod, ta potasse, le bétail, les grains , les toiles. Le commerce d'expédition et de transit qui se fait à Brody pour la Russie, h Pologne, la Moldavie et la Valachie, est trèseonftderahle. Les routes de la Gallicie sont parfaitement construites et entretenues ; et tout récemment rétablissement àa chemin de fer reliant la haute Silésie a Cracovie a encore ajoute a la facilité des communications. I* plupart des cours d'eaux sont navigables ou flottables. Depuis peu la navigation à vapeur a été étendue sur lu Vistule jusqu'à Cracovie, de même qu'on l'a introduite sur le Dujanec et sur la SÂn ; et on s'occupe en ce moment de régulariser le cours du Dniestr. La Gallicie possède donc, comme on voit, toutes les conditions d'un développement grandiose : ce qui lui manque encore, ce sont les deux plus puissants leviers de toute civilisation; l'esprit de travail et l'esprit d'entreprise. La culture intellectuelle laisse aussi Waucoup a désirer. En fait de sociétés ou de collections scientifiques , les plus importantes sont à Lemtwrg et à Cracovie, où se trouvent aussi les deux universités qui existent dans le pays. Ln ls4« la Gallicie possédait en outre doute gymnases ou collèges, mais seulement 2257 écoles primaires • ce qui donne a peine une école pour deux villages.
Jusque dans ces derniers temps la Gallicie avait été divisée en 19 cercles, parmi lesquels le Bukowine formait le cercle deCzernowitz, et auxquels on ajouta, en 1846, Cracovie et son territoire. Mais la constitution donnée à l'empire en l*4t» en sépara la Bukowine a titre de domaiue spécial de la couronne ( kronland ), avec le titre de duché ; et aux termes de la constitution du 2!) septembre 1850 la Gallicie est aujourd'hui divisée sous le rapport administratif en trois cercles de régence . Lembcrg, Cracovie et Statiis- /airotr, subdivises chacun en un certain nombre de capitainerie* de cercle ( le premier en m, le second en 26, et le troisième en 18), et chaque capitainerie 3 ou 4 arrondissements judiciaire*. Dans les 3 chefs-lieux des cercles de régence résident les 3 cours supérieures auxquelles ressor tussent s cours d'appel et 201 tribuuaux de cercle, dont 27 foodumnant comme tribunaux de collège d'arrondissement. La coût topréroe, dont le siège est Stanislawow, fonctionne en h rn^nie qualité pour la Bukowine. A tous les degrés de cette ori wfwtion judiciaire, la justice se rend à huis clos et sur procédures écrites. La représentation provinciale se ovmpo<e <U« trois diètes correspondant aux trois cercles de régence et comprenant chacune les députés désignés dans leurs territoires respectifs. Ordinairement elles sont convoquées rhacune a son chef-lieu particulier. Les députés sont élus par 1rs liabitants les plus imposés, par les villes et par les communes. Le nombre des députés nommes par les communes est plus considérable que celui des députés nommés par les deux autres classes, et leurs cercles d'élections répondent aux capitaineries de pays. Chaque curie ou diète élit en outre cino de ses membres pour former le comité des états, lequel réside à Lcmberg, plus six députés pour former le comité central, lequel, y compris le comité de» étals, se compose de trente-trois membres. Chaque curie est , dans les limites du cercle d'action que lui fixe la constitution, l'organe des cercles de régence pour les affaires dont les lois n'ont pas attribué la connaissauccaux autorités des communes on des arrondissements. Quand les trois curies tombent d'accord sur une question dont la constitution leur abandonne U 'îècisioo , leur avis acquiert par la sanction impériale force de loi pour la généralité du pays. Quoique l'allemand «oit la langue officielle et administrative , l'usage de la lanp* polonaise n'est point aussi sévèrement proscrit en Gailiae que dans les anciennes provinces du royaume de Pologne que la Russie s'est adjugées : on l'emploie dans les diètes ou •wanblées d'états; elle est la langue de l'enseignement re-
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ligieux ; et le gouvernement exige de tout fonctionnaire public qu'il la connaisse.
La Gallicie, qui tire son nom de l'anrienne ville et forteressede H a liez, situ* e sur les rixes du Dniestr, et dont les habitants slaves aborigènes, les Rutftènes ou Rusniaques, entretenaient dès le neuvième siècle «les rapports |H>Iitiques et religieux avec les empereurs de Byiance, de même qu'ils avaient des relations commerciales forl étendues et qu'ils obéissaieul à des princes indigènes de la race de Chrowat , fut conquise vers la fin du neuvième siècle par les Rush-s de Kief. La partie occidentale dépendait déjà, il est vrai, de la Pologue; mais elle avait aussi ses souverains particuliers, à l'extinction de la race desquels le roi de Pologne Casimir s'empara de cette partie de la Ruthénie ou Prusse-rouge et y introduisit la constitution polonaise. Déjà d'ailleurs la partie de cette contrée située plus à l'est , le long des rives du Dniester, etc., avait été enlevée aux Polonais par les Russes au onzième siècle. Klle ne tarda pas cvpcndnut à s'affranchir de tous rapports tant avec la Pologne qu'avec Kief; et il se forma sous la protection des Hongrois diverses principautés indépendantes, notamment à VYladimir (107»), à Praeimsl (I0S>4), àTcrcbowl (I0*J7), ensuite a llalicz (t 123) sous le prince hongrois Boris lui-même; principauté qui s'agrandit aux depen» des autres , et qui demeura sous la suzeraineté de la Hongrie jusqu'en 1210. fcrigee en royaume à partir du commencement du treizième siècle, réunie a la Lilhuanie vers le milieu du même siècle , la Gallicie et Vv'laditnir ( Lodomérie) furent adjoint* en 1311 à la grande principauté de Moscou. Mais en 1340 le roi de Pologne Casimir III en prit de nouveau posse>sion, en même temps que le roi de Hongrie lui faisait abandon de tous ses droits et prétentions, tandis que Wladimir était donné pour prix de la Lilhuanie. Le roi de Hongrie Louis le Grand ayant de nouveau conquis ce pays, il lit encore une fois retour à la Pologne, en 138 .2, a la suite du mariage d'Hedwige, lille de Louis; et il continua de faire partie de ce royaume jusqu'en 1773. Lors de ce premier partage de la Pologne, la Gallicie, avec diverses parcelle» qui avaient dépendu jusque alors de la petite Pologne, fut adjugée à l'Autriche sous le titre de royaume de Gallicie et de Loudoméne ou Lodomérie , que l'impératrice Marie-Thérèse avait créé dès 176'J; et en 17*6 cette puissauce y ajouta la Bukowine, devenue autrichienne depuis 1777. Quand, à l'époque du dernier partage de la Pologne, en I79à, l'Autriche acquit de nouveaux territoires en Pologne (602 inyriamètres carres, avec une population de 1,307,000 ames), ils furent désignés sous le nom de Soui telle Gitlhcic ou Gallicie orientale, tandis que ses premières acquisitions recevaient relui de Vieille Gallicie ou Gallicie occidentale. Depuis, la chancellerie autrichienne adopta la dénominatiou de Gallicie et Lodomérie.
Aux termes de la paix de Vienne de 180», l'Autriche dut faire abandon a Napoléon de la Gallicie occidentale avec Cracovie et la partie du territoire dépendant de cette ville située sur la rive droite de la Vistule , ainsi que le cercle de Zamosc en Gallicie orientale ( formant ensemble une su|ierilciede 640 myr. carrés, avec 1,470,000 habitants); et le conquérant réunit le tout au duché de Varsovie. Ku même temps, l'Autriche céda à la Russie 115 inyriamèlres carrés de la Gallicie orientale avec 400,000 habitants. La paix de Paris laissa la Gallicie occidentale au royaume de Pologne, mais rendit à l'Autriche la partie de la Gallicie oriental* qu'elle avait cédée à la Russie. Toutefois , en vertu d'une décision du congrès de Vienne, une partie du territoire de la Gallicie orientale cédée à la Pologne fut érigée en république de Cracovie et placée sous la protection des trois puissances , l'Autriche , la Prusse et la Russie. Mais a partir de l'année 1W0 cette petite république de Cracovie étant devenue le principal foyer de l'esprit révolutionnaire en Pologne , les conspirations dont elle était le centre nécessitèrent à diverses reprises l'occupation de son territoire par ies trou|ic8«les puissances protectrices. Knfm, une tentative d'insurrection qui devait einluaswr toutes les parties de la