‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 104 sur 556 · CADUC — CAEN · texte numérisé non relu

CADUC — CAEN

ou solides, organisées ou inorganisées , qui ont une fois accompli leurs fonctions, et qui, par une détérioration rapide oulente, ne peuvent plus adhérer à l'économie vivante, sont destinées à s’en détacher, et le phénomène de cette séparation a reçu des dénominations diverses. Le mouvement centrifuge, qui exporte les parties liquides, préside aux sécrétions, ex crétions, transpirations, dépurations, éliminations. Ces phénomènes sont observables dansles végétaux etles animaux. Chez ces derniers, certaines parties, formées de matière cornée ou calcaire (épidermé, ongles, poils, piquants, plumes, becs, fanons , cornes pleines, cornes creuses, opercules cornés, croûtes, plaques, opercules calcaires , dards , dents de toutes formes), s’usent par le frottement , et tombent plus ou moins par les progrès de l’âge avant la mort de l'individu, La chute précoce ou tardive de ces parties ( poils, cheveux, dents , etc.) est un des phénomènes de l’âge de caducité. Dans les plantes, la caducité des feuilles est un phénomène qui indique la mort de ces organes et la torpeur de l'individu plus ou moms vivace, qui réparera dans une saison favorable cette perte au moyen des bourgeons. La flétrissure, la chute des enveloppes de la fleur (périanthe) et de celles du fruit (péricarpe) sont, de même que dans les feuilles, les signes de leur caducité. La chute du fruit qui s'effectue lors de sa maturité est le procédé voulu par la nature pour la propagation des embryons libres. Cest ainsi que la caducité du pédoncule et du péricarpe favorise ce mode de reproduc-

tion végétale. Le germe vivant tombe, mais tôt ou tard, placé -

sous des influences vivificatrices, il s’élève pour perpétuer l'espèce. La manière dont le germe des végétaux se détache est donc accompagnée de phénomènes de caducité. Nous aurons à les indiquer encore en mentionnant celles des parties des enveloppes des germes des animaux qui doivent périr avant ou au moment de la naissance du nouvel individu. Au dire des observateurs, le jeune animal gemmipare se détache dela mère sans entrainer ni laisser aucune enveloppe caduque. Mais dans les êtres animés, qui sont les uns ovipares, les autres oyovivipares, ceux-ci subvivipares, d’autres enfin vivipares, des enveloppes nombreuses de l'embryon ou du fœtus (véritables péricarpes animaux ), sont destinées à se séparer du nouvel êtreau moment de la naissance et à tomber dans le monde extérieur pour s’y décomposer. Quoique ce fait de la caducité de toutes les membranes et couches plus ou moins solides de l’œuf des animaux soit observable dans chacune d'elles , on a donné seulement le nom de membrane caduque à celle qui, dans l'œuf des mammifères, disparait la première et de bonne heure.

D’autres organes non moins remarquables des animaux ont un caractère de caducilé que nous devons signaler. On pourrait les réunir sous le nom de pavillons ou étendards d'amour caducs, parce que en effet on les voit se développer, s’accroître, pendant la virilité des mâles, persister dans la saison du rut et tomber ensuite. Tels sont les bois des cerfs, des élans, des rennes, les plumes qui constituent les aigrettes, les collerettes, les brins et tous les autres ornements par lesquels la nature a voulu différencier les oiseaux mâles de leurs femelles. Quelques fois des organes utiles sont détachés volontairement pour que l'animal se livre sans distraction à un travail plus important. C’est ainsi que les fourmis femelles font tomber leurs ailes ou que les neutres les leur arrachent, afin qu’elles soient entièrement occupées de la ponte prochaine. D’autres fois, les parties caduques servent à forner une enveloppe qui protège l'animal : tels sont les poils de certaines chenilles et la peau des larves des diptères, qui se racornit pour former la coque de leur nymphe. L. LAURENT.

En droit, les mots caduc, caducité s’emploient pour exprimer qu’une donation entre vifs ou un legs, valables dans le principe, ont été, par un événement quelconque, privés de leurs effets. Les articles 1039 et suivants du Code Civil fournissent des exemples de dispos‘tions caduques.

CADUCEE, baguelte entourée de deux serpents et surmontée de deux ailes, symbolede paix et attribut de Mersure. L'origine de cette figure et l’époque d’où elle date ne peuvent guère se déterminer avec certitude, La fantaisie des poëtes et des artistes ajoutait aux idées reçues, aux symboles consacrés, et nul ne songeait à contester ces transformations successives. Dans Homère, les hérauts sont porteurs l’une simple baguette ou d’un bâton, appelé sceptre, qui (à part une différence probable dans la forme ) était à la fais l’attribut des rois et celui des hérauts. Avec le temps, la différence du sceptre royal avec la baguette des hérauts dut devenir plus sensible : plus tard les rois ne paraissent même plus en possession de cet emblème. Resté exclusivementau pouvoir de ces messagers ofliciels, le caducée se revêt de signes allégoriques appropriés à leurs fonctions. Dans tout l'Orient le sérpent fut l'éternel symbole de la prudence, vertu si nécessaire dans les négociations et les messages : on le fit tourner autour du caducée ; on le doubla même, soit qu'on voulût exprimer l'accord entre deux partis, soit que les artistes y trouvassent un développement plus favorable au dessin. Les ailes sont le symbole de la vitesse ; elles surmontèrent l’insigne des messagers.

Apollon aurait, dit-on, donné cette baguette à Mercure pour le récompenser de lui avoir cédé l'honneur de l’invention de la lyre. Mercure l'aurait portée lors de son arrivée en Arcadie. Voyant deux serpents en lutte, il l’aurait jetée entre eux et les aurait vus s’y attacher sans se faire aucun mal. Depuis, ce sceptre lui aurait servi à conduire les mänes aux enfers, d’où le surnom de Caducifer. On voit figurer sur des médailles antérieures de quelques siècles à l'ère chrétienne le caducée tel que nous le dépeignons ici, et tel qu’on le prête non-seulement à Mercure, mais à Bacchus, à Hercule, à Cérès, à Vénus, à Anubis. Toutefois, ce ne sont guère que les écrivains latins qui le décrivent ainsi. I n’est pas prouvé que Thucydide lait conçu exactement sous la même forme. Quant à l’étymologie du mot caducée, en grec, xApuË signifie messager , et dans le dialecte des Tarentins, xagvxeov, xnpüxetoy, baguette des hérauts. Comme les Tarentins étaient Doriens d’origine , et que c’est au dialecte dorien que les Latins ont surtout emprunté les mots grecs, il n’est pas étonnant que de xapuxeoy ils aient fait caduceum ou caduceus , noms latins de cette espèce de baguette.

François GaiL.

CADY. Voyez Kant.

CAEN, ville de France, chef-lieu du département du Calvados, à 239 kilomètres de Paris, au confluent de l’Odon et de l'Orne, avec une population de 41,564 habitants, Siége d’une cour d'appel dont le ressort embrasse les départements du Calvados, de la Manche et de l'Orne, de tribunaux de première instance et de commerce, d’une église consistoriale calviniste, elle possède une académie universitaire, des facultés de droit , des lettres, des sciences, une école secondaire de médecine, un lycée avec école primaire supérieure, une école nortmale primaire départementale, une école d’hydrographie et une école de sourds-muets ; une bibliothèque publique de 60,000 volumes, des musées, un jardin botanique, un théâtre, une chambre de commerce, un bureau principal de douanes et un dépôt de remonte. C’est le chef-lieu de la 3° subdivision de la 2° division militaire,

La ville est bien bâtie, ses rues sont larges et alignées ; elle renferme plusieurs édifices remarquables, entre autres le lycée, ancienne abbaye de bénédictins, dite Abbaye aux Hommes , bâtie au commencement du siècle dernier d’après les dessins de Guillaume de La Tremblaye, frère convers de l'ordre, sur l'emplacement des constructions élevées par le célèbre Lanfranc , sous Guillaume le Conquérant ; une aile en harmonie avec l’ancienne architecture y a été ajoutée en 1828 ; l’école normale installée dans le bâtiment qu'on appelle palais de Guillaume le Conquérant , quoique le caractère de son architecture ne permetie pas de le reporter

à une époque plus reculée que le quatorzième siècle; l'imrosante basilique de Saint-Étienne; l’ancienne Abbaye-aux- Dames, aujourd’hui l'Hôtel-Dieu : ces deux derniers monuments renfermaient , l’un le tombeau du vainqueur de Hastings , l’autre celui de sa femme , la reine Mathilde, Ils furent détruits une première fois, pendant les guerres de religion et une seconde sous la révolution; ce sont de nouveaux mausolées qu’on y voit aujourd’hui. Nous citerons encore l’église Saint-Pierre, dont les différentes parties sont l’ouvrage de plusieurs siècles, et qui est remarquable par l'élégance de sa tour et de sa flèche; le palais de justice, l'hôtel de ville.

L'industrie est très-active à Caen ; il s’y fait une fabrication importante de blondes, dentelles et tulles; de bonneterie de coton, laine angora, laine cachemire et fil d'Écosse; de broderie sur tulle, de cotons et cotonnades, linge damassé ; de machines à vapeur et de mécaniques; de papiers peints On y trouve des filatures de coton à tisser, à coudre et à broder, de fil et de soie à dentelles, des huileries, tanneries, blanchisseries, teintureries, corderies, raffineries de sucre; on y compte sept imprimeries. Quoique à 12 kilomètres de la mer, son port est renommé pour les constructions navales. Depuis l'achèvement du canal de Caen à Ja mer (1857), il reçoit les plus forts bâtiments marchands. Le commerce consiste en grains et graines, cidre, chevaux et bétail, beurre, œufs, fruits, poteries, etc. Caen est sur le chemin de fer de Paris à Cherbourg.

Caen n’est pas une ville fort ancienne, et cependant on ne peut fixer avec certitude l'époque de sa fondation. On croit qu’elle à remplacé une cilé romaine dont les débris se trouvent encore aux environs. Lors de la cession de la Neustrie aux Normands par Charles le Simple (912), Caen était déjà une cité importante, et elle prit un grand accroissement sous les dues de Normandie, qui en firent souvent leur sejour et qui la furtifièrent. Elle soutint plusieurs siéges mémorables. En 1346, Édouard IS, roi d'Angleterre, la prit d'assaut, la livre au pillage, et fit massacrer une partie des habitants, Les Anglais s'en emparèrent une seconde fois, en 1417, et la gardèrent jusqu’en 1448. Dans cet intervalle Henri IV y fonda en 1437 une université quele roi Charles VII confirmaen 1452. Jusqu'à la révolution Caen demeura la capitale de la basse Normandie : c'était le chef-lieu d’une généralité, d'une intendance et d’une élection. C'est dans cette ville que se retirèrent les Girondins proscrils par la Convention et qu'ils organisèrent la guerre civile ; c'est encore de Caen que partit à la même époque Charlotte € o rd a y pour assassiner Marat.

Ce qui distingue surtout le chef-lieu du Calvados, c’est son grand nombre d’institulions scientifiques et littéraires ; nous citerons seulement ici sa Société des Sciences et des

Arts, qui figure au premier rang parmi nos académies de dé- |

partements.

CAERMARTIIEN, ou CARMARTHEN, le plus considérable des comtés de la principauté de Galles, à extrémité méridionale de laquelle il se trouve situé, occupant une superficie de 25 myriamètres carrés, est borné au sud par la baie à laquelle il donne son nom, et qui se rattache à l’est au canal de Bristol, à l’ouest par le comté de Pembrocke, au nord par celui de Cardigan, et à l’est par ceux de Clamorgan et de Brecknock. Le sol en est en partie montagneux et s’élève avec les derniers contreforts de la montagne de Wales, qui s’abaisse en cet endroit. Il est arrosé par le Towy, le Tiwy, le Dulas, le Tave, l’'Amman, le Cothy et autres cours d'eau extrémement poissonneux; et sous ce rapport on doit surtout citer la vallée formée par le Towy. Les habitants, dont le chiffre s'élève à 116,944, s’occupent surtout de l'élève du bétail, et possèdent aussi quelques manufactures de lainages. On n’y rencontre pas une seule manufacture de coton. Le sol fournit de la houille en abondance , et aussi du fer qu'on prépare surtout à Llanelly, de l’'étain, du plomb, du marbre, etc.

Ce comté envoie deux membres à la chambre des com-

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