CAEN — CAERNARVON
munes. Les trois villes les plus importantes sont Lianeïy, Kidwelly et Caermarthen (appelé aussi Caer Fryddyn) son chef-fieu, Cette dernière ville, considérée en même temps comme la capitale de la partie méridionale du pays de Galles, est bâtie sur les deux rives du Towy, à 11 kilomètres de son embouchure, dans la baie de Caermarthen, sur le versant d’une montagne , de sorte que les rues en sont passablement escarpées et irrégulières, mais offrent partout les plus beaux points de vue. Les maisons sont bien construites. IL faut surtout mentionner en fait d’édifices l’église paroissiale, de style gothique, ainsi que les chapelles servant à différentes sectes dissidentes, le bel hôtel de ville avec une façade ornée de colonnes d'ordre ionien, et le pont de six arches qui établit une communication entre les deux parties de la ville, A son extrémité occidentale , on voit une colonne de 80 pieds d’élévation, qui fut consacrée en 1826 à la mémoire de T. Picton, ancien représentant de cette ville, tué à la bataille de Waterloo, Caermarthen compte environ 11,000 habitants, qui s’occupent de commerce et de pêche, surtout de celle du saumon. Comme le Towy est navigable pour des bâtiments de 200 tonneaux jusqu’au pont dont nous venons de parler, c’est Caermarthen qui fournit aux besoins de tout le district; et elle reçoit en échange des produits du sol, notamment du beurre, et en outre quelques minerais de plomb. On y construit aussi des navires jaugeant de 50 à 150 tonneaux.
Au point de vue littéraire Caermartlhien est surtout célèbre comme ayant, dit-on, vu naître dans ses murs le célèbre enchanteur Merlin, et parce que c’est dans ses environs que mourut, dans une champêtre solitude, Richard Steele, l'ami d’Addison. Cette ville est fort ancienne. Il en est déjà fait mention dans l'Ilinéraire d’Antonin, sous le nom de Maridunum, comme habitée par les Démètes ou Démécèles ; et on y trouve encore de nombreuses ruines de l’époque romaine. Longtemps elle fut la résidence des souverains du pays de Galles, et elle joua un rôle important dans leurs luttes contre les Anglais. C’est ainsi qu’en 1137 elle fut complétement brûlée par Owen Gwynedd, puis reconstruite bientôt après par le comte de Clare. C’est d’elle que le duc de Leeds prend le titre de marquis de Caermarthen.
CAERNAR VON ou CARNARVON, comté situé au nord de la princip<uté de Galles. Les limites en sont : au sud, la baie d'Harlech ; à l’ouest, la baie de Caernarvon et le canal de Menai , qui sépare le comté de Caernarvon de l'ile d'Anglèsey; au nord, la mer d'Irlande, et à l’est, le comté de Denbigh. Le sol, qui comprend en superficie 13 myriamètres carrés , en est extrèmement montagneux, attendu que c’est là que se concentre la masse principale de la chaîne du pays de Galles. Le Snowdon, montagne à trois pics, de 1,180 mètres d'élévation, et composé presque entièrement de porphyre et de granit, en forme le point central. Il est le but de fréquentes ascensions ; aussi une auberge a-t-elle été construite au pied de cette montagne, où d’ailleurs il n'y a pas de route tracée. La montagne la plus haute après celle-ci est le Carned-Llewelyn, dont l'élévation est de 1,178 mètres. Le grand nombre de ses pics et de ses lacs donne au comté de Caernarvon le caractère essentiellement romantique des contrées alpestres; caractère qui se retrouve encore dans le genre d'occupation le plus généralement en usage parmi les habitants : l'élève du bétail et la fabrication du beurre. Comme le Towy dans la partie méridionale du pays de Galles, le Conway, rivière où l'on trouve des perles, y forme une vallée extrêmement fertile. Après lui le cours d’eau le plus considérable est le Seiont, lequel prend sa source dans le Snowdon. Les habitants, dont le chiffre s'élève à 106,122, se livrent avec beaucoup de profit sur la côte à la pêche des huîtres et des harengs; ils produisent aussi un peu de laine, de cuivre et de plomb. Ils envoient deux membres à la chambre des communes. Les villes principales du comté sont Caernarvon, Bangor et Conway.
Caernarvon, chef-lieu fortifié du comté, est bâti à l'em-
bonchure du Seiont, dans le détroit de Menai, large en cet endroit de 3 kilomètres, à 11 kilomètres au sud-ouest du grand pont de Menai, et compte 9,370 habitants. Parmi ses édifices on remarque surtout son hôtel de ville, Il faut aussi mentionner ses nombreux et anciens ouvrages de forification, notamment le château fort parfaitement conservé W'Édouard 1°", connu des voyageurs sous le nom de Caermarvon-Castle, et qu'ils vont visiter de préférence à toutes es autres ruines du pays de Galles. Le port, jadis dangereux et ensablé, mais aujourd’hui parfaitement sûr, peut recevoir es bâtiments de 500 tonneaux. On y fait un commerce des plus actifs avec Bristol, Liverpool et Dublin, consistant surlout en grains avec l'Irlande. Le minerai de cuivre et les ardoïses constituent les principaux objets d'exportation. Les
anufactures qu’on y trouve sont sans importance. L'histoire de cette localité remonte jusqu’à l’époque des Romains, dont lelle était peut-être la seule et en tout cas la plus importante lstation dans la Cambria ; et de nombreuses ruines y rappel- Îlent encore at jourd’hui leur domination. Le Segontium d’Anlonin, dont le nom se rapproche de celui du fleuve appelé de nos jours Seiont, était situé à peu de distance du Caernarvon lactuel ; et ses matériaux servirent à le construire, sous le rèlgned'Édouard 1°". Ce prince bâtit Caernarvon, de 1282 à 1284, tavec les fortifications, dont une partie subsistent encore aujourd’hui. En 1294 les Gallois pillèrent cette ville, qui eut aussi beaucoup à souffrir à l’époque des guerres civiles de ’Angleterre, mais surtout lorsqu'elle fut prise d'assaut len 1644. C’est là que naquit Édouard 11, le premier prince Anglais qui porta le titre de prince de Galles. CÆSIUM, nouveau métal découvert par MM. Bun- : sen et Kirchhoff dans les eaux mères des salines de Durck- ) hein, et isolé par eux au moyen de l'analyse spectrale. Il se rapproche du potassium et du rubidium parses propriétés, mais il a des affinités plus énergiques. Son équivalent est ) égal à 123. On a reconnu la présence de ce métal dans un grand nombre d’eaux minérales. Il a été nommé cæsium à } cause de sa couleur d’un gris bleu.
* CAFARD. De tous les hypocrites, le cafard est le | plus vil et le plus dangereux. Le masque dont il couvre ) d'ordinaire son âme de boue est celui de la dévotion, parce : qu’elle est presque toujours le moyen le plus sûr de se faire l'ouvrir les portes auxquelles il frappe.
Mais ce n’est pas dans les sacristies seulement qu’il y a ! des cafards; les nombreuses agslomérations d'hommes réu- ! nis sous un chef en comptent dans leur sein. Tout cafard à ou cafarde fait abandon de sa dignité personnelle; il est 1 humbie avec les gens qui veulent autour d’eux des complaià sants et des laquais ; il s’efface et s’amoindrit tant qu’il peut; lil est prêt à accepter tous les rôles, à endosser toutes les infamies, s’n y voit quelque profit; dans la conversation, il Lest rare qu’il contrarie vos sentiments; parfois il feint de les partager. Mais avec quel art il vous dénigre quand vous n'êtes plus là! Ces dénigrements sont d'ordinaire enveloppés d'un voile d’humilité qui en impose aux plus clairvoyants : | Les gens de morale austère Ne manquent jamais de fard;
La vertu la moins sincère C’est la vertu du Cafard.
|Le cafard est implacable dans ses haines et ses vengeances ; son plus grand ennemi est celui qui l’a pénétré ; l’imprudent qui l’a sifflé tout haut n’aura de lui nitrève ni merci, et devra se garder jusqu’à la mort de l'être rampant et venimeux qu’il La démasqué. On ne lui arrache jamais tout son venin; cc- *pendant s’il voit ses révélations mal reçues, il se tait, il avoue volontiers des torts, jusqu’à ce que la moindre occasion de Pnuire lui ramène tout son fiel sur les lèvres. Comme ces lanimaux si prompts à rentrer dans leurs coquilles au moindre obstacle, et qui, au moyen de leurs tentacules, sondent si 1bien le terrain avant de s’engager, le cafard partout où il \passe laisse des traces de sa bave dégoûtante.