CAFÉ — CAFÉS
même avant l'usage du café; et cette boisson n’a pu qu’af guiser davantage leur esprit, sans les rendre des génies su périeurs. J'ajoute que les hommes le plus éminemment spis\ rituels du dix-huitième siècle ont été de grands amateurs de café : tels furent Voltaire, Fontenelle, Jacques Delille ep quelques autres. Enfin, si les lumières sont aujourd’hui plus répandues et disséminées dans la société, grâce à une plus facile compréhension, elles n’en sont pas pour cela plus. vives ni plus concentrées en quelques têtes. Pense-t
que si l’usage de l’opium s’introduisait jamaïs parmi nous. comme chez les Turcs, les Persans et d’autres Orientaux, nous aurions le même caractère, la même activité d'esprit. que par l’emploi du café?
On peut donc conclure de tout ceci que l'introduction de nouvelles substances en aliments ou en boissons, telles que le café, agit sur le physique et influe à la longue sur le moral, sur l’état politique même des hommes, et ne peut que. nous conduire à un degré de civilisation plus perfectionné. La plupart des médecins et des philosophes qui ont fait de si heureuses recherches sur l'influence des climats ne se sont point aperçus que les aliments devaient exercer une actions non moins vive, J.-J. VIREY.
La consommation du café varie beaucoup suivant 1es pays. En France elle a été en augmentant d'année en année ; ainsi" elle était, en 1857, de 775 grammes par tête, en moyenne; « et, en 1867, de 950. D'après M. Husson, la quantité de café consommée à Paris serail quatre à cinq fois plus considérable que celle des départements. Dans les pays étrangers la consommation moyenne annuelle se répartissait en 1867 de la manière suivante par habitant : Hollande, 6 kil. 300 pri Belgique, 4 kil. 700; États-Unis, 4 kil.; Danemark, 3 kil, 300; Suisse, 3 Lil.: Norvège, 2 kil.; S':ède, 1 kil. 900 ; Allemagne, 1 kil. 630; Grande-Bretagne, 1 kil, 090; Autriche, 780 Er Espagne, 160 gr.; Russie, 70 gr. Dans ce tableau la France n’arriva qu’au se lième rang.
Les cafés de l'Inde fournissent aujourd'hui la plus grande partie de notre consommation, et ensuite ceux de Saint-Domingue et du Brésil ; les cafés de Bourbon, de la Martinique et de la Guadeloupe nous expedient le surplus; ceux de l’Amérique du sud sont peu estimés. Quant à celui de Moka il devient de plus en plus rare.
CAFEIER. Voyez Car.
CAFÉINE. Cet alcaloïde, identique ou tout au moins isomère avec la {héine, s'obtient en traitant par l’eau ‘bouillante des graines de café vertes ou torréfiées ; on précipite la dissolution par l’acétate de plomb, on filtre et on séparé l'excès de plomb en faisant passer dans la liqueur un courant d'hydrogène sulfuré; on filtre de nouveau et on fait cristalliser par évaporation. La caféine se présente alors en longues aiguilles soyeuses, blanches, solubles dans l’eau bouillante. Soumise à l’action de la chaleur, elle perd deux équivalents d’eau à 100°, fond à 177° et se volatilise à 384°,
CAFÉRISTÂN. Voyez Carnes.
CAFÉS. On appelle ainsi une des branches de la puis- ‘sance législative dans les pays libres, tels que nous les comprenons chaque jour davantage. Ce sont des chambres au petit pied. Là se traitent les grandes questions politiques; là se désident la paix et la guerre ; là se font et surtout se déronl es cabinets ; là se jugent, là se détruisent les renom: mées. Là, les généraux sont mandés à la barre pour avoit mal conduit les opérations, trop tard livré la bataille, trop tôt ouvert la tranchée , témérairement découvert leurs flancs, lâächement, ou traîtreusement peut-être, battu en retraite, et campé aux bords du fleuve quand il est clair que ce devait être dans la plaine, ou encore mieux sur le plateau. Là aussi les orateurs émineats sont victorieusement réfutés; les mi nistres gourmandés sur leur ignorance , leur incapacité, leu perfidie, leur corruption. Là, enfin, l’économie politique est professée comme la stratégie, comme la législation, comme la diplomatie; les finances, le commerce, l'administration