‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 114 sur 556 · CAFFARELLI DU FALGA — CAGE · texte numérisé non relu

CAFFARELLI DU FALGA — CAGE

claire, il discutait les plus graves questions d'économie politique. D’autres fois, des idées tristes et poignantes le poursuivaient. Chaque jour ouvrait auprès de lui une tombe nouvelle, et l'élite de sun arme s’en allait moissonnée, Quand on vint lui apprendre la mort d'Horace Say (frère de l'économiste), son chef d'état-major et son ami : « Ces | pauvres jeunes gens, dit-il, c'est moi qui les ai séduits, qui les ai entratnés; et pourquoi? pour les faire tuer devant | une bicoque. » Après dix-huit jours de cruelles souffrances, Caffarelli expira. Il fut enterré en face des tentes du quartier général. Citoyen vertueux, savant distingué, soldat intrépide, joignant tous les dons du génie à ceux du cœur, doué d’une âme belle et pure, grand, généreux, désintéressé, il s'était fait aimer de tout ce qui l’approchait, Voici quel éloge funèbre le générai en chef fit à son sujet dans Pordre du jour du 9 floréal : « Il emporte au tombeau les regrets universels : l’armée perd un de ses plus braves chefs, l'Égypte un de ses législateurs, la France un de ses meilleurs citoyens , les sciences un homme qui y remplissait un rôle célèbre, » Louis REYBAUD, de l’Institut.

Plusieurs frères du général Calfarelli ont d'gnement porté leur nom; ce sont : le baron Charles-Ambroise Carra- RELLI, d’abord chanoine de Toul, puis préfet de divers départements , néen 1758, mort curé du Falga en 1833; — ZLouis- Marie-Joseph comte CarFakELLI, conseiller d’État, préfet maritime de Brest, pair pendant les Cent-Jours , néen 1760, mort en 1845; — Jean-Baptiste-Marie CAFFARELLI, évêque de Saint-Brieuc, né en 1763, mort en 1815; — Marie-François-Auguste comle CAFFARELLI , général français, ministre de la guerre et de la marine du royaume d'Italie, pair de France sous Louis-Philippe, né en 1766, mort en 1849.

CAFRES. Ce nom, dérivé de l'arabe kajir, signifiant infidèle (voyez Guësres), est surtout employé par les mahométans pour désigner deux peuples idolâtres ; et c’est aux mahométans que les chrétiens l’ont emprunté. Les deux peuples idolâtres auxquels cette dénomination est plus particulièrement réservée sont les Cafres de l’Asie centrale et les Cafres de l'Afrique méridionale.

Les premiers, appelés aussi siahpouches, c’est-à-dire vêtements noirs, et célèbres par la beauté de leur conformation physique, habitent les vallées, si peu accessibles, de l’'Hindoukousch, appelées d’après eux Caferistän, entre Peschaouer, Koundous, Badakschân et le petit pays montagneux de Gilgit dans le Petit-Thibet. Ils forment environ 40,000 fa-

} milles, parlent une langue indo-germanique , sont divisés en plusieurs tribus obéissant à des chefs différents, et ont récemment embrassé la religion mahométane dans laquelle ils font partie de la secte des chiytes.

Les Cafres de l’Afrique méridionale y habitent, sur la rive orientale, le pays compris entre les frontières de la colonie du Cap et la baie de Delagoa ; mais on ne sait pas exactement jusqu’à quel point de l’intérieur du pays de la Table ils s’étendent. Ils constituent un type particulier parmi les races africaines. Ils sont d’une taille et d’une force remarquables, parfaitement proportionnés, d’un noir tirant sur le gris, avec des cheveux noirs et laineux. Les traits de leur visage ont quelque chose de caractéristique. Comme les Européens ils ont le front haut, le nez proéminent, comme les Hottentots les pommettes des joues saillantes, comme les

| nègres les lèvres déprimées; leur barbe est peu fournie. 1Is

| forment quatre peuplades différentes. La première, celle des Amakosas, habite l’extrémité méridionale de la Catrerie, | tout près des frontières de la colonie du Cap, et se compose

Yenviron 150,000 âmes. La seconde, celle des Amaitimbas,

appelés aussi Tamboukis, habite au nord et à l’ouest des

Amakosas , le long des rives de l’'Om-Bashi et jusqu’à la

Karrou. La troisième, celle des Amapondas, Flus connue sous le nom de Mamboukis, habite depuis l'Om-Bashi jusqu’à l’Oumnsikalia ; la quatrième enfin, la plus nombreuse de toutes, celle des Amazoulahs ou Zoulous, habite le long

des côtes entre l'Oumzimrabo et la baie de Delagoa, et aans l’intérieur des terres, depuis les sources de l’Orange jusqu’au Molapo, et se subdivise en deux peuplades, celle des côtes et celle de l’intérieur des terres, les Abaka-Zowulahs et les Matabélés. Chacune de ces peuplades principales se divise à son tour en tribus différentes, soumises aux lois de chefs héréditaires; mais toutes les tribus dont se compose une peuplade reconnaissent un chef suprême commun, Les Cafres ne sont qu’à moitié nomades, car ce n’est que contraints et forcés qu'ils s'éloignent des lieux où ils se sont établis, etils vivent des produits de leurs troupeaux, notamment de lait,et un peu d'agriculture et de jardinage. Leurs demeures ressemblent à celles des Hottentots. D'ordinaire plusieurs £raals sont réunis sous un même chef qui fait administrer par ses représentants les divers districts de la tribu. Il a sur ses subordonnés le droit de vie et de mort, et réunit le pouvoir judiciaire au pouvoir législatif. S'il commet des injustices, les grands c’est-à-dire les membres de l'assemblée du conseil, lui font des représentations. Les guerres ont généralement pour origine des rapts de troupeaux. Les Cafres ne sont pas un peuple naturellement belliqueux ; tout au contraire, ils aiment la vie douce et tranquille du pasteur. Cependant ils font preuve de courage et de bravoure quand on les attaque dans leur honneur on dans leurs propriétés. Ce n’est qu'avec les Boschimans qu'ils ont des guerres d’extermination. On a vu aussi de temps à autre surgir parmi eux quelques chefs ambitieux, qui réussissaient à inspirer des sentiments belliqueux à certaines tribus et à les métamorphoser en jeuple conquérant. Dans ces derniers temps ils ont eu de fréquentes guerres avec les habitants de la colonie du Cap. Peu à peu ils ont été refoulés vers le nord. Toutefois leurs conlinuelles incursions déterminèrent le gouvernement anglais à occuper en 1848 une grande partie de leur territoire, qui fut en 1866 réunie à la colonie du Cap sous le nom de Cafrerie anglaise. A la suite des dernières guerres en 1851 et en 1853 leurs chefs les plus résolus furent envoyés en captivité dans une île sablonneuse de la baie de la Table. Le nombre des Cafres a été évalué à deux millions d'individus, dont 100,000 étaient, en 1872, sujets des Anglais.

Il faut aussi comprendre dans la famille des Cafres les Betjouans, bien que ceux-ci soient moins intelligents, moins moralisés et moins belliqueux.

CAFTAN, espèce de vêtement turc, assez semblable à une pelisse ou à une robe de chambre, également en usage chez les autres nations de l’Orient ou voisines de l’Orient, qu’on confectionne avec des étoffes de soie ou de coton et qu’on enrichit souvent de précieuses fourrures. Autrefois les ambassadeurs étrangers, quand ils obtenaient une audience du grand-seigneur, étaient tenus de porter un caftan en se rendant à la Porte, à moins qu’ils n’eussent obtenu l’autorisation expresse d’y paraître avec leur costume national. Ce caftan était du reste un présent que leur faisait le sulthan, L'usage d’en distribuer comme distinction honorifique existe, non pas seulement à la cour du grand-seigneur, mais aussi chez les pachas, qui en gratifient leurs subordonnés ; et cette coutume est encore très-répandue aujourd’hui en Orknt.

CAGE. En général on désigne par ce mot tout espace fermé par des parois pleines ou à claire voie : ainsi, on dit la cage d’un escalier, d’un moulin à vent, d’un clocher, pour désigner l’espace dans lequel l'escalier est construit, le bâti en bois qui contient le mécanisme et les meules d’un moulins la cage d'une horloge, d'une montre, est l'assemblage de plaques et de barreaux dans lequel on place le mécanisme de ces machines. Tout le monde connaît les cages dans lesquelles on enferme des oiseaux ; on les construit communement en bois et fil de fer; le fond est formé de planches que l’on ferait bien de remplacer par une lame de zinc. Ce métal, aujourd’hui à bas prix, se nettoie facilement : une cage ainsi perfectonnée n’offrirait pas l'aspect repoussant qui af

fecte la vue et l’odorat dans les cages à fond en bois imbibé et pourri par les ordures de leurs habitants. Les cages destinées à renfermer des alouettes se font en petites baguettes de bois; celles qui contiennent des cailles ont le dessus formé d’une toile tendue pour que ces oiseaux ne se brisent.pas la tête lorsqu'ils font des efforts continuels pour s’élever, aux époques de leurs migrations. Les cages dans lesquelles on nourrit des serpents sont en fils de fer très-rapprochés ; quand les animaux dangereux sont très-forts , tels que les lions, les tigres, onles transporte dans des cages faites de barreaux Je fer. Deshommesont, dit-on, été enfermés dans des cages defer. B ajazet, vaincu par Tamerlan, fut traîné à sa suite dans une cage de fer. Louis XI fit enfermer le cardinal La Balue, son favori, tombé en disgrâce, dans une cage que celui-ci avait fait construire pour y placer ses ennemis. TEYSSÈDRE.

Chez les Romains on nommait cages pullaires ( caveæ pullarixæ ) celles où l'on renfermait les poulets destinés aux augures. Lorsqu'ils se jetaient avec avidité sur le grain qu’on leur apportait , c'était d’un bon augure ; si leur avidité était telle qu’en sautant et en mangeant ils en répandissent une partie, le présage en était d'autant plus favorable; et si, au contraire, ils refusaient de manger, c'était un mauvais signe,

CAGLIARI, capitale de l’ile de Sardaigne, l’une des plus anciennes villes de l’Italie, siége d’un intendant général, d’un archevêque et des autorités supérieures, est située dans le golfe du même nom, sur la côte méridionale, et à l'embouchure de la Mulargia! Le port est assez sûr et protégé par des forts, et la ville entourée de remparts. Parmi

les trente-huit églises que renferme Cagliari on distingue.

surtout celle du Château, avec son riche revêtement en marbre. Le théâtre et quelques palais sont d’un bon style. En fait de curiosités dignes d’être visitées , il faut citer le musée d’antiquités, les débris d’un aqueduc romain qui fournit à la ville l’eau dont elle manque, et d’autres ruines de l’époque romaine. L'université de Cagliari fut fondée en 1720, réorganisée.en 1764, sans prendre pour cela beaucoup plus d'importance, et compte aujourd’hui environ 200 éludiants. La première imprimerie qu’ait possédée Cagliari y fut établie en 1769, Cagliari est le grand centre du commerce de la Sardaigne. On y trouve plusieurs chantiers de construetion et un établissement de quarantaine des mieux organisés. La population est aujourd’hui de 30,000 habitants, qui font un commerce des plus importants.en vins, olives et sels et entretiennent de grandes manufactures d'armes et de poudre, Dans les environs on remarque San-Giovanni di Pula, la Nora des Romains, et Milis, la Neapolis des anciens. CAGLIARI (P4010). Voyez VÉRONÈSE, CAGLIOSTRO (ALExANDRE, comte pe). Ainsi se faisait appeler un aventurier fameux, qui, dans la dernière moitié du dix-huitième siècle, par ses cures, ses panacées, ses prétendusmiracles, son opulence inexplicable, fixa quelquetemps l'attention de l’Europe, Il naquit à Palerme, en Sicile, le 8 juin 1743, d’une famille obsçure, et profita habilement de cette obscurité pour jeter sur son berceau un voile mystérieux. Son nom véritable était Giuseppe Balsamo, qu’il échangea dans la suite en France contre celui de Cagliostro, que portait sa marraine ct tante, native de Messine. Jeune, mais sans ressources et avec une éducation fort négligée, il trouvait peu de moyens de se lancer sur la scène du monde, où il ambitionnait de se montrer; son âme ardente et sa corruption hâtive suppléérent à tout. fl eut l'idée de voyager, mais il manquait d'argent ; il mit alors en jeu son prétendu commerce avec le diable, qui dans la suite, disait le peuple, fut son banquier, fournissant à son train de maison et à son luxe. 11 fit accroire à un certain Marano, orfévre, qu'au fond d’une grotte de la Sicile, qu’il lui désigna, Satan avait posté des sentinelles, qui nuit et jour veillaient à la garde d’un immense trésor, enfoui sous des roches. L'orfévre, auquel il en promit la possession entière et prochaine, lui donna un 4-comple de soixante onces d'or. Le jeune thaumaturge,

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