CAGOTS — CAHIER DES CHARGES
nomie dégradée, étaient distincts des cagots, c'est que là loi du pays permettait aux premiers le port d’armes et l'interdisait aux seconds, c’est qu’en 1460 seulement les états de la vicomté, par une délibération solennelle, assimilèrens les cagots aux lépreux, leur défendant de marcher pieds nus dans les rues et les chemins, de peur de contagion, et les condamnant, en cas de désobéissance, à avoir les pieds percés avec un fer rougi au feu. Ils n'étaient pas lépreux ce: pendant, et le médecin Noguez, analysant leur sang, le dé clara pur et /ouable. En 1600 le parlement de Toulouse ordonne une enquête pour s’assurer s'ils sont atteints de la lèpre, et la preuve négative est de nouveau formellement acquise! Enfin le naturaliste Palassou, né dans le Béarn, cite, au milieu du dernier siècle, trois villages de la vicomté où vivaient deux cents cagots dont pas un seul, dit-il, n'était affecté de disposition vicieuse dans le sang.
Ce n’est que vers la fin du dix-septième siècle qu’il com mence à être question de les réhabiliter dans l'esprit des peuples au milieu desquels ils traînent leur douloureuse existence. En Bretagne, le jurisconsulte Henri, prenant pitié de leur sort, prouve que la haine qu’on leur porte est injuste et obtient du parlement de Rennes un arrêt en leur faveur, qui n’est pas exécuté. Le parlement de Bordeaux en 1723 et celui de Navarre en 1688, 1693, 1721 et 1723 nesont pas plus heureux dans leurs tentatives de réhabilitation; le pays se révolte contre l'intérêt qu’inspire cette race maudite,
Ramon voit dans les cagots des goîtreux, Court de Gébelin, des Alains; Marca, l’évêque Sanadon, et le naturaliste Palassou, des Sarrasins; d’Oihenart et du Mège, des Goths. Diverses opinions sont en outre émises sur ces malheureux par Cambry , par l’abbé Venuti par Guyon, par Millin, par l'abbé Grégoire, par MM. Reïnaud et Francisque Michel.
Nous avons clairement démontré, les arrêts de divers parlements en main, que les cagofs ne sont ni lépreux, ni goitreux , ni crétins, et, pour notre part, nous n’en avons jamais rencontré un seul dans le Béarn qui fût atteint d’une de ces trois infirmités. Ce ne sont pas non plus de débris de Sarrasins, d’Albigeois ou de marchands juifs (espagnols ou portugais), races méridionales, au teint brun, aux cheveux noirs. Tous les cagofs du Béarn que nous avons vus ont le teint blanc, les yeux bleus, les cheveux blonds, et forment un contraste frappant avec une autre race maudite, les Bohémiens ou Zingaris, vivant côte à côte avec eux, sans qu’il en résulte jamais aucun mélange. A ces traits des cagois qui ne reconnaît ce peuple septentrional parti des confins de la Scandinavie et des bords de la Baltique pour inonder l’Europe méridionale sous les noms de Goths, d'Ostrogoths et de Visigoths? Mais on retrouve des cagots, sous diverses dénominations, dans diverses provinces où les Goths ne pénétrèrent jamais, D’abord, qui prouve que l'origine de ces races maudites soit la même, malgré ces diverses appellations qui se ressemblent et qui ont dû être souvent à tort confondues ? Pour ces différents motifs nous persistons dans nos conclusions : les véritables cagots, c'est à dire les cagots du Béarn et du pays basque, sont des descendants des Goths. Eug. GARAY DE MONGLAVE.
CAHEN (SauveL), hébraïsant français, né le 4 août 1796, à Metz, appartenait à une famille israélite très-pauvre qui le destinait au rabbinat. Il s’y prépara à l’école de Mayence; mais il renonça aux études religieuses pour apprendre les langues orientales et la philosophie, et après avoir été quelque temps précepteur à Verdun, il obtint, en 1824, la direction de l’école consistoriale de Paris qu’il conserva jusqu’en 1836. Depuis 1829 il travaillait à une traduction française de la Bible, œuvre capitale dont le tome XX et dernier parut en 1853. « Ce travail forme, dit M. Bonneau, une véritable encyclopédie de la Bible où se trouvent résumés toute l’érudition rabbinique et les résultats de la savanté exégèse des Allemands. Les notes de Cahen sont empreintes d’un caractère rationaliste qui lui fit beaucoup