CAISSE — CAISSON
pourrirait bientôt si on n’avait l'attention de leur donner deux ou trois couches de peinture à l'huile à Pextérieur, et une couche au moins de goudron à Pintérieur. Quant aux caisses à semis, ce sont des boîtes de 40 à 50 centimètres de large, sur 65 à 100 centimètres de long, et 20 à 30 de profondeur, munies de poignées en fer pour en faciliter le transport. Elles sont spécialement destinées aux semis des plantes étrangères, qui ne peuvent être faits avec succès en pleine terre, et qui ont besoin de recevoir alternativement des expositions diverses pour être préservées du froid, de l'humidité, ou de la trop grande chaleur, et surtout des rayons brûlants du soleil.
CAISSE A EAU, caisse destinée à préserver l’eau de toute corruption à bord des vaisseaux. Jusqueici l'on n’est encore parvenu à rendre l’eau de mer potable que par la congélation et la distillation : le premier moyen ne peut être employé dans la navigation ; quant au second, on y a presque renoncé, à cause de la quantité considérable de combustible qu’il faudrait embarquer. Et cependant la privation d’eau douce à la mer est une calamité ; l'obligation de boire, après quelques jours de traversée, une eau noire, fétide et putréfiée, au milieu de laquelle les vers nageaient par milliers, a longtemps fait le désespoir des marins : c'était donc vers les moyens de conserver l’eau douce que les esprits devaient diriger leurs recherches. Jusqu'au commencement de notre siècle , les découvertes n'avaient pas été poussées bien loin dans celte direction : l’eau était encore enfermée dans des barriques en bois ; quelquefois on y jetait un peu de chaux vive, et le carbonate qui en résultait, formait une espèce d’enduit qui s’attachait aux parois des pièces. Mais on ne prévenait ainsi qu’une des causes d’altération, l’action de Veau sur le bois des barriques, et encore cette précaution n’était pas toujours employée. Les Anglais enfin cherchèrent à se débarrasser des tonneaux en bois, qui, outre l’inconvénient de laisser l’eau se gâter, ont encore celui d'occuper un emplacement qui surpasse d’un quart environ le volume d’eau qu’ils contiennent, Le général Bentham fit le premier usage de compartiments de bois doublés en métal pour remplacer les pièces à eau : il essaya cette innovation sur deux navires différents, pendant les années 1798, 1799 et 1800, et la Société d'Encouragement de Londres récompensa par une médaille d’or l’heureux résultat de cette expérience. Plusieurs années après, le mécanicien Dickenson entreprit de faire des caisses en fer battu, sans aucune enveloppe de bois pour les fortifier, et, aidé des conseils et de l'adresse d’un artiste habile (Maudsley), il vit bientôt ses efforts couronnés d’un succès complet. L’amirauté, toujours empressée d’accueillir et de favoriser les inventions utiles, adopta leurs câisses, et donna l’ordre, peu après la fin de la dernière guerre de l'Empire, d’en construire jusqu’à 7,000, chacune de près de deux tonneaux. Et nous aussi, enfin, éclairés par l'exemple de nos voisins, nous avons adopté cette heureuse innoyation.
Les caisses à eau ont en général la forme d’un cube parfait; il y en a de diverses grandeurs : les plus grandes sont employées à bord des frégates et des vaisseaux de ligne : elles ont 1°" 22 de côté, et contiennent environ 2, 000 litres d’eau ; il y en a d’autres pour les bricks et petits bâtiments, qui n’ont que 1° 12, et même 0 *, 90 de côté. Quelques-unes sont de forme arrondie; ce qui leur permet de prendre la courbure de Ja cale du navire, et diminue par là considérablement l'espace qu’elles occupent à bord. Le couvercle est un plateau ovale qui s’ajuste dans une emboîture pratiquée au centre de la face supérieure du cube; plusieurs cependant ont un Couvercle carré. A la partie inférieure on a ménagé un trou, que l'on ouvre et que l’on ferme à volonté, au moyen d’un bouchon en fer tenu par une longue tige; et c’est par là que l'on fait sortir l'eau quand on veut vider complétement la Caisse pour la nettoyer. Dans l’un des angles de la face supérieure, il y a encore une petite ouverture circulaire :
c’est par Jà qu’on introduit la pompe à l’aide de laquelle on tire l’eau destinée aux besoins journaliers de l’équipage. Ces caisses préservent l’eau de toute corruption : à la fin d’une campagne de deux ou trois ans, on la retrouve aussi bonne qu'au moment du départ; elle se charge même de parties ferrugineuses qui la rendent favorable à la santé, Elles peuvent contenir aussi tout ce qu’on arrime en barriques dans la cale du vaisseau, salaisons, biscuits, légumes, etc. Par ce moyen on soustrait ces objets à l’action de l'air extérieur, et l’on assure leur conservation presque indéfinie, Dans son expédition autour du monde, la corvette l’As{rolabe conserva dans des caisses en fer du biscuit qui était encore excellent après trois ans d'embarquement. Le poids des caisses, 372 kilog. pour les plus grosses , n’est pas un inconvénient : il remplace une partie du lest en fer qu’on était obligé d’embarquer à bord des navires, Théogène PAGE.
CAISSON (Art mililaire ). Les significations de ce mot sont fort diverses, puisque tantôt il donne l’idée d’une arme, d’une machine de guerre, tantôt celle d’un moyen de transport. Les troupes font en effet usage de caissons d’artifice, qui sont des espèces de /ougasses, ou de mines volantes, lesquelles s'entremêlent de projectiles creux, et auxquels un saucisson communique le feu. Les caissons de transport sont de bien des espèces ; il y a des caissons d'ambulance, d'artillerie, de vivres, d'infanterie, du génie. Au nombre des caissons d’ambulance, il y a des caissons à blessés, genre de secours encore dans l’enfance chez nous. Durant la guerre d’Espagne, l’armée anglaise était pourvue de caissons à blessés qu’on pouvait citer pour modèles. Une instruction du 25 janvier 1831, relative aux caissons d’ambulance de l’armée française, en déterminait les règles de service et de manœuvre ; elle indiquait le parti qu’on en pouvait tirer; elle énumérait les ressources qu'ils fournissaient ; elles les organisait par division de cinq caissons ; rien de pareil à ce règlement n’avait jusque Jà été mis au jour dans nos troupes. Les caissons de transport, considérés comme caissons à munitions, sont des chariots traînés par quatre chevaux attelés deux à deux : ce genre de voiture est principalement considéré ici par rapport au service et à la marche militaire des convois. Ces caissons sont recouverts ou bachés en toile goudronnée, tendue sur un berceau en dos d’âne fermant à cadenas, et ouvrant à charnières dans le sens de la longueur;
ils ont devant et derrière une fourragère et une auge pour
y faire repaître les chevaux ; le couvercle ou berceau porte l'inscription du numéro et de la destination du caisson. Cependant, les caissons d’artillerie et du génie, qui sont aussi des caissons de transport, affectent une forme différente. On évalue entre 420 et 540, suivant la nature des localités et l’état des routes, la quantité des caissons nécessaires à une armée de 30,000 hommes qui s'éloigne de 18 à 20 lieues de ses magasins. Les armées étrangères ontemprunté à notre administration l’usage des caissons, mais elles les font plus légers et à moins de frais. Un caisson français transporte 750 kilogrammes; il couvre un espace de quatre mètres de long; lorsqu'il est attelé de ses quatre chevaux, il occupe 12 mètres; il faut compter, en sus un mètre d'intervalle entre les caissons en route : la connaissance de ces mesures est la base du calcul du terrain d’un convoi. G*° Barpin. CAISSON (Architecture). On donne ce nom aux compartiments symétriques et renfoncés qui divisent et orne:t souvent un plafond ou une voûte. L'origine de cette décora. tion vient de ce qu’autrelois les charpentes d’un plancher étant apparentes, leur bord était orné d’une moulure, et celte figure avait l’apparence d’une petite caisse. Lorsque lon décore une voûte ou un plafond, si on trouve qu’une moulure soit trop simple, on borde les caissons avec des feuilles d'or ou d autres ornements, et on place au milieu une rosace en sculpture. On voit souvent en Italie des églises non voûtées dont les plafonds sont ornés de caissons. Ce goût s’est introduit en France de nos jours, et on en a fait